vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2004851 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET GOUTAL, ALIBERT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 22 mai et 3 juillet 2020, Mme D C, représentée par Me Lebrun, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 24 mai 2019 par laquelle le maire de A a refusé de lui accorder le bénéfice de l'aide au retour à l'emploi ;
2°) d'enjoindre à cette même autorité de :
- procéder au réexamen de son dossier dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
- lui verser les allocations auxquelles elle a droit depuis le 30 mars 2017 ;
- lui communiquer son certificat de travail ;
- compléter la fiche de liaison à remplir par l'employeur public en auto-assurance.
3°) de condamner la commune de A à lui verser les sommes suivantes assorties des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable :
- 13 185, 20 euros au titre du préjudice financier ;
- 1 500 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence ;
- 3 000 euros au titre de la perte de chance d'obtenir un emploi ;
- 3 500 euros au titre du préjudice moral.
4°) de mettre à la charge de la commune de A la somme de 2 300 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 24 mai 2019 :
- la décision du 24 mai 2019 par laquelle le maire de A a refusé de lui accorder le bénéfice de l'aide au retour à l'emploi, est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 5422-1 du code du travail ainsi que celles de l'article 2 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage, dès lors qu'elle a été involontairement privée d'emploi ;
- en admettant même qu'elle n'ait pas été involontairement privée d'emploi, la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions de l'article 4 de ce même règlement, dès lors qu'elle a travaillé ensuite plus de 65 jours ou 455 heures et a été involontairement privée d'emploi par ses nouveaux employeurs.
En ce qui concerne les conclusions indemnitaires :
- l'illégalité de la décision du 24 mai 2019 refusant de lui accorder le bénéfice de l'aide au retour à l'emploi ainsi que celle des décisions du 9 août 2017 et du 17 septembre 2018 constitue une première faute de nature à engager la responsabilité de la commune de A ;
- le refus de lui délivrer un certificat de travail et de compléter la fiche de liaison avec Pôle emploi constituent également des fautes de nature à engager la responsabilité de la commune de A ;
- elle a subi un préjudice financier en raison de l'illégalité de la décision du 24 mai 2019 ainsi que des précédentes décisions de la commune de A refusant de lui accorder le bénéfice de l'aide au retour à l'emploi, dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 13 185,20 euros, à assortir des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable ;
- elle a subi des troubles dans les conditions d'existence résultant des nombreuses démarches effectuées depuis novembre 2017 auprès de la commune de A pour tenter d'obtenir un certificat de travail dont il sera fait une juste appréciation en les fixant à la somme de 1 500 euros, à assortir des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable ;
- elle a subi, compte tenu de l'absence de communication du certificat de travail et de la fiche de liaison avec Pôle emploi complétée, un préjudice lié à la perte de chance de retrouver emploi dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 3 000 euros, à assortir des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable ;
- enfin, elle a subi un préjudice moral dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 3 500 euros, à assortir des intérêts au taux légal à compter de la réception de la demande préalable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2022, la commune de A, représentée par Me Kaczmarczyk, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de A fait valoir que :
- les conclusions dirigées contre la décision du 24 mai 2019 sont irrecevables dès lors qu'elles sont dirigées contre une décision purement confirmative ;
- les conclusions à fin d'injonction relatives aux conséquences à tirer de l'annulation de la décision du 24 mai 2019 sont également irrecevables dès lors qu'elles sont présentées à titre principal ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante à l'encontre de la décision du 24 mai 2019 n'est fondé ;
- au surplus, la commune de A est un employeur public en auto-assurance ; certaines périodes d'affiliation de référence ont changé et il n'est pas établi qu'elle était l'employeur principal pendant ces périodes ; enfin la requérante ne justifie pas avoir accompli des actes positifs et répétés de recherche d'emploi pendant les périodes de chômage ;
- aucune faute n'est caractérisée et aucun préjudice n'est établi.
Par un avis en date du 3 juin 2022, les parties ont été informées que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience du quatrième trimestre 2022 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 20 juin 2022.
Par une ordonnance du 8 septembre 2022, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée.
Un mémoire, présenté par Mme C, a été enregistré le 8 septembre 2022 à 22h49, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Par un courrier en date du 8 juin 2023 il a été demandé à la commune de A, sur le fondement des dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, de produire une pièce justificative. La commune de A s'est abstenue d'y répondre.
Par une lettre du 8 juin 2023 les parties ont été informée, qu'en application des dispositions de l'article R 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur un premier moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires en ce qu'elles sont fondées sur l'illégalité des décisions des 9 août 2017 et 17 septembre 2018, lesquelles sont des décisions à objet pécuniaire devenues définitives ainsi que sur un autre moyen relevé d'office et tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de A de communiquer un certificat de travail et une " fiche de liaison " à destination de Pôle emploi, ces conclusions ayant été présentées à titre principal. La réponse de Mme C à ce moyen d'ordre public, enregistrée le 13 juin 2023, a été communiquée à la commune de A le 14 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- l'arrêté du 4 mai 2017 portant agrément de la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage et ses textes associés ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- et les observations de Me Degirmenci substituant Me Kaczmarczyk, représentant la commune de A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a été recrutée en qualité par la commune de A au moyen de deux contrats successifs conclus respectivement pour la période du 4 mai 2015 au 3 juillet 2015, puis du 4 juillet 2015 au 3 juillet 2016. Elle a ensuite travaillé comme animatrice pour une association du 7 juillet 2016 au 23 juillet 2016, puis pour une société de droit privé du 1er septembre 2016 au 29 mars 2017. Le 21 avril 2017 elle s'est inscrite à Pôle emploi et a demandé à bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi. Par un courrier en date du 9 juin 2017, Pôle emploi lui a notifié un refus de lui verser cette allocation au motif que sur la période de référence de son affiliation, courant du 30 novembre 2014 au 29 mars 2017, elle avait travaillé 251 jours pour des employeurs affiliés à l'assurance chômage et 427 jours pour un employeur public en auto-assurance, à savoir la commune de A, de ce fait compétente pour l'indemniser. Mme C a alors transmis son dossier d'allocation chômage à cette commune à la fin du mois de juin 2017 puis, par un courrier réceptionné en mairie le 11 juillet 2017, a demandé le versement de l'aide au retour à l'emploi à compter du 30 mars 2017. Par une décision en date du 9 août 2017, le maire de A a refusé de lui verser cette allocation au motif qu'elle n'avait pas accepté la proposition de renouvellement de son dernier contrat. Mme C a alors déposé le 27 août 2018 une nouvelle demande portant sur la période du 30 mars au 1er novembre 2017 et à compter du 5 juin 2018, en réclamant en outre un certificat de travail ainsi qu'une " fiche de liaison " destinée à Pôle emploi complétée. Cette nouvelle demande a fait l'objet d'un refus de la commune de A le 17 septembre 2018, fondé sur le même motif que le précédent. Enfin, par un courrier en date du 24 avril 2019, Mme C a présenté une troisième demande, portant sur la période du 30 mars au 1er novembre 2018, sur celle du 5 juin au 14 octobre 2018 et à compter du 6 avril 2019, réitérant sa demande de communication d'une " fiche de liaison " Pôle emploi complétée. Par une décision en date du 24 mai 2019, la commune de A a une nouvelle fois refusé d'accorder l'aide au retour à l'emploi. Mme C demande l'annulation de cette décision du 24 mai 2019. Elle demande également, en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité des décisions des 9 août 2017, 17 septembre 2018 et 24 mai 2019 ainsi que de l'illégalité des refus de lui délivrer un certificat de travail et de compléter la " fiche de liaison " destinée à Pôle emploi, la condamnation de la commune de A à lui verser les sommes de 13 185, 20 euros au titre du préjudice financier, 1 500 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence, 3 000 euros au titre de la perte de chance d'obtenir un emploi et 3 500 euros au titre du préjudice moral.
I- Sur les conclusions dirigées contre la décision du 24 mai 2019 :
2. Aux termes de l'article L. 5424-1 code travail : " Ont droit à une allocation d'assurance dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 :/ () / 2° Les agents non titulaires des collectivités territoriales () " Et aux termes de son article L. 5422-20 : : " Les mesures d'application des dispositions du présent chapitre, à l'exception des articles de la présente section, du 5° de l'article L. 5422-9, des articles L. 5422-10, L. 5422-14 à L. 5422-16 et de l'article L. 5422-25, font l'objet d'accords conclus entre les organisations représentatives d'employeurs et de salariés. /Ces accords sont agréés dans les conditions définies par la présente section () ". La convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage a été approuvée par un arrêté en date du 4 mai 2017 et est donc applicable à l'espèce, sous réserve toutefois de ses stipulations qui seraient incompatibles avec les règles qui gouvernent les agents publics.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur les droits au revenu de remplacement des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.
I.A- En ce qui concerne l'étendue du litige :
4. La décision attaquée, qui rejette une demande d'aide au retour à l'emploi relative à des périodes de chômage du 30 mars 2017 au 1er novembre 2017, du 5 juin 2018 au 14 octobre 2018 et à compter du 6 avril 2019 porte sur ces trois périodes, observation faite que la dernière doit être arrêtée au 24 mai 2019, date à laquelle cette décision a été prise.
I.B- En ce qui concerne les moyens soulevés par la requérante :
I.B.1- S'agissant du moyen tiré du défaut de motivation :
5. Dès lors qu'il ne relève pas de l'office du juge du plein contentieux de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, le moyen tiré de ce que la décision du 24 mai 2019 par laquelle le maire de A a refusé d'accorder le bénéfice de l'aide au retour à l'emploi à Mme C est entachée d'un défaut de motivation doit être écarté comme inopérant.
I.B.2- S'agissant des moyens tirés de la privation involontaire d'emploi :
6. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 5421-1 du code du travail : " En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les personnes aptes au travail et recherchant un emploi ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre ". Et aux termes de son article L.5422-1: " I.- Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : / 1° () la privation d'emploi est involontaire () ".
7. Pour l'application des articles L. 5421-1, L. 5422-1 et L. 5424-1 du code du travail, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge du plein contentieux, de déterminer si les circonstances dans lesquelles un contrat de travail à durée déterminée n'a pas été renouvelé permettent de l'assimiler à une perte involontaire d'emploi. A ce titre l'agent qui refuse le renouvellement de son contrat de travail ne peut être regardé comme involontairement privé d'emploi, à moins que ce refus soit fondé sur un motif légitime, qui peut être lié notamment à des considérations d'ordre personnel ou au fait que le contrat a été modifié de façon substantielle et sans justification par l'employeur.
8. D'une part, Mme C soutient dans sa requête introductive d'instance que la commune de A ne lui a pas fait de proposition de renouvellement de contrat. Or, cette commune produit avec son mémoire en défense un courrier en date du 2 mai 2016 par lequel elle a proposé à l'intéressée de renouveler son précédent contrat arrivant à échéance le 3 juillet 2016, pour la période du 4 juillet 2016 au 3 juillet 2017 ainsi que le volet conservé par l'expéditeur de l'accusé de réception postal de ce courrier. La requérante ne conteste pas avoir reçu ce courrier. Dans ces conditions, la première branche du moyen, tirée par Mme C de ce qu'aucune proposition de renouvellement de contrat ne lui a été faite par la commune de A doit être écartée.
9. D'autre part, Mme C soutient qu'elle était de toute façon fondée à refuser une proposition de renouvellement de contrat par la commune de A dès lors qu'elle percevait une rémunération de 300 euros par mois qui l'empêchait de vivre décemment et n'avait pas la possibilité de postuler pour un autre emploi, son employeur l'en empêchant. La commune de A nie les faits. Or, Mme C ne produit aucun commencement de preuve à l'appui de ses allégations, notamment le contrat de travail signé avec la commune de A. Dans ces conditions, la seconde branche du moyen, tirée par Mme C de ce qu'elle avait un motif légitime de refuser la proposition de renouvellement de contrat faite par la commune de A doit être écartée.
10. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 2 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'indemnisation du chômage : Sont involontairement privés d'emploi ou assimilés les salariés dont la cessation du contrat de travail résulte : / - d'un licenciement ; / - d'une rupture conventionnelle du contrat de travail () ; / - d'une fin de contrat de travail à durée déterminée () ; / - d'une démission considérée comme légitime () "
11. Il ne résulte pas de ces stipulations que la fin d'un contrat de travail à durée indéterminée devrait être assimilée à une privation involontaire d'emploi, lorsque, comme en l'espèce, une proposition de renouvellement a été faite au salarié avant la fin de son contrat et qu'il l'a refusée. Dès lors, le moyen tiré de la présomption du caractère involontaire de la privation d'emploi doit être écarté.
I.B.3- S'agissant du moyen tiré du " rechargement " des droits :
12. Aux termes des stipulations de l'article 4 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'indemnisation du chômage " Les salariés privés d'emploi justifiant d'une durée d'affiliation telle que définie aux articles 3 et 28 doivent : () e) n'avoir pas quitté volontairement () leur dernière activité professionnelle salariée, ou une autre activité professionnelle salariée autre que la dernière dès lors que, depuis le départ volontaire, il ne peut être justifié d'une durée d'affiliation d'au moins 65 jours travaillés ou 455 heures travaillées ; () ".
13. Il résulte de ces dispositions qu'un salarié ou un agent public non titulaire qui, après avoir quitté volontairement un emploi, a retrouvé un autre emploi dont il a été involontairement privé ne peut prétendre à une indemnisation au titre de l'assurance chômage que s'il a, depuis le départ volontaire de son précédent emploi, occupé l'emploi suivant au moins 65 jours ou 455 heures.
14. Il résulte de l'instruction que Mme C a travaillé du 2 novembre 2017 au 4 juin 2018 pour une association sous couvert d'un contrat à durée déterminée, puis du 1er septembre 2016 au 29 mars 2017 pour une société de droit privé sous couvert d'un contrat à durée indéterminée qui s'est soldé par une rupture conventionnelle, enfin du 2 novembre 2017 au 4 juin 2018 pour une autre association sous couvert d'un contrat à durée indéterminée auquel il a été mis fin par un licenciement pour faute grave. Ce faisant la requérante justifie avoir travaillé au moins 65 jours et avoir été privée involontairement de son emploi après avoir quitté celui qu'elle occupait à la commune de A, y compris en excluant le dernier contrat interrompu par un licenciement pour faute grave. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision du 24 mai 2019 méconnaît les stipulations de l'article 4 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'indemnisation du chômage doit être accueilli.
I.C- En ce qui concerne les substitutions de motifs demandées par la commune :
15. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge du plein contentieux que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif ; que dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
16. En l'espèce, pour établir que la décision attaquée était légale, la commune de A fait valoir, dans son mémoire en défense communiqué à Mme C qui y a répondu après clôture de l'instruction, d'autres motifs tirés de ce qu'elle a le statut d'employeur public en auto-assurance, de ce que certaines périodes d'affiliation de référence ont changé de telle sorte qu'il n'est pas établi qu'elle était l'employeur principal pendant ces périodes, enfin de ce que la requérante ne justifie pas avoir accompli des actes positifs et répétés de recherche d'emploi pendant les périodes de chômage.
I.C.1- S'agissant des motifs tirés du statut d'employeur public en auto-assurance et de l'absence de qualité d'employeur principal pendant la période d'affiliation de référence :
17. Aux termes de l'article L. 5424-2 du code du travail : " Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance. Ceux-ci peuvent, par convention conclue avec Pôle emploi, pour le compte de l'organisme mentionné à l'article L. 5427-1, lui confier cette gestion./ Toutefois, peuvent adhérer au régime d'assurance :/1° Les employeurs mentionnés au 2° de l'article L. 5424-1 ().Et aux termes de l'article R. 5424-2 de ce même code : " Lorsque, au cours de la période retenue pour l'application de l'article L. 5422-2, la durée totale d'emploi accomplie pour le compte d'un ou plusieurs employeurs affiliés au régime d'assurance a été plus longue que l'ensemble des périodes d'emploi accomplies pour le compte d'un ou plusieurs employeurs relevant de l'article L. 5424-1, la charge de l'indemnisation incombe à Pôle emploi pour le compte de l'organisme mentionné à l'article L. 5427-1. / Dans le cas contraire, cette charge incombe à l'employeur relevant de l'article L. 5424-1, ou à celui des employeurs relevant de cet article qui a employé l'intéressé durant la période la plus longue ". Par ailleurs, aux termes des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance-chômage : " Les salariés privés d'emploi doivent justifier d'une durée d'affiliation correspondant à des périodes d'emploi accomplies dans une ou plusieurs entreprises entrant dans le champ d'application du régime d'assurance chômage. / Sous réserve des dispositions de l'article 28, la durée d'affiliation est calculée en jours travaillés ou en heures travaillées, selon le plus favorable de ces deux modes de décompte. Elle doit être au moins égale à 88 jours travaillés ou 610 heures travaillées : / au cours des 28 mois qui précèdent la fin du contrat de travail pour les salariés âgés de moins de 53 ans à la date de la fin de leur contrat de travail () ". Enfin aux termes des stipulations du deuxième paragraphe de ce même article 3 : " Le nombre de jours pris en compte pour la durée d'affiliation requise correspond au nombre de jours travaillés à raison: / de 5 jours travaillés par semaine civile () ".
18. En premier lieu, il ne résulte pas des dispositions des articles L. 5424-2 et R. 5424-2 du code de travail, que l'employeur public qui assure lui-même la charge de la gestion de l'assurance chômage, lorsqu'il est l'employeur principal pendant la période d'affiliation de référence, serait dispensée de verser l'aide au retour à l'emploi lorsque l'employé a volontairement mis fin au contrat qui le liait à cet employeur public. Il s'ensuit que ce premier motif ne saurait être retenu.
19. En second et dernier lieu, la commune de A ne conteste pas avoir été l'employeur principal pendant la période d'affiliation de référence correspondant à la période de chômage comprise entre le 30 mars et le 1er novembre 2017. En revanche, elle conteste l'avoir été pour les périodes d'affiliation de référence correspondant aux périodes de chômage du 5 juin au 14 octobre 2018 ainsi que du 6 avril au 24 mai 2019. S'agissant de la période de chômage du 5 juin au 14 octobre 2018, pour laquelle la période d'affiliation de référence de 28 mois à prendre en compte court du 4 février 2016 au 4 juin 2018, il résulte de l'instruction que Mme C a travaillé 6 mois pour la commune de A, 17 jours pour une association, 7 mois pour une société de droit privé et 7 mois pour une autre association, de telle sorte que la commune de A n'était pas l'employeur principal pendant cette période et qu'elle n'a pas à verser l'aide au retour à l'emploi pour la période de chômage correspondante. S'agissant de la période de chômage du 6 avril au 24 mai 2019, pour laquelle la période d'affiliation de référence de 28 mois à prendre en compte court du 1er janvier 2017 au 5 avril 2019, il résulte de l'instruction que Mme C a travaillé 3 mois pour une société privée et 7 mois pour une association, de telle sorte que la commune de A n'était pas l'employeur principal pendant cette période et qu'elle n'a pas à verser l'aide au retour à l'emploi pour la période de chômage correspondante. Il s'ensuit que ce second motif doit être retenu, observation faite qu'il ne concerne pas la période de chômage du 30 mars au 1er novembre 2017.
I.C.2- S'agissant du motif tiré de l'absence de recherche active d'emploi :
20. Aux termes de l'article L. 5421-3 du code du travail : " La condition de recherche d'emploi requise pour bénéficier d'un revenu de remplacement est satisfaite dès lors que les intéressés sont inscrits comme demandeurs d'emploi et accomplissent, à leur initiative ou sur proposition de l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-2, des actes positifs et répétés en vue de retrouver un emploi, de créer, reprendre ou développer une entreprise () ".
21. Alors que la commune de A fait valoir en défense que la requérante ne justifie pas avoir accompli des actes positifs et répétés pour rechercher un emploi pendant les périodes de chômage, la requérante n'y a pas répondu en l'état de l'instruction à la date à laquelle elle a été close. En tout état de cause, cette dernière se borne à soutenir qu'il ne lui a jamais été demandé d'en justifier et ne produit aucun commencement de preuve de tels actes. Il s'ensuit que ce troisième motif doit être retenu, observation faite qu'il concerne les trois périodes de chômage du 30 mars au 1er novembre 2017, du 5 juin au 14 octobre 2018 et du 6 avril au 24 mai 2019.
22. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 4 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 doit être accueilli. Toutefois, il résulte de l'instruction que la commune de A aurait pris la même décision en se fondant sur les seuls motifs tirés de la méconnaissance des dispositions et stipulations combinées des articles R. 5424-2 du code du travail et 3 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative l'assurance chômage ainsi que de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 5421-3 du code du travail. Par ailleurs, cette substitution de motifs ne prive pas la requérante d'une garantie fondamentale liée aux motifs substitués.
23. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense à son encontre, que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision en date du 24 mai 2019 par laquelle le maire de A a refusé de lui accorder le bénéfice de l'aide au retour à l'emploi.
II- Sur les conclusions indemnitaires :
II.A- En ce qui concerne les fautes :
II.A.1- S'agissant des décisions du 9 août 2017, 17 septembre 2018 et 24 mai 2019 :
24. Mme C, à l'appui de son moyen tiré de ce que ces trois décisions sont illégales et constituent ainsi une première faute, se borne à renvoyer aux moyens qu'elle a soulevés à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision du 24 mai 2019. Or, il résulte de ce qu'il a été dit aux points 2 à 23 que cette décision est fondée. En revanche, cette décision du 24 mai 2019, motivée par référence à la précédente décision du 17 septembre 2018, laquelle ne comporte aucune motivation en droit, est entachée d'un défaut de motivation et par conséquent illégale, constituant ainsi une faute.
II.A.2- S'agissant du refus de délivrer un certificat de travail et une fiche de liaison :
25. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1234-19 du code du travail " A l'expiration du contrat de travail, l'employeur délivre au salarié un certificat dont le contenu est déterminé par voie réglementaire ".
26. Il résulte de l'instruction que la commune de A n'a jamais délivré de certificat de travail à Mme C malgré sa demande. Ce refus constitue une faute.
27. En second et dernier lieu, aux termes de l'article R. 1234-9 du code du travail : " L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi ()
28. Il résulte de l'instruction que la commune de A a refusé de délivrer à Mme C la " fiche de liaison " destinée à Pôle emploi, alors que dans ce document figure une rubrique n° 5 avec la consigne suivante : " Renseignez et envoyez lorsque Pôle emploi vous a désigné compétent pour indemniser l'intéressé alors que vous n'avez pas ouvert le droit car cette demande au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) a fait l'objet d'un rejet () ". Ce refus constitue par conséquent une faute.
II.B- En ce qui concerne les préjudices :
II.B.1- S'agissant du préjudice financier :
29. Dès lors que la seule faute retenue à l'encontre de la décision du 24 mai 2019 par laquelle la commune de A a refusé d'accorder l'aide au retour à l'emploi est le défaut de motivation et qu'il résulte de l'instruction que la commune de A aurait pris la même décision s'il ne l'avait pas commise, ce chef de préjudice doit être écarté.
II.B.2- S'agissant de la perte d'une chance de retrouver un emploi :
30. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme C, qui au demeurant a retravaillé après avoir quitté son emploi à la commune de A, aurait été privée de la chance de retrouver un emploi du seul fait du refus de cette commune de lui délivrer un certificat de travail et une " fiche de liaison " à destination de Pôle Emploi, de telle sorte que ce chef de préjudice doit également être écarté.
II.B.3- S'agissant des troubles dans les conditions d'existence :
31. Il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence subis par Mme C du fait du refus de la commune de A de lui délivrer un certificat de travail et une " fiche de liaison " à destination de Pôle Emploi complétée en le fixant à la somme de 300 euros.
II.B.4- S'agissant du préjudice moral :
32. Mme C ne produit aucun commencement de preuve qui permettrait d'établir qu'elle a subi un préjudice moral du fait du défaut de motivation de la décision du 24 mai 2019 et du refus de la commune de A de lui délivrer un certificat de travail et une " fiche de liaison " à destination de Pôle Emploi complétée, de telle sorte que ce chef de préjudice doit être écarté.
33. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est seulement fondée à demander la condamnation de la commune de A à lui verser la somme de 300 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence subis du fait du refus de la commune de A de lui délivrer un certificat de travail et de compléter la fiche de liaison " destinée à Pôle emploi.
III- Sur les conclusions aux fins d'injonction :
34. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Aux termes de son article L. 911-2 : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision intervienne dans un délai déterminé. ". Enfin, aux termes de son article L. 911-3 : " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. ".
35. D'une part, le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 24 mai 2019 par laquelle le maire de A a refusé de lui accorder le bénéfice de l'aide au retour à l'emploi, n'implique aucune mesure d'exécution tendant à ce que cette aide soit accordée ou que la situation de la requérante soit réexaminée, ces dernières conclusions étant en outre sans objet dans le cadre d'un contentieux de pleine juridiction. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée à leur encontre.
36. D'autre part, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au maire de A de délivrer à Mme C un certificat de travail et une " fiche de liaison " destinée à Pôle emploi, doivent être rejetées, dès lors qu'elles ont été présentées à titre principal, aucune conclusion en annulation des décisions par lesquelles la commune de A a refusé de délivrer ces documents n'étant présentée dans le cadre de la présente instance.
IV- Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
37. Mme C a droit aux intérêts au taux légal à compter du 28 mai 2020, date de réception de sa demande indemnitaire préalable par la commune de A. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 22 mai 2020, lors de l'introduction de la requête. Il y a donc lieu de faire droit à cette demande à compter du 28 mai 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
V- Sur les frais liés au litige :
38. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
39. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de A réclame au titre des frais liés à l'instance. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, Mme C n'étant qu'accessoirement la partie gagnante, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de A, la somme demandée par Mme C au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de A est condamnée à verser à Mme C la somme de 300 (trois cents) euros en réparation des troubles dans les conditions d'existence subis du fait du refus de lui délivrer un certificat de travail et de compléter la " fiche de liaison " destinée à Pôle emploi. Les intérêts échus à la date du 28 mai 2021, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune des dates pour produire eux-mêmes des intérêts.
Article 2 : Les conclusions des deux parties, présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à la commune de A.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Salzmann, présidente,
- Mme de Bouttemont, première conseillère,
- M. L'hôte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
Le rapporteur,La présidente,SignéSigné F. L'hôteM. SalzmannLa greffière,SignéA. Espeisses
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026