jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2110053 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | BONHOMME GOBLET AVOCATS ASSOCI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 15 juillet 2021 et 10 mars 2022, la société M. K. Rénovation, représentée par M. C B en sa qualité de mandataire judiciaire et par Me Bonhomme en sa qualité d'avocat, demande, dans le dernier état de ses écritures, au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des deux périodes comprises entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- le bénéfice du régime de l'auto-liquidation de la taxe sur la valeur ajoutée n'est pas subordonné à l'existence d'un contrat écrit de sous-traitance ;
- l'émission de factures, avec une taxe sur la valeur ajoutée auto-liquidée, suffit pour établir l'accord de volonté entre l'entreprise principale et son sous-traitant pour la réalisation des travaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2022, le directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis conclut au non-lieu à statuer à hauteur de 14 532 euros et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient :
- qu'il a procédé à un dégrèvement de 14 532 euros en base pour l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2014, après avoir admis le profit de taxe sur la valeur ajoutée demandé par la requérante ;
- qu'aucun des autres moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 21 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts,
- le livre des procédures fiscales,
- la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nguër, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Therby-Vale, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société M. K. Rénovation, qui exerce une activité de travaux dans le secteur du bâtiment, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au terme de laquelle l'administration fiscale lui a notifié des rehaussements, notamment en matière de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au titre des deux périodes comprises entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2014. La réclamation du 9 août 2019 formée par la société a fait l'objet d'une décision d'acceptation partielle de l'administration fiscale du 7 mars 2021. La société requérante demande au tribunal une décharge des rappels de TVA restant à sa charge.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. D'une part, aux termes du 2 nonies de l'article 283 au code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " Pour les travaux de construction, y compris ceux de réparation, de nettoyage, d'entretien, de transformation et de démolition effectués en relation avec un bien immobilier par une entreprise sous-traitante, au sens de l'article 1er de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, pour le compte d'un preneur assujetti, la taxe est acquittée par le preneur ". Aux termes de l'article 1er de la loi n°75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance : " Au sens de la présente loi, la sous-traitance est l'opération par laquelle un entrepreneur confie par un sous-traité, et sous sa responsabilité, à une autre personne appelée sous-traitant l'exécution de tout ou partie du contrat d'entreprise ou d'une partie du marché public conclu avec le maître de l'ouvrage ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".
4. Il résulte de l'instruction que la société M. K. Rénovation produit plusieurs factures de l'année 2014 assorties d'attestations de quatre gérants d'entreprises indiquant que les travaux afférents auxdites factures ont été intégralement réalisés par la société requérante. Si ces factures, à l'exception d'une seule, sont suffisamment détaillées en ce qui concerne la nature des travaux effectués et la mention de la TVA auto-liquidée, toutefois, celles-ci, de même que les attestations correspondantes des sociétés Marne Bâtiment, Car Iso Façade, FC Sonmez et Akdeiz Construction, ne contiennent aucun élément permettant d'établir l'existence d'une mission de sous-traitance confiée à la société M. K. Rénovation avant le 1er janvier 2014. Dans ces conditions, en l'absence de document contractuel, ou de tout autre élément en ce sens, les prestations effectuées par la société requérante ne peuvent être regardées comme ayant été fournies en qualité de sous-traitant. La société M. K. Rénovation, qui supporte la charge de la preuve dès lors que les rappels de TVA en litige lui ont été notifiés selon la procédure de taxation d'office, n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'était pas redevable de la taxe ayant grevé les prestations facturées aux sociétés Marne Bâtiment, Car Iso Façade, FC Sonmez et Akdeiz Construction, au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2014. Par ailleurs, en ce qui concerne les trois factures isolées adressées par la requérante aux trois sociétés Holbair, IDR et Cibetanche, elles ne sont assorties d'aucun élément explicatif quant aux relations entre la société M. K. Rénovation et chacune de ces sociétés, et ne sauraient donc révéler le lien de sous-traitance auquel est subordonné le bénéfice du régime d'auto-liquidation dont se prévaut la société requérante.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge de la société M. K. Rénovation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, supporte la charge des frais exposés par la société M. K. Rénovation et non compris dans les dépens. Les conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions doivent, par voie de conséquence, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société M. K. Rénovation est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société M. K. Rénovation, à M. C B en sa qualité de mandataire judiciaire et au directeur départemental des finances publiques de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 19 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Charret, président,
M. Villain, magistrat honoraire faisant fonction de premier conseiller,
Mme Nguër, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
M. Nguër
Le président,
J. Charret
La greffière,
D. Ferreira
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026