LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2105119

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2105119

mardi 29 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2105119
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Formation9ème chambre
Avocat requérantAVODIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 avril 2021, la SARL AJ KAVIYEN, représentée par Me Morisset et Me Neto, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de l'année 2016 ainsi que de l'amende prononcée à son encontre, pour un montant total de 153 372 euros.

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- en ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée : l'administration n'a pas tenu compte du montant la taxe sur la valeur ajoutée déductible inscrit dans sa comptabilité au 31 décembre 2016, et dont elle a demandé la compensation ;

- en ce qui concerne l'amende prononcée sur le fondement du I de l'article 1737 du code général des impôts : l'administration n'apporte pas la preuve de son bien-fondé, dès lors qu'elle n'exerce pas exclusivement une activité de vente en gros, ni ne démontre qu'elle aurait eu l'intention de dissimuler l'identité de ses clients.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2021, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 25 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 11 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les conclusions de M. Combes, rapporteur public, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL AJ KAVIYEN, qui exerce une activité de vente de produits alimentaires et de boissons, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité qui a porté sur l'exercice clos le 31 décembre 2016 et, en matière de taxe sur la valeur ajoutée, sur la période du 1er septembre 2015 au 31 août 2017. A l'issue de cette procédure, l'administration lui a notifié des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, de cotisations sur la valeur ajoutée des entreprises, et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, par une proposition de rectification en date du 27 mars 2018. Ces impositions étaient assorties de pénalités, dont une amende d'un montant de 101 731 euros prononcée sur le fondement du I de l'article 1737 du code général des impôts. Après avoir obtenu un dégrèvement partiel des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, la société requérante a contesté les impositions restant à sa charge, par une réclamation en date du 12 octobre 2020. Cette réclamation a été rejetée par une décision du 16 février 2021. La SARL AJ KAVIYEN demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge ainsi que de l'amende mentionnée ci-dessus.

Sur le bien-fondé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée :

2. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. ". Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige ayant été établis à l'issue de la mise en œuvre de la procédure de taxation d'office prévue au 3° de l'article L. 66 du livre précité, il appartient à la société requérante d'en établir le caractère exagéré.

3. La SARL AJ KAVIYEN soutient que l'administration n'a pas pris en compte un montant de taxe sur la valeur ajoutée déductible de 65 000,81 euros inscrit dans sa comptabilité au 31 décembre 2016. Toutefois, il ne résulte pas de cette seule écriture comptable que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été notifiés seraient infondés. En outre, si la société requérante allègue qu'elle a demandé la prise en compte de ce montant de taxe par voie de compensation et s'il résulte de l'instruction qu'elle a entrepris d'en solliciter la régularisation par une déclaration déposée au mois d'avril 2018, cette circonstance est sans influence sur bien-fondé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige, dont elle se borne à solliciter la décharge, sans invoquer d'ailleurs de disposition légale qui lui ouvrirait droit à une compensation. Enfin, et en tout état de cause, la société requérante n'établit pas que le montant de taxe déductible mentionné ci-dessus dont elle se prévaut n'aurait pas déjà donné lieu en tout ou partie à imputation. Il suit de là que ses conclusions à fin de décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige doivent être rejetées.

Sur l'amende fiscale :

4. Aux termes du I de l'article 1737 du code général des impôts : " Entraîne l'application d'une amende égale à 50 % du montant : / 1. Des sommes versées ou reçues, le fait de travestir ou dissimuler l'identité ou l'adresse de ses fournisseurs ou de ses clients, les éléments d'identification mentionnés aux articles 289 et 289 B et aux textes pris pour l'application de ces articles ou de sciemment accepter l'utilisation d'une identité fictive ou d'un prête-nom ; () / Les dispositions des 1 à 3 ne s'appliquent pas aux ventes au détail et aux prestations de services faites ou fournies à des particuliers. () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration peut mettre l'amende ainsi prévue à la charge de la personne qui a délivré la facture ou à la charge de la personne destinataire de la facture si elle établit que la personne concernée a soit travesti ou dissimulé l'identité, l'adresse ou les éléments d'identification de son client ou de son fournisseur, soit accepté l'utilisation, en toute connaissance de cause, d'une identité fictive ou d'un prête-nom.

5. Pour prononcer l'amende en litige, l'administration s'est fondée sur la circonstance qu'au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2016 une partie du chiffre d'affaires de la société requérante était justifiée par des factures issues de plusieurs carnets à souches utilisés simultanément ne présentant aucune numérotation continue et ne comportant pas la mention de noms de clients ni d'adresses de facturation. L'administration a en outre relevé que les factures comportaient la mention " clients divers " et que, lors des opérations de vérification, la société n'avait été en mesure de communiquer aucun renseignement relatif à l'identité de ses clients. Ainsi qu'elle l'a relevé, cette méthode de facturation est de nature à établir que la société requérante a reçu des sommes de ses clients dont elle a sciemment dissimulé ou travesti l'identité ou l'adresse et qu'elle a dissimulé ou travesti les éléments d'identification des factures qu'elle a émises.

6. Ayant estimé que le chiffre d'affaires justifié par des factures irrégulières était d'un montant de 203 461, 30 euros toutes taxes comprises, l'administration a par voie de conséquence infligé à la société requérante une amende de 101 731 euros, sur le fondement des dispositions précitées de l'article 1737 du code général des impôts. Cette dernière soutient toutefois que l'amende qui lui a été infligée est dépourvue de fondement légal dès lors que ce texte ne s'applique pas aux ventes au détail et aux prestations de services faites ou fournies à des particuliers. A cet égard, elle fait valoir qu'elle exploite une activité de vente au détail pour une part représentant 40% à 50% de son chiffre d'affaires. Toutefois, elle n'apporte aucun élément permettant de justifier non seulement du volume, mais aussi de l'existence de l'activité de vente au détail qu'elle invoque, bien qu'étant la seule à détenir de telles informations, l'extrait Kbis qu'elle produit, d'ailleurs actualisé postérieurement à la période d'imposition en litige, étant dépourvu de caractère probant à cet égard. Au demeurant, il résulte de l'instruction qu'elle n'a été en mesure de fournir à l'administration aucune indication sur l'identité de ses clients tant lors des opérations de vérification qu'après la notification de la proposition de rectification du 27 mars 2018 déjà mentionnée. Il suit de là que la société requérante n'est pas fondée à solliciter la décharge, ni même la réduction, de l'amende qui lui a été infligée sur le fondement de l'article 1737 précité.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SARL AJ KAVIYEN doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SARL AJ KAVIYEN est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL AJ KAVIYEN et à la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Jimenez, présidente,

M. Charageat, premier conseiller,

Mme Nour, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.

Le rapporteur,

D. A

La présidente,

J. Jimenez Le greffier,

C. Chauvey

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions