mercredi 8 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Limoges |
| Section | Tribunal Administratif de Limoges |
| N° Dossier | TA87-2402344 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2024, la société Isoneo, représentée par son gérant, M. B C, demande au juge du référé contractuel en application des articles L. 551-13 et suivant du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision de la commune de Limoges attribuant à la société Isollab le lot n°17 intitulé " Panneaux alimentaires " du marché public relatif à la construction d'un équipement scolaire et aménagements de deux préaux et d'une salle de classe au groupe scolaire " Les Bénédictins " ;
2°) d'enjoindre au pouvoir adjudicateur, s'il entend poursuivre la procédure, de la reprendre au stade de l'examen des offres en opérant une vérification approfondie de la viabilité économique de ces dernières.
Elle soutient que le pouvoir adjudicateur a commis une erreur manifeste d'appréciation en n'écartant pas l'offre de la société attributaire en dépit de son caractère anormal bas, en méconnaissance des principes d'égalité de traitement et d'égal accès des candidats à un contrat de la commande publique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2024, la commune de Limoges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- elle est irrecevable, en l'absence des manquements énumérés à l'article L. 551-18 du code de justice administrative ;
- la société requérante ne démontre pas avoir été empêchée de former un référé précontractuel avant la signature du marché litigieux ;
- la procédure de passation du marché n'est entachée d'aucun manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence ;
- le moyen tiré du caractère anormalement bas de l'offre de la société attributaire n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les observations de M. C, gérant de la société Isoneo ;
- les observations de Mme D, représentant la commune de Limoges, qui ont repris leurs écritures.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un avis d'appel à la concurrence publié le 14 juin 2024 au BOAMP, la commune de Limoges a lancé, sous la forme d'un marché à procédure adaptée, une procédure de mise en concurrence en vue de la construction d'un équipement de restauration scolaire et aménagements de deux préaux et d'une salle de classe au groupe scolaire " Les Bénédictins ". Ce marché est décomposé en vingt lots. La société requérante a déposé une offre pour se voir attribué le lot n°17 intitulé " Panneaux alimentaires ". Par un courrier du 22 novembre 2024, la société Isoneo a été informé du rejet de son offre sur ce lot au motif qu'elle était classée en 2ème position. Par la présente requête, la société Isoneo doit être regardée comme demandant au juge du référé contractuel d'annuler le résultat de la consultation et la décision de la commune de Limoges attribuant à la société Isollab le marché susmentionné et de reprendre la procédure d'attribution du marché.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 551-1 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation par les pouvoirs adjudicateurs de contrats administratifs ayant pour objet l'exécution de travaux, la livraison de fourniture ou la prestation de services, avec une contrepartie économique constituée par un prix ou un droit d'exploitation ". L'article L. 551-13 du même code, relatif au référé contractuel, dispose : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi, une fois conclu l'un des contrats mentionnés aux articles L. 551-1 et L. 551-5, d'un recours régi par la présente section ". Aux termes de l'article L. 551-14 de ce code : " Les personnes habilitées à agir sont celles qui ont un intérêt à conclure le contrat et qui sont susceptibles d'être lésées par des manquements aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles sont soumis ces contrats, ainsi que le représentant de l'Etat dans le cas des contrats passés par une collectivité territoriale ou un établissement public local " et l'article L. 551-18 ajoute : " Le juge prononce la nullité du contrat lorsqu'aucune des mesures de publicité requises pour sa passation n'a été prise, ou lorsque a été omise une publication au Journal Officiel de l'Union européenne dans le cas où une telle publication est prescrite. () Le juge prononce également la nullité du contrat lorsque celui-ci a été signé avant l'expiration du délai exigé après l'envoi de la décision d'attribution aux opérateurs économiques ayant présenté une candidature ou une offre () si, en outre, deux conditions sont remplies : la méconnaissance de ces obligations a privé le demandeur de son droit d'exercer le recours prévu par les articles L. 551-1 et L. 551-5, et les obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles sa passation est soumise ont été méconnues de manière affectant les chances de l'auteur du recours d'obtenir le contrat ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 2181-1 du code de la commande publique : " Dès qu'il a fait son choix, l'acheteur le communique aux candidats et aux soumissionnaires dont la candidature ou l'offre n'a pas été retenue, dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 2181-3 du même code : " La notification prévue à l'article R. 2181-1 mentionne les motifs du rejet de la candidature ou de l'offre. Lorsque la notification de rejet intervient après l'attribution du marché, l'acheteur communique en outre : 1° Le nom de l'attributaire ainsi que les motifs qui ont conduit au choix de son offre ; 2° La date à compter de laquelle il est susceptible de signer le marché dans le respect des dispositions de l'article R. 2182-1 ". Enfin, aux termes de l'article R. 2182-1 de ce code : " Pour les marchés passés selon une procédure formalisée, un délai minimal de onze jours est respecté entre la date d'envoi de la notification prévue aux articles R. 2181-1 et R. 2181-3 et la date de signature du marché par l'acheteur ".
4. Il résulte de l'instruction que, par un courrier électronique recommandé réceptionné le 25 novembre 2024, la commune de Limoges a notifié à la société requérante le rejet de son offre pour le lot n°17 en mentionnant son classement, ses notes sur les différents critères ainsi que les notes du candidat retenu et les motifs ayant conduit au choix de l'offre de l'attributaire. La commune de Limoges a en outre pris le soin de laisser courir, à compter de la notification de la lettre portant rejet de l'offre du requérant, un délai avant de procéder à l'attribution du marché dont l'avis d'attribution a été régulièrement publiée le 5 décembre 2024. Dans ces circonstances, la société Isoneo ne peut être regardée comme ayant été privée de son droit d'exercer utilement un recours en référé précontractuel à l'encontre du marché en cause, alors même qu'elle aurait demandé le 27 novembre 2024 à la commune de Limoges des explications complémentaires concernant l'attribution du marché. Il suit de là que, la société requérante n'ayant pas été empêchée de former un référé précontractuel au sens de l'article L. 551-1 du code de justice administrative, le recours en référé contractuel régi par les articles L. 551-13 et suivants du même code ne lui est pas ouvert. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Limoges doit être accueillie.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Isoneo est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Isoneo et à la commune de Limoges.
Fait à Limoges, le 8 janvier 2025.
Le juge des référés,
D. A
La République mande et ordonne
au ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière
A. BLANCHON 00jb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026