jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400553 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 avril 2024, et un mémoire de production, enregistré le 3 mai 2024, M. B C A, représenté par Me Malabre, avocat, demande au juge des référés :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une provision d'un montant global de 26 961,53 euros, subsidiairement de 26 761,53 euros, outre intérêts au taux légal à compter du 23 février 2024, et capitalisation annuelle de ces derniers en réparation des troubles dans ses conditions d'existence, du préjudice moral et du préjudice matériel qu'il a subis du fait, d'une part, du refus de délivrance de tout titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire assortie d'un délai de départ volontaire de trente jours et fixant le pays de destination en date du 15 juin 2023, et du délai anormal d'admission au séjour et au travail ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat les sommes de 960 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de la renonciation par celui-ci, le cas échéant, à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, et de 1 440 euros à lui-même en application dudit article L. 761-1.
M. A soutient que :
- les décisions en cause ont été annulées par un jugement du Tribunal n° 2301282 du 9 novembre 2023 ; l'illégalité de ces décisions constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration ;
- le refus d'admission au séjour était de surcroît illégal pour être intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière et d'un examen insuffisant, d'une méconnaissance par le préfet de l'étendue de ses compétences, être insuffisamment motivé et être entaché d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation ;
- l'admission au séjour accordée finalement le 1er mars 2024 pour exécuter le jugement du 9 novembre 2023 est intervenue, en l'absence de toute circonstance particulière, au terme d'un délai anormalement long et supérieur à celui imparti ;
- ces fautes ont entraîné pour lui un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, ainsi qu'un préjudice matériel résultant de la perte de ses revenus professionnels.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, le préfet de la Haute-Vienne conclut au rejet de la demande.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête n° 2400553 est irrecevable, dès lors qu'elle a été enregistrée sans production à l'appui du rejet de la réclamation préalable ;
- à titre subsidiaire, la demande n'est pas fondée.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25% par une décision du 14 décembre 2023.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat en date du 10 mai 2022 par lequel M. Daniel Josserand-Jaillet, président honoraire du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, a été inscrit sur la liste des magistrats honoraires prévue à l'article L. 222-2-1 du code de justice administrative.
M. Daniel Josserand-Jaillet, président de tribunal administratif honoraire, a été désigné par le président du tribunal pour exercer les pouvoirs du juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ". Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant. Il en découle qu'il appartient au demandeur d'apporter tous les éléments utiles à l'appui de la démonstration de l'existence, de la nature, de la consistance et du montant de la créance dont il se prévaut.
Sur la recevabilité des demandes :
2. Si la requête n° 2400553, enregistrée le 2 avril 2024 au greffe du tribunal administratif, était prématurée en l'absence de décision de rejet de la demande préalable de M. A en date du 23 février 2024, dont il ressort de l'accusé de réception par l'administration qu'elle a été reçue par celle-ci le 26 février 2024, ladite requête s'est trouvée régularisée dès lors qu'une telle décision est intervenue dès le 22 mars 2024, en tout état de cause avant son enregistrement et produite par le requérant au dossier avant qu'il ait été statué sur sa demande. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet à la demande de M. A doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'indemnisation :
3. M. B C A, ressortissant pakistanais né le 7 juin 1994 à Gujrat, est entré en France au mois de septembre 2010 alors qu'il était mineur. Il a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance. Il s'est vu délivrer, à compter du mois de juin 2012, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", renouvelée jusqu'au mois de juin 2017. Sa dernière demande de renouvellement en date, le 22 juin 2017, alors qu'il était incarcéré en vertu d'une condamnation par la cour d'assises d'appel de la Corrèze en date du 19 mai 2017 à une peine d'emprisonnement de trois ans, dont un avec sursis, assorti d'une mise à l'épreuve de deux ans, a été rejetée par un arrêté du préfet de la Haute-Vienne du 29 décembre 2017, portant également obligation de quitter le territoire français à l'encontre de l'intéressé. Le recours de M. A contre ces décisions a été rejeté en dernier lieu par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux n° 18BX02351 du 31 décembre 2018. Le 25 janvier 2021, M. A a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour par le travail. Par un arrêté du 15 juin 2023, au vu d'un avis favorable de la commission du titre de séjour en date du 6 juillet 2022, la préfète de la Haute-Vienne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par un jugement n° 2301282 du 9 novembre 2023, le tribunal administratif a annulé l'ensemble de ces décisions au motif qu'elles étaient entachées d'une erreur d'appréciation de la situation de l'intéressé au regard de l'atteinte à l'ordre public, leur motif principal, et a enjoint à l'administration de réexaminer la demande. Mis en possession d'un récépissé, l'autorisant à travailler, le 15 janvier 2024, M. A a finalement été doté d'une carte de séjour temporaire valide du 14 février 2024 au 15 février 2025. Par un courrier en date du 23 février 2024 reçu par l'administration le 26 février 2024, M. A a demandé l'indemnisation des préjudices qu'il soutient avoir subis du fait du refus d'admission au séjour du 15 juin 2023 à hauteur de 50 000 euros. Sa demande a été rejetée explicitement par une décision du 22 mars 2024. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la condamnation de l'Etat à lui verser une provision d'un montant global de 26 961,53 euros à titre principal.
En ce qui concerne le principe de la responsabilité :
4. En premier lieu, par le jugement susmentionné du 9 novembre 2023, le tribunal administratif a annulé les décisions du 15 juin 2023, au motif qu'elles étaient entachées d'une erreur d'appréciation de l'atteinte à l'ordre public sur laquelle elles étaient principalement fondées. Cette erreur d'appréciation, qui entachait les décisions annulées d'illégalité, constitue, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de légalité articulés à l'appui de la demande sur ce point par M. A, une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat.
5. En second lieu, il ressort du dispositif du jugement du 9 novembre 2023 que le tribunal a limité l'injonction faite au préfet par cette décision à un réexamen de la demande de titre de séjour présentée le 26 janvier 2021 par M. A, dans un délai de deux mois à compter de sa notification. L'exécution de cette injonction conduisait par nature le préfet à reprendre l'instruction de la demande, ce dont l'administration justifie par le courrier du 21 novembre 2023 invitant l'intéressé à lui adresser, parmi une liste de justificatifs, toutes les pièces qu'il estimerait utiles à l'instruction de son dossier. M. A a produit sa réponse par un courrier reçu en préfecture le 5 décembre 2023, décrivant notamment sa situation maritale et ses liens familiaux, sollicitant un récépissé l'autorisant à travailler, et accompagné de vingt-cinq groupes de documents, allant d'attestations d'associations caritatives à une licence de billard en passant par ses diplômes, des actes d'état civil notamment un certificat de décès de son père, et des relevés de comptes. Il résulte dans ces conditions de l'instruction qu'à la date du 5 décembre 2023 le dossier de M. A pouvait être regardé comme complété et actualisé. M. A a été mis en possession d'un récépissé l'autorisant à travailler dès le 15 janvier 2024, suivi de la délivrance le 14 février 2024 d'une carte de séjour temporaire, après l'acquittement d'un droit de timbre. Dans les circonstances de l'espèce, M. A n'établit ainsi pas que le préfet de la Haute-Vienne n'aurait exécuté le jugement du 9 novembre 2023 qu'au-delà du délai que lui impartissait ce dernier. Enfin, il résulte de l'instruction qu'alors que M. A s'était en tout état de cause maintenu sur le territoire après les décisions du 29 décembre 2017 devenues définitives après le rejet de son recours contentieux, il avait été muni, de la date de sa demande du 26 janvier 2021 jusqu'à l'intervention des décisions du 15 juin 2023, période marquée au surplus par les mesures prises pour faire face à la crise sanitaire, à des récépissés de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler. Dans ces circonstances, le délai, certes allongé, de traitement de sa demande ne saurait révéler par lui-même devant le juge des référés avec un degré suffisant de certitude une faute non sérieusement contestable de l'administration.
En ce qui concerne le lien de causalité entre la faute de l'Etat et les préjudices invoqués :
6. Si l'intervention d'une décision illégale constitue une faute susceptible d'engager la responsabilité de son auteur, elle n'est toutefois susceptible de donner lieu à réparation que si la faute se trouve directement à l'origine d'un préjudice certain, actuel et personnel.
7. M. A demande à être indemnisé d'un préjudice moral et de troubles dans ses conditions d'existence ainsi que d'un préjudice matériel qu'il a subis du fait du refus d'admission au séjour et des mesures d'éloignement du 15 juin 2023, ensuite annulées. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'obligation de quitter le territoire français n'a pas reçu de commencement d'exécution. Dès lors, au regard de cette circonstance, M. A n'établit pas de lien de causalité entre cette mesure, comme la décision fixant le pays de destination qui l'accompagne, et les préjudices matériels qu'il invoque. En revanche, la faute commise par l'administration a nécessairement été par sa nature à l'origine d'une précarité accrue de sa situation matérielle et morale, avec la circonstance que M. A justifie avoir mené dans le même temps une vie maritale, qui s'en est nécessairement ressentie. Dans ces circonstances propres à l'espèce, M. A établit avec un degré suffisant de certitude l'existence d'une obligation contre l'Etat non sérieusement contestable au titre d'un préjudice moral et de troubles dans ses conditions d'existence, d'autre part au titre de répercussions matérielles, en lien avec les illégalités fautives des décisions.
En ce qui concerne les préjudices :
8. Ainsi qu'il a été dit au point 5 de la présente ordonnance, si M. A a présenté le 26 janvier 2021 la demande de titre de séjour qui a été rejetée par les décisions du 15 juin 2023, il résulte de l'instruction qu'ayant été muni de récépissés l'autorisant à travailler durant l'instruction de cette demande, sa situation n'a été objectivement atteinte, tant professionnellement que personnellement, qu'après l'intervention desdites décisions. Ainsi, en l'état du dossier soumis au juge des référés, il ne justifie pas d'un préjudice en lien avec l'illégalité des décisions du 15 juin 2023 en-dehors de la période durant laquelle ces dernières ont emporté des effets, soit du 16 juin 2023 au 15 janvier 2024, date de début de validité du récépissé l'autorisant à travailler.
9. Eu égard en premier lieu à la durée de la situation précaire et incertaine dans laquelle M. A s'est trouvé du fait des fautes commises par l'administration, et eu égard au justificatif de sa situation maritale apporté par l'acte de mariage du 27 octobre 2023, durant cette période, il sera fait une juste appréciation de la provision au titre du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence en l'estimant à une somme de 3.000 euros. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 26 février 2024, date de réception de la demande préalable par l'administration.
10. En deuxième lieu, M. A soutient qu'à la suite des décisions du 15 juin 2023, il a perdu son emploi dans l'entreprise RW Transport, circonstance qui l'a privé d'un revenu moyen, calculé sur les cinq derniers mois, de 2 128, 17 euros bruts mensuels, pour ne retrouver qu'à l'obtention de son récépissé, en janvier 2024, un emploi de chauffeur-livreur-manutentionnaire en contrat à durée déterminée à compter du 26 février 2024 rémunéré 1 788, 67 euros mensuels bruts.
11. Toutefois, sans être utilement contredit par le requérant sur ce point qui se borne à produire deux attestations du gérant de l'entreprise RW Transports, l'une en date du 27 février 2024, postérieure au jugement annulant les décisions du 15 juin 2023, affirmant à cette date avoir proposé un renouvellement de contrat de six mois à compter du 25 juin 2023, l'autre du 21 juillet 2023, postérieure aux décisions annulées, envisageant l'embauche de M. A une fois sa situation administrative réglée, le préfet fait valoir dans ses écritures contentieuses que M. A avait signé dès le 27 mai 2023, avant l'intervention des mêmes décisions, un solde de tout compte matérialisant la fin de son contrat de travail à durée déterminée. Or, aucune des pièces produites par l'intéressé n'établit le renouvellement d'un contrat et moins encore qu'à la date du 15 juin 2023 il était titulaire d'un contrat de travail. Il ne justifie pas plus ses affirmations selon lesquelles il aurait, en l'absence des décisions du 15 juin 2023, effectivement travaillé durant la période où ces dernières ont emporté des effets, sans qu'il résulte de l'instruction qu'il aurait été inscrit en qualité de demandeur d'emploi non plus qu'il n'a effectué de démarches en vue d'obtenir un revenu de remplacement. Dans ces conditions, et nonobstant le calcul en minoration présenté à titre subsidiaire par le préfet qui ne peut être regardé de ce seul fait comme acquiesçant partiellement à la demande, la créance dont fait état M. A du chef d'un préjudice matériel résultant d'une privation de revenus professionnels à la suite de l'intervention des décisions du 15 juin 2023 n'est pas non sérieusement contestable. Il suit de là que sa demande de provision à ce titre ne peut qu'être rejetée.
12. Enfin, ainsi qu'il a été relevé aux points 3 et 8 de la présente ordonnance, eu égard au refus de séjour et à la mesure d'éloignement prises le 29 décembre 2017, définitifs, M. A devait être regardé comme primo-demandeur d'un titre de séjour le 26 janvier 2021. C'est dès lors à bon droit que le préfet l'a invité à s'acquitter des droits d'un montant de 708 euros au total, applicables à la date de la délivrance du titre et à sa situation objective. Par ailleurs, M. A ne justifie pas, par les pièces produites, du lien entre les préjudices matériels du chef de frais bancaires qu'il invoque et les effets des décisions du 15 juin 2023. Il n'établit ainsi pas, de ces chefs, d'une créance non sérieusement contestable sur l'Etat.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à M. A une somme globale de 3 000 euros à titre de provision, en principal. Cette somme sera assortie à compter du 23 février 2024, date de la réception de la demande préalable par l'administration, de l'intérêt légal. En revanche, n'y ayant pas une année entière écoulée à la date de la présente ordonnance, les conclusions aux fins de capitalisation desdits intérêts doivent être rejetées.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Malabre, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat, d'une part, le versement à Me Malabre de la somme de 500 euros, d'autre part, le versement à M. A d'une somme de 500 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser une somme de 3 000 (trois mille) euros à M. A, à titre de provision sur la réparation de l'ensemble de ses préjudices. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 23 février 2024.
Article 2 : L'Etat versera à Me Malabre une somme de 500 (cinq cents) euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, et une somme de (cinq cents) euros à M. A sur le même fondement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Une copie pour information en sera adressée au préfet de la Haute-Vienne et à Me Malabre.
Limoges, le 25 juillet 2024.
Le juge des référés,
D. JOSSERAND-JAILLET
La République mande et ordonne
au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La Greffière en Cheffe
A. BLANCHON
No 2400553
lg
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