jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400388 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 mars et le 14 août 2024, M. A B, représenté par Me Mons-Bariaud, demande au juge des référés :
1°) de désigner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, un expert chargé de se prononcer sur l'imputabilité au service de la pathologie dont il souffre ;
2°) de mettre à la charge de la région Nouvelle-Aquitaine une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de réserver les dépens.
Il soutient que :
- en dépit de plusieurs avis médicaux concordants, de nombreux témoignages et d'une attestation de soins, la région Nouvelle-Aquitaine considère que les souffrances qu'il a endurées ne sont pas imputables au service, aux motifs que le syndrome anxiodépressif ne figure pas au tableau des maladies professionnelles et que le taux d'incapacité permanent est inférieur à 25 % ;
- la mesure d'expertise sollicitée est utile dès lors qu'il existe un débat sur l'imputabilité au service de ses souffrances, de la pathologie et de ses conséquences ; cette mesure, qui présente en outre un intérêt en vue de la prise en charge des frais liés à sa pathologie, est le seul moyen dont pourra disposer le juge administratif pour apprécier ses prétentions.
Par un mémoire, enregistré le 12 mars 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime déclare ne pas intervenir à l'instance.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, la région Nouvelle-Aquitaine conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la mesure d'expertise sollicité est dépourvue d'utilité en ce que, d'une part, elle n'apporterait aucun élément nouveau et utile à la connaissance du requérant dans la perspective d'un litige ultérieur et que, d'autre part, celui-ci n'est ni recevable à contester la non-reconnaissance de sa pathologie en tant que maladie professionnelle par la voie de l'excès de pouvoir compte tenu de l'expiration du délai de recours, ni fondé à rechercher la responsabilité pécuniaire de la région dans la mesure où le lien de causalité entre ses pathologies et le service fait manifestement défaut.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Adjoint technique territorial à la région Nouvelle-Aquitaine, M. B a demandé, par un courrier du 5 novembre 2019, que son syndrome anxiodépressif, qui a justifié des arrêts de travail sans discontinuité à compter du 30 septembre 2019, soit reconnu comme étant une maladie professionnelle. Par un jugement n° 2001742 du 14 décembre 2022, le tribunal administratif de Limoges a annulé l'arrêté du 25 septembre 2020 par lequel le président du conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine a rejeté cette demande et a enjoint à la région Nouvelle-Aquitaine de procéder au réexamen de la situation de M. B, après avoir réuni une nouvelle commission de réforme et en avoir préalablement informé le médecin du service de médecine professionnelle et préventive, dans un délai de trois mois. Par un second arrêté du 27 avril 2023, intervenu suivant la procédure ainsi prescrite, le président du conseil régional de la Nouvelle-Aquitaine a de nouveau refusé de reconnaître comme imputable au service le syndrome anxiodépressif de M. B. Le recours gracieux exercé le 7 juillet 2023 par l'intéressé à l'encontre de cette décision a été rejeté le 31 juillet suivant. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés de désigner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, un expert chargé de se prononcer sur l'imputabilité au service de la pathologie dont il souffre.
2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". L'utilité d'une mesure d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective, d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher. À ce dernier titre, le juge des référés ne peut faire droit à une demande d'expertise lorsque, en particulier, elle est formulée à l'appui de prétentions qui ne relèvent manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, qui sont irrecevables ou qui se heurtent à la prescription.
3. S'il résulte de l'instruction que la situation de M. B a déjà fait l'objet de deux expertises amiables à la demande de la région Nouvelle-Aquitaine, les rapports respectifs des docteurs Berthier et Alamome, rendus le 23 janvier et le 13 mai 2020, présentent des conclusions divergentes quant au principe même de l'existence d'un lien entre la pathologie dont souffre le requérant et les conditions d'exercice de ses fonctions. Par ailleurs, l'arrêté du 27 avril 2023, par les effets juridiques qu'il emporte sur la situation individuelle de l'intéressé, ne saurait être regardé comme ayant un objet purement pécuniaire. Aussi la circonstance qu'il serait devenu définitif est-elle sans incidence sur la possibilité que conserve M. B de rechercher, s'il s'y croit fondé, la responsabilité de la région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre d'un recours indemnitaire. A cet égard et contrairement à ce que fait valoir la région en défense, l'absence d'imputabilité de la pathologie du requérant au service ne présente pas, en l'état de l'instruction et compte tenu notamment des divergences apparaissant entre les deux rapports d'expertise versés au dossier, un caractère manifeste. Il suit de là que la mesure d'expertise sollicitée, qui n'est pas dépourvue de caractère utile, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dès lors, d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
5. Il n'y a pas lieu, dans le cadre de la présente procédure qui ne tend qu'au prononcé d'une mesure d'expertise, de faire droit aux conclusions présentées par M. B sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. D'autre part, aux termes de l'article R. 621-13 de ce code : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Ces frais et honoraires sont, en principe, mis à la charge de la partie qui a demandé le prononcé de la mesure d'expertise. Toutefois, pour des raisons d'équité, ils peuvent être mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". L'article R. 761-1 du même code précise que : " Les dépens comprennent les frais d'expertise () ".
7. Il résulte des dispositions citées au point précédent qu'il n'appartient pas au juge des référés de se prononcer sur les dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Les conclusions tendant à la réserve des dépens présentées par M. B ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er :Le docteur D C, domicilié au village médical, 58 avenue des Reynats à Chancelade (24650) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. B ; convoquer et entendre les parties ainsi que tout sachant ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. B et éventuellement à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé de M. B ;
3°) donner son avis sur le point de savoir si l'état présenté par M. B a un rapport avec ses conditions de travail ; dans l'affirmative, déterminer les soins, traitements et arrêts de travail qui sont imputables au service ; le cas échéant, fixer la part du préjudice présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec ses conditions de travail, en excluant la part de cet état à mettre en relation avec toute autre cause extérieure ;
4°) dire si l'état de M. B a entraîné une incapacité temporaire totale ou partielle résultant de troubles médicaux ou psychiatriques et en préciser les dates de début et de fin, ainsi que le ou les taux ;
5°) indiquer à quelle date l'état de M. B peut être considéré comme consolidé ; dire s'il subsiste une incapacité permanente partielle et, dans l'affirmative, en fixer le taux et en préciser les conséquences sur sa vie personnelle et professionnelle ; dans le cas où cet état ne serait pas encore consolidé, indiquer si, dès à présent, une incapacité permanente partielle est prévisible, en évaluer l'importance et fixer la date d'un examen ultérieur ;
6°) donner son avis sur l'existence éventuelle de préjudices annexes et, le cas échéant, en évaluer l'importance, en distinguant la part imputable au service de celle ayant pour origine toute autre cause ou pathologie ;
7°) déterminer si M. B est apte à reprendre son poste à plein temps ou s'il doit bénéficier d'une reprise à mi-temps thérapeutique ; indiquer s'il nécessite un poste aménagé ou s'il doit être regardé comme inapte à l'exercice de ses fonctions, avec un éventuel reclassement ;
8°) donner tous éléments, d'une manière générale, devant permettre à la juridiction qui sera éventuellement saisie d'un litige au fond de se prononcer sur les responsabilités encourues par la région Nouvelle-Aquitaine et les préjudices subis.
Article 2 :L'expert ne pourra faire appel à un sapiteur sans avoir préalablement sollicité une autorisation auprès du tribunal.
Article 3:Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 :L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de M. B, de la région Nouvelle-Aquitaine et de la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime.
Article 5 :L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera remettre, en application de l'article R. 621-7-1 du même code, tous documents utiles.
Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert avertira les parties par lettre recommandée, quatre jours au moins à l'avance, des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise.
Les opérations de l'expertise devront être faites sans apprécier les droits respectifs des parties, la recevabilité ou le mérite de leurs prétentions, ces questions appartenant au fond du litige. Elles se dérouleront conformément aux dispositions des articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 6 :Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme France transfert, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours avant le 28 février 2025.
Article 7 :Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 :Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la région Nouvelle-Aquitaine, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Charente-Maritime et au docteur C, expert.
Limoges, le 10 octobre 2024.
Le juge des référés,
D. ARTUS
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Chef,
A. BLANCHON
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026