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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2400195

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2400195

mercredi 26 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2400195
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 février 2024, M. B A forme opposition à la contrainte émise le 5 décembre 2023 par la caisse d'allocations familiales de l'Indre, notifiée par voie de commissaires de justice le 19 janvier 2024, pour le recouvrement d'un montant de 218 euros au titre d'un indu d'aide personnalisée au logement.

Il soutient que :

- il a régulièrement déclaré son changement de situation ;

- il n'a jamais reçu de mise en demeure ;

- il n'a pas la capacité financière de rembourser l'indu en cause.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2024, la caisse d'allocations familiales de l'Indre conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. D a présenté son rapport au cours de l'audience publique à laquelle aucune des parties n'était présente ou représentée et à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. A forme opposition à la contrainte émise le 5 décembre 2023 par la caisse d'allocations familiales (Caf) de l'Indre, notifiée par voie de commissaires de justice le 19 janvier 2024, pour le recouvrement d'un montant de 218 euros au titre d'un indu d'aide personnalisée au logement.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 du même code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner, dans les domaines mentionnés aux articles L. 161-1-5 ou L. 244-9, une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort duquel il est domicilié ou pour les débiteurs domiciliés à l'étranger, au secrétariat du tribunal compétent dans le ressort de l'organisme créancier par lettre recommandée avec demande d'avis de réception adressée au secrétariat dudit tribunal dans les quinze jours à compter de la notification ou de la signification () ". En vertu de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, l'article L. 161-1-5 précité est applicable au recouvrement des sommes indûment versées au titre de l'aide personnalisée au logement.

3. D'autre part, dans le cadre d'une opposition à contrainte, le requérant ne peut utilement se prévaloir que de moyens susceptibles d'avoir une incidence sur le principe, sur la quotité et sur l'exigibilité de la créance.

4. En l'espèce, l'intéressé bénéficie de l'aide personnalisée au logement depuis le 1er mars 2020, de l'aide au retour à l'emploi depuis le 8 janvier 2021 et d'un abattement de 30 % sur ses revenus d'activité à compter du 1er février 2021. Le 14 décembre 2021, M. A a informé la Caf de sa situation de salarié depuis le 21 octobre 2021 et ne bénéficie plus de l'aide au retour à l'emploi depuis le 1er novembre suivant, ce qui a engendré l'indu qui fait l'objet de la contrainte attaquée. Si le requérant soutient avoir informé la caisse de son changement de situation professionnelle dans les délais requis, il n'est pas sérieusement contesté, ainsi qu'il vient d'être dit, que presque deux mois se sont écoulés entre le 14 décembre 2021, date de l'information adressée à la caisse, et le 21 octobre 2021, date du début de son salariat. Si l'intéressé fait valoir que la créance ne lui a jamais été communiquée, il n'est pas davantage sérieusement contesté que la Caf lui a adressé des relevés de droits et paiements les 13 et 15 janvier 2022, dont il a pris connaissance le 3 février 2022.

5. De plus, si M. A déclare qu'il n'a pas été destinataire de la mise en demeure prévue par les dispositions de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale, il résulte toutefois de l'instruction que par un courrier du 10 octobre 2023, adressé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, la caisse d'allocations familiales l'a mis en demeure de rembourser l'indu d'aide personnalisée au logement en litige. La Caf justifie, par la production de la copie de l'enveloppe et de la preuve de distribution, que ce courrier, dont le requérant a été avisé le 18 octobre 2023, lui a été retourné sans être réclamé. Ainsi, M. A doit être regardé comme ayant eu notification de cette mise en demeure le 18 octobre 2022. Le moyen tiré du vice de procédure doit dès lors être écarté.

6. Enfin, si le requérant soutient qu'il se trouve dans une situation financière précaire, un tel moyen est, en tout état de cause, inopérant à l'appui d'une opposition à contrainte, et ne peut dès lors qu'être écarté.

7. Par suite, la caisse d'allocations familiales justifie avoir versé à tort à l'intéressé une aide personnalisée au logement dont elle est fondée à poursuivre le recouvrement par la contrainte en litige.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. A est rejetée.

Article 2:Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la caisse d'allocations familiales de l'Indre.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2025.

Le magistrat désigné,

A. D

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne

à la ministre déléguée auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour La Greffière en Chef

La Greffière

M. C

if

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