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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2106051

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2106051

jeudi 15 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2106051
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantPOISSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 mai 2021, la société Solfi Infrastructure demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2014, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période correspondant à ce même exercice, et des rappels de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises mis à sa charge au titre de l'année 2014 ;

2°) de prononcer la décharge des amendes fiscales mises à sa charge au titre de l'année 2014 ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

- que la proposition de rectification est entachée d'un défaut de motivation s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée non déductible ayant donné lieu à un rehaussement ;

- avoir apporté les justificatifs nécessaires s'agissant des charges pour lesquelles l'administration fiscale n'a pas retenu leur caractère déductible ;

- que l'exclusion de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises de certaines charges qualifiées de non déductibles n'est pas justifiée ;

- que l'avis de mise en recouvrement relatif aux amendes fiscales est irrégulier en la forme ;

- que l'amende de 5% est assise sur des dépenses pour lesquelles elle apporte des justificatifs.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2021, le directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les impositions en litige ont fait l'objet d'un dégrèvement avant l'introduction de la requête, et que pour le surplus de la requête aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Nguër, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. En 2017, la société Solfi Infrastructure, anciennement dénommée Solutions Globales Informatiques, qui exerce une activité de conseil et de négociation en systèmes informatiques, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, au terme de laquelle l'administration fiscale lui a notifié des rehaussements, notamment en matière d'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2014, de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période correspondant à ce même exercice, et de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises au titre de l'année 2014. La société s'est également vue notifier l'amende prévue à l'article 1758 du code général des impôts ainsi que l'amende prévue au 4. de l'article 1788 A du même code. Elle a formé une réclamation contentieuse le 26 août 2020 qui a donné lieu à une décision d'acceptation partielle de l'administration fiscale en date du 26 février 2021. Cette dernière a ainsi procédé à un dégrèvement partiel, en droits et pénalités, des trois impositions en litige et de l'amende fiscale prévue au 4. de l'article 1788 A du code général des impôts. La société Solfi Infrastructure demande la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle reste assujettie au titre de l'exercice clos en 2014, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée restant à sa charge au titre de la période correspondant à ce même exercice, et des rappels de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises restant à sa charge au titre de l'année 2014. Elle demande également la décharge des amendes fiscales mises à sa charge.

Sur la régularité de la procédure d'imposition :

2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. () ".

3. Pour être suffisamment motivée conformément aux dispositions précitées, la proposition de rectification doit indiquer clairement la nature des redressements envisagés, le montant de ces redressements distinctement par catégorie de revenu et par chef de redressement, l'impôt, l'année d'imposition et les motifs des redressements, de façon suffisamment explicite pour permettre au contribuable d'engager une discussion contradictoire avec l'administration et de présenter utilement ses observations.

4. Il résulte de l'instruction qu'en ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée déductible, la proposition de rectification du 14 décembre 2017 indique, outre la période concernée, la nature, le montant et les motifs du redressement. Si la proposition de rectification n'énonce pas le détail des factures dont le caractère déductible a été remis en cause par l'administration, il résulte cependant de l'instruction, et notamment de la réponse aux observations du contribuable du 12 octobre 2018, que la société requérante a pu utilement présenter ses observations relatives aux motifs des rehaussements envisagés et, par ailleurs, produire certaines factures litigieuses qui, en l'occurrence, lui ont permis d'obtenir un dégrèvement partiel de l'imposition en litige. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la proposition de rectification doit être écarté.

Sur le bien-fondé des impositions :

En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée, l'impôt sur les sociétés et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises :

5. Si la société Solfi Infrastructure soutient que plusieurs factures justificatives seraient de nature à permettre la déductibilité de la taxe sur la valeur ajoutée, de même que la déductibilité de certaines charges au titre de l'impôt sur les sociétés, ainsi que, par voie de conséquence, la réduction de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, cependant, dans le cadre de la présente instance, elle ne produit aucune des pièces justificatives ainsi annoncées.

En ce qui concerne les amendes fiscales :

6. En premier lieu, si la société Solfi Infrastructure conteste la régularité de l'avis de mise en recouvrement des amendes prévues aux articles 1758 et 1788 A 4. du code général des impôts, cependant elle ne produit pas cet avis de mise en recouvrement dans le cadre de la présente instance, en dépit d'une mesure de régularisation en ce sens, et ainsi ne met pas le tribunal en mesure de se prononcer sur l'irrégularité ainsi invoquée.

7. En second lieu, si la société requérante fait valoir que l'amende prévue au 4. de l'article 1788 A du code général des impôts est assise sur des dépenses non justifiées pour lesquelles elle apporte des justificatifs, toutefois, dans le cadre de la présente instance, elle ne produit aucune pièce justificative de nature à remettre en cause l'amende ainsi mise à sa charge pour l'année 2014.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la société Solfi Infrastructure doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, supporte la charge des frais exposés par la société Solfi Infrastructure et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions doivent, par voie de conséquence, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Solfi Infrastructure est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Solfi Infrastructure et au directeur de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Charret, président,

M. A, magistrat honoraire faisant fonction de premier conseiller,

Mme Nguër, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juin 2023.

La rapporteure,

M. Nguër

Le président,

J. Charret

La greffière,

T. Timera

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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