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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2114534

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2114534

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2114534
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantMORAND - LAHOUAZI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2021, Mme C A, représentée par Me Morand-Lahouazi, demande au tribunal :

1°) de condamner la commune de Tremblay-en-France à lui verser la somme de 80 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Tremblay-en-France de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle " en prenant des mesures adaptées pour lui assurer des conditions de travail sereines et exemptes de tout harcèlement moral " ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Tremblay-en-France la somme de 3 000 euros au titre des frais exposés par elle " dans la cadre de la présente procédure ".

Elle soutient que :

- la décision implicite de rejet du recours indemnitaire préalable est entachée d'un défaut de motivation ;

- la responsabilité de la commune de Tremblay-en-France est engagée en raison du harcèlement moral qu'elle a subi et de l'absence de mise en œuvre de mesures de protection fonctionnelle par son employeur ;

- elle a subi un préjudice de carrière évalué à la somme de 60 000 euros ;

- elle a subi un préjudice moral à hauteur de 15 000 euros.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 13 mai 2024, la commune de Tremblay-en-France, représentée par Me Peru, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 13 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 juin 2024.

Par une lettre du 26 août 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,

- les conclusions de M. Colera, rapporteur public,

- les observations de Me Ollivier, substituant Me Morand-Lahouazi, représentant Mme A,

- et les observations de Me Regis, substituant Me Peru, représentant la commune de Tremblay-en-France.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été recrutée par la commune Tremblay-en-France le 23 novembre 1998 en qualité d'adjoint administratif territorial. Elle exerçait depuis 2012 ses fonctions au sein du service " Développement des loisirs sénior ". Elle a sollicité, par un courrier du 7 septembre 2020 le bénéfice de la protection fonctionnelle en raison des insultes proférées par une de ses collègues le 20 août 2020. Estimant avoir été victime de faits de harcèlement moral sans que des mesures de protection ne soient prises, elle a sollicité, par un courrier reçu le 23 juin 2021 par la commune de Tremblay-en-France, l'indemnisation de ses préjudices. Mme A demande au tribunal, d'une part, de condamner la commune de Tremblay-en-France à lui verser la somme de 80 000 euros en réparation de ses préjudices résultant du harcèlement moral qu'elle a subi et, d'autre part, de l'absence de mise en œuvre de la protection fonctionnelle par son employeur et d'enjoindre au maire de la commune de Tremblay-en-France de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la légalité de la décision implicite de rejet de la demande indemnitaire préalable :

2. La décision implicite par laquelle la commune de Tremblay-en-France a rejeté la demande indemnitaire préalable de Mme A reçue le 23 juin 2021 a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la requérante qui, en formulant des conclusions indemnitaires, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Ainsi, au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit du requérant à percevoir les sommes qu'il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux, sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision implicite de rejet de la demande indemnitaire préalable doit être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le harcèlement moral :

3. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version alors en vigueur : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. () ".

4. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral, revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

5. Mme A soutient qu'elle a été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de la part de ses collègues et de sa supérieure hiérarchique depuis le mois de janvier 2020, qui ont conduit à une dégradation de ses conditions de travail et de son état de santé. Elle fait valoir qu'elle a été placée en arrêt de travail du 25 août au 8 décembre 2020 pour état anxiodépressif.

6. Il résulte de l'instruction, notamment des écritures circonstanciées de la requérante, corroborées par le courrier du 23 janvier 2020 adressé au Syndicat Sud CT Solidaire et l'attestation d'un agent du service, témoin direct des faits en date du 11 octobre 2020 que, le 23 janvier 2020, alors qu'elle formait un agent nouvellement affecté dans le service, une de ses collègues lui a reproché de ne rien faire. Il résulte également de l'instruction que, devant leur responsable venue s'entretenir de la situation, cette collègue lui a ordonné par des propos violents de quitter son bureau. Si la commune fait valoir que Mme A " a choisi de monter en épingle une remarque humoristique ou ironique de l'une de ses collègues ", ce qui a favorisé les tensions entre les collègues, les propos de la collègue de Mme A, compte tenu de leur teneur, ne peuvent être regardés comme relevant de l'humour. En outre, si la commune soutient que la responsable de Mme A, qui occupe les fonctions de directrice du service " Développement des loisirs séniors ", a eu un comportement adapté en demandant à sa collègue de cesser de provoquer les membres de l'équipe puis en demandant à chacune de regagner son poste, elle n'établit pas cette allégation alors que, par un courriel du 10 mai 2024, la responsable de Mme A affirme seulement ne pas se souvenir précisément de l'altercation et indique qu'elle " pense être intervenue " en tant que manager en apaisant les tensions pour que chacun reprenne ses missions.

7. Mme A soutient que le 2 juillet 2020, elle a posé une question à sa responsable afin d'obtenir le numéro de téléphone d'une de ses collègues et qu'elle lui a répondu de manière désobligeante et dégradante, que sa responsable est ensuite revenue dans son bureau pour l'insulter et la dévaloriser, qu'elle l'a ensuite bousculée en lui demandant de manière agressive de la regarder quand elle lui parlait et, alors que Mme A se rendait vers les bureaux des responsables des ressources humaines, elle l'a bousculée à nouveau en la poursuivant et en hurlant. Si la commune soutient que la responsable de Mme A conteste ces faits " tout en rappelant que lorsqu'elle doit rappeler à l'ordre Mme A, elle le fait en tête-à-tête et hors la présence des usagers ou des collègues ", il résulte seulement du courriel du 10 mai 2024 de la responsable qu'elle produit qu'elle a déclaré qu'elle " ne pense pas que cela soit arrivé ". Il résulte au contraire de l'instruction que Mme A a dénoncé de manière précise et circonstanciée ces faits par un courrier du jour même adressé au Syndicat Sud CT Solidaires 93. Si la commune fait valoir qu'il est arrivé à la responsable de Mme A de reprocher, à bon droit, à l'intéressée son comportement avec des usagers âgés en refusant notamment de rendre la monnaie alors même qu'elle disposait de l'accès au coffre, cette circonstance est sans incidence sur la réalité des agissements dont Mme A a été victime le 2 juillet 2020, qui outrepassent l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

8. Il résulte de l'instruction notamment des attestations d'agents du service versés au dossier que, le 20 août 2020, une des collègues de Mme A a critiqué ses tenues vestimentaires et a proféré des insultes à son encontre par messages vocaux envoyés sur le groupe " WhatsApp ", ouvert à toute l'équipe. L'intéressée a déposé une main courante le 24 août 2020 à l'encontre de sa collègue en raison de ces faits et a adressé des courriers des 25 et 29 août 2020 au Syndicat Sud CT Solidaires 93 et au maire de la commune dans lesquels elle relate de manière précise et circonstanciée lesdits faits. Si la commune fait valoir que la responsable de Mme A a parfaitement réagi, toutefois, la commune se borne à se prévaloir de la réponse, par message téléphonique écrit, de cette dernière dans ladite conversation, dans laquelle elle indique qu'elle est outrée par les messages et qu'elle règlera la situation à son retour. Par ailleurs, il résulte du compte-rendu de la réunion du CHSCT du 25 septembre 2020 qu'il a été indiqué que l'agent auteur des insultes sera reçue par la directrice des ressources humaines à son retour d'arrêt maladie. Si la commune soutient également que Mme A est en partie responsable des tensions existantes au sein du service, la seule circonstance, invoquée par la commune, selon laquelle la collègue de

Mme A s'est sentie mise à l'écart au sein de l'équipe, ne saurait justifier les insultes proférées à l'encontre de l'intéressée, et ce, nonobstant la circonstance que c'est par erreur que ledit message vocal a été envoyé au sein du groupe réservé à l'équipe du travail et non à une seule collègue.

9. La requérante soutient que, le 18 décembre 2020, sa responsable lui a demandé de prendre ses congés avant la fin de l'année en des termes désobligeants et agressifs afin de la pousser à quitter le service rapidement. La requérante soutient également que sa responsable lui a proposé de lui donner des heures récupération afin qu'elle ne revienne pas au sein du service et qu'elle a repris une partie de ses propos par un courriel du 21 décembre 2020. Si la commune fait valoir que la responsable de Mme A a eu un comportement parfaitement adapté et s'est adressée de manière courtoise à Mme A dans l'échange de courriels qui a fait suite à ladite conversation, elle ne conteste toutefois pas la teneur des propos tenus par la responsable de Mme A qui révèle un comportement qui excède les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

10. En revanche, si la requérante soutient qu'au retour de son arrêt maladie, en décembre 2020, elle a fait l'objet d'un isolement de la part de sa responsable et que celle-ci l'ignorait, elle ne fait état d'aucun fait précis ou circonstancié. En particulier, si elle soutient que lors de la distribution des colis de noël, elle était la seule à ne pas avoir été intégrée à un binôme, il ressort du courrier du 30 décembre 2020 adressé par Mme A au maire de la commune le 30 décembre 2020 que l'intéressée a participé à la distribution des colis de fin d'année et qu'elle n'était pas isolée.

11. Enfin, la requérante soutient qu'elle a subi une mise à l'écart au sein de son équipe dès lors que, par un courrier du 21 décembre 2020, sa responsable l'a affectée seule au sein de l'espace Thomas, fermé au public en raison de la crise sanitaire, alors que l'ensemble de ses collègues étaient affectés au sein de l'espace Henri Barbusse. Elle soutient en particulier qu'elle y a été affectée le 11 février 2021 alors que le reste de l'équipe fêtait l'anniversaire d'un agent dans le service dont elle avait été éloignée. Toutefois, il résulte de la fiche de poste de Mme A que son lieu de travail est désigné comme étant " toutes les structures dédiées à l'accueil des séniors ". Il résulte par ailleurs de l'instruction, notamment du planning produit en défense, que l'ensemble de l'équipe de la direction change de lieu d'affectation selon les jours de la semaine et qu'il arrivait à Mme A, avant même le mois de décembre 2020, d'être affectée en binôme au sein de l'espace Thomas. Il en résulte également que, même pendant la période de crise sanitaire, des agents autres que Mme A, étaient affectés au sein de cet espace. La requérante, qui ne produit pas le courriel du 21 décembre 2020, n'établit, ni même n'allègue, qu'elle aurait été affectée de manière permanente au sein de l'espace Thomas. Par ailleurs, la commune soutient, sans être contredite sur ce point, que c'est à sa demande que Mme A a été affectée, le jeudi 11 février 2021, au sein de l'espace Thomas. Enfin, la circonstance que ce même jour Mme A a fait une chute à la suite d'un vertige et s'est blessée à la jambe et au dos, n'est pas de nature, en elle-même, à révéler une volonté d'isolement.

12. Il résulte de ce qui a été exposé aux points 5 à 9 que Mme A apporte, dans le cadre du débat contradictoire, des faits de nature à permettre de présumer l'existence d'un harcèlement moral à son encontre. En défense, si la commune fait valoir que Mme A était en difficulté professionnelle sur son poste, cette circonstance n'est pas de nature à justifier les faits de harcèlement moral à son encontre. Par ailleurs, si la commune fait valoir que Mme A a alimenté les tensions existantes entre ses collègues, elle ne l'établit pas. Enfin, si la commune se prévaut du rapport du cabinet " Accolade " mandaté par elle, celui-ci ne tire aucune conclusion s'agissant de l'existence ou non d'une situation de harcèlement moral au sein du service auquel appartient Mme A. Dans ces conditions, la commune de Tremblay-en-France n'apporte pas d'éléments de nature à démontrer que les agissements en cause auraient été justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement.

13. Dès lors, il résulte de tout ce qui précède que les agissements répétés subis par Mme A doivent être regardés comme constituant un harcèlement moral au sens et pour l'application des dispositions précitées de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983. Mme A est par suite fondée à soutenir que la commune de Tremblay-en-France a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.

En ce qui concerne l'absence de mise en œuvre de la protection fonctionnelle :

14. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983, dans sa version alors en vigueur : " () IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. () ".

15. Par courrier du 7 septembre 2020, Mme A a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle au titre du harcèlement moral en raison des insultes proférées par une de ses collègues le 20 août 2020. Il résulte de ce qui a été précédemment exposé que ces faits sont constitutifs d'injures et sont de nature à justifier l'octroi d'une protection fonctionnelle en application de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983. Or, la commune de Tremblay-en-France n'établit pas avoir pris des mesures concrètes de protection de Mme A. Par suite, la commune de Tremblay-en-France a commis une illégalité fautive en refusant de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle à raison de ces faits, de nature à engager sa responsabilité.

En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices :

16. En premier lieu, la requérante soutient qu'elle a subi un préjudice de carrière dès lors qu'elle ne peut plus suivre de formation du fait de son anxiété et qu'elle a subi une perte de confiance en elle, qu'elle ne sera plus en mesure d'exercer ses fonctions au sein du service " Développement loisirs des séniors ", qu'elle sera contrainte d'accepter une mutation et qu'elle aura des difficultés pour retrouver un emploi du fait de son âge. S'il résulte de l'instruction que Mme A a été mutée au sein d'un nouveau service le 1er novembre 2022, toutefois, elle n'établit pas en quoi il en aurait résulté pour elle un préjudice de carrière. Par suite, la requérante n'établit pas le caractère certain de son préjudice. Il n'y a dès lors pas lieu de lui accorder une indemnisation à ce titre.

17. En second lieu, la requérante soutient qu'elle a subi un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence dès lors qu'elle a subi une dégradation de ses conditions de travail et a développé un état anxiodépressif chronique. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence subis par Mme A en raison des agissements de harcèlement moral qu'elle a subi sur la période de janvier 2020 à décembre 2020 en le fixant à la somme de 3 000 euros.

18. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la commune de Tremblay-en-France à verser à Mme A la somme de 3 000 euros en réparation de ses préjudices.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ". Lorsque le juge administratif statue sur un recours indemnitaire tendant à la réparation d'un préjudice imputable à un comportement fautif d'une personne publique et qu'il constate que ce comportement et ce préjudice perdurent à la date à laquelle il se prononce, il peut, en vertu de ses pouvoirs de pleine juridiction et lorsqu'il est saisi de conclusions en ce sens, enjoindre à la personne publique en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets.

20. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A, qui a été affectée au service vacances de la division de l'action éducative et loisirs depuis le 1er novembre 2022, est actuellement exposée à la situation de harcèlement moral dont elle faisait l'objet. Dans ces conditions, les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Tremblay-en-France réclame au titre des frais liés au litige. Il y a lieu, en revanche et dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Tremblay-en-France, qui est la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme de 1 500 euros à Mme A, au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Tremblay-en-France est condamnée à verser à Mme A la somme de 3 000 euros en réparation de ses préjudices.

Article 2 : La commune de Tremblay-en-France versera une somme de 1 500 euros à Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Tremblay-en-France en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Tremblay-en-France.

Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Deniel, présidente,

Mme Therby-Vale, première conseillère,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.

La rapporteure,La président,Mme BazinMme Deniel

La greffière,Mme B

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne, et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2114534

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