mardi 11 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-1908966 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | ERNST & YOUNG SOCIETE D'AVOCATS |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n°1908966 les 14 août 2019 et 4 février 2020, la société Norwegian Air Shuttle ASA, représentée par Ernst et Young Société d'Avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée déductible dont elle disposait à l'expiration du mois de novembre 2018 à hauteur d'une somme de 174 264 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des intérêts moratoires en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'exclusion prévue au 2° du 2 du IV de l'article 206 de l'annexe II au code général des impôts ne lui est pas opposable dès lors que les frais d'hébergement n'ont pas été exposés pour des dirigeants ou du personnel de l'entreprise.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 octobre 2019 et 10 février 2021, la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents conclut au rejet de la requête. Elle soutient que les conclusions tendant au paiement d'intérêts moratoires sont irrecevables et que le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé.
Par une ordonnance du 8 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er octobre 2021.
II. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 1909851 les 10 septembre 2019 et 4 février 2020, la société Norwegian Air Shuttle ASA, représentée par Ernst et Young Société d'Avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée déductible dont elle disposait à l'expiration du mois de décembre 2018 à hauteur d'une somme de 7 099 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des intérêts moratoires en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle invoque le même moyen que celui soulevé au soutien de la requête n° 1908966.
Par des mémoires en défense, enregistrés les le 30 octobre 2019 et 10 février 2021, la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents conclut au rejet de la requête pour les mêmes motifs que ceux exposés sous le n° 1908966.
Par une ordonnance du 8 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er octobre 2021.
III. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 1909852 les 10 septembre 2019 et 4 février 2020, la société Norwegian Air Shuttle ASA, représentée par Ernst et Young Société d'Avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée déductible dont elle disposait à l'expiration du mois de janvier 2019 à hauteur d'une somme de 9 047 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des intérêts moratoires en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle invoque le même moyen que celui soulevé au soutien de la requête n° 1908966.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 octobre 2019 et 10 février 2021, la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents conclut au rejet de la requête pour les mêmes motifs que ceux exposés sous le n° 1908966.
Par une ordonnance du 8 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er octobre 2021.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Syndique, première conseillère,
- les conclusions de M. Noël, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Norwegian Air Shuttle ASA, dont le siège social est en Norvège, a pour activité la réalisation de transports aériens de voyageurs en dehors de la Scandinavie. Elle a sollicité le remboursement du crédit de taxe sur la valeur ajoutée déductible dont elle estimait disposer à l'expiration respectivement des mois de novembre 2018, décembre 2018 et janvier 2019. Après rejet de ces trois réclamations par des décisions en date du 16 avril 2019 pour la première et du 10 mai 2019 pour les deux suivantes, elle demande au tribunal, par trois requêtes distinctes, un remboursement de crédit de taxe sur la valeur ajoutée à hauteur de 174 264 euros pour le mois de novembre 2018, de 7 099 euros pour le mois de décembre 2018 et de 9 047 euros pour le mois de janvier 2019.
Sur la jonction des requêtes :
2. Les requêtes susvisées nos 1908966, 1909851 et 1909852, présentées par la société Norwegian Air Shuttle ASA présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fins de remboursement :
3. Aux termes de l'article 205 de l'annexe II au code général des impôts : " La taxe sur la valeur ajoutée grevant un bien ou un service qu'un assujetti à cette taxe acquiert, importe ou se livre à lui-même est déductible à proportion de son coefficient de déduction ". Aux termes de l'article 206 de cette même annexe : " I. - Le coefficient de déduction mentionné à l'article 205 est égal au produit des coefficients d'assujettissement, de taxation et d'admission. () IV. () 2. Le coefficient d'admission est nul dans les cas suivants : () 2°) Lorsque le bien ou le service est relatif à la fourniture à titre gratuit du logement des dirigeants ou du personnel de l'entreprise, à l'exception de celui du personnel de gardiennage, de sécurité ou de surveillance sur les chantiers ou dans les locaux de l'entreprise ; () ".
4. Pour refuser le remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée mentionnée sur les factures hôtelières au nom de la société Norwegian Air Shuttle ASA, l'administration fait valoir que les informations qu'elle fournit ne permettent pas d'établir le cadre juridique de la prestation de " mutualisation des ressources humaines " invoquée par la requérante, ni l'identité des bénéficiaires de ces prestations d'hébergement. Toutefois, pour établir que les prestations d'hébergement ne concernent pas son propre personnel mais du personnel navigant employé par d'autres entités juridiques et, de manière plus occasionnelle, des passagers rencontrant des problèmes de correspondance, la société requérante produit dans les trois instances des factures en son nom, dont l'administration ne conteste pas qu'elle les aurait acquittées, auxquelles sont jointes la liste des bénéficiaires des prestations d'hébergement, ainsi qu'une liste du personnel navigant employé par d'autres entités juridiques que l'intéressée et la liste du personnel qu'elle employait au 31 décembre 2018. Il résulte du croisement de ces pièces que les factures au nom de la société requérante produites dans les trois instances ne correspondent pas à des frais d'hébergement exposés pour le personnel de la société Norwegian Air Shuttle ASA.
5. Il suit de là que, dans les instances nos 1908966, 1909851 et 1909852, les montants de taxe sur la valeur ajoutée de 137 069,51 euros pour le mois de novembre 2018, de 3 233,09 euros pour le mois de décembre 2018 et de 3 517,45 euros pour le mois de janvier 2019 figurant sur les factures produites par l'intéressée, étaient, contrairement à ce que soutient l'administration, intégralement déductibles, le surplus des conclusions à fins de remboursement n'étant en revanche appuyé d'aucune justification.
Sur les intérêts moratoires :
6. En l'absence de litige né et actuel relatif à un refus de paiement des intérêts moratoires prévus à l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, les conclusions à ce titre de la société Norwegian Air Shuttle ASA sont irrecevables et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 500 euros dans chacune des instances au titre des frais exposés par la société Norwegian Air Shuttle ASA et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est accordé à la société Norwegian Air Shuttle ASA le remboursement d'un montant de 137 069,51 euros, 3 233,09 euros et 3 517,45 euros correspondant au crédit de taxe sur la valeur ajoutée déductible dont elle disposait respectivement à l'expiration des mois de novembre 2018, décembre 2018 et janvier 2019.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 500 euros à la société Norwegian Air Shuttle ASA au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dans chacune des instances nos 1908966, 1909851 et 1909852.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Norwegian Air Shuttle ASA et à la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Auvray, président,
Mme Syndique, première conseillère,
Mme Fabre, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2023.
La rapporteure,
N. Syndique
Le président,
B. Auvray La greffière,
C. Yen Pon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 1908966, 1909851, 190985
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026