mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2012368 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | EL FARH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2020, M. C A, représenté par
Me El Farh, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Sevran à lui verser, en réparation des préjudices matériel et moral subis du fait d'infractions routières commises avec un véhicule de service qui lui ont été imputées à tort, la somme de 7 000 euros, majorée des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge de cette même commune une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
3°) de condamner la commune de Sevran aux entiers dépens.
Il soutient que :
En ce qui concerne les fautes :
- la commune de Sevran a commis une première faute en omettant de mettre en place un système de carnet de bord permettant d'identifier le conducteur ;
- elle a commis une deuxième faute en omettant d'informer le requérant des retraits de points ;
- elle a commis une troisième faute en ne recherchant pas les auteurs des infractions.
En ce qui concerne les préjudices :
- il a subi un préjudice matériel correspondant au montant des contraventions ;
- il a subi un préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2021, la commune de Sevran, représentée par Me Derridj, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Sevran fait valoir que la requête est irrecevable en raison de l'absence de demande indemnitaire préalable et de sa tardiveté, enfin qu'aucun des moyens qu'elle contient n'est fondé.
Par une ordonnance du 17 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
30 octobre suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- et les observations de Me Regis, substituant Me Derridj, représentant la commune de Sevran.
Considérant ce qui suit :
I- Sur les conclusions indemnitaires :
1. M. A, technicien principal de 1ère classe titulaire, exerçant les fonctions de responsable du service sécurité bâtiment de la commune de Sevran jusqu'au 16 juin 2019, a effectué un stage de reconstitution de points de son permis de conduire du 5 au 6 octobre 2015. Par un courrier en date du 22 février 2016, la préfète de la Seine et Marne l'a informé de l'impossibilité de valider ce stage en raison du solde nul de son permis de conduire et l'a invité à restituer ce permis. Par un courrier en date du 10 mai 2016, le maire de Sevran a signalé à la préfète que les infractions imputées à M. A ont été commises avec un véhicule appartenant aux services de la ville et que le requérant ne pouvait en être l'auteur dès lors qu'il n'était pas en France lors de leur constatation. M. A demande au tribunal de condamner la commune de Sevran à lui verser la somme de 7 000 euros au titre des préjudices matériel et moral subis.
2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".
3. Alors que la commune de Sevran oppose une fin de non-recevoir tirée de l'absence de demande indemnitaire préalable, M. A se borne à produire une " note à l'attention du maire " en date du 6 septembre 2016 et réceptionnée en mairie le 7 septembre suivant, dont le passage ainsi rédigé " Cette situation va nous amener approximativement à 7 000 euros de frais de ma part (amendes, permis, dossier administratif) car je ne comprends toujours pas comment une voiture qui est immatriculée au nom de la ville peut me causer tant de soucis " ne saurait être assimilé à une demande indemnitaire préalable. Il s'ensuit que cette fin de non-recevoir doit être accueillie.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions indemnitaires de M. A doivent être rejetées ainsi que celles relatives aux intérêts et à la capitalisation des intérêts.
II- Sur les frais liés au litige :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Sevran, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. A réclame au titre des frais liés au litige. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. A le versement de la somme demandée par la commune de Sevran au titre des mêmes frais.
7. Aux termes de l'article R.761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens. ".
8. La présente instance n'a donné lieu à aucun dépens au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. De telles conclusions doivent donc être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Sevran, présentées sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Sevran.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Truilhé, président,
- M. L'hôte, premier conseiller,
- Mme Ghazi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
Le rapporteur,Le président,SignéSigné F. L'hôteJ.-C. TruilhéLa greffière,SignéA. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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