lundi 26 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2014920 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés respectivement les 29 décembre 2020, 16 mars 2021 et 12 avril 2023, la société Gaz Réseau Distribution France (GRDF), représentée par la société d'avocats Cassel, demande au tribunal :
1°) de condamner la société Sogetrel à lui verser la somme de 4 812,05 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 20 août 2020, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subi ;
2°) de mettre à la charge de la société Sogetrel une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est compétente pour trancher le litige ;
- lors d'un terrassement mécanique, la société Sogetrel a endommagé un branchement appartenant à son réseau d'exploitation occasionnant une fuite de gaz ;
- la responsabilité de la société Sogetrel doit être engagée, même en l'absence de faute, et sans qu'aucune cause exonératoire ne puisse lui être opposée ;
- son obligation d'information quant au positionnement des ouvrages sur le lieu d'exécution de travaux a été remplie ;
- la société Sogetrel, qui s'est abstenue de lui demander des précisions complémentaires, a manqué à son obligation d'effectuer des repérages, sondages, piquetages et vérifications nécessaires à l'accomplissement de travaux à proximité de ses ouvrages ;
- son préjudice matériel, dont la réparation doit être intégrale, s'élève à la somme de 4 812,05 euros correspondant au montant des travaux de réparation dont elle a supporté le coût.
Par trois mémoires en défense, enregistrés respectivement les 3 mars 2021, 3 juin 2021 et 16 juin 2023, la société Sogetrel, représentée par Me Lalanne, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
- à titre principal, au rejet de la requête ;
- à titre subsidiaire, à ce que le montant du préjudice allégué soit ramené à de plus justes proportions ;
- et à ce que soit mis à la charge de la société GRDF une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les plans remis par la société GRDF, préalablement à l'exécution des travaux, comportaient des erreurs ne lui permettant pas d'appréhender correctement la réalité du réseau ;
- la société GRDF n'a pas indiqué, sur les plans remis, la présence de son réseau sur le lieu de réalisation des travaux ;
- la faute commise par la société GRDF est de nature à l'exonérer de sa responsabilité.
Par une ordonnance du 26 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 14 novembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nguër, rapporteure,
- les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique,
- et les observations de M. B A, directeur juridique, représentant la société Sogetrel.
La société GRDF n'était ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Par une déclaration d'intention de commencement de travaux du 31 août 2018, la société Sogetrel a informé la société Gaz Réseau Distribution France (GRDF) de la pose de fourneaux de fibre optique qu'elle allait effectuer au 12, avenue Pasteur sur le territoire de la commune de Montfermeil, dans le département de la Seine-Saint-Denis, à compter du 10 septembre 2018. Le 27 septembre 2018, la société GRDF a été informée d'un dommage causé, par un terrassement mécanique, à un branchement de gaz appartenant à son réseau d'exploitation, occasionnant une fuite de gaz. Un constat de dommages causés aux ouvrages par des tiers a été contradictoirement établi le même jour. La société GRDF a, par la suite, procédé aux travaux de réparation. Par une lettre du 26 août 2020, la société requérante, par l'entremise de son conseil, a adressé une demande en réparation indemnitaire à la société Sogetrel qui n'a pas répondu, faisant ainsi naître une décision implicite de rejet. La société GRDF demande au tribunal de condamner la société Sogetrel à lui verser la somme de 4 812,05 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subi.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. La juridiction administrative est compétente pour connaître des actions en réparation des dommages résultant de la conception ou de l'exécution défectueuse de travaux publics sauf, en vertu de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1957, si le dommage est causé par l'action déterminante d'un véhicule quelconque. S'il résulte de l'instruction que le branchement de gaz a été endommagé à l'occasion d'un terrassement mécanique, lequel a nécessairement exigé l'utilisation d'un véhicule au sens des dispositions précitées, les dommages qui en ont résulté trouvent leur source dans l'organisation générale de l'opération de travaux publics que constitue la pose de fourneaux de fibre optique au niveau du n°12 de l'avenue Pasteur sur le territoire de la commune de Montfermeil, et la planification des interventions sur site des entreprises de travaux publics. Un tel litige ressort en conséquence de la compétence des tribunaux administratifs.
3. Le maître de l'ouvrage ainsi que, le cas échéant, l'entrepreneur chargé des travaux sont responsables vis-à-vis des tiers des dommages causés à ceux-ci par l'exécution d'un travail public, à moins que ces dommages ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.
4. D'une part, il est constant qu'à l'occasion de l'exécution de travaux publics, la société Sogetrel a accidentellement endommagé un branchement du réseau de gaz exploité par la société GRDF qui a la qualité de tiers à ces travaux publics.
5. D'autre part, la société Sogetrel fait valoir l'imputabilité du dommage à la faute de la victime. Elle soutient que les plans remis par la société GRDF, préalablement à l'exécution des travaux, comportaient des erreurs et omissions, dès lors que le branchement endommagé n'y apparaissait pas. Il résulte de l'instruction que le récépissé de la déclaration d'intention de commencement de travaux du 31 août 2018, établi par la société GRDF, renvoie à deux plans A3 joints qui concernent les branchements situés dans l'emprise du projet rattachés à un réseau principal souterrain. Il résulte également de l'instruction et notamment du constat contradictoire du 27 septembre 2018 que le tronçon d'ouvrage endommagé n'était pas représenté en cartographie. En outre, la société GRDF, qui fait valoir l'existence d'un marquage ou piquetage du tronçon litigieux, ne conteste pas que son emplacement n'était pas indiqué sur les plans remis à la société Sogetrel, et le justifie par l'impossibilité du report de l'intégralité du tracé de son réseau sur les plans fournis. Dans ces conditions, la société Sogetrel est fondée à soutenir que les plans communiqués par la société GRDF étaient erronés dès lors qu'ils comportaient des omissions quant à l'existence d'ouvrages sensibles à l'emplacement des travaux. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, la société GRDF ne peut utilement opposer à la société Sogetrel le défaut de demande de précisions préalablement à l'exécution des travaux. Par suite, la société GRDF a commis une faute de nature à exonérer totalement la société Sogetrel de la responsabilité des dommages qui ont résulté de son intervention.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la société GRDF doivent être rejetées, y compris celles relatives aux intérêts.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu de mettre à la charge de la société GRDF, partie perdante, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que la société Sogetrel supporte la charge des frais exposés par la société GRDF.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société GRDF est rejetée.
Article 2 : La société GRDF versera à la société Sogetrel la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Sogetrel et à la société Gaz Réseau Distribution France.
Délibéré après l'audience du 5 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
Mme Nguër, première conseillère,
Mme Courneil, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2024.
La rapporteure,
M. Nguër
Le président,
J. Charret
La greffière,
D. Ferreira
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026