mercredi 26 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400819 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | TEILLOT & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 mai et 17 juin 2024, M. A C et Mme B C, représentés par Me Monpion, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre sous astreinte au maire de la commune de Tardes de prendre les mesures de nature à mettre en œuvre la délibération du 10 janvier 2024 par laquelle le conseil municipal de cette commune a donné son accord de principe pour la vente d'une partie de la parcelle cadastrée section A n° 123 et a donné pouvoir à celui-ci pour démarcher diverses agences immobilières du secteur ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tardes une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que :
- si le maire de Tardes n'a pas pris d'arrêté de péril concernant la grange de Mazeirat, il a néanmoins pris un arrêté réglementant la circulation afin d'assurer la sécurité des usagers de la voie, lequel est motivé par le mauvais état de la grange ; la dégradation inexorable du bâtiment est également le motif de l'acceptation de principe de la vente de la grange ;
- en outre, si l'architecte des bâtiments de France s'est prononcé sur l'interdiction de démolition de la grange, les travaux présentent cependant un coût élevé et il n'existe pas de subventions pour les réaliser ;
- le village est coupé en deux depuis plus de deux ans, l'arrêté de circulation induisant une contrainte journalière pour les habitants du village et les agriculteurs en les obligeant à faire un détour de plusieurs kilomètres pour joindre les deux côtés du village ; s'agissant de leur propre situation, l'usage des deux bâtiments leur appartenant est rendu impossible car leur accès à la route est situé dans une zone d'interdiction de circulation ;
- leur proposition d'achat permettrait que les frais de rénovation de la grange ne pèsent pas sur le budget de la commune et, par ailleurs, la rénovation permettrait également de rétablir la circulation sur la voie communale n° 9, limitée de manière définitive alors qu'une mesure de police ne peut être que provisoire ;
- il existe une urgence compte tendu de l'état de la grange qui se détériore de jour en jour ;
- n'étant pas lésés par la délibération du 10 janvier 2024, ils n'avaient aucun intérêt à en demander l'annulation ;
- la commune de Tardes ne justifie pas de ce qu'elle aurait sollicité une agence immobilière afin de procéder à une estimation du bien ;
- leur requête ne tend pas à ce qu'il soit enjoint à la commune de procéder à la vente de la grange mais seulement à ce que celle-ci consulte des agences immobilières et décide, au vu des avis recueillis, de poursuivre ou non la vente, de façon à ce que la délibération du 10 janvier 2024 ne soit pas qu'un acte purement formel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, la commune de Tardes, représentée par Me Maisonneuve, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- si le conseil municipal a donné son accord sur le principe de la vente, il a expressément rejeté l'offre d'achat de M. C, de sorte que les mesures demandées font clairement obstacle à l'exécution de la délibération du 10 janvier 2024 ;
- il appartenait à M. C, s'il s'y croyait fondé, de former un recours au fond et de demander parallèlement la suspension de l'exécution de cette délibération ;
- les requérants n'établissent pas un préjudice suffisamment grave et immédiat à leur situation ; ils ont eux-mêmes demandé l'annulation de l'arrêté par lequel le maire a réglementé la circulation afin d'empêcher tout passage sur la voie publique devant la grange et d'assurer la sécurité des usagers, ce qui met en évidence que la situation de la grange ne revêt pas pour eux une telle urgence ; en outre, alors que la délibération a été prise le 10 janvier 2024, ils ont attendu le 7 mai 2024 pour saisir le juge des référés ;
- il a été fait application de la délibération du 10 janvier 2024, une agence immobilière ayant été sollicitée afin de procéder à une estimation du bien ; contrairement à ce que soutiennent les requérants, cette délibération ne fait naître aucun droit à leur égard ; au surplus, la grange était auparavant un bien de section de sorte que, en cas de vente, le conseil municipal devra respecter les dispositions de l'article L. 2411-12-3 du code général des collectivités territoriales à peine de nullité ;
- la mesure demandée par M. et Mme C, qui tend à ce qu'il lui soit enjoint de procéder à la vente de la grange, revêt nécessairement un caractère définitif et ne peut donc être prescrite sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Nicolas Normand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Tardes est propriétaire d'une parcelle cadastrée section A n° 123 sur laquelle est sise une grange qui menace de s'effondrer. M. et Mme C, propriétaires d'une parcelle voisine, ont adressé à la commune de Tardes une proposition d'achat de cette grange le 6 novembre 2023. Par une délibération du 10 janvier 2024, le conseil municipal de la commune a donné un accord de principe pour la vente d'une partie de la parcelle A 123 et a donné pouvoir au maire pour démarcher diverses agences immobilières du secteur et rédiger un courrier de réponse au conseil de M. et Mme C. Par la présente requête, ces derniers demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre sous astreinte au maire de la commune de Tardes de prendre les mesures de nature à mettre en œuvre la délibération du 10 janvier 2024.
Sur les conclusions à fin de prononcé d'une mesure utile :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. D'une part, s'agissant de la condition d'urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l'article L. 521-3, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'état de délabrement de la grange dite de Mazeirat, qui a justifié l'intervention de la délibération du 10 janvier 2024 pour laquelle le requérant demande à la commune de Tardes de prendre les mesures de nature à la mettre en œuvre, a justifié l'édiction d'un arrêté réglementant la circulation afin d'assurer la sécurité des usagers de la voie jouxtant cette grange. La situation d'urgence est ainsi caractérisée.
5. D'autre part, par les pièces qu'elle produit, la commune ne justifie pas, comme le prévoit pourtant la délibération en cause, avoir missionné des agences immobilières afin de procéder à l'estimation du bien pour lequel elle a donné son accord de principe pour une vente.
6. Dans ces conditions, il y a lieu d'enjoindre au maire de la commune de Tardes de démarcher plusieurs agences immobilières du secteur dans lequel se situe la parcelle cadastrée section A n° 123 afin d'en évaluer la valeur dans un délai de deux mois courant à compter de la notification de la présente ordonnance.
Sur les frais de justice :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme C, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Tardes demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Tardes la somme demandée par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au maire de la commune de Tardes de démarcher plusieurs agences immobilières du secteur dans lequel se situe la parcelle cadastrée section A n° 123 afin d'en évaluer la valeur dans un délai de deux mois courant à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C, à Mme B C et à la commune de Tardes.
Fait à Limoges, le 26 juin 2024.
Le juge des référés,
N. NORMAND
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La greffière en chef,
Pour La Greffière
I. FADERNE
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026