lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2002231 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre (J.U) |
| Avocat requérant | CAMBOLY |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 18 février 2020, la présidente du tribunal administratif de Marseille a transféré au tribunal administratif de Montreuil la requête de la SA Conforama France, enregistrée le 9 février 2020.
Par cette requête et un mémoire complémentaire, enregistrés au greffe du tribunal administratif de Montreuil le 21 février 2020 et le 29 octobre 2021, la SA Conforama France, représentée par Me Camboly, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 à raison des locaux situés 9000 CD 6 aux Pennes Mirabeau (Bouches-du-Rhône), à hauteur des sommes respectives de 40 236 euros et de 42 511 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2021, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Par un jugement avant dire-droit du 30 novembre 2021, le tribunal a ordonné à l'administration de produire, contradictoirement avec la société requérante, un terme de comparaison adéquat ou, à défaut, les éléments permettant de procéder à l'évaluation directe de l'immeuble en litige en application des dispositions du 3° de l'article 1498 du code général des impôts dans leur rédaction applicable au litige.
Par deux mémoires enregistrés les 8 mars et 13 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut :
- à ce que le tribunal retienne comme terme de comparaison le local-type n° 13 du
PV ME la commune de Bourges, dont il résulte qu'un supplément d'imposition de 575 euros est dû au titre de l'année 2017 cependant que le contribuable a droit à un dégrèvement de 3 760 euros au titre de l'année 2018 ;
- que la requérante n'est pas fondée à soutenir que le terme de comparaison devrait être le local-type n° 56 du PV ME de la commune de Sorgues dès lors que les locaux sont, comme l'attractivité commerciale des deux communes, significativement différents alors, en tout état de cause, que l'évaluation de ce local par le PV ME est entachée d'erreurs et irrégularités qui ne peuvent conduire qu'à l'écarter ;
- qu'en tout état de cause, si le tribunal devait retenir que la méthode d'appréciation directe prévue au 3° de l'article 1498 du code général des impôts trouve à s'appliquer, celle-ci ne pourrait s'adosser sur les documents produits par la société requérante qui sont dépourvus de caractère probant.
Par un mémoire du 29 mars 2022, la SA Conforama France, représentée par
Me Camboly, soutient que :
- les communes de Bourges et des Pennes Mirabeau ne sont pas comparables en sorte que le local-type n° 13 du PV ME la commune de Bourges ne peut être retenu pour évaluer la valeur locative du local en litige ;
- il y a lieu de retenir le local-type n° 56 du PV ME de la commune de Sorgues ;
- à défaut, la méthode d'appréciation directe aboutit, au vu du montant des immobilisations dont elle justifie, à retenir une valeur locative 1970 de 99 912 euros.
Par une ordonnance du 13 mai 2022, le tribunal a fixé la clôture de l'instruction au
31 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales,
- le code de justice administrative.
Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle le président du tribunal administratif a désigné M. A pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Marchand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SA Conforama France demande au tribunal de prononcer la réduction de la taxe foncière sur les propriétés bâties et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 à raison des locaux situés 9000 CD 6 aux Pennes Mirabeau (Bouches-du-Rhône), à hauteur des sommes respectives de 40 236 euros et de 42 511 euros.
2. Par un jugement avant dire-droit du 30 novembre 2021, le tribunal a ordonné à l'administration de produire, contradictoirement avec la société requérante, un terme de comparaison adéquat ou, à défaut, les éléments permettant de procéder à l'évaluation directe de l'immeuble en litige en application des dispositions du 3° de l'article 1498 du code général des impôts dans leur rédaction applicable au litige.
Sur les conclusions à fin de décharge :
3. Aux termes de l'article 1498 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à la détermination de la valeur locative non révisée pour les besoins de l'application des mécanismes de planchonnement et de lissage prévus par les XVI et XXII de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010, dans leur rédaction applicable à l'année 2017, codifiés à compter du 1er janvier 2018 au III de l'article 1518 A quinquies et à l'article 1518 E du code général des impôts : " La valeur locative de tous les biens autres que les locaux visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels visés à l'article 1499 est déterminée au moyen de l'une des méthodes indiquées ci-après : () / 2° a. Pour les biens loués à des conditions de prix anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un autre titre que la location, vacants ou concédés à titre gratuit, la valeur locative est déterminée par comparaison. / Les termes de comparaison sont choisis dans la commune. Ils peuvent être choisis hors de la commune pour procéder à l'évaluation des immeubles d'un caractère particulier ou exceptionnel ; / b. La valeur locative des termes de comparaison est arrêtée : / Soit en partant du bail en cours à la date de référence de la révision lorsque l'immeuble type était loué normalement à cette date, / Soit, dans le cas contraire, par comparaison avec des immeubles similaires situés dans la commune ou dans une localité présentant, du point de vue économique, une situation analogue à celle de la commune en cause et qui faisaient l'objet à cette date de locations consenties à des conditions de prix normales ; () ". Aux termes de l'article 324 AA de l'annexe III du code général des impôts, alors applicable : " La valeur locative cadastrale des biens loués à des conditions anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un titre autre que celui de locataire, vacants ou concédés à titre gratuit est obtenue en appliquant aux données relatives à leur consistance - telles que superficie réelle, nombre d'éléments - les valeurs unitaires arrêtées pour le type de la catégorie correspondante. Cette valeur est ensuite ajustée pour tenir compte des différences qui peuvent exister entre le type considéré et l'immeuble à évaluer, notamment du point de vue de la situation, de la nature de la construction, de son état d'entretien, de son aménagement, ainsi que de l'importance plus ou moins grande de ses dépendances bâties et non bâties si ces éléments n'ont pas été pris en considération lors de l'appréciation de la consistance. ". Pour l'application de ces dispositions, la comparaison entre les locaux à évaluer et le local-type servant de terme de comparaison doit s'apprécier au 1er janvier de l'année d'imposition.
4. Il résulte de l'instruction que l'administration propose dans l'instance, en réponse au jugement avant dire-droit, de retenir le local-type n° 13 inscrit sur le procès-verbal ME de la commune de Bourges (Cher), correspondant à un magasin de grande surface exploité sous l'enseigne Carrefour, qui développe une superficie pondérée de 11 343 m2 et comporte un parking de 23 950 m2, situé dans la zone commerciale péri-urbaine de la commune. Il comporte ainsi des caractéristiques intrinsèques analogues au local à évaluer.
5. En premier lieu, si la société requérante conteste la comparabilité des communes des Pennes Mirabeau et de Bourges, il résulte de l'instruction que les deux communes, quoi que de tailles différentes, présentent, s'agissant de magasins de grande surface, une situation analogue dès lors que les zones d'implantation commerciale en périphérie de centres urbains et les clientèles potentielles, constituées s'agissant du local à évaluer, des habitants d'Aix-en-Provence et Marseille, distants, via notamment l'autoroute A 51, d'une vingtaine de kilomètres en voiture, peuvent être regardées comme analogues sur le plan économique.
6. En deuxième lieu, si la société requérante propose comme local alternatif le local-type n° 56 du procès-verbal ME de la commune de Sorgues, il résulte de l'instruction que sa surface réelle est cinq fois moindre que celle du local à évaluer, qu'il s'insère dans une zone commerciale dont l'attractivité commerciale est significativement moindre cependant, en tout état de cause, que le procès-verbal en cause comporte des erreurs, notamment dans le tarif, qui lui retirent toute régularité.
7. Il résulte de ce qui précède que la méthode d'évaluation directe prévue au 3° de l'article 1498 du code général des impôts, qui n'est que subsidiaire, n'a pas en l'espèce à être mise en œuvre.
8. L'évaluation de la valeur locative du local de la société requérante étant effectuée par comparaison avec le local-type n° 13 inscrit sur le procès-verbal ME de la commune de Bourges, il en résulte, comme indiqué par l'administration, qu'elle a droit, s'agissant de l'année 2018, à un dégrèvement de 3 760 euros. En revanche, quand bien même cette évaluation conduit à une cotisation supérieure de 575 euros au titre de l'année 2017, l'administration ne peut mettre en recouvrement un tel supplément.
Sur les frais du procès :
9. Les dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans la présente instance, verse à la société requérante la somme qu'elle lui réclame au titre des frais d'instance et au titre des dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La cotisation de taxe foncière à laquelle la SA Conforama France a été assujettie au titre de l'année 2018 à raison des locaux situés 9000 CD 6 aux Pennes Mirabeau est réduite d'une somme de 3 760 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SA Conforama France est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SA Conforama France et au directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des
Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
G. A
Le greffier,
Signé
I. Serveaux
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026