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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2500985

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2500985

lundi 22 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2500985
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Limoges a rejeté la requête de Mme A... contestant la décision de la MSA du Limousin de ne lui accorder qu'une remise partielle d'un indu de revenu de solidarité active. La requérante n'a pas fourni, malgré une demande de régularisation, les éléments suffisants sur ses ressources et charges actuelles pour permettre au juge d'apprécier sa situation de précarité. En application des articles R. 222-1 (7°) et R. 772-6 du code de justice administrative, la requête a été rejetée comme manifestement insuffisamment motivée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 mai 2025, Mme C... A... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 10 mars 2025 par laquelle la commission de recours amiable de la mutualité sociale agricole (MSA) du Limousin a rejeté partiellement sa demande de remise gracieuse concernant un indu d’un montant de 1 002,30 euros, laissant à sa charge la somme de 463,24 euros.


Par une lettre recommandée du 23 mai 2025, le tribunal a invité Mme A... à régulariser, dans le délai de 15 jours, sa requête.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (…), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 772-6 du code de justice administrative relatif à l’instruction des contentieux sociaux : « Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l’article R. 222-1, qu’après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S’il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l’expiration du délai de recours. Il est informé qu’à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l’expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l’information prévue à l’article R. 611-7 ».

3. Aux termes de l’article R. 262-37 du code de l’action sociale et des familles : « Le bénéficiaire de l’allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l’organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l’un ou l’autre de ces éléments. ». Aux termes de l’article L. 262-46 du même code : « Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active (…) La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ».

4. Lorsqu’il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d’un indu de revenu de solidarité active ou de prime d’activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu’à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d’examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l’une et l’autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise totale ou partielle.

5. Mme A... conteste la décision du 10 mars 2025 par laquelle la MSA du Limousin ne lui a accordé qu’une remise partielle de sa dette la ramenant de 1002,30 euros à 463,24 euros, sans assortir sa requête d’autre pièce que la décision en litige et son avis d’impôt sur le revenu établi en 2024. En application des dispositions de l’article R. 772-6 du code de justice administrative, Mme A... a été invitée, par courrier recommandé du 23 mai 2025 mis à disposition le jour même sur Télérecours et dont elle a accusé réception le 26 mai 2025, à régulariser sa requête qui n’était pas suffisamment motivée. Il lui a également été indiqué qu’à défaut de régularisation dans le délai imparti, sa requête pourrait être rejetée. En réponse, la requérante a adressé le 12 juin 2025 diverses pièces qui ne permettent pas, en tout état de cause, de connaître la nature et l’importance des ressources et des charges actuelles de son foyer qui feraient, le cas échéant, obstacle à ce qu’elle puisse rembourser l’indu mis à sa charge. Dans ces conditions, Mme A... ne met pas le tribunal en mesure d’apprécier son éventuelle situation de précarité.

6. Il s’ensuit que la requête doit par suite être rejetée par application des dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :


Article 1er
:
La requête présentée par Mme A... est rejetée.

Article 2
:
La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A....



Fait à Limoges, le 22 décembre 2025.



Le vice-président,





F-J. REVEL


La République mande et ordonne
au préfet de la Haute-Vienne ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
Pour le Greffier en Chef,
La Greffière




M. B...




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