lundi 13 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2101852 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARSENE TAXAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 février 2021, la SARL Marchés Publics France, représentée par Me Rocchi, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2015 ;
2°) d'ordonner la restitution de ces cotisations et des intérêts de retard y afférents ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de le condamner aux entiers dépens.
Elle soutient :
- qu'en s'acquittant de la refacturation des bonus des salariés et rémunérations exceptionnelles des consultants, auprès de sa société mère, European and Belgium Public Procurement (EBP), elle a supporté des charges nécessaires à son exploitation qui doivent être déductibles, pour l'exercice clos en 2015, au sens des dispositions de l'article 39-1 du code général des impôts ;
- que ces charges exceptionnelles de personnel sont couvertes par le contrat de prestations de services conclu avec la société EBP le 20 décembre 2013, et entré en vigueur le
1er janvier 2014, et correspondent à sa quote-part de dépenses conformément à la clé de répartition prévue par ledit contrat ;
- que la contrepartie en résultant est l'augmentation significative de son chiffre d'affaires et de son résultat d'exploitation ;
- que la politique de versement des bonus n'est pas directement liée à la cession du groupe EBP à la société Info Services Holding, et qu'elle a seulement fait l'objet d'une inscription en comptabilité pour la détermination du prix de cession.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2021, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 22 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 mai 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nguër, rapporteure,
- les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique,
- et les observations de Me Rocchi et de Me Dress, représentants la SARL Marchés publics France.
Considérant ce qui suit :
1. La société Marchés Publics France, dont l'objet social est la réalisation de prestations de services, de conseils et de formations, propose parmi ces prestations une veille numérique relative aux marchés publics aux entreprises françaises, sous forme d'abonnements. Elle fait partie d'un groupe de sociétés dont la société mère de droit belge est European and Belgium Public Procurement (EBP). En 2018, la société Marchés Publics France a fait l'objet d'un examen de comptabilité à l'issue duquel, par une proposition de rectification du
21 juin 2018, l'administration fiscale lui a notifié des rehaussements en matière d'impôt sur les sociétés notamment en ce qui concerne les résultats exceptionnels de l'exercice clos en 2015. La réclamation du 25 juin 2020, formée par la société requérante, a été rejetée par une décision de l'administration fiscale du 23 décembre 2020. La société Marchés Publics France demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, afférentes à ces résultats exceptionnels, auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2015.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. D'une part, aux termes du 1. de l'article 39 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'œuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire. / Toutefois les rémunérations ne sont admises en déduction des résultats que dans la mesure où elles correspondent à un travail effectif et ne sont pas excessives eu égard à l'importance du service rendu. Cette disposition s'applique à toutes les rémunérations directes ou indirectes, y compris les indemnités, allocations, avantages en nature et remboursements de frais ". Aux termes du I de l'article 209 du même code, dans sa version applicable au litige : " I. Sous réserve des dispositions de la présente section, les bénéfices passibles de l'impôt sur les sociétés sont déterminés d'après les règles fixées par les articles 34 à 45,53 A à 57, 108 à 117, 237 ter A et 302 septies A bis et en tenant compte uniquement des bénéfices réalisés dans les entreprises exploitées en France, de ceux mentionnés aux a, e, e bis et e ter du I de l'article 164 B ainsi que de ceux dont l'imposition est attribuée à la France par une convention internationale relative aux doubles impositions. / () ".
3. D'autre part, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions du 1 de l'article 39 du code général des impôts selon lesquelles le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, de justifier tant du montant des créances de tiers, amortissements, provisions et charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. En ce qui concerne les charges, le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
4. Pour justifier du caractère déductible des charges exceptionnelles de personnel correspondant à la refacturation par la société EBP des bonus et rémunérations exceptionnelles versées en 2015 à ses salariés et consultants, la société Marchés Publics France produit notamment le contrat de prestations de services conclu le 20 décembre 2013, entre la société mère et les filiales du groupe, dont la société requérante, ainsi que deux modèles de conventions, relatives à l'octroi de bonus, conclues entre la société EBP et ses employés le 26 juin 2015. Si le contrat de prestations de services, y compris ses annexes, ne font apparaître aucun versement de rémunérations exceptionnelles, destinées aux employés de la société mère prestataire EBP, dans le cadre de son exécution, il résulte cependant des termes des conventions relatives à l'octroi des bonus que leur paiement est associé à l'atteinte de résultats financiers prédéterminés du groupe et de résultats liés à la mise en œuvre du plan d'avenir fixé par EBP. Le versement de ces bonus est également associé à la capacité des employés à attirer un nouveau partenaire financier et/ou stratégique en vue du développement des activités du groupe et l'acquisition, le cas échéant, du capital de la société EBP. Or, le 11 juin 2015, la société française Info Services Holding a acquis l'intégralité du groupe EBP. Dans ces conditions, la société Marchés Publics France n'établit pas avoir supporté les charges exceptionnelles relatives au versement des bonus dans son intérêt direct. Au contraire, par les pièces qu'elle produit, elle démontre que les charges en litige, de par leurs objets, contribuent davantage à l'intérêt du groupe et de la société mère EBP. Ce faisant, la société requérante n'établit pas le caractère déductible des charges qu'elle a ainsi exposées. La société Marché Publics France n'est donc pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés y afférentes au titre de l'exercice clos en 2015.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Marchés Publics France doit être rejetée.
Sur le surplus des conclusions :
6. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, supporte la charge des frais exposés par la société Marchés Publics France et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions doivent, par voie de conséquence, être rejetées.
7. D'autre part, aucun dépens n'ayant été exposé dans le cadre de la présente instance, les conclusions présentées par la société Marchés Publics France à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Marchés Publics France est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Marchés Publics France et à l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 27 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
Mme Nguër, première conseillère,
M. Thébault, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
M. Nguër
Le président,
Signé
J. Charret
La greffière,
Signé
D. Ferreira
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026