mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2110078 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE CIVILE PROFESSIONNELLE D'AVOCAT MARGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 juillet 2021 et 8 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Marger, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2021-1304 du 20 mai 2021 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a procédé à la suspension, pour une période de deux mois, de son agrément de contrôleur technique de véhicules légers ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- le caractère contradictoire de la procédure a été méconnu ;
- le caractère équitable de la procédure a été méconnu ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation en ce que le manquement reproché ne pouvait justifier la sanction infligée ;
- elle est manifestement disproportionnée ;
- le préfet n'apporte pas la preuve de l'intention frauduleuse du titulaire de l'agrément ;
- la décision attaquée méconnaît les articles 4, 7 et 47 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés ;
- le logiciel par lequel ont été collectées les données au fondement de la sanction est illicite ;
- l'absence de séparation des autorités de poursuites et de jugement n'est pas assurée ;
- la décision attaquée méconnaît le principe d'égalité ;
- elle méconnaît le principe de loyauté.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2022, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 20 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 ;
- l'arrêté du 18 juin 1991 relatif à la mise en place et à l'organisation du contrôle technique des véhicules dont le poids n'excède pas 3,5 tonnes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Nour,
- et les conclusions de M. Combes, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est titulaire d'un agrément de contrôleur technique de véhicules légers qui lui a été délivré par le préfet de la Seine-Saint-Denis par une décision du 2 juillet 2019. A la date de l'arrêté attaqué, il exerçait en cette qualité au centre de contrôle technique Prévention Auto Conseils situé 18 rue Danielle Casanova à Aubervilliers, lequel était rattaché au réseau de contrôle Autosécurité. Les services de la direction régionale et interdépartementale de l'environnement et de l'énergie (DRIEE) d'Ile-de-France ont effectué le 9 mars 2021 une visite de surveillance de l'activité de contrôle technique exercée dans le centre Prévention Auto Conseils. Tirant les conséquences de cette visite, le préfet de la Seine-Saint-Denis a prononcé la suspension de l'agrément du requérant pendant une durée de deux mois, du 1er juin 2021 au 31 juillet 2021, par un arrêté n° 2021-1304 du 20 mai 2021. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu l'arrêté attaqué, qui vise les dispositions du code de la route ainsi que celles de l'arrêté du 18 juin 1991 susvisé, expose avec suffisamment de précision les éléments de fait pris en compte par le préfet de la Seine-Saint-Denis pour prononcer la sanction en litige. En outre, contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet n'a pas procédé à une duplication de l'arrêté portant suspension de l'agrément des installations du centre Prévention Auto Conseils, dès lors que l'arrêté comporte des éléments concernant personnellement le requérant. Enfin, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas l'existence de l'intention frauduleuse au fondement du manquement reproché n'est pas de nature à caractériser un défaut de motivation de l'arrêté dès lors que cet élément se rapporte à son bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe IV de l'article R. 323-18 du code de la route : " IV.- L'agrément d'un contrôleur peut être suspendu ou retiré pour tout ou partie des catégories de contrôles techniques qu'il concerne si les conditions posées lors de sa délivrance ne sont plus respectées ou s'il est constaté un manquement aux règles fixant l'exercice de l'activité du contrôleur. / La décision de suspension ou de retrait n'intervient qu'après que la personne intéressée a été entendue et mise à même de présenter des observations écrites ou orales () ". Aux termes de l'article 13-1 de l'arrêté du 18 juin 1991 susvisé : " () Si le préfet () envisage de suspendre ou retirer l'agrément, il organise une réunion contradictoire à laquelle sont invités le contrôleur, le centre de contrôle () avant que la sanction ne soit prononcée () ". Aux termes de l'article 14 du même arrêté : " () les installations de contrôle visées aux articles R. 323-13 à R. 323-15 du code de la route répondent aux exigences de l'annexe III du présent arrêté et comprennent des moyens techniques et informatiques permettant d'effectuer les contrôles décrits à l'annexe I, de recueillir les données relatives aux contrôles techniques effectués et de les transmettre à l'organisme technique central conformément aux dispositions du titre III du présent arrêté. Les conditions nécessaires à l'application du présent article sont définies aux annexes III et V du présent arrêté. () ". Aux termes de l'article 27 de cet arrêté : " Les missions confiées à l'organisme technique central, définies à l'article R. 323-7 du code de la route, visent notamment à harmoniser et à optimiser la qualité des contrôles techniques et à permettre une exploitation systématique de leurs résultats. / L'organisme technique central met en place et gère les moyens nécessaires pour collecter et exploiter les données relatives au contrôle technique des véhicules, à l'exclusion de toute information nominative () ". Aux termes de l'article 28 du même arrêté : " Pour les installations de contrôle rattachées à un réseau de contrôle agréé, les données relatives au contrôle technique sont collectées par ledit réseau avant d'être communiquées à l'organisme technique central dans un délai maximum de 24 heures à compter de la réalisation du contrôle. () ". Aux termes du D de l'annexe 3 de cet arrêté : " Les équipements informatiques et produits logiciels permettent : / - de communiquer en permanence avec l'OTC et le réseau dans le cas d'un centre rattaché pour l'identification des véhicules et la transmission des données de contrôle ; / - de communiquer avec les appareils de contrôle suivant le protocole de communication défini par l'OTC ; / - de saisir les informations relatives aux véhicules ; / - de saisir, pendant le contrôle, les défaillances constatées sur un dispositif informatique portable ; / En cas d'incident, les équipements informatiques et produits logiciels sont remis en état ou remplacés dans les deux jours ouvrables. Passé ce délai, l'activité du centre de contrôle est interrompue. / En cas de panne empêchant la transmission, par liaison informatique à l'outil informatique de l'installation de contrôle, des informations relatives aux essais réalisés, un relevé des mesures est imprimé et archivé avec la copie ou le duplicata du procès-verbal de contrôle. Lorsque l'archivage du procès-verbal est informatique, l'archivage du relevé de mesure est également informatique. / En cas de panne empêchant la saisie, l'archivage ou le traitement local des informations, en particulier l'impression du procès-verbal de contrôle, l'activité du centre de contrôle est interrompue () ".
4. D'une part, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des règles de traitement et de conservation des données à caractère personnel, dès lors que les informations communiquées lors des contrôles des véhicules au moyen de la liaison informatique prévue par les dispositions de l'arrêté du 18 juin 1991 mentionné ci-dessus ne constituent pas des données à caractère personnel qui pourraient relever en tant que telles de la loi du 6 janvier 1978 susvisée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, notamment d'un courrier du préfet de la Seine-Saint-Denis en date du 25 mars 2021, que celui-ci a communiqué au requérant la copie du rapport du 17 mars 2021 établi à la suite de la visite des services de la DRIEE le 9 mars 2021, lequel mentionne la liste des 10 véhicules contrôlés n'ayant pas fait l'objet d'une mention de la défaillance relative à la minoration kilométrique dans les procès-verbaux du centre et que 4 de ces 10 véhicules ont été contrôlés par le requérant. Le préfet a en outre indiqué, dans le courrier précité du 25 mars 2021, que l'intéressé pouvait, demander la communication, sur demande écrite, des pièces constituant son dossier. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que les services du préfet par un courriel du 9 avril 2021, ont transmis au centre Prévention Auto Conseils, à la suite de la demande en ce sens du réseau auquel celui-ci est rattaché, la liste des véhicules en cause. Enfin, il est constant que la liste des véhicules en cause a été portée à la connaissance du requérant lors de la réunion contradictoire du 27 avril 2021. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas disposé des éléments d'information au fondement de la sanction en litige. Par suite, doivent être écartés les moyens tirés de la méconnaissance du droit à une procédure contradictoire et de la méconnaissance de la loi du 6 janvier 1978 précitée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés.
5. Aux termes de l'article R. 323-7 du code de la route : " I. - Le ministre chargé des transports désigne un organisme technique, dénommé organisme technique central, chargé pour son compte et selon ses instructions : 1° De recueillir et d'analyser les résultats des contrôles afin de surveiller le fonctionnement des installations, de s'assurer de l'homogénéité des contrôles et de collecter des informations sur l'état du parc automobile national ; 2° De tenir à jour les éléments permettant d'adapter au progrès technique les équipements et les méthodes de contrôle, ainsi que l'information et la formation des contrôleurs ; 3° De fournir une assistance technique pour la vérification de la qualité des prestations fournies par les installations de contrôle. II. - Cet organisme remplit ces missions dans le cadre d'une convention avec l'Etat approuvée par décret. ". L'article R. 323-10 du même code prévoit que : " Le réseau de contrôle s'assure en permanence de la bonne exécution des contrôles techniques conformément aux dispositions de la présente section. Il transmet à l'organisme technique central les données relatives aux contrôles techniques transmises par les installations de contrôle qui lui sont rattachées. " et l'article R. 323-20 de ce code précise que : " Toute utilisation des résultats du contrôle d'un véhicule à des fins autres que celles prévues par la réglementation est interdite. Les résultats du contrôle ne peuvent être communiqués à un tiers autre que l'organisme technique central, la direction du réseau de contrôle, les agents de l'administration chargés de la surveillance des installations et tout organisme désigné à cette fin par le ministre chargé des transports. L'organisme technique central peut également communiquer les résultats du contrôle au ministre de l'intérieur à la seule fin de transmettre au propriétaire d'un véhicule qui le demande un historique des résultats détaillés des contrôles techniques successifs, y compris le kilométrage relevé à chacun de ces contrôles, dont ce même véhicule a fait l'objet ".
6. Il résulte des dispositions précitées que l'organisme technique central a pour mission de recueillir et d'analyser les résultats de contrôles, afin notamment de surveiller le fonctionnement des installations et la bonne exécution des contrôles techniques et que l'utilisation des données collectées lors de ces contrôles est encadrée, étant mise à la seule disposition des services administratifs chargés de la surveillance des installations et au ministre de l'intérieur. Ainsi, les modalités de recueil de ces informations et la finalité de cette collecte sont précisées par les dispositions précitées. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le système de collecte des données lors des contrôles techniques est illicite.
7. En troisième lieu, M. B soutient que l'équité de la procédure n'est pas respectée, l'action de l'administration n'étant pas objective dès lors qu'elle se " limite à dresser des constats ponctuels et négatifs ". Toutefois, ces seuls éléments ne suffisent pas à caractériser le caractère inéquitable de la procédure en cause. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à une procédure équitable doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 18 juin 1991 susvisé : " Il est dressé un procès-verbal de chaque contrôle technique. Ce document, qui est conforme aux dispositions de l'annexe II du présent arrêté, décrit les défaillances constatées () ". Aux termes de l'article 7 du même arrêté : " L'annexe I du présent arrêté définit : / - les défaillances mineures n'ayant aucune incidence notable sur la sécurité du véhicule ou sur l'environnement / - les défaillances majeures susceptibles de compromettre la sécurité du véhicule, d'avoir une incidence négative sur l'environnement, ou de mettre en danger les autres usagers de la route ; / - les défaillances critiques constituant un danger direct et immédiat pour la sécurité routière ou ayant une incidence grave sur l'environnement. () ". En outre, il résulte des dispositions du paragraphe 7.11.1. a. 1. du D de l'annexe I de cet arrêté que constitue une défaillance mineure le " kilométrage relevé inférieur à celui relevé lors d'un précédent contrôle ".
9. Pour prononcer la sanction en litige, le préfet de la Seine-Saint-Denis s'est fondé sur la circonstance que la visite de surveillance de l'activité de contrôle technique du centre Prévention Auto Conseils effectuée le 9 mars 2021 avait révélé que, du 1er janvier 2020 au 23 février 2021, M. B avait procédé au contrôle de vingt-cinq véhicules au cours de périodes durant lesquelles la liaison informatique entre ce centre et le réseau Autosécurité était rompue, ce qui faisait obstacle à ce que, le cas échéant, la mention portant sur la défaillance relative à la minoration kilométrique figure sur le procès-verbal de contrôle des véhicules. Or, quatre des vingt-cinq véhicules contrôlés directement par M. B au cours de cette période auraient dû faire l'objet de la mention précitée, soit une proportion de 16%, très supérieure au taux moyen observé à partir des procès-verbaux de contrôle en présence d'une liaison informatique, qui n'est que de 2,2% pour ce qui concerne la période du 20 mai 2018 au 7 septembre 2020 et de 3,95% pour la période du 1er janvier 2020 au 28 février 2021. Ces faits ne sont pas sérieusement contestés par le requérant. En outre, si ce dernier fait valoir que l'existence d'une réduction du kilométrage d'un véhicule constitue, selon les termes de l'arrêté du 18 juin 1991 déjà mentionné, une défaillance mineure et qu'elle ne peut provoquer aucun danger, l'absence de mention d'une telle défaillance est néanmoins de nature à tromper les futurs acquéreurs des véhicules concernés sur la valeur de ces biens ainsi que sur la réalité de leur état d'usure. Ce défaut d'information peut ainsi entraîner pour ces derniers non seulement un préjudice financier mais aussi un risque pour leur sécurité. Par ailleurs, quand bien même aucun élément versé aux débats ne permet d'affirmer que ces ruptures de liaison informatique seraient imputables à M. B, il lui appartenait, en tout état de cause, en tant que contrôleur agréé, de vérifier cette liaison avant de procéder au contrôle d'un véhicule. En outre, contrairement à ce que soutient le requérant, le nombre important de ruptures de liaison constaté entre le centre de contrôle et le réseau Autosécurité, couplé au pourcentage élevé de défaillances comparé à celui de l'année précédente, sont de nature à démontrer le caractère volontaire de cette pratique. Dans ces conditions, le manquement reproché justifie la suspension de l'agrément en litige et sa durée de deux mois ne présente pas un caractère disproportionné. Ainsi, le préfet de la Seine-Saint-Denis, n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant la suspension de l'agrément du requérant pendant deux mois. Doit également être écarté le moyen tiré de ce que le préfet n'apporte pas la preuve de l'intention de M. B de dissimuler le manquement reproché.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle () ".
11. Le préfet de la Seine-Saint-Denis, auteur de la sanction en litige, ne peut être regardé comme un tribunal au sens de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de sorte que le requérant ne peut utilement se prévaloir du moyen tiré de ce que le principe de séparation des autorités de poursuite et de jugement aurait été méconnu. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
12. En sixième lieu, le requérant, qui se borne à soutenir que le principe d'égalité de traitement n'a pas été respecté et que " les mêmes manquements sont sanctionnés de façon très différentes selon les régions ou les faits sont appréciés ", ne précise pas, en l'espèce, en quoi ce principe a été méconnu, de sorte que ce moyen ne peut qu'être écarté.
13. En dernier lieu, contrairement à ce que soutient M. B, l'administration n'a pas réalisé des statistiques sur le fondement d'un échantillonnage correspondant à la période du 1er janvier 2020 au 23 février 2021, mais a relevé qu'au cours de cette période, les défaillances relatives à la minoration kilométrique de plusieurs véhicules n'étaient pas mentionnées dans les procès-verbaux établis par le centre. Le requérant ne peut donc utilement invoquer le défaut de loyauté du préfet au motif d'un échantillon qui ne serait pas représentatif. En outre, la circonstance que le préfet n'ait pas mentionné que plusieurs procès-verbaux mentionnaient des défaillances majeures, relevées par les contrôleurs techniques, que le centre requérant a connu une panne de liaison avec l'organisme technique central le 12 février 2020, et que trois des " procès-verbaux relèvent une différence kilométrique minime, ce qui induit une erreur de saisie et écarte toute volonté de fraude ", ne révèle pas un défaut de loyauté du préfet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe de loyauté doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Jimenez, présidente,
M. Charageat, premier conseiller,
Mme Nour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
La rapporteure,
C. Nour
La présidente,
J. Jimenez Le greffier,
C. Chauvey
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026