mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2005306 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SCP MASSE-DESSEN-THOUVENIN-COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 9 juin 2020, 15 novembre 2021, 6 janvier 2022 et 6 juillet 2022, M. A C, représenté par la SCP G. Thouvenin, O. Coudray et M. B, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de condamner la région d'Ile-de-France à lui verser la somme de 90 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait des mesures et agissements dont il a fait l'objet au sein de son service et d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de la demande préalable, ainsi que de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge de la région Ile-de-France la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la région d'Ile-de-France a commis une faute tirée des mesures et agissements constitutifs de harcèlement moral qu'il a subis, à savoir le retrait de ses responsabilités, l'abaissement abrupt de sa notation dans l'évaluation annuelle, la mise à l'écart du reste du service, ainsi que les pressions morales et les reproches infondés exercés sur sa personne et son travail ;
- la région d'Ile-de-France a commis une faute tirée du comportement et des agissements de Mme F H, cheffe du service patrimoine et investissement à la direction de l'apprentissage, qui ont excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique ;
- la région d'Ile-de-France a commis une faute tirée de la méconnaissance de son obligation de préserver la santé physique et mentale de ses agents posée à l'article 23 de la loi du 13 juillet 1983, dès lors qu'elle n'a pris aucune mesure adéquate pour mettre un terme aux agissements dont il était victime au sein de son service ;
- il a subi un préjudice professionnel, qu'il évalue à la somme de 20 000 euros, lié à la perte de compétence et ce que cela a notamment réduit ses chances de retrouver un emploi du niveau et de l'intérêt de ceux qui avaient pu lui être antérieurement confiés ;
- il a subi des souffrances physiques et un préjudice d'agrément, qu'il évalue à la somme de 30 000 euros, du fait de la dégradation de son état de santé et du syndrome dépressif réactionnel dont il a été atteint en raison des agissements dont il a été victime au sein de son service ;
- il a subi un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, qu'il évalue à la somme de 40 000 euros, du fait des agissements vexatoires et de la mise à l'écart, ainsi que de l'atteinte à sa réputation et à sa dignité.
Par quatre mémoires en défense, enregistrés les 1er et 5 juillet 2021, 15 décembre 2021 et 30 mai 2023, la région d'Ile-de-France, représentée par sa présidente en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté par M. C, représenté par la SCP G. Thouvenin, O. Coudray et M. B, a été enregistré le 7 juin 2023 et n'a pas été communiqué.
Par une ordonnance du 31 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- et les observations de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été recruté en tant que contractuel par la région d'Ile-de-France, à compter du 1er octobre 2013, en qualité de technicien principal de deuxième classe, affecté à l'unité " lycées " de la direction territoriale Nord-Ouest, chargé du suivi de la maintenance et des grosses opérations de travaux dans des lycées de l'est parisien. À partir du 12 septembre 2016, il a été affecté au poste de chargé d'études, correspondant au grade de technicien principal de première classe au sein du service investissement de la direction de l'apprentissage. Le 4 octobre 2018, M. C a été titularisé en tant qu'ingénieur territorial. Par un courrier du 7 février 2020, reçu le 10 février 2020, M. C a saisi la région d'Ile-de-France d'une demande indemnitaire préalable tendant au versement d'une somme de 90 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait des mesures et agissements dont il a fait l'objet au sein de son service. Le silence gardé par l'administration a fait naître une décision implicite de refus. Par la présente requête, M. C doit être regardé comme demandant la condamnation de la région d'Ile-de-France à lui verser la somme de 90 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne les faits de harcèlement moral :
2. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version alors applicable : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'évaluation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. () ".
3. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
S'agissant du retrait de ses responsabilités :
4. D'une part, il résulte de la fiche de poste de M. C en date du 1er juin 2016 qu'en tant que technicien principal de première classe affecté au poste de chargé d'études, l'intéressé avait pour missions principales d'assurer l'analyse et le suivi des demandes d'investissement des centres de formation d'apprentis (CFA), le suivi des contrats de performance des CFA, la mise en œuvre et le suivi de la démarche environnementale des CFA. Il avait également pour missions secondaires notamment la participation à des réunions thématiques transversales et la rédaction de notes de synthèse. Par ailleurs, il résulte du rapport du 16 avril 2018 sur la manière de servir de M. C qu'à son arrivée en septembre 2016 au service patrimoine et investissement de la direction de l'apprentissage, l'intéressé a pris en charge, en attente de nouveaux recrutements, la construction d'une base de données plan pluriannuels d'investissement (PPI) des 130 CFA d'Ile-de-France. En septembre 2017, à l'arrivée de Mme F J dans le service, recrutée pour développer la base de données PPI, il a alors été demandé à M. C de se consacrer à ses " missions de compétence plus techniques telles que l'analyse de demande d'investissement travaux, le suivi des CFA dont il était référent dans le cadre du contrat de performance, la construction d'une boite à outils pour aider les CFA dans leur obligation de mise en concurrence [et] le suivi des économies d'énergie ". Ainsi, il résulte de l'instruction que la perte de responsabilité ressentie par M. C à partir de la rentrée 2017 est due à la circonstance qu'à son arrivée au sein du service en septembre 2016, il lui avait été confié des missions qui excédaient sa fiche de poste en raison du manque de recrutement et que, lorsque ce manque a été comblé, M. C a dû reprendre les missions qui lui incombaient à l'origine conformément à sa fiche de poste de chargé d'études.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport du 16 avril 2018 que le nouveau poste de M. C au sein du service patrimoine et investissement ne lui permettait pas, contrairement à son précédent poste à l'unité " lycées ", de décider en autonomie de son activité et de programmer seul des visites sur les CFA, dès lors que, contrairement aux lycées, la région n'est pas propriétaire et n'est pas maître d'ouvrage des CFA qui dépendent d'organismes privés. Les décisions relatives aux CFA, qui sont politiquement sensibles, nécessitent alors une analyse collective avant d'envisager un déplacement sur ces sites.
6. Il résulte de ce qui précède que si le retrait de certaines responsabilités de M. C est établi, il n'est pas constitutif d'un harcèlement moral.
S'agissant de la mise à l'écart du reste du service :
7. M. C soutient qu'à la suite d'une altercation lors d'une réunion le 26 mars 2018, il a été délibérément écarté du suivi de missions qui le concernaient directement, qu'il n'a plus été convié aux réunions où il aurait dû être présent, que des subventions ont été inscrites au vote sans qu'il ait pu en évaluer l'opportunité et que des travaux ont commencé sans que le dossier ait été soumis à son expertise.
8. Il résulte de l'instruction, d'une part, ainsi qu'il a été exposé aux points 4 et 5 du présent jugement, que ce que le requérant qualifie de " mise à l'écart du service " n'est que la conséquence de la perte de certaines missions due au recrutement au sein du service de nouveaux agents, mais dont il a été exposé aux mêmes points qu'il ne s'agissait pas de harcèlement moral. D'autre part, M. C n'établit pas avoir été mis à l'écart de projets ou de réunions dont l'objet entrait dans ses missions. Il résulte de ce qui précède que la mise à l'écart du reste du service alléguée n'est pas établie.
S'agissant de l'abaissement abrupt de sa notation dans l'évaluation annuelle :
9. Il résulte de l'instruction que, lorsqu'il était technicien principal de deuxième classe, M. C avait, lors de ses évaluations annuelles de 2013 à 2016, obtenu les notes de 17 et 17,25 au titre respectivement des années 2013 et 2014 et que ses évaluations au titre des années 2015 et 2016 étaient très positives. En 2016, il avait obtenu le niveau " Excellent " pour tous les items d'évaluation, à savoir " Efficacité dans l'emploi ", " Compétences professionnelles et techniques " et " Qualités relationnelles ". En 2018, alors que M. C est technicien principal de première classe, il ressort de son compte-rendu d'évaluation au titre de cette année que ses objectifs sont soit " partiellement atteints ", soit " non atteints " et que s'agissant de ses items d'évaluations, à savoir " efficacité dans l'emploi ", " compétences professionnelles et techniques " et " qualités relationnelles ", il n'a obtenu que le niveau " débutant " ou le niveau " en cours d'acquisition ". Il résulte des termes de cette évaluation que l'intéressé " éprouve des difficultés à aborder les missions transversales de niveau A notamment dans un contexte de réforme () Fort d'une expertise technique, il conviendrait en 2019 qu'il développe ses compétences transversales (juridique, budgétaires, administratives ) pour les mettre au service du collectif ".
10. Il résulte du rapport du 16 avril 2018 que la cheffe de service de M. C a relevé chez l'intéressé des " difficultés à se positionner dans une réflexion globale " ainsi qu'un " manque de rigueur et d'autonomie dans les dossiers " et cite en particulier le dossier de l'académie de Créteil et le dossier " Economie d'énergie dans les CFA ". Ces difficultés sont corroborées par plusieurs échanges de courriels, notamment du 29 janvier et du 2 février 2018, dans lesquels sa cheffe de service lui demande d'adapter la rédaction de ses notes aux textes en vigueur. Le rapport du 16 avril 2018 relève également un " refus de se conformer aux règles ", un " refus du collectif " et " un comportement inapproprié " de la part de M. C, critiques qui ne sont d'ailleurs pas reprises dans son compte-rendu d'évaluation professionnelle de 2018. Enfin, il résulte de l'instruction que M. C est réticent à effectuer certaines missions qui relèvent de sa fiche de poste, telles que la rédaction de comptes-rendus et de notes, et que ce dernier adopte un comportement de contestation lorsque sa cheffe de service lui confie une mission.
11. Il résulte de ce qui précède que l'abaissement abrupt de la notation dans l'évaluation annuelle de M. C résulte de son changement de poste passant d'un emploi de catégorie B à un emploi de catégorie A et que les remarques sur son travail qui figurent dans son évaluation sont fondées sur des constats objectifs de sa cheffe de service. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'abaissement de sa notation est constitutif d'un harcèlement moral.
S'agissant des pressions morales et des reproches infondés exercés sur sa personne et son travail :
12. En premier lieu, le requérant n'apporte aucune pièce au soutien des allégations selon lesquelles Mme F H, cheffe de service, lui poserait des questions d'ordre personnel, l'appellerait sur son téléphone personnel, qu'elle viendrait le déranger pendant le travail de manière injustifiée ou qu'elle lui aurait demandé de faire un compte-rendu de son rendez-vous avec une référente des ressources humaines le 15 février 2019. De plus, le requérant n'établit pas, par les échanges de courriels des 8 et 9 octobre 2018 qu'il produit, que Mme F H lui aurait demandé de rédiger, dans un délai de deux jours, et nonobstant le fait qu'elle avait connaissance de son agenda entièrement complet, une note à l'attention du directeur général, dont elle s'en serait vu confier la rédaction depuis le mois de juillet précédent.
13. En deuxième lieu, s'agissant du refus d'octroi d'un second jour de télétravail, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce qu'il soutient, M. C n'est pas le seul agent de sa direction de l'apprentissage à ne bénéficier que d'un seul jour de télétravail. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le refus de Mme F H était justifié par la circonstance que M. C ne se conformait pas à son cadre horaire de travail réglementaire dès lors qu'il modifiait ses horaires, changeait de jours de travail de manière unilatérale et ne renseignait pas suffisamment à l'avance ses absences.
14. En troisième lieu, s'agissant des refus de lui octroyer des jours de congé, il résulte de l'instruction que le refus du 30 janvier 2018 de Mme F H confirmé par M. D, son directeur, était justifié en raison des nécessités du service par la tenue de la réunion des directeurs prévue depuis deux mois et pour laquelle la présence de tous les agents était demandée. Or, ce n'est que la veille que M. C a prévenu sa supérieure hiérarchique de son souhait de prendre un jour de réduction du temps de travail (RTT). Si le requérant soutient, d'une part, que son absence avait pour objet d'emmener son enfant à un rendez-vous médical et, d'autre part, qu'il était le seul agent dont la présence était obligatoire, il n'établit aucune de ses deux allégations. S'agissant de sa demande de congés relative aux vacances de printemps 2018, il résulte de l'instruction qu'alors que Mme F H avait signé la demande de congés de M. C le 26 mars 2018 pour la deuxième semaine des vacances scolaires, l'intéressé a demandé le 28 mars 2018 à changer de semaine de congés pour la première semaine des vacances scolaires. Il résulte de l'instruction que Mme F H ne lui a pas opposé un refus par principe, au contraire, elle lui a écrit que cette modification " aurait pu ne pas poser de problème ", mais que compte tenu des congés de l'agent, de ses jours de formation et de leurs jours de télétravail respectifs, ce changement aurait eu pour conséquence que l'agent et sa cheffe de service ne se retrouvent en présentiel que trois jours en avril et trois jours en mai, ce qui n'était pas possible compte tenu de la circonstance que M. C était toujours en période de stage avant titularisation. Par suite, le requérant n'établit pas que les refus de lui octroyer des jours de congé étaient injustifiés. De surcroît, il résulte de l'instruction, notamment de l'attestation administrative du 4 février 2021 produite en défense, que M. C n'a pas été privé de la possibilité d'obtenir des jours de congé tout au long de l'année 2018.
15. En quatrième lieu, s'agissant des reproches injustifiés de Mme F H sur sa personne et son travail, le requérant n'établit pas avoir fait l'objet de remarques sur son travail qui auraient été injustifiées, ni qu'il aurait été, comme il le soutient, " [mis] en cause sur une mission qui avait été attribuée à un prestataire extérieur ".
16. En dernier lieu, s'agissant de la prolongation de sa période de stage par arrêté du 20 juillet 2018 résultant notamment du rapport de Mme F H du 16 avril 2018 sur la manière de servir de l'agent, il résulte de ce qui a été exposé aux points précédents, notamment s'agissant de l'évaluation professionnelle au titre de l'année 2018 de M. C, que les remarques sur son travail étaient justifiées par des constats objectifs de sa hiérarchie. Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que cette mesure de prolongation serait constitutive d'un harcèlement moral.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, au sens des dispositions précitées de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983, présentant le caractère d'une faute de nature à engager la responsabilité de la région.
En ce qui concerne le comportement de Mme F H :
18. Le requérant soutient que le comportement et les agissements dont Mme I a fait preuve à son égard ont excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Le requérant ne précise pas davantage son moyen. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 2 à 17 du présent jugement, il ne résulte pas de l'instruction que Mme H, cheffe du service Patrimoine et Investissement à la direction de l'apprentissage, aurait excédé les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Par ailleurs, si le requérant soutient que Mme G, référente des ressources humaines, aurait informé M. C qu'elle avait elle-même été harcelée par Mme F H, il ne l'établit par aucune pièce produite au dossier. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la région d'Ile-de-France aurait commis une faute tirée du comportement de Mme F H.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'obligation de préserver la santé des agents :
19. Aux termes de l'article 23 de la loi du 13 juillet 1983, dans sa version alors en vigueur : " Des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail ".
20. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 2 à 17 du présent jugement, M. C n'est pas fondé à soutenir que la région d'Ile-de-France aurait commis une faute tirée du manquement à son obligation de préserver la santé physique et mentale de ses agents du fait d'un harcèlement moral qu'il estime avoir vécu.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la région d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. L'hôte, premier conseiller,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
La rapporteure,Le président,Mme BazinM. TruilhéLa greffière,Mme E
La République mande et au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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