mardi 4 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2014638 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | AFANE-JACQUART |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2014638 et un mémoire, enregistrés les 23 décembre 2020 et 30 mars 2024, Mme B A, représentée par Me Afane-Jacquart, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'avis des sommes à payer valant titre exécutoire du 3 novembre 2020 émis par l'établissement Plaine Commune Grand Paris en vue du recouvrement de la somme de 1693,52 euros ;
2°) et de mettre à la charge de l'établissement Plaine Commune Grand Paris une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision ne comporte pas de signature, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dans la mesure où elle n'a perçu aucune rémunération au 22 septembre 2020 ;
- elle est infondée dès lors qu'elle devait bénéficier de la protection fonctionnelle et avait droit, à ce titre, à son plein traitement ;
- aucune retenue sur traitement ne pouvait être effectuée dès lors qu'elle a effectué son service sur la période litigieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2022, l'établissement public Plaine Commune Grand Paris, représenté par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 1 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 8 avril 2024.
II. Par une requête n° 2202732, enregistrée le 16 février 2022, Mme A, représentée par Me Afane-Jacquart, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de recettes n° 4107 du 23 novembre 2020 émis par l'établissement Plaine Commune Grand Paris en vue du recouvrement de la somme de 745,60 euros correspondant à un " plein traitement payé à tort 23/11/2020 ", révélé par un avis à tiers détenteur du 21 janvier 2022 ;
2°) et de mettre à la charge de l'établissement public Plaine Commune Grand Paris une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision ne comporte pas de signature, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dans la mesure où elle n'a perçu aucune rémunération au 23 novembre 2020 ;
- elle est infondée dès lors qu'elle devait bénéficier de la protection fonctionnelle et avait droit, à ce titre, à son plein traitement ;
- aucune retenue sur traitement ne pouvait être effectuée dès lors qu'elle a effectué son service sur la période litigieuse.
La requête a été communiquée à l'établissement public Plaine Commune Grand Paris, qui n'a produit aucun mémoire.
En application de l'article R. 611-10 du code de justice administrative, l'établissement public Plaine Commune Grand Paris a été invité à produire l'ampliation du titre de recette du
23 novembre 2020 ainsi que le bordereau signé dudit titre.
La clôture de l'instruction a été fixée au 22 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ghazi, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public,
- et les observations de Me Afane-Jacquart, représentant Mme A.
Une note en délibéré a été enregistrée le 23 mai 2024 pour le compte de Mme A au titre de la requête n° 2202732, elle n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, anciennement agent contractuel au sein de l'établissement public territorial Plaine Commune Grand Paris, a été placée en congé de maladie ordinaire. Elle sollicite, par les présentes requêtes, l'annulation, d'une part, de l'avis des sommes à payer valant titre exécutoire du 3 novembre 2020 émis par l'établissement Plaine Commune Grand Paris en vue du recouvrement de la somme de 1 693,52 euros correspondant à un " salaire perçu à tort 22/09/2020 " et, d'autre part, du titre de recette n° 4107 du 23 novembre 2020 émis par l'établissement Plaine Commune Grand Paris en vue du recouvrement de la somme de 745,60 euros correspondant à un " plein traitement payé à tort ", révélé par un avis à tiers détenteur du 12 janvier 2022. Lesdites requêtes présentant à juger des questions connexes, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'avis des sommes à payer du 3 novembre 2020 :
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. () ". D'autre part, l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".
3. Il résulte des dispositions précitées, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, au sens de l'article 4 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, codifié depuis lors au premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, de même par voie de conséquence que l'ampliation adressée au redevable, et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les nom, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
4. En l'espèce, l'ampliation du titre de recettes mentionne comme auteur de l'acte M. Mathieu Hanotin, président de l'établissement public territorial Plaine Commune Grand Paris. Toutefois, le bordereau de titre de recettes comporte la signature de M. D C, qui doit être ainsi regardé comme étant l'auteur de l'acte attaqué au sens des dispositions précitées. Dès lors, le titre en cause ne mentionne pas l'identité réelle de son auteur, en méconnaissance des dispositions précitées. Il résulte par ailleurs de l'instruction que cette inexactitude a privé Mme A de la garantie prévue par les dispositions précitées, qui porte sur l'identification précise de l'auteur d'un acte, notamment pour les besoins de la vérification des règles de compétence. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que l'avis des sommes à payer du 3 novembre 2020 est entaché d'illégalité et à solliciter son annulation.
Sur les conclusions tendant à l'annulation du titre de recette n° 4107 du 23 novembre 2020 révélé par l'avis à tiers détenteur du 21 janvier 2022 :
5. Mme A soutient notamment que le titre de recette du 23 novembre 2020 ne comporte aucune signature de son auteur. L'établissement public territorial Plaine Commune Grand Paris s'est abstenu de produire le bordereau du titre de recettes litigieux, malgré une demande en ce sens. Mme A est donc fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de forme entraînant son annulation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à solliciter l'annulation de l'avis des sommes à payer valant titre exécutoire du 3 novembre 2020 ainsi que celle du titre de recette n° 4107 du même jour.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. Les dispositions précitées font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme sollicitée par l'établissement public Plaine Commune Grand Paris au titre des frais non compris dans les dépens s'agissant de la requête n° 2014368.
9. En revanche, il y a lieu, en l'espèce, de mettre à la charge de l'établissement public Plaine Commune Grand Paris une somme globale de 1 500 euros au titre des deux requêtes susvisées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'avis des sommes à payer valant titre de recettes du 3 novembre 2020 est annulé.
Article 2 : Le titre de recettes du 23 novembre 2020 révélé par l'avis à tiers détenteur du 21 janvier 2022 est annulé.
Article 3 : L'établissement public Plaine Commune Grand Paris versera une somme de 1 500 euros à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par l'établissement public Plaine Commune Grand Paris au titre de la requête n° 2014368 et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'établissement public Plaine Commune Grand Paris.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Truilhé, président,
- M. L'hôte, premier conseiller,
- Mme Ghazi, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.
La première conseillère,
A. GhaziLe président,
J-C. TruilhéLa greffière,
A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026