mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2108829 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juin 2021, Mme C B, représentée par
Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 26 avril 2021 par lequel le président du CCAS (centre communal d'action sociale) de Bagnolet a mis fin, à compter du 1er mai 2021, à son détachement sur l'emploi fonctionnel de directrice générale ;
2°) de mettre à la charge du CCAS de Bagnolet une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- l'assemblée délibérante n'a pas été saisie ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un avis en date du 5 octobre 2023, les parties ont été informées que l'affaire était susceptible d'être inscrite au rôle d'une audience du 1er trimestre 2024 et que la clôture d'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 25 octobre suivant.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 octobre 2023 et un mémoire rectificatif enregistré le 13 novembre suivant, le CCAS de Bagnolet, représenté par Me Bruniere, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le CCAS de Bagnolet fait valoir qu'aucun des moyens que contient la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 13 décembre 2023, la clôture immédiate de l'instruction a été prononcée.
Un mémoire, présenté par Mme B, a été enregistré le 13 décembre 2023 à 19h56, postérieurement à la clôture de l'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-546 du 6 mai 1988 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. L'hôte, rapporteur ;
- les conclusions de M. Colera, rapporteur public ;
- les observations de Me Boukheloua, représentant Mme B, et celles de
Me Bruniere, représentant le CCAS de Bagnolet.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, recrutée comme agente contractuelle par la commune de Bagnolet le
4 janvier 1999, a été titularisée sur le grade d'animatrice territoriale le 1er juin 2001. Mutée le
1er octobre 2007 au centre communal d'action sociale (CCAS) de Bagnolet pour y exercer les fonctions de directrice, elle a accédé, par la voie de la promotion interne au grade d'attachée territoriale le 1er mai 2008. Par un arrêté en date du 26 novembre 2014, elle a été détachée sur l'emploi fonctionnel de directrice générale de cet établissement public communal pour une durée de trois ans. Par un arrêté en date du 19 décembre 2018, elle a été renouvelée dans ses fonctions pour une durée de trois ans. Toutefois, par un arrêté en date du 26 avril 2021, dont la requérante demande l'annulation, le président du CCAS de Bagnolet a mis fin, à compter du 1er mai 2021, à son détachement sur l'emploi fonctionnel de directrice générale.
I- Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors applicable : "Ces dispositions s'appliquent aux emplois : / () / de directeur général, directeur général adjoint d'établissements publics dont la liste est fixée par décret () / La fin des fonctions des agents mentionnés aux troisième à huitième alinéas du présent article est précédée d'un entretien de l'autorité territoriale avec les intéressés et fait l'objet d'une information de l'assemblée délibérante et du Centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion ; la fin des fonctions de ces agents prend effet le premier jour du troisième mois suivant l'information de l'assemblée délibérante () ". Et aux termes de l'article 1er du décret du 6 mai 1988 fixant la liste des établissements publics mentionnés à l'article 53 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territorial : " Les dispositions du premier alinéa de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée s'appliquent à l'emploi de directeur et de directeur adjoint des établissements publics suivants : /() / g) Centres communaux d'action sociale et centres intercommunaux d'action sociale, sous réserve que l'importance de leur budget de fonctionnement et le nombre et la qualification des agents à encadrer permettent de les assimiler à des communes de plus de 10 000 habitants pour l'emploi de directeur et de plus de 20 000 habitants pour l'emploi de directeur adjoint () ".
3. Il peut être mis fin au détachement des agents occupant les emplois fonctionnels mentionnés à l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 pour des motifs tirés de l'intérêt du service. Eu égard à l'importance du rôle des titulaires de ces emplois et à la nature particulière des responsabilités qui leur incombent, le fait pour un agent occupant un tel emploi de s'être trouvé placé dans une situation ne lui permettant plus de disposer de la part de l'autorité territoriale de la confiance nécessaire au bon accomplissement de ses missions peut légalement justifier qu'il soit, pour ce motif, déchargé de ses fonctions.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Et aux termes de l'article L. 211-5 de ce même code : " La motivation exigée [] doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
5. L'arrêté attaqué, après avoir visé la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, fait état de la perte de confiance entre le président du CCAS et la requérante ainsi que de la nécessité de renouveler les équipes d'encadrement pour une meilleure efficacité. La seule mention d'une perte de confiance entre l'autorité territoriale et l'agent détaché sans plus de précisions quant aux raisons qui l'ont entraînée ne peut suffire à motiver la fin du détachement d'un agent sur un emploi fonctionnel. Il en va de même de la mention, générale, de la nécessité de remplacer les équipes dirigeantes pour une meilleure efficacité, sans précisions sur la situation particulière de l'agent concerné. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être accueilli.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté en date du
26 avril 2021 par lequel le président du CCAS de Bagnolet a mis fin, à compter du 1er mai 2021, à son détachement sur l'emploi fonctionnel de directrice générale.
II- Sur les frais liés au litige :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Bagnolet réclame au titre des frais liés au litige. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de la commune de Bagnolet le versement de la somme demandée par Mme B au titre des mêmes frais.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du président du CCAS de Bagnolet en date du 26 avril 2021 est annulé.
Article 2 : Les conclusions des deux parties, présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au centre communal d'action sociale de Bagnolet.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Truilhé, président,
- M. L'hôte, premier conseiller,
- Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le rapporteur,Le président,F. L'hôteJ.-C. TruilhéLa greffière,A. Capelle
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026