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AccueilJurisprudence administrativeN° TA87-2502328

Tribunal Administratif de Limoges — Décision N° TA87-2502328

jeudi 27 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Limoges
SectionTribunal Administratif de Limoges
N° DossierTA87-2502328
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Limoges, statuant en référé sur demande de la commune de Châteauroux, a désigné un expert pour examiner l'état de péril de deux immeubles menaçant ruine, appartenant à MM. C... et B.... La requête, fondée sur l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, visait à faire constater un danger grave et imminent pour la sécurité publique dû à des chutes d'éléments de façade et de toiture. Le juge a fait droit à la demande en ordonnant une expertise pour constater les faits et proposer des mesures de mise en sécurité, conformément à la procédure prévue par les articles R. 556-1 et R. 531-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête en référé, enregistrée le 26 novembre 2025, la commune de Châteauroux (Indre) demande au juge des référés, en application de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation, de désigner un expert avec pour mission de se prononcer sur l’état des bâtiments situés sur son territoire, 33 place Saint-Christophe, parcelle cadastrée section AE n° 50, appartenant à M. F... C..., 34 place Saint-Christophe et 74 rue Grande Saint-Christophe, parcelle cadastrée section AE n° 51, appartenant à M. E... B..., et de proposer les mesures nécessaires pour mettre fin au danger s’il le constate.

Elle soutient qu’elle a adressé, le 17 juillet 2024, à MM. C... et B... un courrier les avertissant de la chute sur la voie publique des éléments de la corniche et de la façade de leurs bâtiments et préconisant les travaux à effectuer. Suite à un signalement par M. C... de désordres affectant le bâtiment sis 74 rue Grande Saint-Christophe où il bénéficie d’une servitude de passage dans la cour, le directeur du Patrimoine a visité le site le 14 novembre et a établi un rapport, le 17 novembre 2025, mentionnant que les dommages de 2024 se sont aggravés du fait de la non réalisation des travaux préconisés. Il a également constaté de nombreux désordres tels que des risques de chute sur l’espace public de tuiles, ardoises, solin et vitrages brisés, un décollement d’enduits de façade, un risque de chute pour les utilisateurs de l’escalier extérieur qui est dangereux, faisant peser un danger grave et immédiat pour les occupants et les usagers du domaine public. Elle se trouve donc dans l’obligation d’engager la procédure de mise en sécurité destinée à faire cesser le péril engendré par ces bâtiments. Les propriétaires ont été avertis par courrier recommandé avec AR en date du 25 novembre 2025 de son intention de mettre en œuvre la procédure de mise en sécurité.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation, notamment son article L. 511-9 ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Revel, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation : « Préalablement à l'adoption de l'arrêté de mise en sécurité, l'autorité compétente peut demander à la juridiction administrative la désignation d'un expert afin qu'il examine les bâtiments, dresse constat de leur état y compris celui des bâtiments mitoyens et propose des mesures de nature à mettre fin au danger. L'expert se prononce dans un délai de vingt-quatre heures à compter de sa désignation. Si le rapport de l'expert conclut à l'existence d'un danger imminent, l'autorité compétente fait application des pouvoirs prévus par la section 3 du présent chapitre. ».

2. D’autre part, aux termes de l’article R. 556-1 du code de justice administrative : « Lorsque le juge administratif est saisi par le maire, sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation, d'une demande tendant à la désignation d'un expert, il est statué suivant la procédure de référé prévue à l'article R. 531-1 ». Ledit article R. 531-1 dispose que : « S'il n'est rien demandé de plus que la constatation de faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction (…) ».

3. Le maire de la commune de Châteauroux soutient que l’état des bâtiments situés sur son territoire, 33 place Saint-Christophe, parcelle cadastrée section AE n° 50, appartenant à M. F... C..., 34 place Saint-Christophe et 74 rue Grande Saint-Christophe, parcelle cadastrée section AE n° 51, appartenant à M. E... B..., créent un danger justifiant la mise en œuvre de la procédure prévue par les dispositions de l’article L. 511-9 du code de la construction et de l’habitation. Il précise également que MM. C... et B... ont été avertis de son intention de mettre en œuvre la procédure de mise en sécurité. Il y a donc lieu, en application des dispositions précitées, de nommer un expert en vue de constater l’état actuel de ces bâtiments et de fixer sa mission comme il est dit à l’article 1er de la présente ordonnance.



O R D O N N E :



Article 1er
:
M. A... D..., demeurant 4 rue Victor Hugo à Bélâbre (36370) est désigné en qualité d’expert. Il aura pour mission :

- de se rendre sur les lieux et d’examiner les bâtiments situés sur le territoire de la commune de Châteauroux, 33 place Saint-Christophe, parcelle cadastrée section AE n° 50, appartenant à M. F... C..., 34 place Saint-Christophe et 74 rue Grande Saint-Christophe, parcelle cadastrée section AE n° 51, appartenant à M. E... B... ;

- de dire si, à son avis, ces bâtiments présentent un danger grave et imminent et dresser, le cas échéant, constat de l’état des bâtiments mitoyens ;

- dans le cas d’un danger grave et imminent, de proposer les mesures nécessaires pour mettre fin au danger et garantir la sécurité des personnes, ainsi que les délais dans lesquels elles devront être mises en œuvre.

Article 2
:
L’expert procèdera à sa mission dans les vingt-quatre heures suivant sa nomination en présence d’un représentant de la commune de Châteauroux et, dans la mesure du possible, de MM. C... et B....

Article 3
:
L’expert avertira d’urgence la commune de Châteauroux, M. F... C... et M. E... B... par tous moyens utiles des jours et heures de la visite des immeubles prévue à l’article 1er.

Article 4
:
L’expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif en deux exemplaires dans les délais les plus brefs après l’accomplissement de sa mission. Il en notifiera une copie à la commune de Châteauroux, à M. F... C... et à M. E... B.... Avec leur accord, cette notification pourra s’opérer sous forme électronique.

Article 5
:
La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Châteauroux, à M. F... C..., à M. E... B... et à M. A... D..., expert.



Limoges, le 27 novembre 2025













La République mande et ordonne
au préfet de l'Indre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision
Pour expédition conforme
La greffière en chef,





A. BLANCHON
Le juge des référés,





F-J. REVEL





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