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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2000990

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2000990

mardi 10 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2000990
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation10ème chambre
Avocat requérantHUBERT MARION

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 janvier 2020, le 15 septembre 2020 et le 23 août 2022, M. A B et Mme C B représentés par Me Hubert demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux qui leur ont été assignées au titre de l'année 2009 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que la procédure engagée est irrégulière, dès lors que la proposition de rectification n'a pas été précédée de la notification d'un avis d'examen contradictoire de situation fiscale personnelle préalable obligatoire prévue à l'article L. 47 du livre des procédures fiscales.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 mai 2020 et le 8 juillet 2022, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les époux B n'ont pas transmis leur nouvelle adresse à l'administration fiscale, dès lors que la déclaration d'ensemble des revenus de l'année 2009, objet des impositions en litige, n'a pas été déposée.

Par une ordonnance du 6 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 juillet 2022.

Par une ordonnance du 15 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er septembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience publique au cours de laquelle ont été entendus :

- le rapport de Mme Fabre, conseillère,

- les conclusions de M. Noël, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B ont sollicité le dégrèvement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux qui leur ont été assignées au titre de l'année 2009. Par un courrier du 2 décembre 2019, l'administration fiscale a refusé de procéder au dégrèvement d'impôt demandé. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2009 à la suite de l'examen contradictoire de la situation fiscale dont ils ont fait l'objet.

Sur les conclusions à fin de décharge d'impôt :

2. Aux termes de l'article L. 12 du livre des procédures fiscales : " Dans les conditions prévues au présent livre, l'administration des impôts peut procéder à l'examen contradictoire de la situation fiscale des personnes physiques au regard de l'impôt sur le revenu, qu'elles aient ou non leur domicile fiscal en France, lorsqu'elles y ont des obligations au titre de cet impôt. () " ; aux termes de l'article L. 47 du même livre : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité. / Cet avis doit préciser les années soumises à vérification et mentionner expressément, sous peine de nullité de la procédure, que le contribuable a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix./ L'avis informe le contribuable que la charte des droits et obligations du contribuable vérifié peut être consultée sur le site internet de l'administration fiscale ou lui être remise sur simple demande./ L'avis envoyé ou remis au contribuable avant l'engagement d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle peut comporter une demande des relevés de compte. ".

3. Une notification d'avis d'examen contradictoire de situation fiscale personnelle, pour être régulière, doit être effectuée à la dernière adresse communiquée par le contribuable à l'administration fiscale. En cas de changement de domicile, il appartient au contribuable d'établir qu'il a accompli les diligences nécessaires pour informer l'administration de sa nouvelle adresse.

4. En premier lieu, l'administration fiscale produit l'accusé de réception du courrier portant avis d'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle (ECSFP) destiné aux époux B, à l'adresse connue du service, 10 rue du Moulin à Huile à Agde, revenu à l'administration avec la mention " pli non distribuable, destinataire non identifiable ". Pour soutenir que cette notification n'a pas été régulièrement effectuée, les requérants se bornent à faire valoir qu'à la date où ladite notification a eu lieu, ils n'habitaient plus à l'adresse mentionnée, mais résidaient à Roses en Espagne. Il appartenait aux requérants soit d'aviser l'administration de ce changement, soit de prendre les mesures nécessaires pour que leur courrier les suive à leur nouvelle adresse. A cet égard et pour établir qu'ils avaient avisé l'administration de leur changement d'adresse en temps utile, les requérants produisent l'avis d'imposition sur le revenu de 2011, qui n'est pas daté. Or, il résulte de l'instruction que la déclaration a été effectuée en août 2011, soit postérieurement au délai légal de déclaration, fixé au 31 mai 2011. Dès lors que l'avis d'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle a été envoyé le 30 août 2011, et que l'administration indique que ce n'est qu'au cours du mois d'août 2011 qu'a été souscrite la déclaration des revenus de l'année 2010, ce que corrobore le fait que les impositions correspondantes n'ont été mises en recouvrement que le 31 décembre 2011, le service n'a, dans les circonstances de l'espèce, pas disposé d'un délai raisonnable pour prendre en compte ce changement d'adresse. Il suit de là que ladite notification doit être regardée comme étant régulière.

5. En second lieu, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale avait également envoyé cet avis d'ECSFP à une autre adresse, 2, impasse d'Andorre-la-Vieille à Agde. Pour établir la notification régulière de cet avis, le service en produit l'accusé de réception signé manuscritement du 2 septembre 2011. Si les requérants soutiennent qu'ils n'ont pas signé cet avis de réception postal, non plus que les parents de M. B, ils n'établissent pas que la personne qui a porté sur l'avis de réception sa signature n'avait pas qualité pour recevoir le pli. En outre, il ressort des termes de la proposition de rectification que les intéressés ont avisé la vérificatrice le 12 octobre 2011 de leur indisponibilité pour le premier rendez-vous du 13 octobre 2011, alors qu'il résulte des pièces versées aux débats que le courrier les en informant, adressé en septembre 2011, n'a pas été distribué. Il s'en déduit que les requérants avaient nécessairement pris connaissance des informations présentes dans l'avis d'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle qui leur était destiné. Dès lors, l'avis d'ECSFP doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié aux contribuables. Il suit de là que le moyen tiré de ce que les impositions litigieuses auraient été établies à l'issue d'une procédure irrégulière en méconnaissance des dispositions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales ne peut qu'être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée, y compris leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal Sud-Pyrénées.

Délibéré après l'audience du 20 décembre 2022 où siégeaient :

M. Auvray, président,

M. Puechbroussou, conseiller,

Mme Fabre, conseillère,

Rendu public par mise à disposition du greffe le 10 janvier 2023.

La rapporteure,

Signé

A.-L. Fabre Le président,

Signé

B. Auvray

Le greffier,

Signé

S. Werkling

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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