lundi 15 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2401215 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2024, la communauté d'agglomération du bassin de Brive, représentée par Me Val, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, des occupants sans droit ni titre occupant l'aire de grand passage des Baysses située sur le territoire de la commune de Saint-Pantaléon-de-Larche.
Elle soutient que :
- l'urgence est constituée par le risque grave voire mortel encouru par les personnes à proximité des installations sauvages, nécessitant une expulsion immédiate du site en vue de prévenir la survenance d'un accident ; le stationnement permanent de ces occupants irréguliers ne permet pas d'offrir aux missions les conditions d'accueil nécessaires pour lesquelles cette aire de grands passages a été précisément aménagée et auxquelles elle est destinée.
- les occupants résident irrégulièrement sur une aire qui a été aménagée en vue d'offrir aux missions auxquelles elle est destinée les conditions d'accueil nécessaires et n'est pas destinée à accueillir durablement des gens du voyage sédentarisés ou semi-sédentarisés à la différence d'autres aires susceptibles de répondre à leurs besoins. La présence de ces occupants sans droits ni titres fait obstacle à l'accueil des missions qui ont dû s'installer de manière illicite sur d'autres terrains alentours ou ont dû poursuivre leur chemin vers leur prochaine destination.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2024, M. A C, occupant sans droit ni titre, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- alors même que l'aire d'accueil de Cana située sur le territoire de Brive-la-Gaillarde est fermée, la communauté d'agglomération du bassin de Brive n'a pas désigné d'aire d'accueil relevant de son secteur géographique ;
- plusieurs occupants ont des obligations médicales, des activités professionnelles et des enfants scolarisés qui sont autant d'obstacles à leur éloignement ;
- les branchements illicites relèvent de l'état de nécessité et une note de la défenseure des droits a été adressée à la communauté d'agglomération du bassin de Brive pour lui rappeler ses obligations ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Pierre-Marie Houssais, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Pradier, substituant Me Val, représentant la communauté d'agglomération du bassin de Brive ;
- les observations de M. A C, occupant sans droit ni titre.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, dont l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. Il résulte de l'instruction que des gens du voyage, dont l'immatriculation des véhicules a été répertoriée par les services de la communauté d'agglomération du bassin de Brive en dernier lieu le 1er juillet 2024, sont installés sur l'aire de grand passage des Baysses située sur le territoire de la commune de Saint-Pantaléon-de-Larche avec leurs véhicules et caravanes. Outre que ces personnes ne justifient d'aucun titre les habilitant à occuper ce terrain, lequel a été aménagé en vue d'offrir aux missions auxquelles il est destiné les conditions d'accueil nécessaires et n'est pas destiné à accueillir durablement des gens du voyage sédentarisés ou semi-sédentarisés, il n'est pas contesté par les défendeurs présents à l'audience qu'il a été procédé à des branchements illicites en eau et en électricité, ces derniers laissant à même le sol les câbles raccordés qui sont ainsi apparents et accessibles. Une telle situation, qui fait peser sur ses occupants un risque élevé d'électrocution et d'incendie, porte atteinte à la sécurité et à la salubrité publiques. Dans ces conditions, et alors que les défendeurs n'apportent aucun élément probant de nature à justifier qu'ils ne pourraient être accueillis sur d'autres aires prévues à cet effet, notamment celles de Tulle et d'Ussel, la libération de l'aire occupée présente un caractère d'utilité et d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
3. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner l'expulsion de tous les occupants sans droit ni titre de l'aire de grand passage des Baysses située sur le territoire de la commune de Saint-Pantaléon-de-Larche ainsi que l'évacuation de tous véhicules et caravanes appartenant à ces occupants, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
O R D O N N E :
Article 1er: Il est enjoint aux occupants sans droit ni titre installés sur l'aire de grand passage des Baysses située sur le territoire de la commune de Saint-Pantaléon-de-Larche de libérer les lieux qu'ils occupent et d'évacuer leurs véhicules et caravanes, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2:La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération du bassin de Brive et aux occupants sans droit ni titre l'aire de grand passage des Baysses située sur le territoire de la commune de Saint-Pantaléon-de-Larche.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.
Le juge des référés,
P.-M. B
Le greffier en chef,
A. BLANCHON
La République mande et ordonne
au préfet de la Corrèze en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Le Greffier en Chef
A. BLANCHON
if
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026