mercredi 21 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2106876 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | DONAZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mai 2021, M. C B , représenté par Me Donaz, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux mis à sa charge au titre des années 2013 et 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration n'a pas répondu à ses observations sur la proposition de rectification du 3 novembre 2016 ;
- la proposition de rectification du 5 avril 2017 n'est pas motivée et est inintelligible ;
- la notification des rectifications en litige n'a pas été précédée d'un débat oral et contradictoire;
- la procédure de contrôle est irrégulière dès lors que la société Omega Holding international, venant aux droits de la société Vigi power protection, n'en a pas été avisée ;
- s'agissant de la majoration de 40 % prévue à l'article 1729 du code général des impôts, le manquement délibéré n'est pas établi ;
- l'administration, en lui infligeant cette majoration, a méconnu la doctrine BOI-CF-PGR-20-50-20120912.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis doit être regardé comme concluant au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement prononcé en cours d'instance et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés pour le surplus.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Combes, rapporteur public, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
1. M. B était le gérant et associé à hauteur de 50% du capital de la SARL Vigi power protection du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014. Par une proposition de rectification du 3 novembre 2016, l'administration lui a notifié des rectifications en matière d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre des années 2013 et 2014, à raison de revenus distribués qu'il aurait perçus du fait de bénéfices réintégrés dans le résultat de la SARL Vigi power protection au titre des exercices clos en 2013 et 2014, à la suite de la vérification de comptabilité de cette société portant sur la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014. Par la présente requête, M. B demande à être déchargé du paiement des suppléments d'impôt mis à sa charge.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 9 décembre 2021, postérieure à l'enregistrement de la requête, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis a prononcé le dégrèvement à hauteur de la somme de 47 326 euros en droits et 24 421 euros en pénalités, de la cotisation d'impôt sur le revenu et des contributions sociales à laquelle M. B a été assujetti au titre de l'année 2013. Les conclusions de la requête de M. B sont, dans cette mesure, devenues sans objet et il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57, alinéa 5, du livre des procédures fiscales : " Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ".
4. Il résulte de l'instruction que l'administration a adressé au requérant, le 5 avril 2017, une proposition rectificative de la proposition de rectification du 3 novembre 2016 et qu'elle a répondu, le 24 juillet 2017, à ses observations du 23 janvier 2017 concernant cette proposition de rectification, et ce, point par point, sur les éléments développés par M. B. Dans ces conditions, ce dernier n'est pas fondé à se prévaloir d'une insuffisance de motivation de la réponse aux observations du contribuable.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 57, alinéa 1, du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L.57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée ".
6. La proposition de rectification en date du 5 avril 2017 adressée à M. B indique les années d'imposition, la base d'imposition, la catégorie de revenus et énonce les motifs sur lesquels l'administration s'est fondée pour justifier les rectifications envisagées. A été annexée à la proposition de rectification en date du 5 avril 2017, la proposition de rectification du 3 novembre 2016 adressée à la société Omega Holding international et notifiant les rectifications en matière d'impôt sur les sociétés concernant la SARL Vigi power protection. La proposition de rectification en date du 5 avril 2017 n'est donc pas, contrairement à ce que soutient M. B, génératrice de confusion et lui a permis de formuler utilement ses observations. Elle est ainsi suffisamment motivée au sens de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales.
7. Aux termes de l'article L55 du livre des procédures fiscales : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 56, lorsque l'administration des impôts constate une insuffisance, une inexactitude, une omission ou une dissimulation dans les éléments servant de base au calcul des impôts, droits, taxes, redevances ou sommes quelconques dues en vertu du code général des impôts ou de l'article L. 2333-55-2 du code général des collectivités territoriales, les rectifications correspondantes sont effectuées suivant la procédure de rectification contradictoire définie aux articles L. 57 à L. 61 A () ".
8. Il résulte de ces dispositions que la procédure contradictoire prévue par les textes précités n'impose, contrairement à ce que soutient le requérant, aucun débat oral, préalablement à la notification de rectifications. En outre, il résulte de l'instruction que ce dernier a fait l'objet d'un contrôle sur pièces, lequel n'implique pas la tenue d'un débat oral contradictoire. Le moyen tiré de ce que le requérant aurait été privé de débat oral et contradictoire préalablement à la notification des rectifications en litige doit ainsi être écarté.
9. En raison du principe d'indépendance des procédures de rectification menées à l'encontre, d'une part, d'une société à responsabilité limitée et, d'autre part, de ses associés, les irrégularités de la procédure de rectification suivie à l'encontre de la société à responsabilité limitée, à les supposer établies, sont sans incidence sur l'imposition personnelle des associés au titre des revenus distribués entre leurs mains au prorata de leurs droits en application des dispositions du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts, alors même que l'article 110 de ce code dispose que, pour la détermination de la base assujettie à l'impôt sur le revenu, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. Il suit de là que M. B ne peut utilement invoquer, au soutien de ses conclusions tendant à la décharge des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti sur le fondement du 1° du 1. de l'article 109 du code général des impôts, l'irrégularité qui affecterait la procédure de rectification mise en œuvre à l'égard de la SARL Vigi power protection.
En ce qui concerne la majoration :
10. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré / () ".
11. Contrairement à ce que soutient M. B, l'administration, en se fondant sur sa qualité de gérant de la SARL Vigi power protection qui, à ce titre, ne pouvait ignorer que les déclarations d'impôt concernant cette société avaient été minorées, établit l'existence de manquements délibérés justifiant la majoration de 40% qui lui a été infligée sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts. La circonstance que l'administration aurait commis une erreur de droit en le regardant comme étant maître de l'affaire, à la supposer établie, est sans incidence. L'administration établit ainsi l'existence de manquements délibérés.
12. M. B se prévaut des commentaires administratifs publiés le 12 septembre 2012, au BOFiP sous la référence BOI-CF-PGR-20-50-20120912, renvoyant en particulier à une prise de position du ministre des finances du 30 avril 1976, aux termes de laquelle : " Les petites et moyennes entreprises qui se créent, et, notamment, les salariés s'établissant à leur compte (à l'exclusion des créations résultant d'un simple changement dans les conditions juridiques d'exploitation), doivent bénéficier d'un traitement spécifique à l'occasion des vérifications dont elles font l'objet au cours de leurs premières années d'activité () d'une part sur la remise des pénalités, d'autre part, sur l'octroi de délais de paiement ". Eu égard à ses mentions, cette instruction ne peut pas être regardée comme une interprétation de la loi mais constitue seulement une recommandation adressée par le ministre pour inciter les agents compétents à faire preuve d'indulgence à l'égard de certains chefs d'entreprise. Par suite, M. B ne saurait se prévaloir des termes de l'instruction précitée sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales à l'encontre de la pénalité qui lui a été infligée.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des impositions restant en litige. Ses conclusions à fin de décharge doivent donc être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B à hauteur du dégrèvement prononcé en cours d'instance.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.
La rapporteure,
C. A
La présidente,
J. JIMENEZ La greffière,
L. VILMEN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026