vendredi 24 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2011263 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | ARIKAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 octobre 2020, M. C B, représenté par Me Arikan, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- la proposition de rectification du 5 avril 2018 est insuffisamment motivée ;
- la méthode de reconstitution des charges est erronée, en ce que l'une des sociétés retenues dans le cadre de la constitution du panel à cette fin présente des caractéristiques différentes de celle de la SARL AJM Pro ;
- l'administration, à titre principal, n'apporte pas la preuve de ce qu'il a appréhendé les revenus distribués en litige et en a été le bénéficiaire ;
- l'administration, à titre subsidiaire, ne pouvait comptabiliser le profit sur le Trésor réalisé en 2016 pour déterminer le montant des revenus distribués ;
- l'administration aurait dû, en outre, déduire de ce montant le solde bancaire positif de la SARL AJM Pro au 31 décembre 2016 ;
- il est fondé à se prévaloir de la documentation administrative référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-20-50 du 20 décembre 2019 ;
- l'administration ne pouvait appliquer la majoration de 25% sur le profit du Trésor, sur le fondement de l'article 158-7 du code général des impôts, dès lors qu'il n'est pas constitutif d'un revenu distribué ;
- le requérant est fondé à bénéficier du système du quotient prévu par l'article 163-0 A du code général des impôts pour l'imposition des revenus distribués au titre de l'année 2016.
La requête a été communiquée au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Combes , rapporteur public, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Un mémoire, enregistré le 10 février 2023, soit postérieurement à l'audience publique, a été présenté par le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Considérant ce qui suit :
1. M. B était le gérant de la SARL AJM Pro et associé à hauteur de 50% de ses parts sociales. Cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 14 janvier 2015 au 31 décembre 2016, étendue en matière de taxe sur la valeur ajoutée au 30 juin 2017, au terme de laquelle son bénéfice imposable a été rectifié et des suppléments d'imposition lui ont été notifiés, par une proposition de rectification du 5 avril 2018. L'administration fiscale a estimé que la somme correspondante au bénéfice rectifié était constitutive de revenus distribués, appréhendés par M. B. Par une proposition de rectification du 10 avril 2018, l'administration a ainsi mis à sa charge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2016. Par la présente requête, M. B demande à être déchargé du paiement de ces suppléments d'impôt.
2. En vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, lorsqu'un contribuable a donné son accord à la rectification ou s'est abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, il ne peut obtenir la décharge des impositions supplémentaires mises à sa charge qu'en rapportant la preuve de leur exagération. Il ne résulte pas de l'instruction que M. B ait présenté des observations exprimant son désaccord avec la proposition de rectification du 10 avril 2018. En application des dispositions précitées, il lui appartient donc de démontrer le caractère exagéré des suppléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, résultant de la réintégration dans son revenu imposable de l'année 2016 des bénéfices distribués par la société SARL AJM Pro.
3. En premier lieu, en vertu du principe d'indépendance des procédures, les irrégularités qui entacheraient la procédure de vérification de comptabilité engagée à l'encontre de la SARL SARL AJM Pro, soumise au régime d'imposition des sociétés de capitaux, sont sans influence sur la régularité et le bien-fondé des impositions au titre des revenus distribués en application de l'article 109 du code général des impôts mis à la charge de M. B. Il en résulte que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la proposition de rectification du 5 avril 2018 concernant cette société ne peut utilement être invoqué et doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction qu'en l'absence de comptabilité, l'administration a reconstitué le bénéfice imposable de la société SARL AJM Pro au titre des exercices clos en 2015 et en 2016. Pour déterminer le montant des charges supportées par la société au titre de l'exercice clos en 2016, elle a retenu un taux de charges, rapporté au chiffre d'affaires, de 86,59 %, égal à la moyenne du taux de charges de trois entreprises, présentant le même code de nomenclature des activités économiques (NACE), exerçant dans un secteur d'activité similaire, localisées dans le même secteur géographique et ayant réalisé un chiffre d'affaires comparable au titre de l'exercice en litige. La circonstance que l'une des trois sociétés retenues dans le cadre de la constitution de ce panel présente un actif, des fonds propres et une trésorerie plus importants que ceux de la SARL AJM Pro et soit plus ancienne ne permet pas de remettre en cause la pertinence de cette méthode, alors qu'au demeurant le requérant ne propose aucune alternative à celle-ci. Ainsi, M. B n'établit pas, par ces seules affirmations, alors qu'il en a la charge, l'exagération des rectifications dont ses revenus imposables ont été l'objet.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. ".
6. Il ressort de la proposition de rectification que, pour établir que M. B avait la qualité de maître de l'affaire et était donc présumé être bénéficiaire des revenus distribués, le vérificateur a relevé qu'il était gérant de la SARL AJM Pro, l'unique personne à détenir la signature bancaire sur le compte au nom de la société, l'interlocuteur auprès des clients et des salariés et le signataire des contrats et des factures de la société. Si M. B fait valoir qu'il n'avait aucun pouvoir exclusif sur la gestion de la société, il ne l'établit pas. De même, en se bornant à alléguer qu'il n'a effectué aucun retrait d'argent sur le compte de la société, qu'il n'existe aucun mouvement financier irrégulier vers ses comptes personnels et que sa seule qualité d'associé ne permet pas d'établir l'existence de distributions occultes, M. B ne démontre pas qu'il n'était pas le bénéficiaire de ces revenus. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a estimé qu'il avait appréhendé les revenus distribués en litige.
7. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que l'administration a procédé à une rectification en matière de taxe sur la valeur ajoutée à hauteur de la somme de 20 485 euros au titre de l'exercice clos en 2016 et qu'elle en a déduit qu'un profit sur le Trésor en était résulté. Contrairement à ce que soutient M. B, aucun élément ne permet de considérer que cette somme ne puisse être regardée comme un revenu distribué au sens du 1° du 1 de l'article 109 précité du code général des impôts. C'est donc à bon droit que l'administration l'a intégrée dans le bénéfice imposable au titre de l'exercice clos en 2016.
8. Par ailleurs, M. B n'est pas fondé à se prévaloir de la doctrine référencée BOI-RPPM-RCM-10-20-20-50 du 20 décembre 2019, laquelle ne comporte pas d'interprétation différente de la loi fiscale.
9. En cinquième lieu, M. B soutient que la somme de 49 435,45 euros, figurant sur le compte bancaire de la SARL AJM Pro au 31 décembre 2016, doit être déduite des revenus qui lui sont imputés, dès lors qu'il ne l'a pas appréhendée et qu'elle n'a pas été désinvestie. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que cette somme serait comprise dans le montant des revenus considérés par l'administration comme distribués. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le solde bancaire positif au 31 décembre 2016 de la SARL AJM Pro devait être déduit du montant des revenus distribués en litige.
10. En sixième lieu, comme exposé au point 7, la somme correspondant au profit sur le Trésor est constitutive d'un revenu distribué. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la majoration de 25% de cette somme, en application de l'article 158-7 du code général des impôts, n'est pas justifiée.
11. Aux termes de l'article 163-0 A du code général des impôts : " Lorsque, au cours d'une année, un contribuable a réalisé un revenu qui par sa nature n'est pas susceptible d'être recueilli annuellement et que le montant de ce revenu exceptionnel dépasse la moyenne des revenus nets d'après lesquels ce contribuable a été soumis à l'impôt sur le revenu au titre des trois dernières années, l'intéressé peut demander que l'impôt correspondant soit calculé en ajoutant le quart du revenu exceptionnel net à son revenu net global imposable et en multipliant par quatre la cotisation supplémentaire ainsi obtenue ".
12. Les sommes réputées distribuées en application de l'article 109 du code général des impôts, sont, par nature, des revenus qui sont susceptibles d'être recueillis annuellement. Ainsi, ils, ne peuvent être regardés comme des revenus exceptionnels au sens de l'article 163-0 A du même code. En outre, M. B n'établit pas que les revenus en litige, d'un montant global de 120 471,86 euros, dépassaient la moyenne des revenus nets au regard desquels il a été soumis à l'impôt sur le revenu au titre des trois années précédant l'année 2016. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander qu'il soit fait application des dispositions de l'article 163-0 A du code général des impôts.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2023.
La rapporteure,
C. A
La présidente,
J. Jimenez Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026