jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2301787 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS CHARTIER PREVOST -PLAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 octobre 2023, la commune de Rilhac-Rancon, représentée par Me Fourastier, demande au juge des référés :
1°) de désigner un expert, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, chargé de se prononcer sur les origines et les conséquences des désordres affectant la médiathèque municipale ;
2°) de mettre à la charge des sociétés défenderesses une somme de 3 000 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en 2010, elle a conclu un marché public de travaux et un marché public de maîtrise d'œuvre pour la construction d'une médiathèque ; la mission de maîtrise d'œuvre a été attribuée à M. D C ; par deux actes d'engagement du 9 juillet 2012, le lot n° 3 " charpente - ossature bois - vêture " et lot n° 4 " couverture zinc " ont été attribués à la société Janet ; ces deux lots ont été réceptionnés sans réserve le 14 janvier 2014 ;
- toutefois, le 21 septembre 2020, suite à des infiltrations d'eau au niveau de la toiture du bâtiment, elle a déclaré un sinistre auprès de son assurance Groupama Centre Atlantique qui a mandaté un expert pour intervenir ; un rapport d'expertise a été rendu le 17 novembre 2020 et a conclu que les investigations techniques n'ont pas permis de mettre en exergue un défaut de l'ouvrage et qu'un évènement ponctuel et accidentel était à retenir ;
- en 2021, alors que de nouvelles infiltrations sont réapparues au niveau de l'espace lecture de la médiathèque, elle a de nouveau pris attache auprès de son assureur ; à la suite de l'organisation de nouvelles réunions d'expertise, un expert a conclu que le dommage trouvait son origine dans un " défaut de préparation du support, aggravé par un défaut de fixation de certaines pattes de fixation " et a chiffré le coût total des réparations à la somme de 89 767 euros ;
- à la suite du lancement d'une consultation en vue de la passation d'un marché public pour la réfection de la couverture bac acier de la médiathèque, la société Hervé Thermique lui a communiqué un devis dans lequel elle précise avoir constaté un nombre conséquent de malfaçons ;
- depuis cette date, la toiture de la médiathèque n'a cessé de se dégrader et la responsable du pôle technique de la commune a pu constater le 21 septembre 2023 une infiltration au niveau de la banque d'accueil de la médiathèque qui entraîne un risque d'effondrement ainsi qu'un affaissement anormal de la charpente sur la gauche du bâtiment ; elle a dû fermer l'espace lecture de la médiathèque au public ; d'autres parties du bâtiment sembleraient également touchées par des malfaçons puisque plusieurs agents ont constaté un affaissement de l'auvent situé au-dessus de leur entrée de service à proximité de la chaufferie ;
- la désignation d'un expert est utile afin d'identifier précisément les désordres affectant la toiture de la médiathèque ainsi que leurs causes et les moyens d'y remédier, et de pouvoir éventuellement engager la responsabilité des personnes concernées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2023, M. D C et la Mutuelle des architectes français (MAF), représentés par Me Raynal, demandent qu'il leur soit donné acte de ce qu'ils formulent leurs protestations et réserves d'usage sans aucune reconnaissance de responsabilité sur la mesure d'expertise sollicitée et qu'il soit statué sur la fixation du montant des honoraires de l'expert qui seront mis à la charge de la commune de Rilhac-Rancon.
La procédure a été communiquée à la société Janet, à la SMABTP UGR Limoges, au bureau d'études Cabrol-Betoulle et à la société Apave Sud-Europe, qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. La mesure d'expertise sollicitée par la commune de Rilhac-Rancon vise, d'une part, à déterminer la cause des désordres affectant le bâtiment de sa médiathèque à la suite des travaux de construction ainsi que les moyens d'y remédier et, d'autre part, à évaluer le préjudice en résultant. Compte tenu notamment de la nature des désordres constatés, la mesure demandée revêt un caractère utile. En outre, elle n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du tribunal administratif et entre, dès lors, dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les frais d'expertise :
3. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires ().
4. Les dispositions précitées font obstacle à ce que le juge des référés désigne la partie qui supportera la charge des frais d'expertise. Par suite, la demande présentée en ce sens par M. C et la MAF doit être rejetée.
Sur les frais du litige :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. La présente procédure ne tend qu'au prononcé d'une mesure d'expertise. Il n'appartient pas au juge des référés de faire droit aux conclusions de la commune de Rilhac-Rancon tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il s'ensuit que la demande présentée par la requérante sur le fondement de cette disposition doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A B, domicilié 15 place de la République à Limoges (87000) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux, rue du Peyrou à Rilhac-Rancon (87570), entendre les parties et prendre connaissance de tous documents utiles relatifs aux travaux de construction de la médiathèque ;
2°) rappeler et préciser les liens contractuels unissant les parties, les missions confiées par le maître d'ouvrage à chacun des constructeurs qu'il attrait à la présente instance, et si possible, annexer à son rapport les marchés, avenants, ordres de services et tous autres documents utiles ;
3°) procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres affectant le bâtiment de la médiathèque dont il est fait état dans la requête ;
4°) décrire les désordres et malfaçons qui seraient constatés et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou de le rendre impropre à sa destination et de préciser si ces désordres présentent un caractère évolutif ;
5°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres affectant les immeubles en litige, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien, dans le cas de causes multiples, d'évaluer la part d'imputabilité à chacune d'elles ;
6°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité des ouvrages et un usage propre à leur destination ;
7°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 2 : L'expert ne pourra faire appel à un sapiteur sans avoir préalablement sollicité une autorisation auprès du tribunal.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de la commune de Rilhac-Rancon, de la société Janet, de la société SMABTP UGR Limoges, de M. D C, de la Mutuelle des architectes français, du bureau d'études Cabrol-Betoulle et de la société Apave Sud-Europe.
Article 5 : L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera remettre, en application de l'article R. 621-7-1 du même code, tous documents utiles.
Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert avertira les parties par lettre recommandée, quatre jours au moins à l'avance, des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise.
Les opérations de l'expertise devront être faites sans apprécier les droits respectifs des parties, la recevabilité ou le mérite de leurs prétentions, ces questions appartenant au fond du litige. Elles se dérouleront conformément aux dispositions des articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 6 : Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme France transfert avant le 31 mai 2024. Il sera communiqué aux parties par le greffe avec un délai d'un mois pour les éventuelles observations, à l'issue duquel l'expert déposera l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Rilhac-Rancon, à la société Janet, à la SMABTP UGR Limoges, à M. D C, à la Mutuelle des architectes français, au bureau d'études Cabrol-Betoulle, à la société Apave Sud-Europe et à M. A B, expert.
Limoges, le 23 novembre 2023
Le juge des référés,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef,
A. BLANCHON
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026