LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2106494

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2106494

mardi 4 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2106494
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantATHON-PEREZ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°452261 du 7 mai 2021, enregistrée le 12 mai 2021, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué au tribunal administratif de Montreuil, en application des dispositions des articles R. 351-1 et 351-8 du code de justice administrative, le jugement de la requête présentée par M. A G.

Par cette requête, enregistrée le 3 mai 2021 au greffe du tribunal administratif de Paris initialement saisi, et des mémoires, enregistrés les 10 février et 15 mars 2023, M. G représenté en dernier lieu par Me Athon-Perez demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 21 février 2021 par laquelle le Conseil d'Etat a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle ;

2°) d'enjoindre au Conseil d'Etat de faire droit à sa demande de protection fonctionnelle et de lui verser les sommes justifiées au titre des honoraires d'avocats à prendre en charge, évalués à 22 620 euros, et de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser la situation de harcèlement moral qu'il subit, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de quinze jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 183 537 euros au titre des préjudices subis, assortie des intérêts de droit à compter de la réclamation préalable et de leur capitalisation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la légalité de la décision refusant l'octroi de la protection fonctionnelle :

- le Conseil d'Etat ou l'un quelconque de ses représentants est incompétent pour statuer sur sa demande en raison de son absence d'impartialité ;

- le signataire de l'acte ne justifie pas d'une délégation régulière ;

- il n'a pas accès à un tribunal impartial en méconnaissance des articles 6, 13 et 17 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 14 du pacte international relatif aux droits civils et politiques ;

- la décision en litige est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation de la situation de harcèlement moral que lui-même et son épouse ont subie ;

S'agissant de la responsabilité de l'Etat :

- l'Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en raison de l'illégalité du refus de lui accorder la protection fonctionnelle ;

- la responsabilité de l'Etat est engagée du fait du harcèlement moral que lui-même et son épouse ont subi ;

- elle est également engagée du fait de ses manquements à l'obligation de protéger la santé au travail de ses agents, tant en ce qui concerne son épouse qu'en ce qui le concerne ;

- il a subi un préjudice personnel à hauteur de 123 537 euros ;

- il a subi un préjudice en sa qualité d'ayant-droit pour les fautes commises à l'égard de son épouse à hauteur de 60 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 14 février 2023 la clôture de l'instruction a été fixée au 17 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 2006-1780 du 23 décembre 2006 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lunshof,

- les conclusions de M. Cozic, rapporteur public,

- et les observations de Me Crusoé, représentant M. G, qui a reçu copie d'un procès-verbal d'incident établi le 19 juin 2023 à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. G, président du corps des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, alors en fonction au tribunal administratif de Paris en qualité de vice-président, a sollicité par courrier du 15 décembre 2020 le bénéfice de la protection fonctionnelle à raison de faits de harcèlement moral à son encontre et à l'encontre de son épouse ainsi que l'indemnisation du préjudice subi du fait de la situation de harcèlement moral dont son épouse et lui-même auraient fait l'objet. Par un courrier du 21 février 2021, le Conseil d'Etat a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle et a rejeté sa demande indemnitaire. Par la présente requête, M. G demande l'annulation de la décision du 21 février 2021 rejetant sa demande de protection fonctionnelle et la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 183 537 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de la situation de harcèlement moral dont lui-même et son épouse auraient fait l'objet, de l'illégalité de la décision refusant de lui accorder la protection fonctionnelle et des manquements de son employeur à l'obligation de sécurité qui lui incombe à l'égard de ses agents.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de protection fonctionnelle :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. Aux termes de l'article R. 231-3 du code de justice administrative : " Le vice-président du Conseil d'Etat assure la gestion du corps des magistrats des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel. / Il peut déléguer sa signature au secrétaire général et aux secrétaires généraux adjoints du Conseil d'Etat. Délégation peut également être donnée aux chefs de service du Conseil d'Etat et aux fonctionnaires du secrétariat général appartenant à un corps de catégorie A ainsi qu'aux agents contractuels chargés de fonctions d'un niveau équivalent ".

3. D'une part, il résulte du principe d'impartialité, rappelé par l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, devenu l'article L. 121-1 du code général de la fonction publique, qui s'impose à toute autorité administrative dans toute l'étendue de son action, y compris dans l'exercice du pouvoir hiérarchique, que le supérieur hiérarchique mis en cause à raison d'agissements de harcèlement ne peut régulièrement, quand bien même il serait en principe l'autorité compétente pour prendre une telle décision, statuer sur la demande de protection fonctionnelle présentée pour ce motif par son subordonné.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. G a mis en cause dans sa demande de protection fonctionnelle l'institution du Conseil d'Etat de manière générale, en sa qualité de gestionnaire du corps des magistrats administratifs, et non une personne nommément désignée qui ne pourrait dès lors pas se prononcer sur sa demande de protection fonctionnelle. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que ni le vice-président du Conseil d'Etat ni aucun représentant du secrétariat général, ne disposait, par essence et alors qu'il dénonçait des agissements de harcèlement moral dont son épouse et lui-même auraient été victimes de la part de certains " représentants " du Conseil d'Etat, de l'impartialité requise pour se prononcer sur sa demande de protection fonctionnelle, laquelle aurait dû être instruite selon lui par le ministre de la justice, alors qu'il n'apporte, en tout état de cause, aucun élément de nature à mettre en doute l'impartialité du signataire de la décision attaquée.

5. D'autre part, M. G ne peut utilement invoquer, pour contester la décision litigieuse, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations des articles 6, 13 et 17 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 14 du pacte international relatif aux droits civils et politiques, relatives à l'accès à un tribunal indépendant et impartial. En tout état de cause, la règle générale de procédure selon laquelle aucun membre d'une juridiction administrative ne peut participer au jugement d'un recours dirigé contre une décision administrative ou juridictionnelle dont il est l'auteur implique que la formation de jugement d'un litige relatif à un membre du corps des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ne puisse être composée de membres du Conseil d'Etat ayant préparé ou pris des actes relatifs à ce litige. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.

6. Enfin, la décision attaquée a été signée par M. Humbert, secrétaire général adjoint chargé des juridictions administratives et du numérique, lequel disposait, à cet effet, d'une délégation de signature par arrêté du vice-président du Conseil d'Etat du 1er octobre 2020, régulièrement publié au Journal officiel de la République française le 2 octobre suivant.

7. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

8. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors applicable, dont les dispositions ont été reprises aux articles L. 134-1 et L. 134-5 du code général de la fonction publique : " I.- A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire () IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté () ".

9. Aux termes de l'article 6 quinquies de ladite loi du 13 juillet 1983 alors en vigueur, dont les dispositions ont été reprises aux articles L. 133-2 et L. 133-3 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'évaluation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. / Est passible d'une sanction disciplinaire tout agent ayant procédé ou ayant enjoint de procéder aux agissements définis ci-dessus () ".

10. D'une part, les dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 mentionnées au point 8 établissent à la charge de l'administration une obligation de protection de ses agents dans l'exercice de leurs fonctions, à laquelle il ne peut être dérogé que pour des motifs d'intérêt général. Cette obligation de protection a pour objet, non seulement de faire cesser les attaques auxquelles l'agent est exposé, mais aussi d'assurer à celui-ci une réparation adéquate des torts qu'il a subis. La mise en œuvre de cette obligation peut notamment conduire l'administration à assister son agent dans l'exercice des poursuites judiciaires qu'il entreprendrait pour se défendre. Il appartient dans chaque cas à l'autorité administrative compétente de prendre les mesures lui permettant de remplir son obligation vis-à-vis de son agent, sous le contrôle du juge et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

11. D'autre part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement, notamment lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'administration auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dès lors qu'elle n'excède pas ces limites, une simple diminution des attributions justifiée par l'intérêt du service, en raison d'une manière de servir inadéquate ou de difficultés relationnelles, n'est pas constitutive de harcèlement moral.

S'agissant de la situation de harcèlement moral qu'aurait subie Mme D :

12. M. G soutient également avoir sollicité, par son courrier du 15 décembre 2020, le bénéfice de la protection fonctionnelle en raison de faits de harcèlement moral subis par son épouse. Il fait ainsi valoir que son épouse Mme B D, ayant successivement exercé, au sein de la cour administrative d'appel de Paris, les fonctions de chef du service des audiences et des notifications pour la période du mois de mai 1994 à celui d'avril 2003, de greffière de chambre du mois d'avril 2003 au mois de mai 2009, puis d'assistante du contentieux du mois de mai 2009 jusqu'à son décès intervenu le 7 juillet 2014, a été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral survenus durant la période comprise entre les années 2004 et 2014 alors qu'elle était affectée au sein de cette juridiction.

13. Pour établir la présomption relative à l'existence d'un harcèlement moral, M. G invoque, en premier lieu, le " déclassement " qu'elle aurait subi à la suite de la réorganisation des services de greffe de la cour administrative d'appel de Paris en 2004 qui a conduit à la dissolution du service des audiences et des notifications qu'elle encadrait et à la constitution en lieux et place de greffes propres à chaque chambre de la juridiction. S'il soutient que son épouse, affectée en qualité de responsable du greffe de l'une des chambres de la cour en conséquence de cette réorganisation, était alors le seul agent de catégorie A à assurer de telles fonctions, il ne ressort toutefois d'aucun texte particulier, ni même de la fiche métier produite par le requérant qu'une telle affectation au sein d'une juridiction d'appel serait réservée par nature à des agents de catégorie B. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que son épouse aurait manifesté son opposition à cette affectation qui s'inscrivait dans le cadre de la réorganisation du service ou qu'il en serait résulté un déclassement, en dépit du changement d'échelle du service dirigé par l'intéressée.

14. En deuxième lieu, le requérant n'apporte aucune précision au soutien de ses allégations selon lesquelles son épouse aurait été soumise à une charge de travail " insoutenable ". De même ses allégations tenant à la stigmatisation dont son épouse aurait fait l'objet en raison de l'exercice de ses fonctions à temps partiel ne sont pas établies, la seule relation de tels faits par lui-même dans la lettre qu'il a adressée au président de sa chambre le 20 mars 2004 n'étant pas de nature à en établir la matérialité.

15. En troisième lieu, le requérant relève que son épouse, ainsi qu'elle en a témoigné dans une note rédigée à cette occasion, a fait l'objet de reproches injustifiés de la part du président de la chambre à laquelle elle était affectée lors d'un entretien professionnel du 18 mars 2004 à l'occasion duquel il se serait montré particulièrement véhément et injuste sur ses qualités professionnelles, ce qui a conduit au placement de son épouse en congé de maladie pendant une semaine. Il n'est toutefois ni établi, contrairement à ce que M. G allègue, que ces reproches, qui portaient sur une demande d'exécution de jugement, concerneraient des tâches relevant uniquement du travail de magistrat et transférées au greffier du fait d'un sous-effectif de magistrats, ni qu'ils auraient dépassé le cadre d'une simple mise au point entre le président de chambre et son greffier relativement à leurs tâches respectives. Il n'est pas davantage établi, par le seul témoignage de Mme D et le signalement fait à cette occasion par son époux, que le président de la chambre concerné aurait manifesté, lors de cet entretien, un comportement dévalorisant ou humiliant. En tout état de cause, ce seul incident n'est pas de nature à faire présumer une situation de harcèlement moral. De même, il n'est pas établi que cet incident et la lettre que M. G, qui exerçait alors les fonctions de magistrat au sein du tribunal administratif de Paris, a adressée au président de cette chambre et qui a provoqué, de la part du président de la cour administrative d'appel, une demande de sanction à l'encontre de l'intéressé pour ingérence dans le fonctionnement de la juridiction, auraient motivé, " par représailles ", le changement d'affectation de son épouse. Il ressort au contraire des pièces du dossier que c'est à la demande de Mme D, qui ne souhaitait plus travailler avec son président de chambre, qu'il a été fait droit à sa demande de changement de chambre. Enfin, s'il est fait grief à son président de chambre d'avoir usé d'un mode de communication inadapté, dépourvu d'échanges verbaux, par " post-it " apposés sur les dossiers, cette seule circonstance ne suffit pas à faire présumer des faits de harcèlement moral.

16. En quatrième lieu, l'ostracisme dont aurait été frappé son épouse à la suite de cet incident n'est pas davantage établi, le requérant se bornant à dénoncer le fait que le président de la cour aurait imposé à son épouse d'être présente un jour du mois de décembre 2005 sans tenir compte de l'exercice de son activité à temps partiel, alors qu'il résulte de l'instruction que cette demande, formulée de manière courtoise, était motivée par la venue d'une mission d'inspection et qu'après y avoir opposé un refus, Mme D a elle-même finalement donné son accord sans qu'une quelconque contrainte ou pression ne ressorte des échanges de courriels produits. Ainsi, les agissements incriminés ne permettant pas de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral et, alors qu'il n'est fait état d'aucun autre incident au titre des années 2005 et 2006, la stigmatisation et l'ostracisme dont l'épouse du requérant aurait fait l'objet ne sont pas établis.

17. En cinquième lieu, M. G dénonce les humiliations et difficultés auxquelles son épouse a été confrontée, en particulier dans ses relations avec la greffière en chef de la cour, qui sont d'abord relatés dans un courriel du 15 novembre 2007 adressé par son épouse au secrétaire général du SAPACMI (syndicat autonome des personnels de l'administration centrale du ministère de l'intérieur) faisant part de différents incidents et de " remontrances injustifiées et formulées de manière inadmissible ", qui auraient eu pour but de lui faire quitter la cour, et indiquant plus précisément que la greffière en chef lui criait dessus et qu'elle aurait en outre été insultée et malmenée par la présidente de la chambre à laquelle elle était affectée. Toutefois, le comportement qu'il impute à la greffière en chef à son égard n'est corroboré par aucun témoignage. Par ailleurs, le seul incident relaté à propos du mécontentement que la présidente de sa chambre a pu manifester dans un courriel également adressé au président de la cour, au sujet de la transmission de statistiques, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait excédé à cette occasion les limites de son pouvoir hiérarchique, n'est pas de nature à faire présumer des faits de harcèlement moral d'autant que cette même présidente a, à d'autres occasions, manifesté sa satisfaction et gratitude quant à la qualité de son travail. En outre, Mme D, qui a relayé auprès des instances syndicales, ainsi qu'il a été dit, les difficultés auxquelles elle estimait être confrontée dans ses relations avec la greffière en chef, a exprimé sa satisfaction quant à l'écoute et à la compréhension manifestée lors des entretiens qui se sont déroulés à cette occasion avec le président de la cour et la secrétaire générale des tribunaux et cours administratives d'appel. Si le requérant dénonce de nouveaux faits survenus au cours de l'année 2009 illustrant selon lui le harcèlement moral persistant dont son épouse faisait l'objet de la part de la greffière en chef, ceux-ci se rapportent à un refus opposé à une demande de prise de congés en août, sans que les courriels échangés à cette occasion, qui illustrent un défaut de concertation au sein du greffe de la chambre ayant nécessité la tenue d'une médiation afin d'organiser les congés estivaux, ne puissent être regardés comme révélant une situation de harcèlement moral. Enfin, le requérant soutient que la greffière en chef aurait tenté en vain d'évincer son épouse de la cour, ce qui l'aurait conduite à l'affecter au service d'aide à la décision, manifestant ainsi selon lui sa volonté de la rétrograder, de la rabaisser ou de l'humilier. Toutefois, il résulte du courriel adressé par Mme D à la greffière en chef le 3 avril 2009, corroboré par les énonciations de son compte-rendu d'entretien professionnel établi au titre de la même année, que l'intéressée a expressément formé le souhait d'intégrer le service d'aide à la décision et a indiqué dans son évaluation, en particulier au titre de l'année 2009, être satisfaite de ses fonctions qui correspondaient à ses " attentes ", ce que corrobore le compte-rendu de visite médicale du 23 novembre 2011. Par ailleurs, outre qu'il n'est pas établi que l'épouse du requérant aurait été encadrée, dans ses nouvelles fonctions, par un agent de catégorie inférieure, il est constant que les fonctions d'assistante du contentieux qui lui ont été confiées, correspondaient à son grade. De même, la volonté alléguée de la greffière en chef de dégrader sa situation professionnelle, notamment en lui refusant des formations organisées au mois d'avril 2009, n'est étayée par aucun élément, l'intéressée ayant seulement subordonné son acceptation à l'accord du président de la juridiction. Enfin, le partage de bureau avec des stagiaires et assistants de justice résultant de la configuration des locaux de la cour, n'est pas de nature à faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral.

18. En sixième lieu, le requérant soutient que la mobilité souhaitée en 2008 par Mme D à la cour administrative d'appel de Douai où il était également affecté aurait été délibérément refusée à la suite de l'intervention du chef du département des agents de greffe de la direction des ressources humaines du Conseil d'Etat, qui aurait fait mention de l'incident survenu avec son président de chambre au mois de mars 2004. Toutefois ces allégations ne sont corroborées par aucun indice permettant de faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral, et à supposer même que la situation maritale des époux G ait motivé le rejet de la candidature de Mme D, cette seule circonstance n'est pas de nature à révéler une intention de nuire à la situation de l'intéressée.

19. En septième et dernier lieu, pour faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral subie par son épouse, le requérant allègue qu'au cours de l'année 2012, dix-sept agents de la cour auraient saisi le médecin de prévention de la situation régnant au sein de la juridiction et qu'une cellule de veille aurait été mise en place en lien avec le ministère de l'intérieur avant d'être supprimée afin de faire obstacle à leur intervention au sein de la cour. Toutefois, à supposer même que cette allégation, qui n'est corroborée par aucun élément, serait avérée et témoignerait de difficultés existant au sein de la cour concernant ces agents, il est constant que Mme D n'en faisait pas partie et avait d'ailleurs indiqué en 2011 lors de l'examen médical réalisé par la médecine de prévention être pleinement satisfaite de son poste.

20. Enfin, la circonstance que le procureur de la République ait ouvert une information judiciaire à la suite de la plainte avec constitution de partie civile introduite par M. G ne permet pas davantage de faire présumer l'existence de faits de harcèlement moral dont son épouse aurait été victime.

21. Il résulte de tout ce qui précède que si Mme D a pu rencontrer des difficultés d'ordre relationnel et professionnel lors de l'exercice de ses fonctions au sein de la cour administrative d'appel de Paris, avant d'être affectée en qualité d'assistante du contentieux pendant cinq ans à compter du mois d'avril 2009, les faits relatés par M. G, pris isolément ou dans leur ensemble, ne sont pas de nature à faire présumer l'existence d'un harcèlement moral à l'encontre de son épouse alors de surcroît qu'aucune difficulté d'ordre professionnel n'avait fait l'objet, depuis cette date, d'un quelconque signalement, de la part de l'intéressée, dont il ressort seulement des pièces du dossier qu'elle a obtenu à sa demande en 2012 un changement d'affectation de chambre sans qu'il n'en résulte ou qu'il ne soit même allégué qu'il serait imputable à des faits de harcèlement moral. Il en résulte que M. G n'est pas fondé à soutenir que le refus de protection fonctionnelle à raison du harcèlement moral dont son épouse aurait été victime est entaché d'illégalité.

S'agissant de la situation de harcèlement moral qu'aurait subie le requérant :

22. Pour faire présumer une situation de harcèlement moral, de nature institutionnelle, le requérant soutient que depuis les actions qu'il a menées pour solliciter une enquête sur les circonstances du décès de son épouse, laquelle a conclu le 21 janvier 2019 à l'absence de lien entre son suicide et ses conditions de travail, des mesures de représailles ont été prises à son encontre, caractérisées par le blocage de toutes ses évolutions de carrière du fait des refus opposés à ses candidatures au poste de chef de juridiction alors qu'il avait déjà occupé ces fonctions auparavant et par la situation dans laquelle il s'est trouvé au sein du tribunal administratif de Paris, marquée par son isolement, la perte d'une partie substantielle de ses attributions en tant que vice-président du tribunal, le dénigrement ainsi que les mesures vexatoires et de diffamation dont il a fait l'objet.

23. En premier lieu, si le requérant se prévaut des refus injustifiés opposés à ses demandes de protection fonctionnelle et de l'absence de démarches faites par le Conseil d'Etat pour déterminer les circonstances du décès de son épouse, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'à la suite du courrier que lui a adressé M. G le 18 avril 2018, le vice-président du Conseil d'Etat a, après avoir constaté qu'aucun élément en sa possession ou en celle du secrétariat général du Conseil d'Etat ne permettait d'établir un lien quelconque entre le suicide de son épouse et ses conditions de travail, décidé de l'ouverture d'une enquête, laquelle, après consultation du dossier administratif de l'intéressée et le recueil de différents témoignages a conclu à l'absence de lien entre son décès et ses conditions de travail, ainsi que cela ressort de la lettre que la secrétaire générale du Conseil d'Etat a adressée à M. G le 21 janvier 2019. S'il se prévaut également du refus opposé à sa demande de protection fonctionnelle en sa qualité d'ayant-droit comme élément permettant de faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le refus était justifié par l'absence d'une telle situation. Ainsi, les éléments avancés ne permettent pas de faire présumer une situation de harcèlement moral.

24. En deuxième lieu, M. G soutient que les refus qui lui ont été opposés postérieurement aux candidatures qu'il a présentées pour exercer les fonctions de président du tribunal administartif de Melun, Versailles, Paris, Cergy-Pontoise, et Montreuil seraient motivés par la dénonciation de la situation de harcèlement moral dont il allègue avoir été victime avec son épouse, ou que ces refus s'inséreraient dans le cadre d'agissements ayant pour objet la dégradation de ses conditions de travail et plus généralement d'obérer ses perspectives de carrière. Toutefois, le ministre de la justice fait valoir, sans être sérieusement contesté, que les refus opposés ont été motivés par la qualité des autres candidatures et par la circonstance qu'en dépit des grandes qualités et aptitudes de l'intéressé, des incertitudes persistaient sur sa capacité à mobiliser des équipes et à créer et entretenir une dynamique positive dans la juridiction. Par ailleurs, contrairement à ce qu'il soutient, les propos tenus lors des différents examens de ses candidatures par les membres du conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel ne réflètent aucun dénigrement ni volonté de mise à l'écart. Par suite, dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que les refus opposés à ses candidatures seraient motivés par d'autres considérations que celles, objectives, tenant à la qualité respective des candidatures soumises à l'appréciation du Conseil supérieur des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel, le fait de ne pas retenir la candidature de M. G aux fonctions précitées n'est pas de nature, à lui seul, à faire présumer une situation de harcèlement moral.

25. En troisième lieu, le requérant soutient que le Conseil d'Etat se serait prévalu des dysfonctionnements existant au sein du tribunal administratif de Paris pour l'isoler. Il ressort des pièces du dossier que face à la situation conflictuelle existante au tribunal administratif de Paris, compte tenu du recours introduit par M. G contre la nomination de son président et de la demande d'intervention qu'il a faite pour faire cesser l'ostracisme et le dénigrement qu'il estimait subir au sein de ce tribunal, le vice-président du Conseil d'Etat a, par lettre de mission du 29 novembre 2019, dont les termes ne reflètent aucun dénigrement du requérant ni ne font apparaitre une quelconque intention de le sanctionner, confié au président honoraire de la mission d'inspection des juridictions administratives, le soin de faire un état des lieux de la situation et de proposer toutes initiatives permettant de rétablir les conditions d'un fonctionnement serein au sein de ce tribunal. Si le requérant se prévaut du manque d'impartialité de ce dernier compte tenu de son animosité envers lui, la réalité de cette allégation n'est établie ni par le refus opposé à son épouse en 2008 à sa demande de mutation au sein de la cour que le président honoraire de la mission d'inspection des juridictions administratives présidait alors, ni par la recommandation que ce dernier a faite sur son comportement dans son compte-rendu d'évaluation datant de la même année, soit douze ans auparavant. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le rapport remis le 25 mai 2020 à la suite de l'enquête menée au sein du tribunal administratif de Paris, qui relate, de manière documentée, les difficultés de la juridiction en s'appuyant sur diverses pièces et en prenant en compte notamment l'historique du positionnement singulier du vice-président du tribunal administratif de Paris à l'égard du président du tribunal et des présidents de section, le contexte de l'arrivée du nouveau président en 2019, et l'attitude personnelle tant de M. G que de M. C, serait dénué d'objectivité et aurait été rédigé dans l'unique but de le sanctionner.

26. En quatrième lieu, le requérant soutient que lors de l'entretien du 4 juin 2020 avec le vice-président du Conseil d'Etat, le secrétaire général du Conseil d'Etat, le président de la mission d'inspection des juridictions administratives, ainsi que son conseil, il lui aurait été indiqué qu'aucun poste de président de juridiction ne lui serait confié. Il ressort toutefois de la lettre du vice-président du Conseil d'Etat du 8 juin 2020 qu'a seulement été évoquée à cette occasion la difficulté d'obtenir un tel poste compte tenu notamment de la qualité des autres candidatures. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'évocation d'une mutation en qualité de premier vice-président du tribunal administratif de Versailles, qui n'a au demeurant pas été suivie d'effet, a uniquement été suggérée en raison de la situation conflictuelle persistante au sein du tribunal administratif de Paris.

27. Enfin, contrairement à ce que le requérant soutient, il ne ressort ni des différents échanges de courriels produits ni de l'article de presse du 29 juin 2021 que des propos dénigrants ou diffamants aurait été portés à son encontre.

28. Il résulte de ce qui précède que les faits relatés par M. G ne sont pas de nature à faire présumer l'existence d'un harcèlement moral à son encontre. Par suite, l'administration a pu, sans entacher sa décision d'erreur de droit et d'appréciation, se fonder sur le défaut de matérialité du harcèlement moral allégué pour refuser à M. G la protection fonctionnelle qu'il a sollicitée à ce titre.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat du fait de l'illégalité fautive de la décision refusant l'octroi de la protection fonctionnelle :

29. Il résulte de ce qui précède que la décision refusant l'octroi de la protection fonctionnelle à M. G du fait du harcèlement moral qu'il estime avoir subi avec son épouse n'est pas illégale. Par suite, les conclusions tendant à l'engagement de la responsabilité de l'Etat du fait de l'illégalité fautive de cette décision ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat du fait des situations de harcèlement moral invoquées par le requérant :

30. Il résulte également de ce qui a été exposé aux points 12 à 28 du présent jugement et pour les mêmes motifs, que les conclusions tendant à engager la responsabilité de l'Etat à raison des faits de harcèlement moral dont M. G et son épouse auraient été victimes ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat du fait du manquement à son obligation de protection et de sécurité :

31. L'article 23 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifié à l'article L. 136-1 du code général de la fonction publique, prévoit que " des conditions d'hygiène et de sécurité de nature à préserver leur santé et leur intégrité physique sont assurées aux fonctionnaires durant leur travail ". Les autorités administratives ont ainsi l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de leurs agents. Il leur appartient à ce titre, sauf à commettre une faute de service, d'assurer la bonne exécution des dispositions législatives et réglementaires qui ont cet objet, ainsi que le précise l'article 2-1 du décret n° 82-453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la médecine professionnelle et préventive de la fonction publique d'Etat.

32. M. G soutient que l'administration a failli à son obligation de protection et de sécurité tant en ce qui concerne la situation de son épouse que la sienne.

33. En premier lieu, M. G soutient que l'administration a failli à son obligation de protection en l'absence de réponse aux nombreuses alertes adressées par Mme D sur sa situation professionnelle. Il résulte toutefois de l'instruction qu'après l'incident l'ayant opposée à son président de chambre au mois de mars 2004, à la suite duquel elle a été placée en congé de maladie pour une durée d'une semaine, l'administration ne l'a pas maintenue dans cette chambre. Il résulte également de l'instruction que devant la souffrance qu'elle a exprimée en 2007 à propos de ses difficultés relationnelles avec la greffière en chef, Mme D a été reçue par le président de la cour ainsi que par la secrétaire générale des tribunaux administratifs et des cours administratives d'appel au cours d'entretien dont elle s'est dite satisfaite, soulignant l'écoute et la compréhension dont il avait été fait preuve à son égard, avant d'obtenir un changement d'affectation en 2009 au service d'aide à la décision, lequel lui donnait pleinement satisfaction, ainsi que le confirme le médecin de prévention le 23 novembre 2011 lors de l'examen médical, Mme D ayant expressément indiqué à cette occasion être " heureuse actuellement dans le travail " et ne faisant plus état d'aucune difficulté. En dépit des alertes effectuées par le requérant en 2009, il ne résulte pas de l'instruction que l'incident mentionné au point 16 relatif à la prise de congés aurait justifié que des mesures particulières soient prises. Enfin, si le requérant se prévaut de l'alerte déjà mentionnée au point 19 qui aurait été donnée par dix-sept agents ayant rencontré le médecin de prévention, il ne résulte pas de l'instruction que celle-ci aurait concerné Mme D qui, ainsi qu'il a été dit, n'a fait part d'aucune difficulté à la suite de sa prise de poste en qualité d'assistante du contentieux.

34. En second lieu, si s'agissant de sa situation personnelle, le requérant fait grief à l'administration de ne pas avoir diligenté d'enquête à la suite de son signalement par lettre du 22 novembre 2019, il résulte de ce qui vient d'être dit que la situation de harcèlement allégué n'est pas établie, de sorte qu'aucun manquement à l'obligation de protection ne peut être reproché à l'administration à ce titre. Il résulte au contraire de l'instruction que le 29 novembre 2019, une mission d'inspection a été décidée par le vice-président du Conseil d'Etat afin d'identifier précisément l'ampleur et la nature des différends survenus au sein du tribunal administratif de Paris, d'en préciser, autant que possible, l'origine et de proposer toutes les initiatives permettant de rétablir les conditions d'un fonctionnement et d'un pilotage serein au sein de cette juridiction, sans que le requérant puisse sérieusement, ainsi qu'il a été dit, faire grief à cette mission son manque d'impartialité et d'indépendance.

35. Il résulte de ce qui précède que M. G n'est pas fondé à rechercher la responsabilité de l'Etat du fait du manquement à son obligation de protection et de sécurité.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

36. Le présent jugement qui rejette les conclusions aux fins d'annulation et indemnitaires de M. G n'appelle aucune mesure d'exécution dans un sens déterminé. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

37. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A G et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Copie en sera adressée au Conseil d'Etat.

Délibéré après l'audience du 19 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Ribeiro-Mengoli, présidente,

Mme Lunshof, première conseillère,

Mme Courneil, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.

La rapporteure,

M. Lunshof

La présidente,

N. Ribeiro-Mengoli

La greffière,

P. Demol

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions