LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2402163

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2402163

vendredi 11 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2402163
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationJUGE UNIQUE A SLIMANI
Avocat requérantMONPION

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges a été saisi par Mme D d’une demande d’indemnisation pour les préjudices résultant de l’invalidation fautive de son permis de conduire, après que des infractions commises par une tierce personne lui ont été imputées à tort. Le tribunal a rejeté l’exception d’incompétence soulevée par le ministre de l’intérieur, jugeant que le litige relevait bien de sa compétence en matière de responsabilité pour faute de l’administration. Il a reconnu que l’erreur d’enregistrement du ministre constitue une faute de nature à engager la responsabilité de l’État, en violation de l’article L. 223-1 du code de la route. Cependant, la requérante n’ayant pas justifié ses préjudices matériels et moraux allégués, le tribunal a rejeté l’ensemble de ses conclusions indemnitaires et sa demande au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2024, Mme A D, représentée par Me Monpion, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 52 226,42 euros au titre de ses différents préjudices dus à l'invalidation fautive de son permis de conduire ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'est pas l'auteure des infractions commises les 11, 21 septembre, 8 octobre 2013 et 15 septembre 2014 ayant entraîné l'invalidation de son permis de conduire par le retrait de huit points ;

- les services de l'Etat ont commis une négligence engageant leur responsabilité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2025, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, le tribunal administratif n'est pas compétent en l'espèce ;

- à titre subsidiaire, les préjudices allégués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Par une décision du 16 juin 2025, le président du tribunal a désigné M. Franck Christophe en qualité de rapporteur public sur le fondement des dispositions de l'article

R. 222-24 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. C a présenté son rapport au cours de l'audience publique.

Me Monpion, représentant Mme D, a présenté des observations lors de l'audience à l'issue de laquelle a été prononcée la clôture d'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de

52 226,42 euros au titre de ses différents préjudices dus à l'invalidation fautive de son permis de conduire.

Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :

2. Si le ministre de l'intérieur soutient que le tribunal n'est pas compétent dès lors que l'appréciation de l'imputabilité à un conducteur d'une infraction relève de l'office du juge judiciaire dans le cadre d'une procédure pénale et que le contrevenant ne peut utilement soulever devant le juge administratif un moyen tiré de ce qu'il n'est pas l'auteur de l'infraction contestée, il résulte de la requête que Mme D entend rechercher la responsabilité de l'Etat pour faute en réparation des préjudices subis à la suite d'infractions au code de la route qui lui ont été illégalement imputées. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense ne peut être accueillie.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne l'existence d'une faute :

3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue () Lorsque le nombre de points est nul, le permis perd sa validité. La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive () ".

4. Il résulte de l'instruction que, par décision du 18 décembre 2014, notifiée une seconde fois le 16 novembre 2021, le ministre de l'intérieur a retiré huit points du permis de conduire de Mme D à la suite d'infractions commises les 11, 21 septembre, 8 octobre 2013 et

15 septembre 2014 et a constaté la perte de validité de ce permis pour défaut de points. Une plainte de l'intéressée a été déposée le 23 novembre 2021, en usurpation d'identité, auprès du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Limoges. Par un courrier du

8 novembre 2022, le procureur de la République de Rennes a enjoint l'officier du ministère public du centre national des traitements automatisés de Rennes de procéder à la restitution des points retirés dès lors que Mme D n'était pas l'auteure des infractions précitées. La décision retirant huit points de permis de conduire de l'intéressée à la suite des mêmes infractions méconnaît l'article L. 223-1 du code de la route et est ainsi illégale. Aussi, il est constant que le ministre de l'intérieur a commis une erreur d'enregistrement dans le fichier national du permis de conduire en imputant, à tort, à Mme D quatre infractions qui avaient été commises par une tierce personne portant le même nom que la requérante. L'erreur ainsi commise par le ministre est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat dès lors qu'elle est à l'origine des préjudices subis dont il incombe à la requérante de démontrer la réalité, et qu'il existe un lien de causalité direct et certain avec ses préjudices.

En ce qui concerne les préjudices :

5. En premier lieu, Mme D sollicite une indemnisation à hauteur de

1 466,42 euros au titre du préjudice matériel qu'elle a subi. Elle fait valoir que durant la privation de son permis de conduire, elle n'a pu se rendre à son lieu de travail que par l'intermédiaire de transport en commun. Toutefois, l'intéressée ne produit aucun justificatif à ce titre. Par suite, la requérante n'est pas fondée à demander l'indemnisation du préjudice matériel invoqué.

6. En deuxième lieu, les frais de justice, s'ils ont été exposés en conséquence directe d'une faute de l'administration, sont susceptibles d'être pris en compte dans le préjudice résultant de l'illégalité fautive imputable à l'administration. Toutefois, lorsque l'intéressé a fait valoir devant le juge une demande fondée sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le préjudice est intégralement réparé par la décision que prend le juge sur ce fondement. Il n'en va autrement que dans le cas où le demandeur ne pouvait légalement bénéficier de ces dispositions.

7. Mme D demande à être indemnisée à hauteur d'une somme de 760 euros, correspondant aux honoraires facturés par ses avocats, afférents aux démarches administratives afin d'obtenir la restitution de son permis de conduire. Aussi, elle est fondée à se prévaloir du chef de préjudice que représentent ces frais. Par suite, au vu des pièces versées au dossier, il sera fait une exacte appréciation des frais supportés dans le cadre des démarches administratives engagées avant l'introduction du présent recours, en lien direct avec la faute commise, en fixant leur montant à la somme de 760 euros.

8. En troisième lieu, Mme D soutient que la privation de son permis de conduire lui a causé un préjudice moral. Privée de ses droits à conduire de novembre 2021 à janvier 2023, il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral en lui allouant à ce titre une indemnité de 3 000 euros.

9. Enfin, si la requérante produit une attestation d'un médecin généraliste établie le

26 janvier 2023 et des attestations sur l'honneur émanant de son proche entourage affirmant que l'altération de son état physique serait dû à la perte de ses droits à conduire, ces documents n'établissent pas un lien de causalité direct et certain entre l'état de santé de la requérante et la perte de ses droits à conduire.

10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D est fondée à demander la condamnation de l'Etat à lui payer une indemnité de 3 760 euros au titre de ses différents préjudices.

Sur les frais liés au litige :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros demandée par Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser la somme de 3 760 (trois mille sept cent soixante) euros à Mme D au titre de ses différents préjudices.

Article 2 : L'Etat versera à Mme D la somme de 1 400 (mille quatre cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à Me Monpion et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2025.

Le magistrat désigné,

A. C

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne

au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

Pour la greffière en chef

La greffière,

M. Bmb

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions