lundi 27 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2106025 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MATTEI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 mai 2021, Mme D B, représentée par
Me Mattei, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations d'impôt sur le revenu, cotisations sociales et prélèvements sociaux au titre des années 2013 et 2014 en droit, pénalités et intérêts de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 400 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- M. A et Mme B, alors pacsés, ont déménagé le 1er juillet 2014 de leur résidence principale au , à Paris pour s'installer au à Londres et ont à cette occasion déclaré à l'administration fiscale élire domicile aux fins des démarches auprès de l'administration fiscale au cabinet de Me Bauchet sis
162 rue de l'université à Paris par une lettre du 18 juillet 2014 notifiée le 21 juillet suivant ;
- l'administration a entaché la procédure d'irrégularité dès lors qu'elle a envoyé un avis de vérification au à Londres, retourné au service avec la mention pli avisé non réclamé, alors que le contribuable avait élu domicile chez son conseil, et que l'administration a également transmis cet avis à l'adresse de ses parents ;
- l'administration a méconnu les dispositions de l'article L. 16A du livre des procédures fiscales et entaché la procédure d'irrégularité en ne transmettant pas la proposition de rectification du 9 décembre 2016 et la demande d'éclaircissement du 21 septembre 2016, lesquelles ont été retournées au services portant la mention " adresse insuffisante " et
" communiqué par mail du 26 septembre 2016 " et de nouveau par voie postale courrier du
" 8 novembre 2016 " et que la procédure de taxation d'office a été appliquée en raison du
non-respect par le contribuable du délai de 60 jours pour présenter des éléments de réponse à la demande d'éclaircissement alors que la date limite était fixée au 26 novembre 2016 et que les observations du 24 novembre 2016 ont été reçues le 2 décembre 2016 ;
- en application des dispositions de l'article L. 16 A du livre des procédures fiscale, l'administration fiscale qui estimait les observations du contribuable insuffisantes aurait dû lui adresser une mise en demeure de compléter sa réponse ;
- les virements bancaires entre M. A et Mme C et Mme B auraient dû être neutralisés dès lors qu'il s'agit de virements de compte à compte entre co-titulaires de comptes et ne peuvent constituer des indices de revenus dissimulés ;
- l'administration fiscale a commis deux détournements de procédure en appliquant les articles L. 16 et L. 16 A du livre des procédures fiscales alors qu'elle connaissait l'origine et la nature catégorielle des sommes issues de chèques et virements provenant des sociétés
Blue capital Limited et Geosaas faisant l'objet de la demande d'éclaircissement et qu'elle a utilisé la procédure de taxation d'office pour revenus d'origine indéterminée à ces sommes ;
- la charge de la preuve incombe à l'administration pour démontrer en quoi les sommes figurant au crédit des comptes bancaires des contribuables sont imposables, alors même que ces sommes ne sont pas imposables dès lors qu'elles constituent des revenus de source étrangère, des virements de compte à compte, des prêts, avances de proche non imposables et des sommes non imposables ou qui ont déjà été imposées.
Par un mémoire en défense du 18 novembre 2021, l'administrateur général des finances publiques chargé la direction de contrôle fiscal Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 9 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
26 décembre 2022 à 12h00.
Vu :
- la réclamation préalable ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique:
- le rapport de M. Thébault, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B, a fait l'objet d'un examen de situation fiscale personnelle au titre de l'année 2013 et 2014, à l'issue duquel l'administration a estimé que Mme B avait été bénéficiaire de revenus distribués émanant des sociétés F et de la société E au titre de l'année 2013 et 2014 en sa qualité d'associée gérante de ces sociétés, et a mis à sa charge, selon la procédure de taxation d'office pour partie et de la procédure contradictoire pour l'autre partie, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, et de contributions sociales au titre de l'année 2013 et 2014. Elle demande la décharge de ces cotisations supplémentaires.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu, une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité ne peut être engagé sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification ou par l'envoi d'un avis d'examen de comptabilité. ". Aux termes de l'article L. 76 du même livre : " les bases ou les éléments servant au calcul des impositions d'office sont portés à la connaissance du contribuable, trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions () ".
3. Pour l'application de ces dispositions, lorsqu'un mandat portant expressément élection de domicile a été donné par un contribuable, et a été porté à la connaissance du service en charge de cette procédure, celui-ci est, en principe, tenu d'adresser au mandataire l'ensemble des actes de cette procédure. En particulier, le mandataire doit en principe être destinataire des plis par lesquels le service notifie au contribuable, dans les conditions visées respectivement aux articles L. 57 et L. 76 du livre des procédures fiscales, les redressements qu'il entend affecter aux bases de l'imposition du contribuable et les réponses qu'il formule aux observations présentées, le cas échéant, par l'intéressé sur ces redressements, ainsi que les éléments servant au calcul des impositions d'office auxquelles il envisage d'assujettir le contribuable. Toutefois, l'expédition de tout ou partie des actes de la procédure d'imposition au domicile ou au siège du contribuable sera réputée régulière et fera courir les délais de réponse à ces actes s'il est établi que le pli de notification a été effectivement retiré par le contribuable ou par l'un de ses préposés. En revanche, lorsque ce pli est retourné par le service des postes à l'administration fiscale, faute d'avoir été retiré dans le délai imparti, il appartient à celle-ci de procéder à une nouvelle notification des mêmes actes au mandataire.
4. Il résulte de l'instruction que le service a envoyé à l'adresse du contribuable située au Royaume-Uni à Londres l'avis de vérification du 28 avril 2016 sous pli recommandé, présenté le 24 mai 2016, mais qui n'a pas été réclamé et a été retourné à l'expéditeur. Mme B soutient que l'administration n'a pas tenu compte du mandat donné à Me Bauchet, confirmé par lettre du 18 juillet 2014 notifiée le 21 juillet suivant, qui lui imposait d'adresser les pièces de procédure, et en particulier l'avis de vérification du 28 avril 2016, à l'adresse de ce mandataire. Il est constant que, compte tenu de sa résidence au Royaume-Uni, la requérante avait donné mandat à son conseil en qualité de représentant fiscal pour recevoir l'ensemble des actes de la procédure d'imposition de sorte qu'il emportait élection de domicile auprès de ce mandataire, ainsi que l'a d'ailleurs admis l'administration. Mme B est, par suite, fondée à soutenir que la procédure d'imposition est viciée faute de notification régulière l'avis de vérification du
28 avril 2016 prise en application des dispositions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, et l'a ce faisant, privée d'une garantie.
5. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, et de contributions sociales mises à sa charge au titre de l'année 2013 et 2014.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Mme B est déchargée des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales, et de contributions exceptionnelles sur les hauts revenus mises à sa charge au titre de l'année 2013 et 2014 et des pénalités correspondantes.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 200 euros à Mme B sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à Mme D B et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction de contrôle fiscal Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 6 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
Mme Nguër, première conseillère,
M. Thébault, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2023.
Le rapporteur,
Signé
P. Thébault
Le président,
Signé
J. Charret
La greffière,
Signé
I. Serveaux
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026