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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2500502

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2500502

lundi 28 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2500502
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme A contestant la décision du 26 février 2025 du président du conseil départemental de la Haute-Vienne, qui confirmait une réduction de 50 % de son allocation de revenu de solidarité active (RSA) pour un mois. Le tribunal a estimé que la requête ne comportait que des moyens manifestement infondés ou insuffisamment précis, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. La sanction avait été prise sur le fondement des articles L. 262-37 et R. 262-68 du code de l'action sociale et des familles, en raison du défaut de validation du contrat d'engagement réciproque par Mme A. Les arguments de la requérante, relatifs à un manque d'informations et à sa situation précaire, ont été jugés sans incidence sur le bien-fondé de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 mars 2025, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 26 février 2025 par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Vienne a confirmé la décision prise le 30 septembre 2024 portant réduction de son allocation de revenu de solidarité active à hauteur de 50 % pour un mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

2. L'article R. 772-6 du même code prévoit que : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ".

3. Par une lettre du 14 mars 2025, le tribunal a invité Mme A à motiver sa requête dans le délai de quinze jours à l'aide du formulaire prévu par l'article R. 772-7 précité du code de justice administrative qui lui a été transmis par le greffe du tribunal. Ce formulaire invitait notamment la requérante à préciser les motifs de sa demande et l'informait de la nécessité, sous peine d'irrecevabilité, de soumettre au juge une argumentation destinée à établir que la décision contestée avait méconnu ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. La requérante a retourné ce formulaire au greffe le 8 avril 2025.

4. Aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : / 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés () / Lorsqu'il y a eu suspension de l'allocation au titre du présent article, son versement est repris par l'organisme payeur sur décision du président du conseil départemental à compter de la date de conclusion de l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi. " et aux termes de l'article L. 262-39 du même code : " () Les équipes pluridisciplinaires sont consultées préalablement aux décisions () de réduction ou de suspension, prises au titre de l'article L. 262-37, du revenu de solidarité active qui affectent le bénéficiaire. ". Aux termes de l'article R. 262-68 de ce code : " La suspension du revenu de solidarité active mentionnée à l'article L. 262-37 peut être prononcée, en tout ou partie, dans les conditions suivantes : / 1° Lorsque le bénéficiaire n'a jamais fait l'objet d'une décision de suspension, en tout ou partie, le président du conseil départemental peut décider de réduire l'allocation d'un montant qui ne peut dépasser 80 % du montant dû au bénéficiaire au titre du dernier mois du trimestre de référence pour une durée qui peut aller de un à trois mois ; / 2° Lorsque le bénéficiaire a déjà fait l'objet d'une telle décision, le président du conseil départemental peut réduire l'allocation pour un montant qu'il détermine pour une durée qui peut aller de un à quatre mois ; / 3° Toutefois, lorsque le foyer est composé de plus d'une personne, la suspension prévue aux 1° et 2° ne peut excéder 50 % du montant dû au bénéficiaire au titre du dernier mois du trimestre de référence.".

5. Par décision du 26 février 2025, le département de la Haute-Vienne a confirmé la décision de réduire le montant de l'allocation de RSA de Mme A à hauteur de 50 % pour une durée d'un mois au motif que la requérante n'avait pas validé son contrat d'engagement réciproque et qu'invitée à reprendre contact avec son référent afin de définir les modalités de son accompagnement socio-professionnel, elle n'a jamais donné suite à cette invitation.

6. Il ressort tant de la motivation de la décision attaquée que des pièces produites par Mme A qui a été invitée par courrier du 13 mai 2024 à reprendre contact dans un délai d'un mois avec son référent afin de définir les modalités de son accompagnement socio-professionnel, n'a jamais donné suite à cette invitation. Si Mme A soutient qu'elle n'avait pas toutes les informations nécessaires pour répondre à l'administration et qu'elle est dans une situation précaire, une telle argumentation dépourvue de tout élément est sans incidence sur le bien-fondé de la sanction en litige. Dans ces conditions, la requête doit être regardée comme reposant sur des faits manifestement insusceptibles de venir au soutien de sa contestation de la décision attaquée.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Limoges, le 28 avril 2025.

Le vice-président,

F-J. REVEL

La République mande et ordonne

à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme

La Greffière en Chef,

A. BLANCHON

jb

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