lundi 3 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2011192 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | S.E.L.A.F.A CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 octobre 2020, la société anonyme Gaz Réseau Distribution France, représentée par le cabinet Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la société Véolia Eau Ile-de-France à lui verser la somme de 2 343,04 euros assortie des intérêts légaux à compter du 16 juin 2020 ;
2°) de mettre à la charge de la société Véolia Eau Ile-de-France la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à l'occasion des travaux que la société Véolia a réalisés au niveau de la rue Jules Guesde à Montreuil, un branchement dépendant de son exploitation a été endommagé ; elle a la qualité de tiers par rapport aux travaux et la responsabilité sans faute de la société Véolia doit être engagée ;
- la société Véolia a commis une faute en utilisant une pelle mécanique à proximité des réseaux sans les avoir au préalable dégagés alors qu'elle ne pouvait ignorer leur existence ;
- l'absence de représentation du branchement en cartographie ne permet pas de caractériser une faute exonératoire de responsabilité dans la mesure où les plans communiqués n'indiquent jamais l'intégralité du tracé du réseau ;
- l'omission de marquer le branchement endommagé ne permet pas de caractériser une faute exonératoire de responsabilité dans la mesure où il incombe à l'entrepreneur de s'assurer que l'opération de marquage piquetage permet d'identifier l'intégralité du réseau et de vérifier le marquage tout au long du chantier ;
- l'absence de grillage avertisseur ne permet pas de caractériser une faute exonératoire de responsabilité dans la mesure où la présence d'un grillage avertisseur n'est pas systématiquement requise et cette obligation ne concerne notamment pas les réseaux anciens ; au demeurant, la présence d'un grillage avertisseur ne permet pas de protéger l'ouvrage en cas de terrassement mécanique ;
- elle justifie le montant de la somme de 2 343,04 euros qu'elle réclame au titre des travaux et prestations de réparation et de remise en état.
Une mise en demeure a été adressée à la société Véolia Eau d'Ile-de-France le 26 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative ;
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné Mme A pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par cet article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Parent, rapporteure,
- les conclusions de Mme Cayla, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 janvier 2019, la société Véolia a déclaré à la société Gaz Réseau Distribution France (GRDF) son intention de réaliser des travaux au niveau de la rue Jules Guesde à Montreuil. Le 20 février 2019, la société GRDF a été avisée que les travaux avaient endommagé un branchement dépendant de son exploitation. Le même jour, un constat de dommages causés aux ouvrages a été contradictoirement établi. La société GRDF a procédé aux travaux de remise en état et en a demandé le 17 juin 2019 le paiement de la facture à la société Véolia. La société Véolia a contesté sa responsabilité et la société GRDF lui a adressé une demande indemnitaire préalable par un courrier du 12 juin 2020. Par la présente requête, la société GRDF demande la condamnation de la société Véolia à lui verser la somme de 2 343,04 euros en réparation du préjudice qu'elle affirme avoir subi.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant. ".
3. Même en l'absence de faute, la collectivité maître de l'ouvrage et, le cas échéant, l'architecte et l'entrepreneur chargés des travaux sont responsables vis-à-vis des tiers des dommages causés à ceux-ci par l'exécution d'un travail public, à moins que ces dommages ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime.
4. D'une part, la société GRDF fait valoir qu'à l'occasion de travaux publics exécutés par la société Véolia au niveau de la rue Jules Guesde à Montreuil, un branchement dépendant de son exploitation et localisé au numéro 59 de cette rue a été endommagé le 20 février 2019. Alors que la société Véolia n'a pas produit de mémoire en défense en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée, elle est réputée avoir acquiescé à ces faits. Il s'ensuit que la société GRDF est fondée à demander l'engagement de la responsabilité sans faute de la société Véolia au titre du dommage causé à son réseau du fait de l'exécution de l'opération de travaux publics.
5. D'autre part, pour justifier du coût des travaux de remise en état dont elle demande l'indemnisation, la société GRDF produit, au titre des dépenses de main d'œuvre chiffrées à 1 236,58 euros, quatre relevés d'intervention qui mentionnent le lieu de l'intervention au 59 rue Jules Guesde à Montreuil, la date de l'intervention le 20 février 2019, le nom du ou des agents qui sont intervenus et la durée des interventions, un tableau de décompte des heures d'intervention, ainsi que le barème de facturation de main d'œuvre pour les prestations externes à GRDF en vigueur à compter du 1er juillet 2018, sur la base duquel elle a réalisé son évaluation. La société GRDF produit également deux factures relatives aux travaux de terrassement d'un montant global de 1 106,46 euros. Alors qu'en dépit d'une mise en demeure, la société Véolia n'a pas produit de mémoire en défense et est ainsi réputée avoir acquiescé aux faits, la société GRDF est fondée à réclamer la somme globale de 2 343,04 euros en réparation des frais qu'elle a exposés au titre des travaux de remise en état.
6. Il résulte de ce qui précède que la société Véolia doit être condamnée à verser à la société GRDF une indemnité de 2 343,04 euros.
Sur les intérêts :
7. La société GRDF a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 2 343,04 euros à compter du 16 juin 2020, date de réception de sa réclamation préalable en date du 12 juin 2020.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu de mettre à la charge de la société Véolia, partie perdante, une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
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Article 1er : La société Véolia est condamnée à verser à la société GRDF la somme de 2 343,04 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 16 juin 2020.
Article 2 : La société Véolia versera à la société GRDF la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Gaz Réseau Distribution France et à la société en nom collectif Véolia Eau Ile-de-France.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2022.
La magistrate désignée,
Signé
M. A
La greffière,
Signé
A. Macaronus
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°20111921
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026