LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2110752

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2110752

jeudi 1 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2110752
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation8ème chambre
Avocat requérantSCP LETU-ITTAH-PIGNOT-ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 juillet 2021, Mme B C, représentée par Me Ittah, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier intercommunal (CHI) Robert Ballanger à lui verser une somme de 4 150 euros en réparation des préjudices subis à l'occasion de l'opération pratiquée le 22 mai 2014 ;

2°) de mettre à la charge du CHI une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité du CHI Rober Ballanger est engagée en raison des fautes commises dans sa prise en charge, dès lors qu'elle n'a pas été intubée dans les règles de l'art ;

- cette faute, à l'origine d'un bris d'une incisive supérieure, a généré des dépenses de santé à hauteur de 2 400 euros ainsi qu'un préjudice esthétique temporaire à hauteur de 1 000 euros et des souffrances endurées qui doivent être évaluées à 750 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 novembre 2021, le centre hospitalier intercommunal (CHI) Robert Ballanger conclut au rejet des demandes formulées au titre des dépenses de santé et du préjudice esthétique temporaire, à ce que l'indemnité sollicitée au titre des souffrances endurées soit ramenée à 500 euros et au rejet des conclusions formulées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, subsidiairement, à ce qu'elles soient ramenées à de plus juste proportions sans excéder 800 euros.

Elle fait valoir que :

- elle s'en rapporte à l'appréciation du tribunal s'agissant de sa responsabilité au titre du bris dentaire survenu au cours de l'intubation du 22 mai 2014 ;

- les éléments versés ne démontrent pas la réalité, la nature et le montant de frais dentaires effectivement réalisés et en lien avec le dommage survenu lors de l'intubation litigieuse ;

- la lésion subie au niveau de l'incisive ne saurait constituer un préjudice esthétique temporaire donnant lieu à réparation ;

- les souffrances endurées seront indemnisées sans excéder une somme de 500 euros ;

- la demande formulée au titre des frais de l'instance n'est pas fondée dès lors que la société hospitalière d'assurance mutuelle (SHAM), son assureur, ne conteste pas la responsabilité de son assuré, a informé la requérante de son intention de procéder à un règlement amiable, a sollicité la communication de pièces complémentaires ; subsidiairement, cette demande sera ramenée à de plus justes proportions sans excéder 800 euros.

Par une lettre du 27 avril 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Seine-Saint-Denis a indiqué ne pas intervenir à l'instance, dès lors qu'elle a notifié le

17 mai 2018 sa créance définitive d'un montant de 177,07 euros à l'assureur de CHI Robert Ballanger, qui a procédé au règlement dudit montant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 17 mai 2023 :

- le rapport de M. Breuille,

- les conclusions de M. Terme, rapporteur public,

- les observations de Me Botton substituant Me Ricouard, représentant le CHI Robert Ballanger.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C a été opérée le 22 mai 2014 à l'hôpital Robert Ballanger, sur le territoire de la commune d'Aulnay-sous-Bois, d'une thyroïdectomie totale sous anesthésie générale au centre hospitalier intercommunal (CHI) Robert Ballanger. Elle a subi au cours de l'intubation en vue de son anesthésie une lésion de l'incisive n° 11. L'expert judiciaire a déposé son rapport le 6 juillet 2017. Par un courrier du 26 avril 2021, l'intéressée a sollicité auprès du CHI l'indemnisation des préjudices résultant de sa prise en charge qu'elle estime fautive. Elle demande par la requête visée ci-dessus l'indemnisation de ses préjudices.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / () ".

3. L'intubation d'un patient en vue d'une anesthésie générale ne peut être regardée comme un geste courant à caractère bénin dont les conséquences dommageables, lorsqu'elles sont sans rapport avec l'état initial du patient, seraient présumées révéler une faute dans l'organisation ou le fonctionnement du service. La responsabilité du service public hospitalier ne peut par suite être engagée que sur le terrain de la faute prouvée.

4. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'intéressée a fait l'objet, le 28 mai 2014, d'une opération chirurgicale de la thyroïde, qui nécessitait une intubation orotrachéale, afin notamment de protéger les voies aériennes supérieures. Cependant, il ne résulte pas du rapport d'expertise que cette intubation, qui n'a pas été pratiquée en urgence, aurait directement et de manière certaine causé le dommage résultant du bris de l'incisive supérieure n° 11 de Mme C et ce même si l'expert, dans son rapport, évoque sans étayer ce point un appui trop poussé lors de la laryngoscopie. A cet égard, si l'expert a indiqué qu'avec les éléments dont il disposait, il paraît " difficile de dire que l'intubation a été pratiquée selon les règles de l'art ", il a également mentionné qu'il est " très difficile d'affirmer qu'il y a eu une faute de la part du médecin anesthésiste ". S'il résulte également de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que cette intubation était potentiellement " difficile " dès lors que l'expert a constaté, le jour de l'examen de l'intéressée le 16 novembre 2016, que la patiente relevait de la classe 3 sur 4 au score de Mallampati, présageant selon cette classification d'une intubation a priori difficile, et que ces difficultés d'intubation étaient ainsi selon l'expert prévisibles, ce dernier ne déduit pas de cette constatation qu'une protection ou des précautions particulières auraient été nécessaires lors de l'opération pratiquée en mai 2014, soit plus de deux années avant ses constatations. Aussi, si l'expert a considéré que le dommage aurait pu être évité par la pose d'une orthèse préopératoire, ce n'est que dans le cas où une fragilité particulière aurait été décelée, à la date de l'opération. Or, l'expert a affirmé, dans son rapport, qu'il n'existait aucune fragilité afférente antérieure exposant à un bris de l'incisive, en dépit de la circonstance que la SHAM, assureur du CHI, a évoqué au cours des opérations d'expertise une fragilité gingivale préexistante qui ne ressort d'aucune autre pièce versée à l'instruction et dont la requérante ne se prévaut aucunement dans ses écritures. Pour regrettable et incompréhensible qu'elle soit, l'absence de communication au cours de l'expertise, par le CHI, des pièces médicales pertinentes, notamment l'examen du document d'anesthésie et le rapport d'évènement indésirable mentionnés par l'expert, demeure, en l'état du dossier, sans incidence, en particulier sur la circonstance que la responsabilité du service public hospitalier ne peut être engagée que si une faute est démontrée. Dans ces conditions, quand bien même l'assureur du centre hospitalier a remboursé certaines sommes à la CPAM de la Seine-Saint-Denis, la requérante, qui n'invoque par ailleurs utilement aucun défaut d'information dans sa requête, ne démontre pas l'existence d'une méconnaissance des règles de l'art dans sa prise en charge et dans le processus d'intubation. Partant, elle ne démontre pas l'existence d'une faute et n'est pas fondée à soutenir que la responsabilité du CHI devrait être engagée sur ce fondement de responsabilité.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme C doivent être rejetées.

Sur les dépens :

6. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".

7. Les frais et honoraires de M. A, expert judiciaire, ont été taxés et liquidés à la somme de 1 200 euros et mis à la charge du centre hospitalier Robert Ballanger par une ordonnance n° 1504433-11 du 11 septembre 2017 du premier vice-président du tribunal. Il y a lieu de mettre ces frais à la charge définitive du centre hospitalier Robert Ballanger.

Sur les frais de l'instance :

8. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par la requérante doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La somme totale de 1 200 euros correspondant aux frais d'expertise est mise à la charge définitive du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger et à la Caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gauchard, président,

Mme Caron-Lecoq, première conseillère,

M. Breuille, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.

Le rapporteur,

L. Breuille

Le président,

L. Gauchard La greffière,

S. Jarrin

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions