jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2114618 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | SCP D AVOCATS SAIDJI ET MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 octobre 2021, M. C D, représenté par Me Hamdi, demande au tribunal de condamner l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser une somme totale de 277 430 euros en réparation des préjudices subis à la suite de l'infection nosocomiale contractée à l'hôpital Avicenne en 2013.
Il soutient que :
- la responsabilité du centre hospitalier est engagée en raison de l'infection nosocomiale contractée à l'hôpital Avicenne, même en l'absence de faute ; aucune cause étrangère de nature à exonérer l'hôpital de sa responsabilité n'est démontrée ;
- il a subi plusieurs préjudices en lien direct avec cette infection, qui doivent être indemnisés à hauteur de 2 000 euros s'agissant du déficit fonctionnel temporaire, 5 000 euros s'agissant du déficit fonctionnel permanent, 242 580 euros pour la perte de gains professionnels futurs, 5 000 euros au titre du préjudice d'agrément, 1 850 ou 2 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 2 000 euros au titre du préjudice esthétique définitif, 5 000 euros au titre du préjudice sexuel, 5 000 euros au titre du préjudice d'établissement, 8 000 euros au titre du préjudice permanent exceptionnel et 6 000 euros au titre des souffrances endurées.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 décembre 2021, l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Saidji, conclut à sa mise hors de cause et au rejet des demandes du requérant.
Il fait valoir que les séquelles présentées par le requérant sont en lien avec sa pathologie lombaire et non avec l'infection post-opératoire, qu'aucun déficit fonctionnel permanent imputable à l'infection nosocomiale contractée n'a été retenu par l'expert et qu'en l'absence de déficit fonctionnel permanent supérieur à 25 %, il n'a pas vocation à intervenir en réparation des conséquences dommageables de l'infection.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2022, l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) conclut au rejet de la requête et à titre subsidiaire à une indemnisation seulement partielle des préjudices invoqués.
Elle fait valoir que :
- la requête n'est pas recevable dès lors qu'à la date de son enregistrement, la proposition d'indemnisation du 11 décembre 2019 était devenue définitive ;
- à titre subsidiaire, elle ne conteste pas le principe de sa responsabilité ;
- les préjudices esthétique définitif, fonctionnel permanent, sexuel, d'agrément, d'établissement, permanent exceptionnel et de perte de gains professionnels futurs doivent être écartés ; les prétentions indemnitaires doivent pour le reste être réduites à de plus justes proportions, s'agissant du déficit fonctionnel temporaire, du préjudice esthétique temporaire et des souffrances endurées.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit d'observations.
Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 1er février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 avril 2023 :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Terme, rapporteur public,
- les observations de Me Hamdi, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, souffrant de douleurs lombaires, a été hospitalisé à l'hôpital Avicenne, relevant de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), du 26 avril au 15 mai 2013, pour une " lombosciatique L5 bilatérale " diagnostiquée à cette occasion, puis du 9 au 13 juin 2013, séjour au cours duquel il a fait l'objet, le 10 juin 2013, d'une laminectomie. L'intéressé, souffrant de fièvre et de douleurs, s'est ensuite rendu aux urgences le 24 juin 2013 et a fait l'objet d'une nouvelle hospitalisation à compter de cette date jusqu'au 11 juillet 2013. Un écoulement purulent au niveau de la cicatrice ayant été constaté, l'intéressé a alors subi une nouvelle opération le 25 juin 2013 pour traiter un sepsis post opératoire. Il demande l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de sa prise en charge à l'hôpital Avicenne.
Sur la recevabilité :
2. Aux termes de l'article R. 421 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
3. Le requérant a, par l'intermédiaire de son conseil qui avait qualité pour le faire, par un courrier réceptionné par les services de l'AP-HP le 27 juillet 2021, formulé une contre-proposition à celle, spontanée, formulée à la suite du dépôt du rapport d'expertise judiciaire par l'AP-HP par un courrier du 11 décembre 2019 notifié le 16 décembre suivant. Cette contre-proposition du requérant, qui mentionne le fait générateur de la demande soit l'infection nosocomiale contractée en 2013 à l'hôpital Avicenne et chiffre au demeurant les différents préjudices dont il est demandé indemnisation, constitue une demande indemnitaire préalable qui a fait naître, à l'expiration d'un délai de deux mois, une décision implicite de rejet le 27 septembre 2021. Une décision de refus de faire droit à cette demande, par laquelle l'AP-HP a maintenu sa proposition d'indemnisation initiale, datée du 21 octobre 2021 et qui a été notifiée au requérant le 27 octobre 2021, postérieurement à l'enregistrement de la requête le
25 octobre 2021, s'est substituée à cette décision implicite. Seule la décision, d'abord implicite puis expresse, prise par l'AP-HP et faisant suite à la demande du requérant préalablement formée devant l'administration, est de nature, en application des dispositions précitées au point 2 du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, à lier le contentieux. Par ailleurs, la requête a été déposée dans le délai de recours courant à compter de cette décision seule à même de lier le contentieux. La fin de non-recevoir tiré de la tardiveté de la requête doit, dans ces conditions, être écartée.
Sur la mise en cause de l'ONIAM et la mise en œuvre de la solidarité nationale :
4. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, () une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient () lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ".
5. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que si M. D a présenté des signes d'infection à la suite d'une opération réalisée le
10 juin 2013 au sein de l'hôpital Avicenne, relevant de l'AP-HP, il n'a enduré aucun déficit fonctionnel permanent en lien avec cette infection. Dès lors, les conditions de mise en œuvre d'une indemnisation au titre de la solidarité nationale, prévues par les dispositions précitées au point 4, du dommage subi par M. D du fait de cette infection nosocomiale ne sont pas remplies. Par suite, l'ONIAM est fondé à demander en l'espèce sa mise hors de cause.
Sur la responsabilité de l'AP-HP :
En ce qui concerne le principe de responsabilité :
6. Aux termes du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
7. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert, que M. D a présenté des signes d'infection à la suite d'une opération d'une lombosciatique avec canal lombaire étroit, par une " laminectomie L4 L5 ", réalisée le 10 juin 2013 au sein de l'hôpital Avicenne relevant de l'AP-HP. Des prélèvements ont identifié une infection à Propionum acnes, ayant nécessité une nouvelle intervention le 25 juin 2013 ainsi qu'un traitement antibiotique. L'AP-HP n'établissant ni même n'alléguant que cette infection aurait une cause étrangère, sa responsabilité, qu'elle ne conteste pas, est engagée.
En ce qui concerne les préjudices :
S'agissant de la fraction du préjudice réparable :
8. Dans le cas où une infection nosocomiale a compromis les chances d'un patient d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de cette infection et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
9. M. D soutient que l'infection nosocomiale a aggravé son état de santé et que dès 2014 et encore aujourd'hui, il souffre toujours de douleurs lombaires. Il résulte cependant de l'instruction que l'expert judiciaire a estimé que les préjudices subis qu'il a évalués, d'ailleurs tous antérieurs à la consolidation, présentent un lien direct et exclusif avec l'infection nosocomiale. Par suite, le requérant est fondé à demander l'indemnisation de l'ensemble des préjudices résultant exclusivement de cette infection.
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
10. Si le requérant se prévaut d'une perte de gains professionnels futurs en indiquant ne plus travailler depuis le mois de juillet 2013, il ne résulte pas de l'instruction et il ne ressort notamment pas de l'expertise judiciaire que l'état de santé du requérant, en raison de l'infection nosocomiale contractée, consolidée le 24 décembre 2013 et qui n'a engendré ensuite aucun déficit fonctionnel permanent, aurait entraîné un préjudice professionnel postérieur à la consolidation, quand bien même il verse à l'instruction un arrêt de travail datant du
4 janvier 2014 évoquant seulement l'intervention chirurgicale subie en juin 2013. Par ailleurs, s'agissant d'une éventuelle perte de gains professionnels actuels, antérieure à la consolidation de son état résultant de l'infection nosocomiale fixée au 24 décembre 2013, M. D ne démontre pas, par les pièces versées à l'instruction, qu'il travaillait avant son opération de juin 2013 ni surtout que ce travail aurait été interrompu à compter du mois de juillet 2013 en raison des complications dues à l'infection nosocomiale contractée, en ne versant qu'un arrêt de travail antérieur à l'opération, daté du 27 février 2013 jusqu'au 26 avril 2013 en raison de son état antérieur et notamment d'une " paralysie faciale " et d'une " sciatique ", et un autre, déjà évoqué, datant du 4 janvier 2014 largement postérieur à cette opération et à la date d'interruption alléguée. L'existence du préjudice professionnel allégué n'est donc pas établie.
S'agissant des préjudices extra-patrimoniaux :
Au titre des préjudices extra-patrimoniaux temporaires :
11. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que l'infection nosocomiale a entraîné un déficit fonctionnel temporaire total du 24 juin au 11 juillet 2013, soit dix-sept jours, correspondant à la période d'hospitalisation du requérant rendue nécessaire afin de remédier à l'infection. En outre, l'infection a entraîné un déficit temporaire partiel dont l'indice de gravité a été estimé à 25 % de la gêne totale, en raison de l'utilisation d'une canne anglaise, sur la période allant du 12 juillet au 12 septembre 2013, soit soixante-deux jours, ainsi qu'un déficit temporaire partiel de 10 %, sur la période allant du 13 septembre au 24 décembre 2013, soit cent-deux jours. Dès lors, il sera fait une juste appréciation des préjudices en allouant au requérant la somme de 726 euros, laquelle tient compte d'un taux journalier de 17 euros.
12. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment de l'expertise judiciaire, que les souffrances liées à la complication de l'état de santé de M. D, et seulement imputables à l'infection, doivent être évaluées à 3 sur une échelle de 1 à 7. Etant donné que l'intéressé n'a, en raison de son infection nosocomiale, subi qu'une intervention supplémentaire, il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées par M. D en lui allouant une indemnité de 3 500 euros.
13. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, notamment de l'expertise judiciaire, que l'infection nosocomiale a entrainé un préjudice esthétique temporaire du 12 juillet 2013 au 12 septembre 2013, période d'utilisation d'une canne anglaise, évalué à 2 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à une somme de 500 euros.
Au titre des préjudices extra-patrimoniaux permanents :
14. En premier lieu il ne résulte pas de l'instruction et ne ressort notamment pas de l'expertise judiciaire que l'infection nosocomiale aurait, à elle-seule, entrainé un déficit fonctionnel permanent qui ne soit aucunement lié à la pathologie lombaire préexistante dont souffre le requérant. Par suite, la demande doit être écartée.
15. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction, eu égard notamment à l'expertise judiciaire, que l'infection nosocomiale aurait, à elle-seule, entrainé un préjudice esthétique permanent, l'expert retenant, sans que cela soit sérieusement contesté, que le préjudice esthétique subi par le requérant est en relation avec la pathologie lombaire initiale et n'est pas imputable à l'infection. Par suite, la demande doit être écartée.
16. En troisième lieu, il ne résulte pas de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que M. D aurait dû abandonner la pratique de la musculation en raison de l'infection nosocomiale contractée et non en raison des douleurs lombaires. Par suite, le requérant n'est pas fondé à demander la réparation d'un préjudice d'agrément dû à l'infection nosocomiale contractée.
17. En quatrième lieu, il ne résulte pas de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que M. D souffrirait, en raison de l'infection nosocomiale contractée, de troubles de l'érection, lesquels sont en tout état de cause antérieurs à son hospitalisation de juin 2013 ainsi que l'admet le requérant dans ses écritures. Par suite, le requérant n'est pas fondé à demander la réparation d'un préjudice sexuel dû à l'infection nosocomiale contractée.
18. En cinquième lieu, pour les mêmes raisons, le requérant ne justifie pas d'un préjudice d'établissement, qui consisterait selon lui en l'impossibilité de fonder une famille et qui aurait été causé par l'infection nosocomiale subie.
19. En sixième lieu, le requérant, en invoquant sans plus de précision les " traitements médicamenteux ", les " nombreuses interventions chirurgicales " ainsi que son " état de handicap " qui lui causerait des " troubles d'anxiété permanente ", son taux d'incapacité ayant été considéré comme inférieur à 50 % le 14 avril 2015 par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), ne justifie pas de préjudices permanents exceptionnels résultant de l'infection nosocomiale.
20. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a seulement lieu de condamner l'AP-HP à verser à M. D la somme de 4 726 euros en réparation des préjudices subis et résultant exclusivement de l'infection nosocomiale contractée.
Sur les frais d'expertise :
21. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".
22. Les frais et honoraires de M. B, expert judiciaire, ont été taxés et liquidés à la somme de 2 045, 40 euros et avancés par l'Etat par une ordonnance n° 1809312 du 27 février 2020 du président du tribunal. Il y a lieu de mettre ces frais à la charge définitive de l'AP-HP.
D E C I D E :
Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est mis hors de cause.
Article 2 : L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris est condamné à verser M. D la somme de 4 726 euros au titre des préjudices subis à raison de l'infection nosocomiale contractée.
Article 3 : La somme totale de 2 045, 40 euros correspondant aux frais d'expertise est mise à la charge définitive de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Me Hamdi, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Seine-Saint-Denis.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gauchard, président,
Mme Caron-Lecoq, première conseillère,
M. Breuille, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
Le rapporteur,
L. A
Le président,
L. Gauchard La greffière,
S. Jarrin
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026