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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2105874

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2105874

mardi 26 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2105874
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL BASIC ROUSSEAU AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 mai 2021, M. A B, représenté par

Me Rousseau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le président du syndicat intercommunal pour la restauration collective (SIRESCO) sur sa demande du 4 décembre 2020 en tant qu'il lui a refusé la communication de son entier dossier administratif et des documents médicaux le concernant ;

2°) d'enjoindre au président du SIRESCO de lui communiquer son entier dossier administratif et les documents médicaux le concernant au jour de la notification du présent jugement et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) et de mettre à la charge du SIRESCO le versement d'une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est en droit d'obtenir la communication de ces documents.

La requête a été communiquée au SIRESCO, qui n'a pas produit de mémoire.

La clôture de l'instruction a été fixée au 30 janvier 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de la santé publique,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ghazi, rapporteur ;

- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B a été recruté en qualité d'adjoint technique stagiaire à compter du 28 février 2017 par le syndicat intercommunal pour la restauration collective. Le 20 novembre 2020, il a fait l'objet d'un licenciement. Le 4 décembre 2020, il a sollicité la communication de son entier dossier administratif, son dossier médical ainsi que l'ensemble des " dossiers médicaux constitués pour être examinés par la commission de réforme et le comité médical ". Du silence gardé pendant un mois par le président du SIRESCO, une décision implicite de rejet est née. M. B a saisi la commission d'accès aux documents administratifs qui, par un avis du

1er mars 2021, s'est prononcé favorablement à la communication desdits documents. Par la présente requête, M. B sollicite l'annulation de la décision implicite par laquelle le président du SIRESCO a refusé de lui communiquer les documents litigieux en tant qu'elle concerne son entier dossier administratif et son dossier médical.

2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. ". En outre, selon l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Enfin, aux termes de l'article L. 311-6 de ce code : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : / 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical () / 2° Portant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique, nommément désignée ou facilement identifiable ; / 3° Faisant apparaître le comportement d'une personne, dès lors que la divulgation de ce comportement pourrait lui porter préjudice. / Les informations à caractère médical sont communiquées à l'intéressé, selon son choix, directement ou par l'intermédiaire d'un médecin qu'il désigne à cet effet, dans le respect des dispositions de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique ".

3. Il résulte des dispositions précitées que les documents contenus dans le dossier administratif individuel d'un agent revêtent le caractère de documents administratifs communicables à l'intéressé.

4. Comme l'a indiqué la commission d'accès aux documents administratifs dans son avis du 1er mars 2021, le dossier individuel d'un agent public ainsi que les documents de nature médicale le concernant constituent des documents entrant dans le champ des dispositions susvisées de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration sous réserve d'occultation des éléments mentionnés par les dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ces documents aient été communiqués à M. B, malgré sa demande. Par suite, la décision du président du SIRESCO qui refuse au requérant la communication de ces documents est entachée d'illégalité.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision implicite du président du SIRESCO lui refusant la communication de son dossier administratif et des documents médicaux le concernant.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Il est enjoint au président du SIRESCO de communiquer à M. B son entier dossier administratif ainsi que les documents médicaux le concernant, sous réserve que ces documents soient toujours en sa possession, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. En l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du SIRESCO, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 500 euros à verser à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision implicite de rejet née du silence gardé par le président du syndicat intercommunal pour la restauration collective (SIRESCO) sur la demande de M. B du 4 décembre 2020 en tant qu'il lui a refusé la communication de son entier dossier administratif et des documents médicaux le concernant est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au SIRESCO de communiquer à M. B son entier dossier administratif ainsi que les documents médicaux le concernant, sous réserve que ces documents soient toujours en sa possession, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le SIRESCO versera une somme de 1 500 euros à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au syndicat intercommunal pour la restauration collective.

Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Truilhé, président,

- Mme Ghazi, première conseillère,

- Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.

La première conseillère,Signé A. GhaziLe président,SignéJ-C. TruilhéLa greffière,

SignéA. Capelle

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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