LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2002859

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2002859

vendredi 14 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2002859
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSAUTEREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mars 2020, Mme D B, représentée par Me Sautereau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de refus née du silence gardé par le département de F sur sa demande indemnitaire préalable en date du 12 novembre 2019, réceptionnée par cette collectivité territoriale le 16 novembre suivant ;

2°) de condamner le département de F à lui verser une indemnité équivalente à trente jours de congés bonifiés, le supplément de rémunération afférent au congé bonifié et 2 232,06 euros correspondant à des frais de voyage au titre du préjudice matériel ainsi que la somme de 2 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence ;

3°) de mettre à la charge du département de F une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne les fautes :

- la décision en date du 15 mars 2019, réceptionnée à son domicile le 22 août 2019, par laquelle le département de F a refusé de lui accorder un congé bonifié en Guadeloupe est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle a le centre de ses intérêts moraux et matériels dans ce département ;

- en ne lui répondant qu'en août 2019, l'administration l'a gravement perturbée en la plaçant dans une situation d'incertitude quant à ses congés.

En ce qui concerne les préjudices :

- elle a subi un premier préjudice financier lié au fait qu'elle a dû prendre des congés annuels pour partir à la Guadeloupe et dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à une somme équivalente à trente jours de congés bonifiés ;

- elle a subi un second préjudice matériel lié au fait que, n'ayant pu bénéficier des congés bonifiés, elle a dû subir le coût de la vie dans ce département, préjudice dont il sera fait une juste appréciation en le fixant au montant du supplément afférent au congé bonifié dont elle aurait dû bénéficier durant ces trente jours ;

- elle a subi un troisième préjudice financier lié aux frais de voyage qu'elle a dû engager pour aller en Guadeloupe en revenir, préjudice dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 2 232,06 euros ;

- enfin, elle a subi un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence liés à la lenteur de l'administration à lui répondre, préjudice dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 2 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2020, le département de F conclut au rejet de la requête.

Le département de F fait valoir qu'il n'a commis aucune faute en refusant d'accorder un congé bonifié et qu'aucun préjudice n'a été subi.

Un mémoire, enregistré le 10 janvier 2022, présenté par Mme B sans avoir recours au ministère de son avocat et sans rapport avec l'objet de la présente requête, n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 78-399 du 20 mars 1978 ;

- le décret n° 88-168 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;

- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, infirmière titularisée en et employée par le département de F depuis , a sollicité le bénéfice d'un congé bonifié pour la période du . Par une décision en date du 15 mars 2019, notifiée au domicile de la requérante le 6 août 2019, le département de F a refusé de lui accorder ce congé bonifié. La requérante a présenté une demande indemnitaire préalable le 12 novembre 2019, demande réceptionnée par le département de F le 16 novembre suivant. Mme B demande l'annulation la décision implicite de refus née du silence gardé par cette collectivité territoriale sur sa demande indemnitaire préalable. Elle demande également au tribunal de condamner le département de F à lui verser une indemnité équivalente à trente jours de congés bonifiés, le supplément de rémunération afférent au congé bonifié et 2 232,06 euros correspondant à des frais de voyage au titre des préjudices financiers subis du fait de l'illégalité de la décision refusant de lui accorder un congé bonifié ainsi que la somme de 2 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence subis en raison de la lenteur de l'administration à lui répondre.

I- Sur les conclusions indemnitaires :

I.A- En ce qui concerne les fautes :

I.A.1- S'agissant de la légalité de la décision de refus d'accorder un congé bonifié :

2. Aux termes de l'article 1er du décret du 15 février 1988, pris pour l'application des dispositions du deuxième alinéa du 1° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Sous réserve des dispositions du présent décret, le régime de congé dont bénéficient les fonctionnaires territoriaux originaires des départements d'outre-mer () exerçant en métropole est défini par les dispositions des articles 1er à 11 du décret du 20 mars 1978 susvisé, qui s'appliquent aux fonctionnaires mentionnés au b de l'article 1er dudit décret ". Aux termes de l'article 1er du décret du 20 mars 1978 relatif à la prise en charge des frais de voyage du congé bonifié accordé aux magistrats, aux fonctionnaires civils de l'Etat et aux agents publics de l'Etat recrutés en contrat à durée indéterminée, dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " Les dispositions du présent décret s'appliquent () aux fonctionnaires relevant du statut général des fonctionnaires de l'Etat qui exercent leurs fonctions : / () b) Sur le territoire européen de la France si leur lieu de résidence habituelle est situé dans un département d'outre-mer. ". Selon l'article 3 de ce décret : " Le lieu de résidence habituelle est le territoire européen de la France ou le département d'outre-mer où se trouve le centre des intérêts moraux et matériels de l'intéressé. ".

3. Il résulte de ces dispositions que, pour apprécier la localisation du centre des intérêts moraux et matériels d'un fonctionnaire il peut être tenu compte de son lieu de naissance, du lieu où se trouvent sa résidence et celle des membres de sa famille, du lieu où le fonctionnaire est, soit propriétaire ou locataire de biens fonciers, soit titulaire de comptes bancaires, de comptes d'épargne ou de comptes postaux, ainsi que d'autres éléments d'appréciation parmi lesquels le lieu du domicile avant l'entrée dans la fonction publique de l'agent, celui où il a réalisé sa scolarité ou ses études, la volonté manifestée par l'agent à l'occasion de ses demandes de mutation et de ses affectations ou la localisation du centre des intérêts moraux et matériels de son conjoint ou partenaire au sein d'un pacte civil de solidarité.

4. Si Mme B, née en Guadeloupe en , ne précise pas quand elle s'est installée en métropole, il résulte de l'instruction, notamment de ses propres écritures, qu'elle a quitté ce département pour rejoindre le territoire européen de la France après l'éruption du volcan de la Soufrière en et le département de F fait valoir, sans être contredit par cette dernière, qu'elle a effectué toute sa scolarité en France métropolitaine jusqu'au Baccalauréat obtenu en . Si l'intéressée fait valoir qu'elle a été obligée de quitter la Guadeloupe pour pouvoir être scolarisée, en l'absence d'écoles et de ramassage scolaire dans la ville où elle résidait à la suite de l'éruption du volcan de la Soufrière, puis de lycée dans cette ville jusqu'en 1989, ces circonstances, à la supposer même établie et durable en ce qui concerne la première, ne permettent pas pour autant d'établir que la requérante et ses parents ont été forcés de quitter la Guadeloupe pour rejoindre la métropole. Au surplus, il est constant que Mme B a effectué ses études d'infirmière en Ile-de-France et si elle soutient qu'il n'était pas possible de le faire en Guadeloupe, elle ne l'établit pas. Il est également constant que la requérante travaille depuis à l'hôpital national de E (département du Val-de-Marne), puis, depuis , pour le département de F. Par ailleurs, si Mme B fait valoir qu'elle s'est mariée en Guadeloupe en , l'acte de mariage produit mentionne que les deux époux résidaient en métropole et ils sont divorcés depuis 2013. De plus, ses trois enfants sont nés en France métropolitaine en et y ont toujours vécu, la circonstance, à la supposer même avérée, qu'ils suivent des études supérieures, qui seraient impossibles à faire en Guadeloupe, étant sans incidence. En outre, si Mme B se prévaut d'un compte postal ouvert en Guadeloupe, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle utiliserait ce compte et elle est par ailleurs titulaire d'un compte ouvert en métropole et utilisé comme compte courant. Au surplus, le département de F soutient, sans être contredit par la requérante, qu'elle n'a jamais demandé sa mutation pour la Guadeloupe. Enfin, si elle est inscrite sur les listes électorales en Guadeloupe, cette inscription a été effectuée en 2020, postérieurement à la décision du 15 mars 2019 par laquelle le département de F lui a refusé son congé bonifié. Il suit de là que Mme B doit être regardée, comme ayant durablement fixé le centre de ses intérêts moraux et matériels sur le territoire européen de la France à la date de cette décision. Les circonstances qu'elle ait conservé des attaches familiales en Guadeloupe, où elle se rend périodiquement, qu'elle y soit propriétaire d'un bien, ne sont pas suffisantes pour permettre d'établir que cette décision était entachée d'erreur d'appréciation et par conséquent illégale.

I.A.2- S'agissant du caractère tardif de cette décision :

5. Si Mme B soutient qu'elle a déposé sa demande de congés bonifiés en novembre elle ne l'établit pas alors que le département de F produit des courriels desquels il ressort qu'il a accusé réception de cette demande le 16 janvier 2019 et qu'elle n'était pas complète à cette date. Par ailleurs si ce même département a notifié sa décision de refuser ces congés bonifiés, prise le 13 mars 2019, soit un peu moins de trois mois après la demande, à l'ancienne adresse de la requérante alors qu'il connaissait sa nouvelle adresse, cette erreur ne présente pas un caractère volontaire. Enfin, il résulte de l'instruction que Mme B, qui a été reçu en entretien avec un représentant syndical par le directeur des ressources humaines le 17 avril 2019 et a introduit un recours hiérarchique le 3 mai 2019, avait connaissance de cette décision de refus avant sa seconde notification à sa nouvelle adresse le 6 août 2019. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que le département de F aurait commis une faute en l'informant tardivement de sa décision de refus de lui accorder des congés bonifiés à la fin de l'été.

I.B- En ce qui concerne les préjudices :

6. En l'absence de faute de l'administration, les conclusions indemnitaires doivent être rejetées.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

II- Sur les frais liés au litige :

8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de F, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme B réclame au titre des frais liés à l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au département de F.

Délibéré après l'audience du 31 mars 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Salzmann, présidente,

- Mme de Bouttemont, première conseillère,

- M. L'hôte, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 avril 2023.

Le rapporteur,La présidente,SignéSigné F. L'hôteM. CLa greffière,SignéA. Capelle

La République mande et ordonne au préfet de F, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions