lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401164 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SOLTNER RAPHAEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement le 28 juin 2024 et le 20 juillet 2024, Mme A B, représentée par Me Colmant et Me Ponsard, demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative :
1°) de désigner un expert chargé de se prononcer sur les désordres qui affectent son bien situé 2 route d'Aubusson à Sainte-Feyre ;
2°) de condamner la commune de Sainte-Feyre et la communauté d'agglomération du Grand Guéret à lui verser respectivement la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à la suite de l'achat de son immeuble en septembre 2020, elle a entrepris des travaux à l'occasion desquels elle a constaté de graves problèmes d'évacuation des eaux pluviales et souterraines dans sa cave ; ces désordres, constitués par des eaux stagnantes et des infiltrations, ont été constatés quelques semaines après que des travaux d'hydrocurage aient été menés sur l'aqueduc qui traverse sa cave ; elle a fait installer, à sa charge, compte-tenu des risques et de l'urgence, une pompe vide-cave afin de recueillir les eaux stagnantes pour les évacuer dans le réseau collectif d'évacuation des eaux de pluie au moyen d'un tuyau d'arrosage relié au regard situé sur la voie publique ;
- le 9 octobre 2021, un représentant de la commune a constaté ces désordres mais rien n'a été entrepris par la collectivité publique ; le 20 novembre 2020, elle a adressé un courrier au maire de la commune de Sainte-Feyre pour l'informer une nouvelle fois du problème d'évacuation des eaux ; un rendez-vous sur place s'est tenu en novembre 2020 en présence du responsable des travaux de la commune de Sainte-Feyre, de conseillers municipaux et de responsables de la communauté d'agglomération du Grand Guéret ; aucune suite n'a été donnée au rendez-vous ; le 22 janvier 2021, elle a de nouveau envoyé un courrier à la commune, laquelle a répondu que le problème d'évacuation d'eaux pluviales sera traité par la communauté d'agglomération du Grand Guéret le 17 février 2021, du fait du transfert de la compétence relative à l'évacuation des eaux pluviales en date du 1er janvier 2020 ; aucune intervention n'a été effectuée ; le 26 novembre 2021, elle a de nouveau sollicité la remise en service de l'aqueduc servant à évacuer les eaux pluviales ; par courrier en date du 22 décembre 2021, le maire adjoint de la commune et vice-président de la communauté d'agglomération du Grand Guéret lui a indiqué avoir fait procéder à l'enfouissement du tuyau d'arrosage installé provisoirement dans un tuyau plus rigide placé sous le trottoir ; le courrier faisait également état de la tenue d'une réunion publique au mois de janvier 2022 pour rechercher une solution pérenne ;
- le 17 novembre 2021, un procès-verbal de constat a été dressé ; elle l'a transmis au maire de la commune de Sainte-Feyre ; par un courrier en réponse en date du 1er février 2022, le maire a évoqué une situation délicate et a réitéré son intention d'organiser une réunion publique ; il n'a jamais été procédé à l'organisation de cette réunion ; le 21 septembre 2022, elle a reçu un courrier du maire indiquant que les eaux pluviales sont collectées dans un regard commun situé sur une propriété privée et suggérant, sans aucune expertise, que les eaux de sa cave sont issues d'un réseau privé, sans doute en provenance d'une nappe phréatique ou d'un ancien puits ;
- elle a sollicité une expertise technique auprès du cabinet Lamy, lequel a, par un rapport en date du 17 avril 2023, conclut que le bâtiment était affecté de plusieurs désordres d'humidité susceptibles de dégrader également la santé des personnes et que ces désordres étaient dus à l'obstruction du réseau d'évacuation des eaux pluviales qui provoque des infiltrations et des remontées capillaires, et préconise de procéder au curage de la canalisation d'eau pluviale situé dans la partie communale avant de restaurer les murs ; aucun travaux n'a toutefois été réalisé ;
- par courrier en date du 14 mai 2024, elle a une nouvelle fois recherché une issue à ce problème ; par un courrier en date du 11 juin 2024, la communauté d'agglomération du Grand Guéret a considéré ne pas devoir intervenir dans la mesure où il a été établi que les eaux provenant de la cave sont issues d'un réseau privé n'appartenant ni à l'agglomération, ni à la commune de Sainte-Feyre ; ce courrier n'était corroboré par aucune expertise ;
- le tribunal administratif de Limoges est compétent pour connaître d'un éventuel litige ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle s'inscrit dans la perspective d'un litige éventuel ainsi que dans le but de déterminer les causes et origines des désordres affectant son bien et les moyens d'y remédier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juillet 2024, la commune de Sainte-Feyre, représentée par Me Maret, conclut au rejet de la requête. Elle soutient qu'elle a transféré la compétence " eau assainissement et gestion des eaux pluviales urbaines " à la communauté d'agglomération du Grand Guéret par une délibération du conseil municipal en date du 26 février 2020, qu'en tout état de cause, la requérante n'établit pas qu'un ouvrage relevant de la responsabilité propre de la commune serait en lien avec la problématique d'évacuation des eaux qu'elle subit, qu'il est de la responsabilité de la requérante de faire évacuer les eaux issues de sa cave dans le réseau collectif d'eaux pluviales, que l'ensemble des travaux et investigations ont permis de déterminer que les eaux sont issues d'un réseau privé n'appartenant ni à la communauté d'agglomération du Grand Guéret, ni à la commune de Sainte-Feyre. Enfin, elle demande la condamnation de la requérante au versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2024, le département de la Creuse ne s'estime pas compétent dans ce litige qui oppose la requérante à la commune de Sainte-Feyre et à la communauté d'agglomération du Grand Guéret.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2024, la communauté d'agglomération du Grand Guéret, représentée par Me Soltner, conclut au rejet de la requête pour défaut d'utilité. Elle soutient que la canalisation qui relie le commerce de Mme B au réseau d'évacuation n'est pas obstruée, qu'un rapport établi par les services techniques de la communauté d'agglomération du Grand Guéret a pu constater que l'immeuble de Mme B était bien raccordé au réseau d'évacuation des eaux communales mais que c'était le système d'aqueduc situé sous la propriété de la requérante qui n'était plus opérationnel, et que par conséquent, les difficultés d'évacuation des eaux se situent sur le domaine privé de Mme B. Enfin, elle sollicite la condamnation de Mme B à la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. François-Joseph Revel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de mise hors de cause du département de la Creuse :
1. Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juillet 2024, le département de la Creuse sollicite sa mise hors de cause dans la mesure où par délibération du conseil municipal de la commune de Sainte-Feyre en date du 26 février 2020, cette dernière a transféré la compétence " eau assainissement et gestion des eaux pluviales urbaines " à la communauté d'agglomération du Grand Guéret. Ce faisant, le département de la Creuse ne s'estime pas compétent dans ce litige.
2. Or, il ressort de l'instruction que les réseaux d'évacuation en cause prennent place, pour certains d'entre eux, et notamment l'aqueduc traversant la cave de la requérante, en-deçà du domaine public routier, lequel relève de la compétence du département. Ainsi, il ne peut être fait droit à la demande de mise hors de cause du département de la Creuse.
Sur la demande d'expertise :
3. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ". Si le juge des référés n'est pas saisi du principal, l'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il lui est demandé d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, relevant lui-même de la compétence de la juridiction à laquelle ce juge appartient, et auquel cette mesure est susceptible de se rattacher.
4. Mme B sollicite une mesure d'expertise judiciaire afin de déterminer les causes et origines des désordres affectant son bien immobilier ainsi que les moyens propres à remédier à ces désordres. La commune de Sainte-Feyre et la communauté d'agglomération du Grand Guéret soutiennent que les désordres ont pour origine un réseau privé d'évacuation des eaux pluviales et, partant, concluent au rejet de la requête. Or, d'une part, elles n'apportent aucune pièce de nature à fonder leurs prétentions et à justifier de l'origine de ces désordres et, d'autre part, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise diligentée à la demande de Mme B en date du 17 mai 2023, que le réseau communal est " bouché ", empêchant ainsi " le bon écoulement des eaux provenant des canalisations de la cave ". De surcroît, les conclusions de l'expertise amiable ne permettent pas d'établir l'origine et la cause des désordres affectant l'immeuble de Mme B.
5. Dans ces conditions, la mesure d'expertise judiciaire sollicitée, laquelle a précisément pour but d'apporter tous éléments utiles permettant d'apprécier l'existence et, le cas échéant, la nature et l'étendue de la responsabilité de chaque partie, présente un caractère utile. Il y a lieu de faire droit à la demande d'expertise et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les frais liés au litige :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". L'article R. 761-1 du même code dispose que : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
7. La présente procédure ne tend qu'au prononcé d'une mesure d'expertise. Il n'y a pas lieu pour le juge des référés de faire droit aux conclusions de Mme B tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il s'ensuit que la demande présentée par Mme B sur le fondement de cette disposition doit être rejetée.
8. Ainsi, il n'appartient pas au juge des référés de se prononcer sur les dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Il s'ensuit que les conclusions relatives aux dépens présentées par les parties doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er :M. E C, domicilié 2 Le Moulin de Lascaux à Saint Georges Nigremont (23500) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents et pièces administratives, dresser un bordereau de ces documents communiqués, étudier et analyser ceux en rapport avec le litige ;
2°) entendre les parties, recueillir leurs dires et explications, et fournir au tribunal les éléments techniques ou non-techniques permettant de les comprendre ;
3°) se rendre sur la propriété de Mme B, 2 route d'Aubusson à Sainte-Feyre (23000) et étudier le dispositif de la canalisation d'eau pluviale ; décrire le dispositif et l'état de ladite canalisation ; de manière générale examiner et décrire les dommages affectant la propriété de Mme B, préciser leur nature, leur date d'apparition, leur étendue et procéder à tout diagnostic géotechnique nécessaire à la réalisation de la présente mission ;
4°) donner un avis motivé sur les causes et origines des dommages dont il s'agit, en précisant s'ils sont imputables à un entretien défaillant de l'ouvrage public par la communauté d'agglomération du Grand Guéret, à la commune de Sainte-Feyre, au département de la Creuse ou à toute autre cause et, dans le cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
5°) dire si le dispositif d'évacuation des eaux pluviales est conforme aux normes en vigueur et en bon état de fonctionnement, et dans la négative, proposer toute solution apte à assurer l'écoulement des eaux pluviales dans le respect de la propriété de Mme B ;
6°) fournir au tribunal les éléments lui permettant d'apprécier l'étendue des préjudices, notamment l'évaluation du coût des travaux nécessaires pour réparer les dommages ;
7°) donner tous les éléments utiles d'appréciation sur les responsabilités encourues et les préjudices subis.
Article 2 :L'expert ne pourra faire appel à un sapiteur sans avoir préalablement sollicité une autorisation auprès du tribunal.
Article 3 :Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 :L'expertise aura lieu contradictoirement en présence de Mme B, de la commune de Sainte-Feyre, de la communauté d'agglomération du Grand Guéret et du département de la Creuse.
Article 5 :L'expert remplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative dans leur rédaction issue du décret n° 2023-468 du 16 juin 2023. Pour l'accomplissement de cette mission, il se fera remettre, en application de l'article R. 621-7-1 du même code, tous documents utiles.
Conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative, l'expert avertira les parties par lettre recommandée, quatre jours au moins à l'avance, des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise.
Les opérations de l'expertise devront être faites sans apprécier les droits respectifs des parties, la recevabilité ou le mérite de leurs prétentions, ces questions appartenant au fond du litige. Elles se dérouleront conformément aux dispositions des articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.
Article 6 :Conformément aux dispositions du premier alinéa de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe sous forme électronique par le biais de la plateforme France transfert, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours avant le 30 avril 2025.
Article 7 :Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 :Les conclusions du département de la Creuse aux fins d'être mis hors de cause de l'expertise sont rejetées.
Article 9 :Les conclusions de Mme B présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 10 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 11 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à la commune de Sainte-Feyre, à la communauté d'agglomération du Grand Guéret, au département de la Creuse et à M. E C, expert.
Limoges, le 14 octobre 2024.
Le juge des référés,
F.J. REVEL
La République mande et ordonne
à la préfète de la Creuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour La Greffière en Chef,
La Greffière,
M. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026