mercredi 4 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2000738 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 10ème chambre |
| Avocat requérant | PAUL HASTINGS (EUROPE) LLP |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 janvier 2020, 30 mars 2021, 25 juin 2021, 29 juillet 2021, 16 septembre 2021 et 22 octobre 2021, la société de droit belge Groupe Bruxelles Lambert, représentée par Me de Waal, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle l'administration fiscale a implicitement rejeté sa demande de dégrèvement d'office présentée le 20 septembre 2019 et de prononcer en conséquence la restitution des retenues à la source prélevées sur les dividendes de source française distribués par la société Total au cours des années 2005 et 2006, augmentée des intérêts moratoires ;
2°) accessoirement, de soumettre à la Cour de justice de l'Union européenne les question préjudicielle suivantes :
- " Les principes européens d'autonomie procédurale, de sécurité juridique et d'effectivité doivent-ils être interprétés comme s'opposant à une réglementation nationale, à savoir l'article R.* 211-1 du livre des procédures fiscales tel qu'interprété par le Conseil d'Etat, selon laquelle l'administration, fondée au titre du dispositif précité à dégrever d'office des impositions nonobstant une décision juridictionnelle devenue définitive, peut discrétionnairement refuser de faire droit à une demande de dégrèvement, et ce sans qu'aucun recours pour contester une éventuelle décision de refus ne lui soit ouvert devant les juridictions nationales, et ce alors même que l'imposition dont il s'agit aurait été perçue en violation du droit de l'Union européenne, violation révélée par une jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne rendue postérieurement à l'imposition initiale ' " ;
- " Un Etat membre peut-il, sans méconnaître le principe de coopération loyale, refuser de reconnaître force probante à l'attestation signée par l'inspecteur principal de l'administration fiscale d'un autre Etat membre, attestation produite par une société résidente de ce second Etat membre dans le cadre d'une procédure visant à obtenir le remboursement de retenues à la source prélevées dans le premier Etat membre en violation des principes affirmés dans votre arrêt Sofina, au motif que ladite attestation est cosignée par des représentants de ladite société ' " ;
- " Le principe d'effectivité et la prohibition des restrictions à la libre prestation des services s'opposent-ils à ce que l'administration fiscale d'un Etat membre, saisie d'une demande en restitution d'une retenue à la source présentée par une société résidente d'un autre Etat membre dans le cadre de la mise en œuvre de votre arrêt Sofina par ce premier Etat membre, refuse d'y faire droit au motif que les extraits bancaires émanant des établissements financiers établis dans un autre Etat membre auprès desquels cette société a déposé les actions des sociétés du premier Etat membre ayant produit les dividendes soumis à retenue à la source dans le premier Etat membre, s'ils établissent bien qu'une retenue à la source a été prélevée dans le premier Etat membre n'établissent pas pour autant l'identité de l'agent payeur qui a procédé à la retenue à la source dans le premier Etat membre pour le compte de l'administration fiscale du premier Etat membre, ni davantage que ledit agent payeur a versé cette retenue à la source à ladite administration fiscale, et ce alors que ni la société non-résidente concernée, ni les établissements financiers non-résidents dans le premier Etat membre auxquels elle a confié en dépôt les actions ayant produit les dividendes soumis à la retenue à la source litigieuse, n'ont de lien contractuel ou autre avec l'agent payeur qui a pratiqué la retenue à la source et n'ont en pratique aucune possibilité de l'identifier ' La réponse à la question posée est-elle différente s'il est constant que l'administration fiscale du premier Etat membre dispose des moyens légaux pour identifier l'agent payeur (établi par hypothèse sur son territoire) qui a pratiqué la retenue à la source pour son compte et de vérifier que ladite retenue à la source lui a bien été versée par ledit agent payeur ' "
- " Le principe d'effectivité du droit de l'Union et les principes posés par votre Cour aux points 24 à 27 de votre arrêt Littlewoods Retail (C- 591/10) et 64 de l'arrêt Sole-Mizo (C-13/18 et C-126/18) imposent-ils à la juridiction d'un État membre saisie, sur la base des principes posés dans votre arrêt Kühne et Heitz, d'une demande en remboursement d'un impôt prélevé en violation du droit de l'Union, d'accorder en sus au contribuable les intérêts moratoires qui lui auraient été dus selon le droit national si la juridiction suprême de cet État membre avait, conformément à l'obligation que lui impose le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, interrogé votre Cour par voie d'une question préjudicielle sur la compatibilité de l'imposition litigieuse avec le droit de l'Union dès le moment où une telle demande lui était adressée par le contribuable concerné au lieu de rejeter cette demande sans vous interroger ' " ;
- " Le point 63 in fine de votre arrêt Sole-Mizo doit-il être interprété en ce sens que le droit de l'Union, et en particulier le principe général d'effectivité, fait obstacle à ce que le contribuable, qui a demandé le remboursement en principal et intérêts d'impôts déclarés contraires au droit de l'Union, et qui a vu sa demande accueillie pour ce qui concerne le principal, soit ensuite contraint d'introduire une nouvelle demande afin d'obtenir le paiement des intérêts moratoires alors que la demande qui a donné lieu au remboursement du principal contenait déjà tous les éléments nécessaires pour permettre à l'administration d'octroyer d'emblée les intérêts moratoires qui sont nécessairement dus en sus du remboursement de l'impôt indu ' "
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la décision de refus de dégrèvement d'office :
- elle remplit les conditions, posées par les articles R.* 211-1 et R.* 211-2 du livre des procédures fiscales, d'un dégrèvement d'office ;
- le refus de dégrever une imposition perçue en violation de la liberté de circulation des capitaux garantie par les articles 63 et 65 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, tel qu'interprétés par l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne du 22 novembre 2018, C-575/17, Sofina SA, conduit à une violation du droit de l'Union, notamment du principe d'effectivité, dès lors qu'elle remplit les quatre conditions, posées par cette même Cour dans son arrêt du 13 janvier 2004, C-453/00, Kühne et Heitz, pour bénéficier d'un réexamen de la décision initiale afin de tenir compte de l'interprétation de la disposition pertinente du droit retenue entre-temps par la Cour ;
- sa demande est recevable au regard du droit interne dès lors que si les refus de dégrèvement d'office sont en général insusceptibles de recours devant la juridiction administrative française, c'est au motif que les demandes de dégrèvement d'office sont formulées à titre purement gracieux, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ;
- sa requête est recevable au regard du droit de l'Union dès lors que le principe d'effectivité impose à l'administration fiscale de prononcer le dégrèvement d'office et que le droit à un recours juridictionnel effectif impose que tout acte d'une autorité nationale soit susceptible de recours juridictionnel ;
- elle établit sa situation déficitaire pour les exercices fiscaux en litige par un document qu'elle n'a pas seule établi ;
- elle justifie du versement des retenues à la source en litige par la production de pièces mettant en évidence l'application de la retenue, l'identité de l'établissement payeur français et la date à laquelle la retenue a été opérée, sans que l'administration ne puisse exiger la production des déclarations 2777 ;
Sur les intérêts moratoires :
- sa demande est recevable au regard du droit interne, notamment de l'article R.* 281-1 relatif au contentieux du recouvrement dès lors que, si elle n'a pas déposé de réclamation relative au versements d'intérêts moratoires, l'administration n'a pas opposé d'irrecevabilité mais a rejeté sa demande au fond ;
- sa demande est recevable au regard du droit de l'Union dès lors que, si la Cour de justice n'accepte que le contentieux lié au paiement des intérêts moratoires puisse être distinct du contentieux principal que dans la mesure où le fondement et le montant de la créance ne sont pas identifiés, ce qui n'est pas le cas en l'espèce ;
- les arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment ceux du 19 juillet 2012, C-591/10, Littlewoods Retail Ltd et du 23 avril 2020, C-126/18, Sole-Mizo, combinés avec la jurisprudence Kühne et Heitz, impliquent que les impositions contraires au droit de l'Union européenne soient non seulement restituées, mais encore assorties du versement d'intérêts moratoires, sauf à méconnaître le principe d'effectivité ;
- l'administration a nécessairement commis une erreur au sens de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales, qui régit les intérêts moratoires, dès lors que l'imposition était contraire au droit de l'Union ;
- le paragraphe 190 de la doctrine référencée BOI-CTX-DG-20-50-10 invoqué par le service est incompatible avec le droit de l'Union, et notamment le principe d'équivalence ;
- l'administration ne saurait invoquer une éventuelle discrimination " à rebours " des sociétés non-résidentes, une telle discrimination relevant du système juridique interne de l'Etat.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 avril 2020, 6 mai 2021, 12 juillet 2021, 10 août 2021, 1er octobre 2021 et 2 novembre 2021, la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents conclut au non-lieu à statuer à concurrence de la restitution accordée en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête. Elle soutient que, pour le surplus, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Syndique, première conseillère,
- les conclusions de M. Khiat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société de droit belge Groupe Bruxelles Lambert, dont le siège social est situé à Bruxelles, a perçu en 2005 et 2006 des dividendes versés par la société Total, dont le siège se trouve en France, qui ont fait l'objet d'une retenue à la source de 15 %, en application des dispositions combinées de l'article 119 bis du code général des impôts et de l'article 15 de la convention fiscale franco-belge du 10 mars 1964. Si, après rejet de sa réclamation par l'administration fiscale, le Tribunal avait, par un jugement n° 0912068 du 18 novembre 2011, prononcé la restitution de ces retenues à la source, ce jugement a été annulé par un arrêt n° 12VE00156 du 29 janvier 2015 de la Cour administrative d'appel de Versailles, que le Conseil d'Etat a confirmé par une décision n° 390506 du 21 novembre 2016. Le 20 septembre 2019, la société Groupe Bruxelles Lambert a alors présenté à l'administration fiscale une demande tendant au dégrèvement d'office des retenues à la source litigieuses, remises à sa charge par l'arrêt rendu le 29 janvier 2015 par la Cour administrative d'appel de Versailles, en se prévalant de l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne du 22 novembre 2018, C-575/17, Sofina SA. Par la requête visée ci-dessus, la société demande au Tribunal de prononcer l'annulation de la décision par laquelle le service a implicitement rejeté sa demande de dégrèvement d'office fondée sur l'article R.* 211-1 du livre des procédures fiscales et d'ordonner la restitution des retenues à la source litigieuses, augmentée d'intérêts moratoires à compter de la date de versement de ces retenues.
Sur l'étendue du litige :
2. Par décision du 6 mai 2021 postérieure à l'introduction de la requête, la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents a prononcé la restitution à concurrence d'une somme de 30 513 577,01 euros des retenues à la source opérées sur les dividendes perçus par la société Groupe Bruxelles Lambert au titre des années 2005 et 2006. Les conclusions de la requête relatives au refus de prononcer la restitution de ces impositions sont, dans cette mesure, devenues sans objet, de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions :
En ce qui concerne les conclusions relatives aux retenues à la source restant en litige :
3. Aux termes de l'article R.* 211-1 du livre des procédures fiscales : " La direction générale des finances publiques ou la direction générale des douanes et droits indirects selon le cas, peut prononcer d'office le dégrèvement ou la restitution d'impositions qui n'étaient pas dues, jusqu'au 31 décembre de la quatrième année suivant celle au cours de laquelle le délai de réclamation a pris fin, ou, en cas d'instance devant les tribunaux, celle au cours de laquelle la décision intervenue a été notifiée () ". La décision de l'administration de faire usage du pouvoir que lui confèrent les dispositions de l'article R.* 211-1 du livre des procédures fiscales revêt un caractère purement gracieux. Il en résulte que le refus d'accorder un dégrèvement sur le fondement de ces dispositions est insusceptible de recours. Par conséquent, les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle l'administration fiscale a refusé de mettre en œuvre la faculté que lui confèrent les dispositions de l'article R.* 211-1 du livre des procédures fiscales sont irrecevables. Dès lors que le contribuable ne tient des dispositions de l'article R.* 211-1 du livre des procédures fiscales aucun droit à ce que l'administration use de la simple faculté qu'elles prévoient de prononcer d'office le dégrèvement ou la restitution d'une imposition qui n'était pas due, l'irrecevabilité d'un recours juridictionnel contre le refus de faire usage de cette faculté ne méconnaît, contrairement à ce que soutient la société Groupe Bruxelles Lambert, ni le principe du droit au recours effectif, ni les principes d'effectivité et de primauté du droit de l'Union, un tel dégrèvement d'office ne pouvant, pour les raisons précédemment exposées, être regardé comme constituant une voie de droit pour le contribuable.
En ce qui concerne les intérêts moratoires :
4. Aux termes de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts. Les intérêts courent du jour du paiement. Ils ne sont pas capitalisés. () ".
5. Par ailleurs, aux termes de l'article R.* 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : () b) Du versement de l'impôt contesté lorsque cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou à la notification d'un avis de mise en recouvrement. () Toutefois, dans les cas suivants, les réclamations doivent être présentées au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : () b) Au cours de laquelle les retenues à la source et les prélèvements ont été opérés s'il s'agit de contestations relatives à l'application de ces retenues ; () ".
6. En premier lieu, les dispositions précitées de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ne trouvent à s'appliquer que dans l'hypothèse où le dégrèvement a été prononcé à la suite d'une réclamation contentieuse présentée régulièrement au regard des règles fixées par les articles R.* 196-1 et suivants du même livre.
7. Comme il a été dit au point 1, la société Groupe Bruxelles Lambert a présenté une réclamation contentieuse le 17 octobre 2007 tendant à la restitution de la retenue à la source acquittée au cours des années 2005 et 2006, laquelle a été rejetée par l'administration fiscale le 8 juin 2009, et le recours contentieux exercé par l'intéressée a été définitivement rejeté. Il s'ensuit que la décision du 6 mai 2021 par laquelle l'administration fiscale a restitué la retenue à la source acquittée par la société requérante n'a pas été prononcée à la suite de la réclamation contentieuse formée le 17 octobre 2007, mais de la demande de dégrèvement d'office présentée le 20 septembre 2019. Par suite, le dégrèvement ainsi prononcé n'entre pas dans les prévisions de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales.
8. En second lieu, aucun principe général du droit de l'Union européenne n'impose aux Etats membres le versement d'intérêts moratoires lorsqu'une imposition est restituée à titre gracieux. En effet, il est de jurisprudence constante qu'en l'absence de législation de l'Union, il appartient à l'ordre juridique interne de chaque Etat membre de prévoir les conditions dans lesquelles de tels intérêts doivent être versés. Ces conditions doivent respecter les principes d'équivalence et d'effectivité, c'est-à-dire qu'elles ne doivent être ni moins favorables que celles concernant des réclamations semblables fondées sur des dispositions de droit interne, ni aménagées de telle sorte qu'elles rendraient en pratique impossible ou excessivement difficile l'exercice de droits conférés par l'ordre juridique de l'Union.
9. En l'espèce, l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ne méconnaît pas le principe d'équivalence dès lors qu'il n'ouvre pas droit au versement d'intérêts moratoires en cas de dégrèvement d'office, que ledit dégrèvement soit prononcé en raison de la méconnaissance du droit de l'Union européenne ou du droit interne.
10. Il résulte des points 4 à 9 que les conclusions à fin de versement d'intérêts moratoires, à les supposer recevables alors même que le refus d'accorder un dégrèvement d'office est insusceptible de recours, doivent être rejetées.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de poser de question préjudicielle à la Cour de justice de l'Union européenne, que le surplus des conclusions de la requête de la société Groupe Bruxelles Lambert doit être rejeté.
12 Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais exposés par la requérante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation du refus de prononcer la restitution sollicitée dans la mesure de la restitution d'un montant de 30 513 577,01 euros prononcée le 6 mai 2021 au titre des retenues à la source sur les dividendes perçus en 2005 et 2006.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Groupe Bruxelles Lambert est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Groupe Bruxelles Lambert et à la directrice chargée de la direction des impôts des non-résidents.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Garzic, président,
Mme Syndique, première conseillère,
Mme Fabre, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2023.
La rapporteure,
N. Syndique
Le président,
P. Le Garzic Le greffier,
S. Werkling
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026