mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2113412 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP ARLAUD AUCHER FAGBEMI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 28 septembre 2021, le président du tribunal administratif de Paris a transmis le dossier de la requête de la société Harmony Saloon au tribunal administratif de Montreuil.
Par cette requête, enregistrée le 11 août 2021, la société Harmony Saloon, représentée par Me Aucher, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2021 mettant à sa charge le versement d'une somme de 18 100 euros au titre de la contribution spéciale prévue par l'article L. 8253-1 du code du travail et d'une somme de 2 553 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que la décision du 10 juin 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décision contestées sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'une violation des droits de la défense et du principe du contradictoire, en méconnaissance de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'OFII ne peut légalement se fonder sur un procès-verbal alors que seul le Procureur de la République est compétent pour poursuivre les infractions ;
- l'OFII méconnait l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire enregistré le 14 décembre 2021, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable, à défaut de production de la décision attaquée, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Marias, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Parent, rapporteure publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. La société Harmony Saloon, qui exploite un salon de coiffure à Neuilly-sur-Marne, a fait l'objet, le 15 mai 2019, d'un contrôle de police au cours duquel a été constaté, par un procès-verbal dressé le même jour, la présence en action de travail d'un ressortissant nigérian, dépourvu de titre de séjour et de travail et non déclaré. Après l'avoir invitée par courrier du 1er février 2021 à présenter ses observations, l'OFII, par décision du 16 mars 2021 confirmée sur recours gracieux le 10 juin 2021, a mis à sa charge la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, pour un montant de 18 100 euros et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement pour un montant de 2 553 euros. La société Harmony Saloon demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 16 mars 2021
2. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 5, R. 612-1, R. 611-1 et R. 611-3 du code de justice administrative qu'il appartient au juge administratif d'inviter l'auteur d'une requête entachée d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte en cours d'instance à la régulariser et qu'il doit être procédé à cette invitation par lettre remise contre signature ou par tout autre dispositif permettant d'attester la date de réception. A cet égard, la communication au requérant par lettre simple d'un mémoire en défense soulevant une fin de non-recevoir ne saurait, en principe, dispenser le juge administratif de respecter l'obligation ainsi prévue, à moins qu'il ne soit établi par ailleurs que le mémoire en défense a bien été reçu par l'intéressé.
3. En l'espèce, il ressort de l'examen du dossier que l'OFII a opposé la fin de non-recevoir tirée du défaut de production de la décision du 16 mars 2021 dans un mémoire en défense enregistré le 14 décembre 2021 sur Télérecours et que ce mémoire a été communiqué le 14 décembre 2021 à l'avocat de la société requérante, qui, n'a jamais remédié à cette irrecevabilité, comme il lui était pourtant loisible de le faire. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par l'OFII doit être accueillie et les conclusions dirigées contre cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions de la requête dirigées contre la décision du 10 juin 2021
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " () doivent être motivées les décisions qui infligent une sanction ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par la présente loi doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit el de lait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte de ces dispositions qu'une décision qui met à la charge d'un employeur la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui fondent cette sanction, Il ressort des pièces du dossier que la décision prise le 10 juin 2021 par le directeur général de l'OFII mentionne les articles L. 8251-1, L. 8253-1 et R. 5221-41 du code du travail, qui définissent le manquement et la sanction et déterminent son mode de calcul, qu'elle indique que la sanction est infligée en raison de l'emploi irrégulier d'un salarié étranger, qu'elle désigne, mentionne les circonstances de fait caractérisant l'infraction et répond de surcroît à l'argument présenté par la société Harmony Saloon selon lequel elle n'a pas fait l'objet d'une amende pénale. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.
5. Ainsi qu'il a été dit au point 1, la société Harmony Saloon a été invitée, par courrier du 1er février 2021, à présenter ses observations. Elle n'est par suite pas fondée à soutenir qu'elle n'a pu fournir d'explications sur l'infraction relevée à son encontre. La seule circonstance qu'elle n'ait pas eu communication du procès-verbal n'est pas de nature à caractériser une méconnaissance des droits de la défense et du principe du contradictoire, dès lors que la société requérante n'établit ni même n'allègue qu'elle aurait sollicité en vain la copie de ce document. Il suit de là que l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'a pas été méconnu.
6. L'article L. 8251-1 du code du travail dispose que : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. / () ".
7. Il ressort du procès-verbal d'infraction versé au dossier, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, qu'un ressortissant nigérian a été trouvé en action de travail dans le salon de coiffure, une tondeuse à la main, en train de couper les cheveux d'un client et que le gérant a admis qu'il connaissait la situation irrégulière de son employé. La société requérante ne peut utilement soutenir que le Procureur de la République n'a pas engagé de poursuites judiciaires à son encontre et qu'elle n'a jamais été pénalement sanctionnée pour ces faits, cette circonstance, compte-tenu de l'indépendance des procédures administrative et judiciaire, ne pouvant interdire à l'OFII de mettre en œuvre le recouvrement des contributions litigieuses, à partir de sa propre appréciation des faits. Il s'ensuit que l'OFII n'a pas entaché sa décision d'un vice de procédure et n'a pas méconnu les dispositions précitées. Pour les mêmes motifs, l'OFII a pu légalement, en application des dispositions de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mettre à la charge de l'intéressée la contribution forfaitaire représentative des frais d'acheminement.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Harmony Saloon doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Harmony Saloon est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Harmony Saloon et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 11 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Baffray, président,
- M. Marias, premier conseiller,
- M. Bernabeu, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
Le rapporteur,Le président,
H. MariasJ.-F. BaffrayLa greffière,
A. Macaronus
La République mande et ordonne à l'Office français de l'immigration et de l'intégration en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2113412
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026