mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400154 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | JUGE UNIQUE Y CROSNIER |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 29 janvier 2024 sous le numéro 2400154, l'association Secours Catholique - délégation du Limousin demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de la taxe d'habitation d'un montant de 826 euros à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023 dans les rôles de la commune de Bourganeuf (Creuse), à raison de locaux situés 6 rue de Verdun ;
2°) de lui accorder le sursis de paiement de cette imposition et des pénalités de retard ou à titre subsidiaire, d'en prononcer la remise gracieuse.
Elle soutient que :
- le local est accessible au public notamment dans le cadre d'une boutique solidaire et ne fait pas l'objet d'une occupation à titre privatif ;
- l'administration fiscale méconnaît sa propre doctrine issue d'une part du point n° 90 du bulletin officiel des finances publiques-impôts publié sous la référence BOI-IF-TH-10-10-20 et d'autre part, de la réponse ministérielle du ministre de l'économie, des finances et du budget n°35902, publiée au Journal officiel de l'Assemblée nationale du 17 octobre 1983.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions présentées par le Secours Catholique aux fins de lui accorder une remise gracieuse sont irrecevables ;
- les autres moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 29 janvier 2024 sous le numéro 2400155, l'association Secours Catholique - délégation du Limousin demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de la taxe d'habitation d'un montant de 488 euros à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2023 dans les rôles de la commune de Vallière (Creuse), à raison de locaux situés 8 Grande rue ;
2°) de lui accorder le sursis de paiement de cette imposition et des pénalités de retard ou à titre subsidiaire, d'en prononcer la remise gracieuse.
Elle soutient que :
- le local est accessible au public notamment dans le cadre d'une boutique solidaire et ne fait pas l'objet d'une occupation à titre privatif ;
- l'administration fiscale méconnaît sa propre doctrine issue d'une part du point n° 90 du bulletin officiel des finances publiques-impôts publié sous la référence BOI-IF-TH-10-10-20 et d'autre part, de la réponse ministérielle du ministre de l'économie, des finances et du budget n°35902, publiée au Journal officiel de l'Assemblée nationale du 17 octobre 1983.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juillet 2024, la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions présentées par le Secours Catholique aux fins de lui accorder une remise gracieuse sont irrecevables ;
- les autres moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Secours Catholique-délégation du Limousin a été assujettie à la taxe d'habitation au titre de l'année 2023 à raison des locaux dont elle a la jouissance respectivement sur la commune de Bourganeuf pour un montant de 826 euros et sur la commune de Vallière pour un montant de 488 euros. Par des réclamations du 15 décembre 2023, l'association Secours Catholique-délégation du Limousin a contesté ces impositions. Suite au rejet de ses réclamations par l'administration, elle demande au tribunal de prononcer la décharge des impositions en litige.
Sur la jonction :
2. Les requêtes numéros 2400154 et 2400155 émanent de la même requérante et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par l'administration :
3. Aux termes de l'article L. 247 du livre des procédures fiscales : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable ; / 1° Des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence () ". L'article R. 247-1 du même livre précise que : " Les demandes prévues à l'article L. 247 tendant à obtenir à titre gracieux une remise, une modération ou une transaction, doivent être adressées au service territorial selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. Elles doivent contenir les indications nécessaires pour identifier l'imposition et, le cas échéant, être accompagnées soit de l'avis d'imposition, d'une copie de cet avis ou d'un extrait de rôle, soit de l'avis de mise en recouvrement ou d'une copie de cet avis () ".
4. Il ressort des termes mêmes de ces dispositions que seule l'administration est habilitée à se prononcer sur les demandes de remise gracieuse d'impôts. La juridiction administrative ne peut qu'être saisie, par la voie d'un recours pour excès de pouvoir, de la décision de l'administration refusant une remise gracieuse.
5. Si l'association requérante entend solliciter une remise gracieuse des cotisations de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2023, aucune demande en ce sens n'a toutefois été adressée à l'administration comme le prévoient les dispositions précitées de l'article R. 247-1 du livre des procédures fiscales, préalablement à l'introduction de son recours contentieux. Dès lors, sa demande de remise gracieuse, portée directement devant la juridiction, est irrecevable. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
6. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts : " I. - La taxe d'habitation sur les résidences secondaires et autres locaux meublés non affectés à l'habitation principale est due : () 2° Pour les locaux meublés conformément à leur destination et occupés à titre privatif par les sociétés, associations et organismes privé et qui ne sont pas retenus pour l'établissement de la cotisation foncière des entreprises ; () ". L'article 1408 du même code énonce : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. () ". Pour l'application de ces dispositions, doivent être regardés comme n'étant pas occupés à titre privatif les locaux dans lesquels le public peut, en règle générale, non seulement accéder, mais aussi circuler librement.
7. Il résulte de l'instruction que les locaux de l'association requérante sont pour partie accessibles au public à certaines heures de certains jours de la semaine déterminés par l'association Secours Catholique-délégation du Limousin. Par suite, le public ne peut être regardé comme pouvant circuler librement dans lesdits locaux dont l'occupation présente dès lors un caractère privatif. Il n'est, par ailleurs, pas contesté que les locaux en litige sont meublés conformément à leur destination et que l'association requérante n'est pas assujettie à la cotisation foncière des entreprises. Dans ces conditions, l'association Secours Catholique-délégation du Limousin n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2023 à raison des locaux situés au 6 rue de Verdun à Bourganeuf et 8 Grande rue à Vallière.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
8. En premier lieu, l'association requérante ne peut utilement se prévaloir de la doctrine administrative exprimée au paragraphe n° 90 du bulletin officiel des finances publiques-impôts publié sous la référence BOI-IF-TH-10-10-20 dès lors qu'il ne ressort pas de la doctrine invoquée une interprétation de la loi fiscale différente de celle exposée dans le cadre du présent jugement.
9. En second lieu, l'association Secours catholique-délégation du Limousin se prévaut d'une réponse ministérielle du ministre de l'économie, des finances et du budget n° 35902, publiée au Journal officiel de l'Assemblée nationale du 17 octobre 1983 en réponse à une question de M. B. Toutefois, celle-ci ne donne pas de la loi une interprétation différente de celle résultant des dispositions précitées des articles 1407 et 1408 du code général des impôts.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de l'association Secours Catholique-délégation du Limousin doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2400154 et 2400155 de l'association Secours Catholique-délégation du Limousin sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Secours Catholique-délégation du Limousin et à la directrice départementale des finances publiques de la Haute-Vienne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
Le magistrat désigné,
Y. CLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne
au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le greffier en chef,
La greffière
M. A
Nos 2400154,2400155
cg
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026