lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2104613 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | KRIEF |
Vu la procédure suivante :
I - Par une requête n° 2104613, enregistrée le 6 avril 2021, M. A B, représenté par Me Krief, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2014 ainsi que des pénalités, majorations et intérêts de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la procédure d'imposition est irrégulière, faute pour l'administration de justifier de la notification régulière de la proposition de rectification ;
- c'est à tort que l'administration a écarté la comptabilité de la société LHAD comme non-probante ; qu'elle n'apporte pas la preuve des irrégularités alléguées et que les éventuelles anomalies relevées sont, en tout état de cause, insuffisantes pour justifier du rejet de la comptabilité de la société et peuvent provenir de plusieurs hypothèses ;
- la méthode utilisée par l'administration pour reconstituer les recettes de la société par l'extrapolation des montants versés en espèces sur deux exercices du seul magasin d'Argenteuil est radicalement viciée dès lors qu'elle aboutit à un rehaussement irréaliste et que le magasin d'Argenteuil représente seulement 31% de l'activité de la société et qu'elle a subi une baisse de 30% de son chiffre d'affaires entre 2014 et 2015 ;
- le service n'a pas apporté la preuve de la distribution des sommes désinvesties en se contentant de considérer M. B comme le maître de l'affaire ;
- les pénalités pour manquement délibéré sont infondées par voie de conséquence du mal-fondé des rectifications et n'ont pas été motivées.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2021, l'administrateur général des finances publiques de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 30 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
2 mai 2022.
II - Par une requête n° 2104614, enregistrée le 6 avril 2021, M. A B, représenté par Me Krief, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2015 ainsi que des pénalités, majorations et intérêts de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la procédure d'imposition est irrégulière, faute pour l'administration de justifier de la notification régulière de la proposition de rectification ;
- c'est à tort que l'administration a écarté la comptabilité de la société LHAD comme non-probante ; qu'elle n'apporte pas la preuve des irrégularités alléguées et que les éventuelles anomalies relevées sont, en tout état de cause, insuffisantes pour justifier du rejet de la comptabilité de la société et peuvent provenir de plusieurs hypothèses ;
- la méthode utilisée par l'administration pour reconstituer les recettes de la société par l'extrapolation des montants versés en espèces sur deux exercices du seul magasin d'Argenteuil est radicalement viciée dès lors qu'elle aboutit à un rehaussement irréaliste et que le magasin d'Argenteuil représente seulement 31% de l'activité de la société et qu'elle a subi une baisse de 30% de son chiffre d'affaires entre 2014 et 2015 ;
- le service n'a pas apporté la preuve de la distribution des sommes désinvesties en se contentant de considérer M. B comme le maître de l'affaire ;
- les pénalités pour manquement délibéré sont infondées par voie de conséquence du mal-fondé des rectifications et n'ont pas été motivées.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2021, l'administrateur général des finances publiques de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 30 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
2 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thébault, conseiller ;
- les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique ;
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B et son épouse sont associés majoritaires de la SARL LHAD, dont M. est le gérant, qui exploite plusieurs magasins d'habillement pour homme. Parallèlement à la vérification de comptabilité dont a fait l'objet la société, M. B a fait l'objet d'un examen de sa situation fiscale personnelle et l'administration lui a notifié des suppléments d'impôt sur le revenu au titre des années 2014 et 2015. L'administration a adressé deux propositions de rectification datées du 19 juin 2017 et 19 juillet 2017, l'une adressée à la société LHAD et l'autre à M. B. Les impositions supplémentaires en résultant ont été mises en recouvrement par deux avis du 30 juin 2017 et 31 juillet 2017. M. B a adressé une réclamation préalable le
9 novembre 2020 pour contester la proposition de rectification adressée à la société, laquelle a été rejetée par décision du 17 février 2021. Dans le cadre de la présente instance, le contribuable demande la décharge des cotisations supplémentaires d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2014 et 2015 ainsi que des pénalités, majorations et intérêts de retard.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2104613 et 2104614 concernent la situation du même contribuable et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité formelle de la procédure d'imposition :
3. Il ressort des mentions du pli contenant la proposition de rectification en date du 19 juillet 2107 ainsi que d'une attestation de l'administration postale, lesquels ont été versés aux débats par le directeur du contrôle fiscal d'Île-de-France, que ce pli a été présenté le
21 juillet 2017 à l'adresse exacte de M. B, que le destinataire en a été avisé le même jour et que le pli a été retourné au service expéditeur avec la mention " pli avisé et non réclamé "
le 8 août 2017. Dans ces conditions, M. B, qui s'est abstenu de retirer le pli en cause dans le délai réglementaire, doit être regardé comme ayant régulièrement reçu notification de la proposition de rectification en date du 21 juillet 2017. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la procédure d'imposition serait entachée d'irrégularité.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
S'agissant de la charge de la preuve :
4. Aux termes de l'article L. 11 du livre des procédures fiscales : " A moins qu'un délai plus long ne soit prévu par le présent livre, le délai accordé aux contribuables pour répondre () d'une manière générale, à toute notification émanant d'un agent de l'administration des impôts est fixé à trente jours à compter de la réception de cette notification. ". Aux termes de l'article R. 194-1 du même livre : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification () le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré () ".
5.Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le requérant doit être regardé comme ayant reçu une notification régulière de la proposition de rectification du 19 juillet 2017, et il n'est pas contesté que le requérant n'a pas présenté d'observations consécutivement à cette proposition de rectification, la seule contestation ayant été effectuée par M. B ayant trait aux impositions supplémentaires mises à la charge de la société LHAD. M. B devant ainsi être regardé comme ayant donné tacitement son accord aux rectifications qui ont conduit aux impositions en litige, il lui incombe de démontrer le caractère exagéré de ces impositions.
S'agissant de la régularité de la vérification de comptabilité :
6. Aux termes de l'article 54 du code général des impôts : " Les contribuables mentionnés à l'article 53 A sont tenus de représenter à toute réquisition de l'administration tous documents comptables, inventaires, copies de lettres, pièces de recettes et de dépenses de nature à justifier l'exactitude des résultats indiqués dans leur déclaration () ".
7. Dans le cadre des opérations de contrôle de la SARL LHAD, le vérificateur a rejeté la comptabilité présentée au motif que, concernant les recettes, la société les a globalisées mensuellement sans distinguer entre chèques et espèces, qu'elle ne dispose d'aucun justificatif de recettes détaillés de sorte qu'il est impossible de rattacher les articles vendus aux factures d'achat correspondantes et que la permanence du chemin de révision comptable n'était ainsi pas assurée. Par ailleurs, le service a relevé que l'unique document issu des caisses enregistreuses justifiant des recettes encaissées par la société est la liste des règlements clients présentée pour le seul magasin d'Argenteuil au titre de l'exercice 2014 lequel présente une discordance entre les recettes encaissées en espèces et celles déclarées par la société. Enfin, le compte de caisse ne retrace pas au jour le jour le montant des espèces détenues par la société. Le vérificateur a ainsi estimé que ces irrégularités rendaient impossible la vérification du solde de caisse et ôtaient toute valeur probante à la comptabilité.
8. Le requérant soutient que ces dernières peuvent être imputables par des éléments extrinsèques et notamment par des erreurs des vendeurs lors de la saisie de la vente (indication de paiement en espèce au lieu de CB par exemple), lors de la remontée de l'information journalière concernant les encaissements du jour ou bien résulter de règlements des fournisseurs turcs, résulter de remboursement aux clients ayant payé leurs achats par CB, ou bien de vols dans la caisse. Toutefois, à supposer le moyen opérant, d'une part ils ne justifient leurs allégations par aucune pièce et se bornent à des suppositions, d'autre part, les éléments mentionnés au point 7, qui ne sont pas contestés les requérants, à savoir l'absence de justificatifs du détail de ses recettes journalières et de leur ventilation selon le mode de paiement, suffisent à rapporter la preuve que la comptabilité présentée comportait de graves lacunes et était non probante. Par suite, en tout état de cause, c'est à bon droit que le vérificateur l'a écartée.
S'agissant de la reconstitution des recettes :
9. Pour reconstituer le chiffre d'affaires de la société, le service s'est fondé sur la liste des règlements clients, seul document comptable produit par l'entreprise dans le cadre du contrôle, pour le seul magasin établi à Argenteuil, pour procéder à une harmonisation du ratio " recettes espèces/recettes totales " en l'extrapolant de l'établissement d'Argenteuil, aux autres établissements exploités par la société. Ce ratio a été calculé après examen de la liste des enregistrement clients éditée à partir de la caisse enregistreuse du magasin d'Argenteuil duquel il est ressorti que pour l'exercice 2014, sur un chiffre d'affaires de 558 636,74 euros TTC, 207 056,61 euros TTC ont été réglés en espèce, soit un ratio de 37,06% au titre de cet exercice. Par ailleurs, il résulte des déclarations de la société qu'elle a déclaré un chiffre d'affaires global de 1 766 261,83 euros pour l'ensemble de son activité en 2014 et 1 222 376,65 euros en 2015, de sorte que le magasin d'Argenteuil représente 31% de son activité. Le service en a déduit que la société avait bénéficié de paiements en espèce à hauteur de 426 855,15 euros et 228 340 euros respectivement pour les exercices 2014 et 2015 et a ainsi appliqué le ratio de 37,06% aux paiements en espèce déclarés par la société sur l'ensemble de ses magasins pour obtenir un ajustement des recettes réglées en espèce, soit une omission de 361 807,25 euros pour l'exercice 2014 et 247 463,56 euros pour 2015 après prise en compte d'une régularisation de recettes de 109 499,88 euros comptabilisée pour l'exercice 2015.
10. En premier lieu, les requérants soutiennent que la méthode de reconstitution du chiffre d'affaires est erronée car ne tenant pas compte de l'évolution de l'activité de la société laquelle a connu une baisse près de 30% entre l'exercice 2014 et 2015. Toutefois, ils n'en justifient pas et aucune baisse de cet ordre ne résulte de l'instruction.
11. En deuxième lieu, les requérants ne contestent pas que cet échantillon représentait, pour l'exercice 2014, seul exercice ayant pu être vérifié, plus de 31% du chiffre d'affaires total déclaré. En se bornant à critiquer le caractère réduit de ces échantillons, mais sans établir qu'un échantillon plus étendu aurait conduit à une réduction de ces bases imposables, il n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, que l'évaluation de ces bases d'imposition par l'administration fiscale serait exagérée.
12. En dernier lieu, et en tout état de cause, contrairement à ce que soutient le requérant, le service n'a pas exclu toute irrégularité s'agissant de l'adéquation entre les ventes et les achats fournisseurs, ces derniers n'ayant pu être valablement contrôlés, la majorité des fournisseurs étant établie en Turquie.
13. Il en résulte que M. B ne rapporte ainsi pas la preuve que la méthode de reconstitution proposée par l'administration, qui majore les recettes provenant des règlements en espèce, aurait pour effet une exagération de l'imposition mise à sa charge.
S'agissant des revenus de capitaux mobiliers distribués :
14. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () / 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices ".
15. Il résulte de l'instruction que M. B, qui était gérant de la société LHAD pendant la période en litige, détenait avec son épouse la majorité de son capital. Il résulte également de l'instruction qu'il était le seul représentant de la société vis-à-vis des tiers, qu'il était titulaire de la signature du compte bancaire qu'il avait ouvert au nom de la société. Face à ces éléments, M. B, à qui la charge de la preuve incombe à défaut d'observations formulées à la suite de la proposition de rectification qui lui a été régulièrement notifiée, n'apporte aucun élément pour démontrer l'absence d'appréhension des sommes en litige. Dans ces conditions, c'est à bon droit, en application des dispositions du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, que l'administration fiscale a imposé M. B à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
Sur les pénalités :
16. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ", aux termes de l'article 1729 du même code : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ".
17. En relevant l'importance des minorations constatées, leur caractère réitéré, et en se fondant sur sa qualité de gérant de la société LHAD qui, à ce titre, ne pouvait ignorer les recettes professionnelles soustraites de la comptabilité de la société, l'administration établit l'intention délibérée d'éluder l'impôt et justifie de l'application des majorations pour manquement délibéré. Par ailleurs, il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'existence de recettes dissimulées n'est pas établie. C'est donc à bon droit que l'administration fiscale a pu majorer de 40 % les impositions supplémentaires en litige.
Sur les intérêts de retard :
18. Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts alors en vigueur : " I. - Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code / III.- Le taux de l'intérêt de retard est de 0,40 % par mois. Il s'applique sur le montant des créances de nature fiscale mises à la charge du contribuable ou dont le versement a été différé ".
19. En premier lieu, M. B soutient que l'application de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 précité du code général des impôts constituerait une sanction et doit ainsi être motivé. Toutefois, l'intérêt de retard prévu par ces dispositions, qui s'applique indépendamment de toute appréciation portée par l'administration fiscale sur le comportement du contribuable, vise essentiellement à réparer les préjudices de toute nature subis par l'Etat à raison du
non-respect par les contribuables de leurs obligations de déclarer et payer l'impôt aux dates légales. Si l'évolution des taux du marché a conduit à une hausse relative de cet intérêt depuis son institution, cette circonstance ne lui confère pas pour autant la nature d'une sanction, dès lors que son niveau n'est pas devenu manifestement excessif au regard du taux moyen pratiqué par les prêteurs privés pour un découvert non négocié, ce qui n'est pas le cas en l'espèce. La référence au taux de l'intérêt légal ou au taux de l'intérêt pratiqué sur le marché monétaire ou obligataire, ne constitue pas une référence plus pertinente pour établir le caractère manifestement excessif du taux de l'intérêt appliqué au requérant. Par suite, cette majoration ne revêtant pas le caractère d'une sanction, l'intéressé ne peut utilement se prévaloir de l'absence de motivation des intérêts de retard qui ont été mis à sa charge, de la méconnaissance, pour ce motif, des dispositions de la loi du 11 juillet 1979 reprises dans le code des relations entre le public et l'administration et de l'article L. 80 CA du livre des procédures fiscales ainsi que d'une méconnaissance des droits de la défense.
20. En second lieu, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification, en page 6 et dans le tableau récapitulant les conséquences financières du contrôle, indique, dans le paragraphe spécifiquement consacré aux intérêts de retard, que les majorations courent à compter de la date à laquelle l'impôt est dû et que l'intérêt de retard de 0, 40 % a été calculé pour chaque période en nombre de mois écoulés. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration n'aurait pas appliqué le taux d'intérêt de 0,40% prévu par les dispositions précitées doit être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions en décharge présentées par
M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les frais exposés en cours d'instance et non compris dans les dépens soient mis à la charge de l'Etat, qui, dans la présente instance, n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'administrateur général des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
Mme Nguër, première conseillère,
M. Thébault, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2023.
Le rapporteur,
Signé
P. Thébault
Le président,
Signé
J. Charret
La greffière,
Signé
D. Ferreira
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104613 ; 2104614
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026