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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2104600

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2104600

jeudi 15 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2104600
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantCABINET FAREWELL TAX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 avril 2021, la société Une Pièce en Plus, représentée par Me Katchourine et Me Giner, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement, perçue dans la région Ile-de-France, ainsi que des rappels de taxe annuelle sur les surfaces de stationnement, perçue au profit de la région Ile-de-France, mis à sa charge au titre des années 2016, 2017, 2018 et 2019 sur les sites d'Arcueil, de Bussy-Saint-Martin, de Clichy, de Combs-la-Ville, d'Emerainville, de Gentilly, du Kremlin-Bicêtre et de Paris 14ème ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- les locaux qu'elle détient, utilise ou met à disposition de ses clients, de même que les espaces de circulation intérieure permettant l'accès aux boxes, sont des locaux de stockage au sens de la loi fiscale, de la doctrine et de la jurisprudence, et non pas des locaux commerciaux ;

- les espaces extérieurs, utilisés pour charger et décharger des meubles par les clients, sont des surfaces de livraison et non pas des surfaces de stationnement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2021, le directeur de la direction spécialisée du contrôle fiscal d'Ile-de-France conclut au non-lieu partiel à statuer et au rejet du surplus de la requête.

Il soutient :

- que la requête est tardive ;

- que la société requérante a bénéficié d'un dégrèvement en ce qui concerne la taxe sur les bureaux des années 2016 à 2019, pour les sites de Bussy-Saint-Martin, Clichy, de Combs-la-Ville, d'Emerainville, de Gentilly, du Kremlin-Bicêtre et de Paris 14ème ;

- qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Nguër, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. En 2019, la société Une Pièce en Plus, qui exerce, à titre principal, une activité de location de boxes de stockage en libre-service, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au terme de laquelle l'administration fiscale lui a notifiée, par une proposition de rectification du 31 juillet 2019, des rappels de taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement, perçue dans la région Ile-de-France, ainsi que des rappels de taxe annuelle sur les surfaces de stationnement, perçue au profit de la région Ile-de-France. L'administration a remis en cause la qualification retenue par la société pour ses locaux et ses espaces extérieurs pour la détermination des bases soumises à ces deux taxes. Ces rappels d'imposition ont porté sur les années 2016 à 2019 et sur les sites de la société situés à Arcueil, Bussy-Saint-Martin, Clichy, Combs-la-Ville, Emerainville, Gentilly, Kremlin-Bicêtre et Paris 14ème. La société a formé une réclamation contentieuse qui a été rejetée par une décision de l'administration fiscale du 1er février 2021. Dans la présente instance, la société Une Pièce en Plus demande la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur les bureaux et de taxe sur les surfaces de stationnement mis à sa charge au titre des années 2016 à 2019.

Sur l'étendue du litige :

2. Par sept décisions en date du 18 octobre 2021, postérieures à l'introduction de la requête, le directeur de la direction spécialisée du contrôle fiscal d'Ile-de-France a prononcé le dégrèvement, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement au titre des années 2016, 2017, 2018 et 2019 pour les sites de Bussy-Saint-Martin, de Clichy, de Gentilly, du Kremlin-Bicêtre et de Paris 14ème. Le dégrèvement a porté sur les années 2017, 2018 et 2019 en ce qui concerne le site d'Emerainville, et sur les années 2018 et 2019 en ce qui concerne le site de Combs-la-Ville. L'administration fiscale a ainsi regardé les boxes de libre stockage ainsi que les espaces de circulation les desservant, sur les sites précités de la société Une Pièce en Plus, comme des locaux de stockage au sens du 3° du III de l'article 231 ter du code général des impôts, et non pas comme des locaux commerciaux. Dès lors, les conclusions de la requête relatives à ces impositions sont, dans cette mesure, devenues sans objet.

Sur la recevabilité du surplus des conclusions :

3. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. / () ". Aux termes de l'article R. 199-1 du même livre : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation, que cette notification soit faite avant ou après l'expiration du délai de six mois prévu à l'article R. 198-10. / () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ".

4. Il résulte de l'instruction que la décision du 1er février 2021 par laquelle l'administration fiscale a rejeté la réclamation contentieuse de la société Une Pièce en Plus a été notifiée à cette dernière avec un avis de réception dont l'accusé a été retourné revêtu de la mention " distribué le 2 février 2021 ". En outre, cette décision comporte la mention des voies et délais de recours contentieux. Or, la requête de la société Une Pièce en Plus a été enregistrée par le greffe du tribunal le 6 avril 2021, alors qu'elle disposait d'un délai franc de deux mois pour l'introduire, soit jusqu'au 5 avril 2021. Par suite, la requête de la société Une Pièce en Plus est irrecevable en raison de sa tardiveté.

5. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions de la société Une Pièce en Plus doit être rejeté.

Sur les conclusions accessoires :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, supporte la charge des frais exposés par la société Une Pièce en Plus et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions doivent, par voie de conséquence, être rejetées. Il en est de même des conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative qui doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la société Une Pièce en Plus à fin de décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement au titre des années 2016, 2017, 2018 et 2019 pour les sites de Bussy-Saint-Martin, de Clichy, de Gentilly, du Kremlin-Bicêtre et de Paris 14ème, au titre des années 2017, 2018 et 2019 pour le site d'Emerainville, et au titre des années 2018 et 2019 pour le site de Combs-la-Ville.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Une Pièce en Plus et au directeur de la direction spécialisée du contrôle fiscal d'Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Charret, président,

M. A, magistrat honoraire faisant fonction de premier conseiller,

Mme Nguër, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.

La rapporteure,

M. Nguër

Le président,

J. Charret

La greffière,

T. Timera

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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