mercredi 22 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2115005 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | YTURBIDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 octobre 2021, Mme E C, représentée par Me Yturbide, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a implicitement confirmé la décision du 9 février 2018 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis lui a notifié un indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 794,35 euros et un indu de prime d'activité d'un montant de 494,67 euros ;
2°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis et du département de la Seine-Saint-Denis le versement des dépens et d'une somme de 950 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'indu de revenu de solidarité active est insuffisamment motivé dès lors qu'il n'est justifié ni en son principe, ni quant à son quantum ;
- l'indu de revenu de solidarité active n'est pas fondé dès lors qu'elle a indiqué à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis que son fils avait quitté le foyer à compter du 12 septembre 2016, de sorte que la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis l'avait nécessairement pris en compte pour le calcul de ses droits au revenu de solidarité active d'octobre 2016 à janvier 2018 et de ses droits à la prime d'activité d'avril à juin 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 novembre 2023, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir, d'une part, que la requête est irrecevable car tardive dès lors que la requérante n'avait que jusqu'au 20 octobre 2021 pour former sa requête et, d'autre part, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Le département de la Seine-Saint-Denis a produit des observations, enregistrées le 6 novembre 2023, et qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Bernabeu, conseiller, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu, au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Bernabeu ;
-et les observations de Mme B, représentant la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis, Mme C n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, bénéficiaire du revenu de solidarité active, a formulé un changement de situation le 5 février 2018. Par un courrier du 9 février 2018, la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis lui a notifié un indu de revenu de solidarité active pour la période d'octobre 2016 à janvier 2018 d'un montant de 2 794,345 euros et de prime d'activité pour la période d'avril à juin 2017 d'un montant de 494,67 euros. Par un courrier du 20 juin 2021, Mme C a formé un recours administratif à l'encontre de cet indu devant le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant l'annulation de la décision par laquelle le président du conseil départemental a implicitement confirmé ces indus.
Sur les conclusions relatives aux indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité :
2. Lorsque le juge administratif est saisi d'un recours dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans son office d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental [] ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. /A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : [] 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ". Aux termes de l'article L. 232-4 du code précité : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. /Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
4. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme C aurait formulé une demande de communications des motifs de la décision par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a confirmé les indus de revenu de solidarité active et de prime d'activité mis à sa charge par la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis. Par suite, l'intéressée ne saurait utilement soulever l'insuffisance de motivation de la décision implicite du président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis pour contester la régularité de la décision de récupération d'indu.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. / Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire ". Aux termes de l'article R. 262-1 du code précité : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 applicable à un foyer composé d'une seule personne est majoré de 50 % lorsque le foyer comporte deux personnes. Ce montant est ensuite majoré de 30 % pour chaque personne supplémentaire présente au foyer et à la charge de l'intéressé. Toutefois, lorsque le foyer comporte plus de deux enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge, à l'exception du conjoint, du partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou du concubin de l'intéressé, la majoration à laquelle ouvre droit chacun de ces enfants ou personnes est portée à 40 % à partir de la troisième personne [] ". Aux termes de l'article R. 262-3 du code précité : " Pour le bénéfice du revenu de solidarité active, sont considérés comme à charge : /1° Les enfants ouvrant droit aux prestations familiales ; /2° Les autres enfants et personnes de moins de vingt-cinq ans qui sont à la charge effective et permanente du bénéficiaire à condition, lorsqu'ils sont arrivés au foyer après leur dix-septième anniversaire, d'avoir avec le bénéficiaire ou son conjoint, son concubin ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité un lien de parenté jusqu'au quatrième degré inclus ".
6. Il résulte de ces dispositions que, pour calculer le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, ainsi que pour déterminer le droit d'une personne isolée assumant la charge d'un ou plusieurs enfants à la majoration de ce montant forfaitaire en application de l'article L. 262-9 du même code, doivent être regardés comme à la charge de l'allocataire du revenu de solidarité active les enfants ouvrant droit aux prestations familiales, ainsi que les autres enfants à sa charge effective et permanente, sous réserve des conditions définies au 2° de l'article R. 262-3 du même code.
7. Il résulte de l'instruction que Mme C a, contrairement à ce qu'elle soutient, continué à déclarer son fils D C comme étant présent au foyer et à sa charge, ainsi que l'atteste les différentes déclarations de ressources qu'elle a effectuées les 3 avril, 3 juillet et 4 octobre 2016, 2 janvier, 22 avril, 1er juillet et 2 octobre 2017 et 3 janvier 2018, et n'a informé la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis du départ de son fils du foyer familial qu'à compter du 5 février 2018. Il s'ensuit que l'indu de revenu de solidarité active est légalement fondé sur la perception à tort par Mme C de la part de son fils pour la période courant du mois d'octobre 2016 à janvier 2018, ainsi que l'indu de prime d'activité pour la période d'avril à juin 2017.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis a implicitement confirmé les indus de revenu de solidarité active pour la période d'octobre 2016 à janvier 2018 et de prime d'activité pour la période d'avril à juin 2017 mis à charge.
Sur les frais d'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, les sommes demandées au titre des dépens et des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, au ministre de la santé et de la prévention et à la caisse d'allocations familiales de la Seine-Saint-Denis.
Copie en sera adressée pour information au département de la Seine-Saint-Denis.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2023
Le magistrat désigné, La greffière,
S. Bernabeu M. A
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026