mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2107825 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2021, M. B A, représenté par Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) de condamner le GIP (groupement d'intérêt public) Médiation Nocturne à Saint-Denis à lui verser, en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité du licenciement dont il a fait l'objet le 27 décembre 2016, la somme de 140 300 euros, à parfaire et assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre à la charge du GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis la somme de 2 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- son licenciement, annulé par un jugement du tribunal administratif de Montreuil en date du 23 février 2018, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles en date du 2 juillet 2020, est constitutif d'une faute ;
- il a subi un préjudice financier dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 110 300 euros ;
- il a subi des troubles dans les conditions d'existence dont il sera fait une juste appréciation en les fixant à la somme de 15 000 euros ;
- il a subi un préjudice moral dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 15 000 euros.
Deux mises en demeure de produire un mémoire en défense ont été adressées au GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis les 5 octobre et 2 novembre 2023 et sont restées sans réponse.
Par une mesure d'instruction en date du 21 février 2024, il a été demandé à la commune de Saint-Denis d'indiquer si le GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis a été dissous et d'adresser au tribunal tous documents relatifs à cette éventuelle dissolution. Cette dernière s'est abstenue d'y répondre.
Une mise en demeure de produire un mémoire en défense a été adressée à la commune de Saint-Denis le 22 mars 2024 et est restée sans réponse.
Par une mesure d'instruction en date du 2 avril 2024, il a été demandé à la commune de Saint-Denis de produire la délibération du conseil municipale en date du 3 juin 2021 relative à la dissolution du GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis. Cette dernière s'est abstenue d'y répondre.
Par une mesure d'instruction en date du 11 avril 2024, il a été demandé au préfet de la Seine-Saint-Denis de produire la délibération du 3 juin 2021 relative à la dissolution du GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis. Cette pièce, réceptionnée le 3 mai 2024, a été communiquée aux parties le même jour.
Par une mesure d'instruction en date du 13 mai 2024, il a été demandé aux parties de communiquer les coordonnées du liquidateur du GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis et d'indiquer si la liquidation était toujours en cours ou clôturée. Les parties se sont abstenues d'y répondre.
Par une lettre du 5 juin 2024, les parties ont été informées, qu'en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de fonder sa décision sur un moyen relevé d'office tiré de l'inexistence du préjudice financier, déjà indemnisé dans le cadre de la procédure d'exécution ouverte devant la cour administrative d'appel de Versailles (affaire n° 21VE02549), close par une ordonnance le 23 novembre 2023. La réponse de M. A à ce moyen d'ordre public, enregistrée le 7 juin 2024, a été communiquée aux autres parties le 10 juin suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;
- et les conclusions de M. Colera, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté par le GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis au moyen d'un contrat à durée indéterminée pour exercer les fonctions de médiateur de nuit à compter du 29 novembre 2011. Il a été licencié pour faute disciplinaire par une décision du directeur de ce groupement d'intérêt public en date du 27 décembre 2016. Cette décision a été annulée par un jugement du tribunal administratif de Montreuil en date du 23 février 2018, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles en date du 2 juillet 2020. Le 9 avril 2021, le GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis a décidé sa dissolution, laquelle a été approuvée par une délibération du conseil municipal de Saint-Denis en date du 3 juin 2021. M. A demande la condamnation du GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis à lui verser, en réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de son licenciement, la somme de 140 300 euros, se décomposant en 110 300 euros de préjudice financier, 15 000 euros de troubles dans les conditions d'existence et 15 000 euros de préjudice moral.
I- Sur les conclusions indemnitaires :
I.A- En ce qui concerne la faute :
2. Le licenciement disciplinaire prononcé à l'encontre de M. A le 29 novembre 2011 a été annulé par le tribunal administratif de Montreuil le 23 février 2018 en raison de son caractère disproportionné. Ce motif d'annulation a été confirmé par la cour administrative d'appel de Versailles le 2 juillet 2020. Il s'agit d'une faute de nature à engager la responsabilité du GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis.
I.B- En ce qui concerne les préjudices :
3. Si l'illégalité dont est entachée une décision administrative constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la puissance publique, elle n'est de nature à ouvrir droit à réparation que dans la mesure où son application a entraîné un préjudice direct et certain.
I.B.1- S'agissant du préjudice financier :
4. Il résulte de l'article 1er de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Versailles n° 21VE02549 en date du 16 juin 2022, rendu dans le cadre de la procédure d'exécution de son arrêt n° 18VE01443 du 2 juillet 2020, qu'il a été enjoint au GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis, représenté par son liquidateur, de réintégrer juridiquement M. A et de lui verser l'ensemble des indemnités auxquelles il peut prétendre en cas de licenciement. Cette procédure a été close par une ordonnance de non-lieu à statuer du président assesseur de la 5ème chambre de cette cour en date du 23 novembre 2023. Si M. A soutient qu'il n'a jamais bénéficié de cette réparation financière, ce litige relève de l'exécution de l'arrêt du 16 juin 2022. Ce chef de préjudice doit donc être écarté.
I.B.2- S'agissant des troubles dans les conditions d'existence :
5. M. A ne produit aucun commencement de preuve à l'appui des troubles dans les conditions d'existence dont il se prévaut. Dans ces conditions, ce chef de préjudice doit être écarté.
I.B.3- S'agissant du préjudice moral :
6. M. A est fondé à se prévaloir d'un préjudice moral consécutif à l'illégalité du licenciement pour faute prononcé à son encontre et dont il sera fait une juste appréciation en le fixant à la somme de 3 000 euros.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander la condamnation du GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation du préjudice moral subi.
II- Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
8. M. A a droit aux intérêts au taux légal à compter du 25 février 2021, date présumée de réception de sa demande indemnitaire préalable par le GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 8 juin 2021, lors de l'introduction de la requête. Il y a donc lieu de faire droit à cette demande à compter du 25 février 2022, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date
III- Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis le versement d'une somme de 1 500 euros à M. A, au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Le GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis, représenté par son liquidateur judiciaire, est condamné à verser à M. A la somme de 3 000 (trois mille) euros au titre du préjudice moral subi, avec intérêts au taux légal à compter du 25 février 2021. Les intérêts échus à la date du 25 février 2022, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune des dates pour produire eux-mêmes des intérêts.
Article 2 : Le GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis, représenté par son liquidateur judiciaire, versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à M. A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au GIP Médiation Nocturne à Saint-Denis, représenté par son liquidateur judiciaire.
Copie en sera adressée à la commune de Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Truilhé, président,
- M. L'hôte, premier conseiller,
- Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
Le rapporteur,Le président,SignéSigné F. L'hôteJ-C. TruilhéLa greffière,SignéA. Espeisses
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026