lundi 9 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2105928 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | TAJ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mai 2021, la société BetC New Edge, représentée par Me Stemmer, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2020 pour deux immeubles dont elle est propriétaire, situés au 214 avenue du président Wilson à Saint-Denis (93200) ;
2°) d'ordonner la restitution des sommes de 30 189 euros et 13 885 euros déjà acquittées par la société au titre de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour ces deux bâtiments au titre de l'année 2020 ;
3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la valeur locative de ses locaux devrait être déterminée sur la base de l'application à la totalité des surfaces de ses locaux du coefficient de pondération 0,5 en raison d'actes d'occupation illégale de ces derniers, lesquelles devaient être regardés comme constituant un changement des caractéristiques physiques et d'environnement.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 novembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 29 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
25 avril 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thébault, conseiller ;
- les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique ;
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La SASU BetC New Edge est propriétaire depuis le 29 juillet 2019 et le
19 novembre 2019 de deux bâtiments situés au , respectivement cadastrés section CK n° 42 et 43 initialement affectés à une activité industrielle et de stockage et laissés à l'abandon. Elle a sollicité le 4 juillet 2019 un permis de construire pour la construction d'un ensemble immobilier composé d'un bâtiment à usage de bureaux d'environ 20 000 m2 et d'un hôtel de 102 chambres d'environ 3350 m² incluant la démolition des deux bâtiments initialement présents sur ces parcelles. Considérant que les immeubles qu'elle venait d'acquérir étaient dans un état de délabrement avancé en raison d'actes d'occupation illégale et de vandalisme, elle a présenté une réclamation du 9 février 2021, et demandé la décharge et subsidiairement la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties, établie à raison de différents locaux situés dans le rôle général de l'année 2020 de la commune de Saint-Denis. Par une décision du
26 février 2021, l'administration a prononcé le rejet de ladite réclamation. La société BetC New Edge demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2020 pour ces immeubles et d'ordonner la restitution des sommes de 30 189 euros et 13 885 euros déjà acquittées par la société au titre de la taxe foncière sur les propriétés bâties pour ces deux bâtiments au titre de l'année 2020.
Sur les conclusions à fin de réduction :
2. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1415 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ". Aux termes de l'article 1516 du même code : " Les valeurs locatives des propriétés bâties et non bâties sont mises à jour suivant une procédure comportant : la constatation annuelle des changements affectant ces propriétés () ". Par ailleurs, aux termes du 1 du I de l'article 1517 du code général des impôts, en vigueur au 1er janvier 2020 : " Il est procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties ainsi qu'à la constatation des changements d'utilisation des locaux mentionnés au I de l'article 1498 et des éléments de nature à modifier la méthode de détermination de la valeur locative en application des articles 1499-00 A ou 1500. Il en va de même pour les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement. ".
3. Il résulte de l'instruction, notamment du constat d'huissier du 7 janvier 2020, qu'il a été constaté que des travaux sont en cours sur les parcelles CK42 et 43, que des ouvriers sont présents sur place et que les bâtiments sont en état de curage intégral, les murs et les planchers sont en état brut et qu'à l'intérieur des bâtiments les cloisons sont en partie retirées. Par ailleurs l'huissier a constaté une absence totale d'installations électrique, de plomberie, de chauffage ainsi que de sanitaires dans la totalité des bâtiments, à l'exception de l'électricité de chantier pour permettre la réalisation des travaux. Ces constatations ressortent également des photographies prises à l'occasion du constat, présentant la présence de plusieurs ouvriers procédant au curage du bâtiment, à l'évacuation et du tri des gravats devant les locaux. Toutefois, il ne résulte d'aucun de ces éléments que les locaux auraient fait l'objet, contrairement à ce que soutient la requérante, de vandalisme qui aurait rendu chacun des locaux impropres à leur utilisation, les dégradations dont elle se prévaut ne résultant que des travaux entrepris à son initiative.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de réduction présentées par la société BetC New Edge ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin de remboursement doivent également être rejetées.
Sur les dépens :
5. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens à la charge de la société requérante, les conclusions présentées par la requérante, sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du même code, afin de condamner l'Etat au paiement des dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les frais exposés en cours d'instance et non compris dans les dépens soient mis à la charge de l'Etat, qui, dans la présente instance, n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société BetC New Edge est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société BetC New Edge et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
Mme Nguër, première conseillère,
M. Thébault, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2023.
Le rapporteur,
Signé
P. Thébault
Le président,
Signé
J. Charret
La greffière,
Signé
D. Ferreira
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2105928
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