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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2010718

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2010718

mardi 31 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2010718
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre (JU)
Avocat requérantDES VILLETTES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 octobre 2020, Mme A D, née C, représentée par Me Damo, demande au tribunal :

1°) d'annuler le titre exécutoire émis le 29 novembre 2019, par lequel la commune de Dugny lui réclame le reversement de la somme de 2 921,45 euros d'allocations d'aide au retour à l'emploi pour les mois de décembre 2018 ainsi que janvier à mars 2019 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Dugny la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

3°) de condamner la commune de Dugny aux entiers dépens.

Elle soutient qu'elle avait toujours la qualité de demandeur d'emploi pendant la période visée par le titre exécutoire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2022, la commune de Dugny, représentée par Me des Villettes, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Dugny fait valoir qu'aucun des moyens que contient la requête n'est fondé.

Par une décision du 27 juillet 2020, le bureau d'aide juridictionnelle a admis la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- l'arrêté du 4 mai 2017 portant agrément de la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage et ses textes associés ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. L'hôte, premier conseiller, pour statuer sur les litiges prévus à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;

- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D née C, recrutée par la commune de Dugny le 17 octobre 2013 en qualité d'adjointe technique non titulaire pour exercer les fonctions d'agent d'entretien, s'est vu refuser le renouvellement de son dernier contrat arrivant à échéance le 30 avril 2018. Cette commune, assurant elle-même la gestion des allocations d'assurance chômage, lui a versé des allocations d'aide au retour à l'emploi à taux plein pour la période du 8 mai 2018 au 31 mai 2019. Après avoir constaté que la requérante avait travaillé pour une société privée de décembre à mars 2019, la commune de Dugny lui a réclamé le reversement d'un montant de 2 921,45 euros d'allocations d'aide au retour à l'emploi au moyen d'un titre exécutoire émis le 29 novembre 2019. Mme D née C en demande l'annulation et doit être regardée comme demandant la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante.

I. Sur les conclusions aux fins d'annulation et décharge :

2. Aux termes de l'article L. 5424-1 code travail : " Ont droit à une allocation d'assurance dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 :/ () / 2° Les agents non titulaires des collectivités territoriales () " Et aux termes de son article L. 5422-20 : : " Les mesures d'application des dispositions du présent chapitre () font l'objet d'accords conclus entre les organisations représentatives d'employeurs et de salariés. /Ces accords sont agréés dans les conditions définies par la présente section () ". La convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage a été approuvée par un arrêté en date du 4 mai 2017 et est donc applicable à l'espèce, sous réserve toutefois de ses stipulations qui seraient incompatibles avec les règles qui gouvernent les agents publics.

3. Aux termes des stipulations de l'article 31 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'indemnisation du chômage : " Les rémunérations issues de l'activité professionnelle réduite ou occasionnelle reprise sont cumulables, pour un mois civil donné, avec une partie des allocations journalières au cours du même mois, dans la limite du salaire brut antérieurement perçu par l'allocataire, selon les modalités ci-dessous./ Le nombre de jours indemnisables au cours du mois est déterminé comme suit:/ 70 % des rémunérations brutes des activités exercées au cours d'un mois civil sont soustraites du montant total des allocations journalières qui auraient été versées pour le mois considéré en l'absence de reprise d'emploi ; / le résultat ainsi obtenu est divisé par le montant de l'allocation journalière déterminée aux articles 14 à 18 ;/ le quotient ainsi obtenu, arrondi à l'entier le plus proche, correspond au nombre de jours indemnisables du mois ;/ le cumul des allocations et des rémunérations ne peut excéder le montant mensuel du salaire de référence ".

4. Ainsi qu'il a été dit Mme D née C, qui a perçu de la commune de Dugny des allocations d'aide au retour à l'emploi à taux plein pour la période du 8 mai 2018 au 31 mai 2019, a travaillé pour une société privée de décembre à mars 2019. Dès lors, en application des stipulations précitées de l'article 31 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'indemnisation du chômage, ses allocations d'aide au retour à l'emploi, cumulables avec ses salaires, devaient être plafonnées. Est à cet égard sans incidence la circonstance qu'elle avait encore le statut de demandeur d'emploi pendant cette période. La commune de Dugny a produit le détail du calcul du plafonnement de ces allocations, réalisé conformément aux stipulations de cet article 31 de la convention et non contesté par la requérante, dont il ressort un trop perçu de 790,51 euros pour le mois de décembre 2018, 721,77 euros pour le mois de janvier 2019, 721,77 euros pour le mois de février 2019 et 687,40 euros pour le mois de mars 2019, soit au total 2 921,45 euros. Il s'ensuit que la créance est bien fondée et que le moyen doit être écarté.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme D née C doit être rejetée.

II. Sur les frais liés au litige :

6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Aux termes du second alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " L'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle peut demander au juge de condamner, dans les conditions prévues à l'article 75, la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à une somme au titre des frais que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Il peut, en cas de condamnation, renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et poursuivre le recouvrement à son profit de la somme allouée par le juge ".

7. Les dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Dugny, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que le conseil de Mme D née C demande au titre de ces dispositions. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D née C la somme demandée par la commune de Dugny au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

8. Aux termes de l'article R.761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. ".

9. La présente instance n'a donné lieu à aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. De telles conclusions doivent donc être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D née C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Dugny présentées sur le fondement de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D née C et à la commune de Dugny.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.

Le magistrat désigné,La greffière,SignéSigné F. L'hôteA. Capelle

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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