mardi 20 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2100569 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | C/M/S/ BUREAU FRANCIS LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 janvier 2021, et des mémoires complémentaires des 17 janvier, 21 janvier et 24 mars 2022, la SAS Restaurants et Sites, représentée par Me Bussac, demande au tribunal :
1°) la restitution partielle des impositions primitives de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, de taxe additionnelle à cette dernière et des frais de gestion qu'elle a initialement acquittées au titre des années 2013, 2014, 2015 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a commis une erreur dans le calcul de la valeur ajoutée ayant servi de base à la CVAE qu'elle a déclarée, en omettant de distinguer, au sein des conventions de locations d'emplacements commerciaux dans des parcs d'exposition du Bourget, de la porte de Versailles et de Villepinte la part rémunérant la mise à disposition d'une immobilisation corporelle, non déductible, de celle déductible correspondant à l'élément incorporel de présentation d'une clientèle captive ;
- elle a fait procéder à une évaluation par le cabinet Robine et associés de la part de loyers représentative de l'élément incorporel correspondant au flux de clientèle des parcs des expositions, qui a été évaluée entre 6 % et 18 % du loyer selon les parcs.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 juillet 2021, 21 février et 13 avril 2022, la directrice chargée de la direction des grandes entreprises conclut au rejet de la requête en soutenant que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thobaty, premier conseiller,
- les conclusions de M. Iss, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Restaurants et Sites, qui a pour activité l'exploitation de points de vente de restauration, dans le cadre de contrats de concession ou de location-gérance de ces lieux situés dans l'enceinte des parcs d'exposition du Bourget, de la porte de Versailles et de Villepinte, dont est propriétaire la ville de Paris, a primitivement acquitté la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, la taxe additionnelle et les frais de gestion au titre des années 2013, 2014, 2015 et 2016 conformément à ses déclarations, en ne déduisant pas, dans le calcul de sa valeur ajoutée, les loyers et redevances versés en exécution de ces conventions. Estimant qu'une partie de ces sommes n'a pas pour contrepartie la mise à disposition de biens corporels et est, par suite, déductible à ce titre, la SAS Restaurants et Sites demande au tribunal de lui accorder la restitution partielle corrélative de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, de la taxe additionnelle à cette dernière et des frais de gestion initialement acquittés au titre de ces années.
2. Aux termes de l'article 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ". Dès lors que la société requérante demande une décharge d'impositions établies d'après les bases indiquées dans les déclarations qu'elle a souscrites, il lui appartient de démontrer le caractère exagéré de ces impositions.
3. Aux termes du 4 du I de l'article 1586 sexies du code général des impôts : " La valeur ajoutée est égale à la différence entre : / a) D'une part, le chiffre d'affaires tel qu'il est défini au 1 () / b) Et, d'autre part : () / - les services extérieurs diminués des rabais, remises et ristournes obtenus, à l'exception des loyers ou redevances afférents aux biens corporels pris en location ou en sous-location pour une durée de plus de six mois ou en crédit-bail ainsi que les redevances afférentes à ces biens lorsqu'elles résultent d'une convention de location-gérance () ". Il résulte de ces dispositions que ne sont pas déductibles du chiffre d'affaires, pour le calcul de la valeur ajoutée servant de base à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, et partant, pour le calcul de la taxe additionnelle et des frais de gestion, les charges qui ont pour contrepartie la mise à disposition de biens corporels pris, soit en location ou en sous-location pour une durée de plus de six mois, soit en crédit-bail, soit en location-gérance.
4. La SAS Restaurants et Sites soutient que les loyers qu'elle a versés au titre de l'activité qu'elle exerce au sein des parcs d'exposition du Bourget, de la porte de Versailles et de Villepinte comprennent, pour partie, outre la rémunération des locaux constituant des biens corporels, des droits afférents à des éléments incorporels qui sont déductibles de la valeur ajoutée dans les bases de calcul de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises par application du b) du 4 du I de l'article 1586 sexies du code général des impôts.
5. Il ressort toutefois des stipulations du contrat de concession conclu avec Parixexpo-Porte de Versailles applicable du 1er juillet 2003 au 31 décembre 2013, de la convention du bail civil conclu avec Viparis Porte de Versailles, concessionnaire de la ville de Paris, applicable du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2015, transmis par l'administration en défense, que ces contrats ont pour objet de confier à la SAS Restaurants et Sites la location de locaux comprenant des unités de restauration, des restaurants provisoires et des points de vente alimentaire. Il est stipulé à l'article 2 du bail civil précité qu'il est régi par les articles 1731 et suivants du code civil et que le bailleur donne à bail les locaux loués composés des unités de restauration et qu'en raison de l'appartenance du parc au domaine public de la ville de Paris, le preneur ne peut en aucun cas conférer plus de droits qu'il n'en détient lui-même au titre de la convention et du bail emphytéotique le liant à la ville de Paris. Il est aussi stipulé que ce bail n'emporte au profit du preneur aucun droit à la propriété intellectuelle, les articles L. 145-1 et suivants du code de commerce étant inapplicables au contrat. Il est ajouté que le preneur reconnaît qu'il ne pourra prétendre au bénéfice des dispositions des baux commerciaux et renonce irrévocablement à toute prétention ou réclamation à ce titre et que cette absence de droit à la propriété commerciale du preneur constitue une condition essentielle et déterminante pour le bailleur et que si le preneur pouvait invoquer une telle propriété, le bailleur n'aurait pas conclu le bail. L'article 3 de ce bail désigne les locaux loués comme objet du bail. Si l'article 16 stipule un loyer fixe indexé et un loyer variable additionnel en fonction du chiffre d'affaires si celui-ci est supérieur à la part fixe, de telles clauses, qui sont courantes dans les contrats d'exploitation d'un service, ne permettent pas d'établir l'existence de la rémunération d'un actif incorporel. Il ressort de la convention relative à l'exploitation de restaurants et bars dans le parc des expositions de Paris Nord Villepinte conclue avec la SEPEPNV applicable du 01 janvier 2007 au 30 juin 2017 et de la convention confiant à la SAS Restaurants et Sites l'exploitation de restaurants et bars sur le parc des expositions de Paris Nord Le Bourget avec la SEPEPNB applicable du 01 janvier 2007 au 30 juin 2017, transmises par l'administration en défense, que l'objet du contrat fixé à l'article 3 est la mise à disposition de locaux à usage de restaurants et bars. Il est stipulé à l'article 6 que l'activité de restauration sur les parcs d'exposition de Villepinte et du Bourget est exercée sous le régime juridique de l'exploitation temporaire dans la mesure du lien étroit avec l'activité de la société d'exploitation, n'est pas constitutive d'un fonds de commerce et n'ouvre à aucun droit attaché à la propriété commerciale. Dans ces conditions, les stipulations conventionnelles n'ont pas pour objet de rémunérer un actif autre que les biens corporels mis à disposition. Enfin, à supposer, comme le soutient la société requérante en se prévalant de l'étude du 29 juin 2016 qu'elle a commanditée auprès d'un expert immobilier, que le niveau du loyer convenu pourrait être regardé comme prenant pour partie en compte l'avantage tiré de l'accès à une clientèle de passage dans les parcs des expositions, cette circonstance ne permet toutefois pas d'établir que les loyers en cause auraient partiellement pour objet, contrairement à l'économie des conventions de bail les stipulant, la rémunération d'un tel actif incorporel. Dans ces conditions, la société requérante n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'exagération des bases d'imposition qu'elle a initialement déclarées.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la SAS Restaurants et Sites doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : La requête de la SAS Restaurants et Sites est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à la SAS Restaurants et Sites et à la directrice chargée de la direction des grandes entreprises.
Délibéré après l'audience du 1er décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Toutain, président,
- M. Thobaty, premier conseiller,
- M. Puechbroussou, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2022.
Le rapporteur,
Signé
G. Thobaty
Le président,
Signé
E. Toutain
La greffière,
Signé
S. Desplan
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026