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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2402036

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2402036

lundi 8 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2402036
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges a rejeté l'opposition formée par M. B E contre une contrainte émise par la caisse d'allocations familiales de l'Indre pour le recouvrement d'un indu de prime d'activité de 1 016,89 euros. Le requérant contestait le bien-fondé de l'indu, mais n'a pas justifié avoir exercé le recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours amiable, conformément à l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, le tribunal a jugé ce moyen irrecevable et a rejeté la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2024, M. B E forme opposition à la contrainte délivrée à son encontre le 14 octobre 2024 par le directeur de la caisse d'allocations familiales de l'Indre pour le recouvrement d'une somme de 1 016,89 euros correspondant à un indu de prime d'activité versé à tort du 1er avril 2022 au 31 décembre 2022 suite à son déménagement.

Par un courrier du 12 novembre 2024, envoyé par lettre recommandée, auquel était joint le formulaire prévu par l'article R. 772-7 du code de justice administrative, M. E a notamment été invité à justifier de l'exercice du recours administratif préalable obligatoire, dans le délai de 15 jours, à peine d'irrecevabilité.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article R. 772-6 du code de justice administrative : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

3. D'une part, aux termes de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité prise par l'un des organismes mentionnés à l'article L. 843-1 fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours auprès de la commission de recours amiable, composée et constituée au sein du conseil d'administration de cet organisme et qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1. ".

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut, dans les délais et selon les conditions fixées par voie réglementaire, délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire. ".

5. Il résulte des dispositions citées au point 3, qu'un recours contentieux tendant à l'annulation d'une décision prise par le directeur d'un organisme de sécurité sociale ordonnant le reversement d'un indu de prime d'activité n'est recevable que si l'intéressé a préalablement exercé le recours administratif préalable qu'elles prévoient. En revanche, les dispositions citées au point 4 relatives à l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une telle décision ne subordonnent pas l'exercice de cette voie de droit à l'exercice préalable des mêmes recours administratifs. Toutefois, le débiteur ne peut, à l'occasion de l'opposition, contester devant le juge administratif le bien-fondé de l'indu ou en demander une remise gracieuse que s'il a exercé le recours administratif dans les conditions prévues par les dispositions citées au point 3.

6. A l'appui de son opposition à la contrainte émise à son encontre le 14 octobre 2024 par la caisse d'allocations familiales de l'Indre pour recouvrer une somme de 1 016,89 euros correspondant à un indu de prime d'activité pour la période du 1er avril 2022 au 31 décembre 2022, M. E conteste le bien-fondé de l'indu en soutenant que celui-ci concerne son ancienne compagne Mme A D dont le dossier est désormais traité par la caisse d'allocations familiales de l'Ardèche. Toutefois, et en dépit de la demande de régularisation qui lui a été adressée le 10 juillet 2024, il ne justifie pas avoir présenté le recours administratif préalable obligatoire prévu par les dispositions citées au point 3. Par suite, le moyen que M. E développe, tiré de l'absence de bien-fondé de l'indu est irrecevable.

7. Il résulte de ce qui précède que la présente requête doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B E.

Fait à Limoges, le 8 septembre 2025.

Le vice-président,

F-J. REVEL

La République mande et ordonne

au ministre du travail, de la santé, des solidarités

et des familles en ce qui la concerne ou à tous

commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les

voies de droit commun contre les parties privées,

de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour le Greffier en Chef,

La Greffière

M. C

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