vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2005414 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | AZIRIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juin 2020, Mme A D, représentée par la SCP Uhry d'Oria Grenier puis par Me Aziria, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de B à lui verser les sommes de 20 568 euros au titre de son préjudice matériel, 3 000 euros au titre de son préjudice moral, 3 500 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence ainsi que 2 000 euros au titre du préjudice d'anxiété découlant de la précarisation de sa situation statutaire, du fait de l'illégalité de la décision du 16 mai 2018 mettant fin à sa mission " réussite éducative " ;
2°) d'enjoindre à la commune de la réaffecter sur la mission avec effet au 16 mai 2018 et de procéder à la reconstitution de sa carrière dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision implicite rejetant sa demande préalable est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision mettant fin à ses fonctions est illégale ainsi que l'a jugé le tribunal administratif dans son jugement du 22 novembre 2018 et que cette illégalité constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune ;
- elle a subi un préjudice matériel pour un montant total de 17 997 euros, correspondant à la rémunération mensuelle de 857 euros dont elle a été privée pour la période de juin 2018 à février 2021 ;
- elle a subi un préjudice moral aggravé par l'atteinte à sa réputation professionnelle, pour un montant de 3 000 euros ;
- elle a subi des troubles dans ses conditions d'existence évalués à 3 500 euros du fait de la perte de cette rémunération, dès lors qu'elle a charge de famille et doit rembourser un prêt immobilier ;
- elle demande réparation d'un préjudice d'anxiété pour un montant de 2 000 euros du fait de la précarisation de sa situation statutaire dans un contexte de harcèlement moral.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 juillet 2021, la commune de B, représentée par Me Makouf conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, dès lors qu'elle est dirigée à l'encontre de la commune alors que la mission en cause relève de la compétence du centre communal d'action sociale ;
- à titre subsidiaire, la requérante n'est pas fondée à demander l'indemnisation de son préjudice, dès lors que la décision de retrait de sa mission était fondée au fond, en raison de l'interdiction de cumul d'activité ;
- en outre, l'absence de service fait s'oppose au versement de toute rémunération, la requérante étant en congé de maladie depuis le 14 mars 2018 ;
- en tout état de cause, le préjudice moral, les troubles dans les conditions d'existence, l'atteinte à la réputation professionnelle et le préjudice d'anxiété allégués ne sont pas justifiés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 20 septembre 2021 à 12h par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-298 du 20 mars 1991;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme de Bouttemont,
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- et les observations de Mme D et de Me Makouf, représentant la commune de B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, attachée territoriale titulaire, recrutée par la commune de B à compter du 2015, a été détachée à cette date, en qualité de pour une durée de cinq ans. Elle a, en outre, depuis le 2015, en complément de ses fonctions de , la responsabilité du projet porté par le centre communal d'action sociale (CCAS) de la commune et perçoit à ce titre une rémunération mensuelle brute complémentaire de 857 euros. Par une décision en date du 16 mai 2018, le maire de la commune de B a mis fin à sa mission ainsi que par voie de conséquence au versement de la rémunération complémentaire y afférente. Par un jugement en date du devenu définitif, le tribunal administratif de a annulé cette décision pour incompétence.
2. Par un courrier réceptionné le 14 février 2020, Mme D a demandé à la commune l'indemnisation du préjudice subi du fait de l'illégalité de la décision du 16 mai 2018 mettant fin à sa mission de chargée du projet . En l'absence de réponse, elle demande au tribunal la condamnation de la commune à lui verser les sommes de 20 568 euros au titre de son préjudice matériel, 3 000 euros au titre de son préjudice moral, 3 500 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence ainsi que 2 000 euros au titre du préjudice d'inquiétude découlant de la précarisation de sa situation statutaire, du fait de l'illégalité de la décision du 16 mai 2018 prise à son encontre.
Sur la responsabilité :
3. Il ressort des motifs du jugement en date du rappelé au point 1, devenu définitif, que le maire de la commune de B n'était pas compétent pour mettre fin à la mission de Mme D concernant le projet qui relevait du CCAS, entachant ainsi d'illégalité la décision du 16 mai 2018, mettant fin à la mission de Mme D. La commune a ainsi commis une faute de nature à engager sa responsabilité pour autant qu'elle ait été à l'origine de préjudices directs et certains.
Sur le lien de causalité :
4. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité d'une décision administrative entachée d'incompétence, il appartient au juge administratif de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si la même décision aurait pu légalement intervenir et aurait été prise, dans les circonstances de l'espèce, par l'autorité compétente. Dans le cas où il juge qu'une même décision aurait été prise par l'autorité compétente, le préjudice allégué ne peut alors être regardé comme la conséquence directe du vice d'incompétence qui entachait la décision administrative illégale.
5. Aux termes de l'article 9 du décret du 20 mars 1991 portant dispositions statutaires applicables aux fonctionnaires territoriaux nommés dans des emplois permanents à temps non complet : " Un fonctionnaire territorial percevant une rémunération à temps complet ne peut être nommé dans un emploi à temps non complet que dans une collectivité ou un établissement autre que celui qui le rémunère à temps complet et si la durée totale de service qui en résulte n'excède pas de 15 % celle afférente à un emploi à temps complet. ".
6. Ainsi qu'il a été dit au point 1, Mme D a été recrutée le 2015 par la commune de B pour exercer à temps complet des fonctions de . Elle ne pouvait ainsi, sans méconnaître les dispositions de l'article 9 du décret du 20 mars 1991 rappelées au point précédent, exercer une activité accessoire pour le compte du CCAS de B, établissement public relevant de la collectivité l'employant à temps complet. L'autorité compétente était ainsi tenue de mettre fin à tout moment à cette irrégularité, relevée au demeurant en avril 2018 par la chambre régionale des comptes, qui faisait en outre état de l'illégalité de la rémunération mensuelle de 857 euros, en ce qu'elle excédait de 15 % celle afférente à un emploi à temps complet. Il résulte de ce qui précède que les préjudices allégués ne peuvent être regardés comme la conséquence directe du vice d'incompétence qui entachait la décision administrative illégale. Par suite, les conclusions indemnitaires de Mme D doivent être rejetées.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de B, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, la somme que Mme D demande à ce titre. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espère, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de B au titre des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et à la commune de B.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Salzmann, présidente,
Mme de Bouttemont, première conseillère,
M. L'hôte, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.
La rapporteure,La présidente,Signé Signé Mme de BouttemontMme FLa greffière,Signé Mme C
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026