jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2400913 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL PHELIP ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 27 mai 2024 et 30 juillet 2024, la SCI Paulgar, représentée par Me Gien, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :
1°) de désigner un expert chargé de déterminer les causes et incidences des désordres affectant le terrain de la SCI Paulgar ayant pour cause le passage d'un aqueduc souterrain dont la commune ou la métropole doit assurer l'entretien et d'évaluer les conséquences pécuniaires que ces désordres ont engendrées et engendreront à l'avenir ;
2°) de mettre à la charge de la communauté urbaine Limoges métropole et de la commune de Limoges le paiement d'une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner la communauté urbaine Limoges métropole et la commune de Limoges aux dépens.
Elle soutient que :
- le 12 janvier 2021, une fuite de canalisation d'adduction d'eau sur le domaine public s'est produite au droit du terrain, 10 rue de Marivaux, Limoges (87085) ; la communauté urbaine Limoges métropole est intervenue afin de procéder à des réparations ;
- le 21 janvier 2021, un affaissement de terrain s'est produit dans son jardin ; l'effondrement a créé une cavité de 5 mètres de profondeur, pour un diamètre d'environ 1,50 mètres ; un constat d'huissier a été établi le 3 février 2021 ; il a notamment été constaté la présence d'un très important affaissement, un défaut de planéité important en partie droite et aval de l'affaissement existant ainsi que la présence d'une canalisation non identifiée traversant la zone affaissée ; un début d'affaissement a également été constaté dans la zone à l'Est et au Sud-Est de l'affaissement principal ;
- par courrier en date du 3 mai 2021, la communauté urbaine Limoges métropole a indiqué que sa responsabilité ne pouvait être engagée dans la mesure où l'aqueduc souterrain ne concourait pas à la mise en œuvre d'une compétence de la métropole ;
- le 14 juin 2021, il a été procédé à une expertise amiable au contradictoire de Limoges métropole ; la commune de Limoges ne s'est pas présentée ; le représentant de Limoges métropole a indiqué que la présence d'un cours d'eau souterrain, nommé " ruisseau des Goulènes ", pouvait être à l'origine de l'affaissement constaté et a précisé qu'elle ne se déclarait pas responsable de l'affaissement de terrain intervenu ; l'expert de la société Eurexo PJ a relevé que la zone entourant l'affaissement du terrain était dangereuse ; l'expert a néanmoins conclu que l'origine de l'affaissement demeurait indéterminée et qu'il fallait recourir à un bureau d'études spécialisé afin de déterminer les causes de l'effondrement et les solutions de reprise ;
- par un courrier en date du 19 octobre 2021, la commune de Limoges a indiqué que l'aqueduc souterrain n'appartenait pas à la ville et ne concourait pas à l'exercice de ses compétences ;
- la demande se rapporte à des faits susceptibles de donner lieu à un litige devant être porté devant la juridiction administrative dans la mesure où l'aqueduc souterrain est un ouvrage public qui servirait à véhiculer des eaux de ruissellement et la communauté urbaine Limoges métropole est compétente en matière de gestion des eaux pluviales urbaines, en lieu et place de ses communes membres ;
- la mesure est utile puisqu'elle vise à ce qu'un expert se prononce sur les causes et l'imputabilité de l'ensemble des désordres affectant le terrain et évalue les conséquences pécuniaires que ces désordres ont engendré et engendreront dans l'avenir et qu'elle permettra d'étayer les actions susceptibles d'être ultérieurement portées du fait de l'établissement, au contradictoire des collectivités responsables de l'entretien de l'aqueduc souterrain, de la matérialité des désordres allégués, de leur localisation, de la cause de ces désordres et de leur imputabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2024, la commune de Limoges déclare ne pas s'opposer à la demande d'expertise formulée par la SCI Paulgar.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 26 juillet 2024 et le 5 août 2024, la communauté urbaine Limoges métropole, représentée par Me Phelip, émet toutes protestations et réserves quant à sa responsabilité, demande d'écarter la demande tendant à ce que l'expert constate l'état de servitude non apparente de l'aqueduc souterrain des Goulènes passant sous le terrain de la SCI Paulgar, à ce que, s'agissant des dépens et des frais irrépétibles, la demande formulée par la SCI Paulgar soit rejetée, et à ce que la SCI Paulgar soit condamnée au paiement d'une indemnité de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. François-Joseph Revel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
2. Les mesures d'expertise sollicitées par la SCI Paulgar visent à déterminer les causes et incidences des désordres affectant le terrain, propriété de la SCI Paulgar, traversé par un aqueduc souterrain et à évaluer les conséquences pécuniaires que ces désordres ont pu engendrer et pourraient engendrer à l'avenir en vue d'un éventuel recours au fond qui relèverait de la compétence de la juridiction administrative. Dans ces conditions, la mesure d'expertise sollicitée, qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative Dès lors, il y a lieu de faire droit à sa demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
4. En l'état de l'instance, il ne saurait y avoir de partie perdante. Dès lors, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SCI Paulgar et par la communauté urbaine Limoges métropole au titre des frais de justice.
Sur les dépens :
5. Aux termes des dispositions de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Ces frais et honoraires sont, en principe, mis à la charge de la partie qui a demandé le prononcé de la mesure d'expertise. Toutefois, pour des raisons d'équité, ils peuvent être mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise () ".
6. Ainsi, il n'appartient pas au juge des référés de se prononcer sur les dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Il s'ensuit que les conclusions relatives aux dépens présentées par les parties doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er :M. C B, domicilié 14 rue Léon Sazerat à Limoges (87000) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents et pièces administratives, dresser un bordereau de ces documents communiqués, étudier et analyser ceux en rapport avec le litige ;
2°) entendre les parties, recueillir leurs dires et explications, et fournir au tribunal les éléments techniques ou non-techniques permettant de les comprendre ;
3°) se rendre sur la propriété de la SCI Paulgar, 10 rue de Marivaux, Limoges (87085), et étudier le dispositif de l'aqueduc souterrain ; décrire le dispositif et l'état dudit ouvrage ;
4°) de manière générale examiner et décrire les dommages affectant la propriété de la SCI Paulgar, préciser leur nature, leur date d'apparition, leur étendue et procéder à tout diagnostic géotechnique nécessaire à la réalisation de la présente mission ;
5°) donner un avis motivé sur les causes et origines des dommages dont il s'agit, en précisant s'ils sont imputables à un entretien défaillant ; le cas échéant, déterminer si l'entretien de l'ouvrage était à la charge de la commune de Limoges ou de la communauté urbaine Limoges métropole ; s'il ne s'agit pas d'un défaut d'entretien, déterminer les causes de l'affaissement et, en cas de causes multiples, les proportions de chacune d'elle ;
6°) dire si l'aqueduc souterrain est conforme aux normes en vigueur et en bon état de fonctionnement, et dans la négative, proposer toute solution apte à éviter de nouveaux désordres sur la propriété de la SCI Paulgar ;
7°) fournir au tribunal les éléments lui permettant d'apprécier l'étendue des préjudices, notamment l'évaluation du coût des travaux nécessaires pour réparer les dommages ;
8°) de manière générale, donner tous les éléments utiles d'appréciation sur les responsabilités encourues et les préjudices subis.
Article 2 :L'expert ne pourra faire appel à un sapiteur sans avoir préalablement sollicité une autorisation auprès du tribunal.
Article 3 :Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 :L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de la SCI Paulgar de la commune de Limoges et de la communauté urbaine Limoges métropole.
Article 5 :L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative dans leur rédaction issue du décret n° 2023-468 du 16 juin 2023. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera remettre, en application de l'article R. 621-7-1 du même code, tous documents utiles.
Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert avertira les parties par lettre recommandée, quatre jours au moins à l'avance, des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise.
Les opérations de l'expertise devront être faites sans apprécier les droits respectifs des parties, la recevabilité ou le mérite de leurs prétentions, ces questions appartenant au fond du litige. Elles se dérouleront conformément aux dispositions des articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 6 :Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme France transfert, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours avant le 30 juin 2025.
Article 7 :Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 :Les conclusions de la SCI Paulgar présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 9 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 10 :La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Paulgar, à la commune de Limoges, à la communauté urbaine Limoges métropole et à M. C B, expert.
Limoges, le 24 octobre 2024.
Le juge des référés,
F.J. REVEL
La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef,
La Greffière,
M. A
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026