mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-1908100 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | BENSAID |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 juillet 2019 et 2 décembre 2020, M. A B, représenté par Me Bensaïd, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction, à hauteur de 11 106 euros en droits, ainsi que la décharge des intérêts et majorations, de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'instruction référencée BOI-IR-DOMIC-10-20-20-2017-03-06, relatif au calcul de l'impôt sur le revenu et aux modalités d'imputation de la retenue à la source pour les artistes doit être prise en compte, notamment les § 220 à 245 qui valident le calcul transmis à l'administration dans le cadre de sa réclamation ; le montant de son impôt déterminé conformément à la doctrine administrative s'élève à 25 004 euros en droits et non à 36 110 euros ;
- l'administration se fonde sur le § 240 de l'instruction BOI-IR-DOMIC-10-20-20-10-20171226 pour considérer que seuls les frais réels afférents à la tranche non libératoire peuvent être pris en compte (en s'ajoutant à l'abattement de 10% plafonnée à 12 183 euros), or cette instruction ne mentionne pas cela mais est relative à la franchise lorsque le montant de la retenue à la source est inférieur à 8 euros ; le rejet de sa réclamation n'a ainsi aucune base et le service ne démontre pas en quoi son calcul serait erroné.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 mars et 8 décembre 2020, la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les salaires perçus par les non-résidents sont soumis à la retenue à la source prévue par l'article 182 A du code général des impôts, ainsi qu'à l'impôt sur le revenu ; cependant, l'article 197 B prévoit que pour la fraction de salaires n'excédant pas la limite au-delà laquelle le taux de 20% est applicable, la retenue à la source prélevée (au taux de 12%) est libératoire de l'impôt sur le revenu ; cette fraction de salaire n'étant pas soumise à l'impôt sur le revenu, la retenue à la source correspondante n'est pas imputable. Par conséquent, s'agissant des frais réels, il convient de limiter le montant admis en déduction au prorata du montant des salaires effectivement soumis à l'impôt, ainsi que le prévoit le §320 de l'instruction référencée BOI-IR-DOMIC-10-20-20-10 ; s'agissant de l'année 2016, la limite au-delà de laquelle le taux de retenue de 20% est applicable a été fixée à 41 909 euros, montant qui n'a pas été soumis à l'impôt sur le revenu, par conséquent la quote-part de frais réels relative à cette fraction des salaires non imposée ne peut être admise en déduction ; le montant des frais réels déductibles s'élève à 105 817 euros ;
- à titre subsidiaire, le montant de l'impôt pour un revenu imposable de 207 872 euros est de 73 893 euros et non 68 411 euros ; le taux des pénalités étant de 13, 60%, un dégrèvement en droits de 11 106 euros conduirait à un dégrèvement de pénalités de 1 510 euros et non de 4 911 euros.
Par ordonnance du 8 décembre 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 8 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'arrêté du 10 juin 2016 portant incorporation à l'annexe IV au code général des impôts de divers textes modifiant et complétant certaines dispositions de cette annexe ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Noël, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, résident britannique, a perçu des traitements et salaires de source française, d'un montant de 368 095 euros au titre de l'année 2016. Ces revenus ont été soumis à la retenue à la source, sur le fondement de l'article 182 A bis du code général des impôts, ainsi qu'à l'impôt sur le revenu à l'exception de la fraction libératoire, d'un montant de 41 909 euros. La cotisation d'impôt sur le revenu, d'un montant total, en droits et pénalités de 41 785 euros, a été mise en recouvrement le 30 septembre 2018. Par une réclamation du 27 novembre 2018, M. B a sollicité la réduction de cette cotisation. Par une décision du 2 avril 2019, l'administration fiscale a partiellement fait droit à cette demande en procédant à un dégrèvement, en droits et pénalités, de 764 euros et en admettant un trop perçu de retenue à la source de 6 253 euros. Par la présente requête, M. B demande la réduction, à hauteur de 11 106 euros en droits, de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que la décharge des pénalités mises à sa charge.
2. En premier lieu, la décision par laquelle l'administration a rejeté la réclamation présentée par M. B se réfère au § 240 de l'instruction référencée BOI-IR-DOMIC-10-20-20-20, qui ne porte pas sur la franchise de retenue à la source, ainsi que le fait valoir le requérant, mais sur la fraction non libératoire, en précisant que seule la fraction de la rémunération excédentaire à la limite d'application du taux de 20 % prévue par l'article 182 A du code général des impôts qui a été soumise à la retenue à la source est imposée au barème progressif, avec les autres revenus de source française, dans les conditions prévues au a de l'article 197 A du code général des impôts, c'est-à-dire avec application d'un taux minimum égal à 20 %. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le calcul de son imposition par l'administration est fondé sur un extrait erroné de la doctrine administrative. En tout état de cause, les éventuelles erreurs que comporte la décision par laquelle l'administration rejette la réclamation préalable d'un contribuable sont sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition mise à sa charge.
3. En second lieu, aux termes de l'article 182 A bis du code général des impôts : " I. - Donnent lieu à l'application d'une retenue à la source les sommes payées, y compris les salaires, en contrepartie de prestations artistiques fournies ou utilisées en France, par un débiteur qui exerce une activité en France à des personnes ou des sociétés, relevant de l'impôt sur le revenu ou de l'impôt sur les sociétés, qui n'ont pas dans ce pays d'installation professionnelle permanente. II. - La base de cette retenue est constituée par le montant brut des sommes versées après déduction d'un abattement de 10 % au titre des frais professionnels. III. - Le taux de la retenue est fixé à 15 % IV. - La retenue s'impute sur le montant de l'impôt sur le revenu établi dans les conditions prévues au a de l'article 197 A. Pour l'application de cette disposition, le revenu net imposable servant au calcul de l'impôt sur le revenu est déterminé dans les conditions de droit commun. V. - Les dispositions du premier alinéa de l'article 197 B sont applicables pour la fraction des rémunérations déterminée conformément au II qui n'excède pas annuellement la limite supérieure fixée par les III et IV de l'article 182 A. () ". En vertu de l'article 18 de l'annexe IV au code général des impôts, dans sa version issue de l'arrêté du 10 juin 2016 portant incorporation à l'annexe IV au code général des impôts de divers textes modifiant et complétant certaines dispositions de cette annexe, la limite supérieure prévue par le III de l'article 182 A du code général des impôts, s'élevait en 2016 à 41 909 euros.
4. Aux termes de l'article 197 B du code général des impôts : " Pour la fraction n'excédant pas la limite supérieure, fixée par l'article 182 A III, des traitements, salaires, pensions et rentes viagères de source française servis à des personnes de nationalité française qui n'ont pas leur domicile fiscal en France, l'imposition établie dans les conditions prévues à l'article 197 A a ne peut excéder la retenue à la source applicable en vertu de l'article 182 A. En outre, cette fraction n'est pas prise en compte pour le calcul de l'impôt sur le revenu établi en vertu de l'article 197 A a et la retenue à laquelle elle a donné lieu n'est pas imputable. Toutefois, le contribuable peut demander le remboursement de l'excédent de retenue à la source opérée lorsque la totalité de cette retenue excède le montant de l'impôt qui résulterait de l'application des dispositions du a de l'article 197 A à la totalité de la rémunération. ()".
5. D'autre part, aux termes de l'article 83 du code général des impôts : " Le montant net du revenu imposable est déterminé en déduisant du montant brut des sommes payées et des avantages en argent ou en nature accordés : () 3° Les frais inhérents à la fonction ou à l'emploi lorsqu'ils ne sont pas couverts par des allocations spéciales. La déduction à effectuer du chef des frais professionnels est calculée forfaitairement en fonction du revenu brut, après défalcation des cotisations, contributions et intérêts mentionnés aux 1° à 2° ter ; elle est fixée à 10 % du montant de ce revenu. Elle est limitée à 12 183 € pour l'imposition des rémunérations perçues en 2016 ; chaque année, le plafond retenu pour l'imposition des revenus de l'année précédente est relevé dans la même proportion que la limite supérieure de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu. () Les bénéficiaires de traitements et salaires sont également admis à justifier du montant de leurs frais réels () ".
6. Il résulte des dispositions précitées des articles 182 A, 182 A bis et 197 B du code général des impôts que les salaires perçus par M. B n'excédant pas le montant de 41 909 euros n'ont pas été soumis à l'impôt sur le revenu. C'est par conséquent, à juste titre, que l'administration a refusé de prendre en compte la part des frais réels supposée exposés en vue de l'acquisition de ces revenus, exclus du revenu imposable, et dont la déduction n'est pas prévue par l'article 83 du code général des impôts. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la totalité des frais réels exposés doivent être admis en déduction et que la base imposable à l'impôt sur le revenu doit en conséquence être fixée à 207 872 euros. L'intéressé ne conteste par ailleurs pas l'application du barème, le montant de la retenue à la source imputable, ni les majorations mises à sa charge. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à la réduction de la cotisation d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Auvray, président,
Mme Touboul, conseillère,
Mme Fabre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
S. C Le président,
Signé
B. Auvray
Le greffier,
Signé
S. Werkling
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026